Les 10 pires films de super-héros

La Rédaction | 23 mai 2020 - MAJ : 23/05/2020 16:03
La Rédaction | 23 mai 2020 - MAJ : 23/05/2020 16:03

Quels sont les 10 pires films de super-héros de tous les temps ?

Il y a un combat pour se mettre d'accord sur les meilleurs films de super-héros, où les fans de Batman, le défiSuperman, The Dark Knight, Watchmen, Avengers, Batman v Superman : L’Aube de la justice, ou encore Logan pourront s'affronter dans la fureur. Mais il a aussi celui pour choisir les pires films du genre, où le rire est le grand moteur.

La rédaction a sélectionné dix horreurs plus ou moins évidentes, données ici sans ordre particulier, si ce n'est la simple harmonie de l'étron.

 

photo, Jackie Earle HaleyQue la baston commence bande de rats

 

CATWOMAN

Ce que ça devait être : La renaissance du personnage culte de DC notamment incarné par Michelle Pfeiffer dans Batman, le défi, avec une Halle Berry fraîchement oscarisée pour reprendre le flambeau, dans une posture plus sexy et moderne. Et un moyen pour Warner Bros. de rouvrir le catalogue DC, après avoir salopé Batman avec Joel Schumacher et enterré le Superman Lives de Tim Burton à la fin des années 90.

Ce que c'est réellement : Un machin sans queue ni tête, d'une laideur à faire perdre toute vie à un chat. Né après l'annulation d'un projet autour de la version de Tim Burton, et les sorties de Batman Forever et Batman & Robin, le film consacré à Catwoman devait être lancé au début des années 2000 avec Ashley Judd. Le développement aura traîné, le studio enchaînant les réécritures et hésitant, vu qu'un Batman v Superman était évoqué dans le cadre de divers idées pour ramener le super-héros de Krypton. Ashley Judd finit par s'en aller, et en 2003, le studio y croit encore en proposant le rôle à Nicole Kidman. Finalement, Halle Berry a l'inspiration de dire oui, sûrement encore bourrée après son Oscar, et trop joyeuse face au gros cachet de 12 millions apparemment.

Après une quinzaine de scénaristes passés sur le projet au fil des années, Catwoman est donc lancé avec Pitof. C'est son deuxième film après Vidocq, mais il a un beau CV en tant que technicien côté effets spéciaux, depuis Delicatessen jusqu'à Alien, la résurrection (où il était également réalisateur de deuxième équipe). Le film est suffisamment énorme pour avoir un budget de 100 millions, et Sharon Stone en antagoniste.

 

Halle Berry50 nuances de rides et soft porn

 

Bien sûr, rien ne va dans ce film, qui donne l'impression que tout le monde gesticule sans aucune direction. Entre Halle Berry qui surjoue comme dans Benny Hill et le découpage absolument effroyable (tellement de plans, tellement de cut, tellement d'angles tordus, tellement d'effets), le résultat est certainement l'un des pires trucs jamais produits par un studio sérieux ces dernières décennies. L'écriture est grotesque, à tel point que Patience doit avoir peur des chiens dans la rue ou sauter sur du thon en boîte pour souligner son identité féline. Sans parler de l'action, totalement nulle et réduite à quelques scènes courtes, ou bastons dans un studio. Mais n'était-ce pas évident dès les premières photos promo de Halle Berry à quatre pattes, fesses en l'air et seins devant, dans sa tenue en plastique-cuir déchiré ?

La production est tout sauf paisible, avec notamment des reshoots et une post-production en quatrième vitesse, qui expliquent en partie les effets spéciaux immondes. Les délais deviennent tellement intenables que la Warner enterre discrètement la sortie IMAX vantée dans la promo, quelques semaines avant la sortie. Preuve que Catwoman a été arrangé à toute vitesse jusqu'à la dernière minute.

Ce sera un bide stratosphérique, avec environ 82 millions au box-office, et une réputation de super-nanar immédiate.

 

photoA l'ombre de la haine de soi-même

 

Ce qu'il en reste : Le discours de remerciement de Halle Berry aux Razzie, où elle est venue chercher son prix de la pire actrice, Oscar en main, avant de se lancer dans un sketch hilarant où elle remerciait son agent et ses collègues à l'écran d'avoir été nuls avec elle.

