Splice : le drame génétique glauque du réalisateur de Cube

Mathieu Jaborska | 13 février 2021
Mathieu Jaborska | 13 février 2021

Malheureusement connu quasi-exclusivement pour Cube, Vincenzo Natali a également à son actif un film dérangeant, radical et plus profond qu'il n'y parait : Splice.

À bien des égards, Splice aurait pu être le sujet d'un article de notre rubrique "Les mal-aimés". Doté d'un budget de 30 millions de dollars, il n'en a rapporté que 27,1 millions à travers le monde, la faute à une campagne de publicité n'assumant pas - comme à son habitude - le mélange des genres. Vendu comme un film d'horreur, voire un film de monstre, le long-métrage a vite souffert d'un désintérêt cruel du grand public, au point de rester dans les mémoires comme une petite anomalie bancale.

Pourtant, il a beaucoup à proposer, pour peu qu'on le regarde tel qu'il est : un drame horrifique dérangeant, qui s'inspire de la body-horror et de son rapport détourné à l'humanité. Le candidat parfait pour un de nos dossiers au code génétique douteux.

 

photoDe l'incapacité de se mettre à genoux

 

Rendez-vous manqué

Il est de coutume de dire que l’étape la plus importante pour un metteur en scène en quête de respectabilité n’est pas le premier long-métrage, mais le second. Vincenzo Natali incarne parfaitement cet adage. Après un court-métrage, Elevated, il a l’occasion de concrétiser le projet Cube. L’exemple typique du film de genre ultra fauché, conçu dans la douleur, mais très très malin. Comme on l’explique notre dossier, le succès n’est pas immédiatement au rendez-vous. Cependant, l’œuvre trouve très vite le chemin du cœur des cinéphiles, grâce auquel il devient un petit classique.

Splice devait être le fameux second long-métrage. Le scénario, écrit à trois mains avec Antoinette Terry Bryant et Doug Taylor (arrivé plus tard) est pensé, de l’aveu même du réalisateur, comme la suite logique de l’expérience Cube. Mais l’industrie du cinéma de genre est ce qu’elle est, c’est à dire réticente à l’idée de se lancer dans un projet aussi ambitieux, difficile à identifier et surtout très coûteux en effets spéciaux. Une véritable évolution technique après le huis clos conceptuel de Cube, qui lui engendre d’ailleurs une saga (qu’on décrypte juste ici). Splice est donc en pause le temps de trouver les moyens et la notoriété de le concrétiser.

 

Photo CubeUn Cube. Des gens. Un film

 

Entre temps, le cinéaste persiste dans la science-fiction, avec le film d’anticipation Cypher écrit par Brian King, où la mutation empoisonne l’esprit plutôt que le corps, ainsi que Nothing, écrit par Andrew Lowery et Andrew Miller, exacerbant encore le goût du cinéaste pour le conceptuel. Les deux essais sont loin d’attirer autant d’attention que Cube. Cypher ne récupère même pas 900 000 dollars sur ses 7,5 millions de dollars de budget grâce à sa sortie en salles et Nothing, pas aidé par des critiques mitigées et un principe appréhendé avec méfiance par le public, sombre dans un oubli regrettable.

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commentaires
Bubble Ghost
13/02/2021 à 17:39

Splice, pour moi c'est encore plus culte que Cube. Ce malaise génial, quoi. Et dans un registre différent, j'ai aussi bien aimé son Dans Les Hautes Herbes, qui n'a pourtant pas vraiment soulevé les foules.

alulu
13/02/2021 à 16:05

Autant le cube me laisse de glace alors que celui ci non. Un bon film.

Kyle Reese
13/02/2021 à 15:39

J’avais bien aimé Cube et même Cypher.
Ce réal a vraiment d’excellente idée, a un style bien à lui et semble rarement faire de compromission pour attirer le grand public. J’avais oublié de voir celui-ci.
Il va y avoir du rattrapage dans l’air.

Flash
13/02/2021 à 11:34

Film assez glauque en effet.
J'avais pas accroché plus que ça, sans doute la faute aux deux personnages principaux, franchement antipathique.

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