The Rocky Horror Picture Show : comment le film honteux de la Fox est entré dans la légende

Mathias Penguilly | 6 septembre 2020
Mathias Penguilly | 6 septembre 2020

Depuis 42 ans, le Rocky Horror Picture Show est diffusé à Paris sans interruption, ce qui correspond à la plus longue exploitation de l'Histoire du cinéma.

Ce que CatsNineRent et Rock Forever ont prouvé ces dernières années, c'est qu'il est vraiment difficile d'adapter une comédie musicale à succès en superproduction hollywoodienne. Réaliser ladite adaptation, quand la pièce originale est un four à Broadway, est encore un autre type de parcours du combattant et pourtant, le Rocky Horror Picture Show a très bien survécu à l'épreuve du temps.

Plus encore, il semble s'être embelli aux yeux des spectateurs, devenant un long-métrage de légende, une vraie référence culturelle intergénérationnelle. Canonisé par ses plus fidèles adeptes, élevé au rang d'étendard queer, le film a donné lieu à un véritable culte : une success-story atypique pour un film de série B vraiment pas comme les autres.

 

photoLet's do the Time Warp... Again 

 

"I'M LUCKY, HE'S LUCKY, WE'RE ALL LUCKY" - Magenta

Au départ en effet, ça ne semblait vraiment pas gagné. Le soir de son ouverture dans un théâtre microscopique du West End, moins de soixante personnes se présentent pour assister au spectacle, écrit par un jeune paria de la scène théâtrale londonienne. Renvoyé manu militari d'une comédie musicale à succès, Richard O'Brien décide d'occuper son temps libre en écrivant un contre-modèle à celui des pièces de théâtre en vogue à l'époque ; au programme : de la science-fiction, du fantastique, de l'horreur, du sexe et du rock'n'roll.

Lors d'une interview de 2009 dans l'émission de Paul O'Grady, O'Brien a affirmé avoir écrit "Science-Fiction/Double-Feature", la toute première chanson de la comédie musicale (qui à l'époque, n'a pas encore de trame très précise) en décembre 1972. La première représentation a lieu dès le mois de juin suivant, sous la direction de Jim Sharman, un metteur en scène australien indépendant qu'O'Brien avait déjà rencontré sur la comédie musicale Hair, à la fin des années 60.

La pièce met en scène Brad et Janet, un couple de jeunes fiancés dont la voiture tombe en panne un jour d'orage. En allant chercher de l'aide au château voisin, ils interrompent une étrange célébration : le propriétaire des lieux, un étrange savant fou va dévoiler sa nouvelle création, "Rocky", une créature bodybuildée pourvue d'un demi-cerveau, une forme de Frankenstein aux allures de Flash Gordon. Brad et Janet sont invités à passer la nuit dans le château et à participer à la célébration. Celle-ci va s'avérer vraiment riche en péripéties.

 

photo, Tim Curry, Peter HinwoodRocky pas Balboa

 

Au départ, la pièce de théâtre subversive ne devait être jouée que pendant une très courte période de trois semaines, mais le bouche-à-oreille fonctionne : à la fin de l'été, la comédie musicale est déplacée au Chelsea Classic Cinema, un théâtre beaucoup moins confidentiel qui a pignon sur rue. Le journal Evening Standard lui attribue même le prestigieux prix de Meilleure musical en 1973 et la pièce sera jouée à Londres jusqu'en 1980. L'équipe essaie même de s'exporter à Broadway, sans succès ; l'esprit punk de la capitale britannique s'accorde mal avec l'Amérique puritaine des années 70.

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commentaires

Opale
06/09/2020 à 14:41

Vu deux ou trois fois à Paris (je ne sais plus le nom du ciné) avec jetage d'eau et averse de riz pendant les séances, trop bien!! Super souvenirs...

Poulet
06/09/2020 à 12:19

Merci pour ce super article ! C’est grâce à glee que j’ai découvert les chansons et grâce au Monde de Charlie que j’ai découvert ces séances un peu spéciales ????

Et ça fait trop longtemps que je ne suis pas retourné au studio galande !

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