Et l'honnêteté de pas mal de monde dans l'équipe, comme John Rogers, l'un des scénaristes qui expliquait sur Twitter en 2018 :

"Etant un des scénaristes crédités pour Catwoman je pense que j'ai l'autorité nécessaire pour dire ceci : c'était un film de merde, balancé par le studio à la fin d'un cycle stylistique et il n'avait aucune pertinence culturelle que ce soit devant ou derrière la caméra. C'est vraiment très mauvais. J'en ai honte. Pitof avait l'oeil pour l'action mais personne aux commandes ne savait quel film ils voulaient. A un moment je leur ai demandé s'ils réalisaient que le troisième acte de leur film, le gros combat dans leur blockbuster estival, consistait en une Halle Berry habillée comme une strip-teaseuse québécoise qui cassait la gueule à une personnalité du maquillage en tailleur. Pour tout vous dire, j'ai été viré juste après avoir écrit la version qui avait été validée par le studio parce que je n'arrêtais pas de leur dire que toutes les notes qu'ils rajoutaient rendaient le film très, très mauvais. Et je le disais haut et fort, pendant les réunions."

Retour complet sur ce navet intersidéral dans ce dossier.

 

Halle BerryDevinez quels étaient les arguments marketing du studio ?

 

GREEN LANTERN

Ce que ça devait être : L'arrivée en fanfare du personnage culte des comics DC, Green Lantern, au cinéma avec le réalisateur de l'excellent Casino Royale aux commandes et un Ryan Reynolds dans la peau du super-héros. Ce Green Lantern devait ainsi présenter la version de Hal Jordan (l'arc de l'âge d'argent, le plus célèbre des comics) avec une mini-origin story pour lancer une trilogie solide autour du justicier terrien.

Ce que c'est réellement : Une origin-story certes, mais surtout une aventure assez maladroite dont l'intrigue jongle alternativement entre un ton sérieux et sombre (autour du traumatisme, du deuil et de la perte avec le père de Hal Jordan, autour de la menace qui pèse sur le monde avec Parallax) et un ton léger et décomplexé (toutes les blagues de Hal Jordan, les situations burlesques, les cocasseries autour du masque...) faisant de ce Green Lantern une oeuvre malade. Incapable de trouver sa véritable identité, le long-métrage en ressort particulièrement affaibli puisqu'on ne sait jamais ce qu'il veut réellement vendre : un film de super-héros comique ou une comédie sur fond de super-héros.

 

photoLa seule image qui donnait vraiment envie dans ce Green Lantern

 

A côté de cela, le méchant Parallax et son "infecté" terrien incarné par Peter Sarsgaard sont terriblement mal caractérisés et ne paraissent jamais vraiment menaçants. De facto, chaque tentative pour créer de la tension notamment dans le climax final est vaine et pas convaincante. Par ailleurs, les effets spéciaux sur fonds verts agressent la rétine et le design de la planète Oa est une grosse bouillie numérique rappelant les pires heures de la prélogie Star Wars. Tout juste pourra-t-on retenir la scène post-générique avec Sinestro (Mark Strong) qui annonçait enfin le basculement de son personnage vers la force jaune (le Côté Obscur de l'univers) et donc un deuxième opus voyant sa confrontation avec Hal Jordan.

Ce qu'il en reste : Quasiment rien si ce n'est la certitude qu'il s'agit d'un des pires films de super-héros des dernières années ou un des plus maladroits. Le personnage de Green Lantern a totalement disparu des écrans radars (sauf un mini flashback évoquant un Green Lantern dans Justice League) et Ryan Reynolds ne cesse de se moquer du film confirmant qu'il ne reviendra sans doute jamais dans le costume (d'autant qu'il incarne Deadpool désormais).

Le super-héros vert n'a cependant pas dit son dernier mot puisqu'un film-reboot scénarisé par Geoff Johns en personne (derrière plusieurs comics sur le personnage), Green Lantern Corps, est dans les tuyaux de Warner et DC. Une série supervisée par Greg Berlanti pour HBO Max a également été annoncée, et les premiers éléments révélés début 2020 donnaient envie. Bientôt une renaissance sur le petit écran ? On croise les doigts.

Retrouvez notre dossier sur Green Lantern, et si ça avait été un bon film ?

 

photoSauf Ryan Reynolds (et encore, on a un doute) rien n'est réel sur cette image

 

ELEKTRA

Ce que ça devait être : Le grand moment du personnage de Frank Miller, apparu dans Daredevil sous les traits de Jennifer Garner, laissée pour morte à la fin. Le film avec Ben Affleck n'a pas été un grand succès, mais trop tard, les contrats étaient signés et tout le monde s'est jeté dans la gueule puante du loup.

Ce que c'est réellement : Un navet qui, dans ses meilleurs moments, glisse vers le nanar. Très, très, mais alors vraiment très loin du personnage vénéneux de Frank Miller, cette Elektra version France 2 est une vaste et tristounette blague, mise sur le chemin de la niaiserie. Elektra aime que son dentifrice soit perpendiculaire au lavabo, Elektra aime être seule et silencieuse, Elektra aime porter du gloss et être bien coiffée, et apparemment c'est une tueuse impitoyable. Jusqu'à ce qu'elle croise une ado aussi névrosée qu'elle, et son beau papa. Le début d'une pas grande aventure, avec des ennemis ridicules, une gamine dotée du pouvoir de la gourmette magique, et qui se termine avec un combat au milieu de nappes volantes.

 

Photo Jennifer Garner, Ben AffleckDaredevil mérite t-il d'être réévalué ?

 

Tout ça avec une Jennifer Garner dont les cheveux volent au ralenti comme dans une parodie de John Woo, et qui est plus magicienne qu'acrobate vu ses déplacements et apparitions sans aucun sens. Elektra n'a aucun style, même si globalement le film évite le super-kitsch et l'overdose d'effets de style clipesques d'un Catwoman. Le résultat est donc parfaitement inutile, vide, vain, et terriblement terne.

Sans surprise, tout ça a été lancé sans réelle réflexion, ce que le producteur Avi Arad reconnaîtra des années après dans Variety, assumant une production précipitée et un film condamné dès le départ. "On ne fera plus jamais ça", concluait-il.

Le réalisateur Rob Bowman a confirmé à NowPlaying cette situation : "Je savais en me lançant dans ce projet, avec une prépa courte, avec Jennifer disponible pendant le tournage d'Alias pour uniquement 10 semaines, avec une post-production courte, qu'on n'allait pas pouvoir faire Spider-Man. On n'avait pas le temps de faire Spider-Man. On n'avait même pas le temps de faire Daredevil !".

 

Photo Jennifer GarnerJennifer Garner, habllée et maquillée pour tuer ou vendre un parfum ?

 

Ce qu'il en reste : Un bête mauvais film, qui a depuis servi de bête excuse. Dans un des mails piratés de Sony en 2015, le boss de Marvel Ike Perlmutter citait Elektra, Catwoman et Supergirl, comme preuves qu'un film de super-héroïne n'intéressait pas le public. Nul doute que Wonder Woman et Captain Marvel lui ont permis d'en rire depuis.

De son côté, Jennifer Garner a forcément vu sa carrière freinée par ce petit désastre (budget d'environ 50 millions, même pas 60 au box-office), même si la série Alias était là pour faire diversion. Plus triste est le cas de Rob Bowman, bon faiseur (The X-Files, le film, Le Règne du feu), qui n'a pas refait de film depuis.

Le personnage d'Elektra est depuis revenu par la petite porte en second rôle dans Daredevil version Netflix, puis The Defenders, incarné par Elodie Yung. Nul doute qu'elle aurait dû revenir, malgré sa mort présumée, encore une fois.

Retour complet sur le nanar Elektra dans ce dossier.

 

Photo Jennifer GarnerCascade de Jennifer Garner : se cacher derrière un tronc d'arbre

 

BATMAN & ROBIN 

Ce que ça devait être : Le Batman le plus ambitieux de son temps, avec une vaste galerie de personnages, la création d’un univers capable de se décliner en spin-off autour de ses nombreux héros. En outre, le film aurait dû assoir Joel Schumacher au sommet d’Hollywood, tout en imposant son style bariolé, assumé dès la précédente aventure de Batman.

Ce que c'est réellement : Une invraisemblable bouillabaisse, à peu près incapable de raconter de quoi que ce soit ou de caractériser ses trop nombreux personnages, noyée dans un mauvais goût surréaliste. Incapable de trancher entre récit classique de super héros et pastiche cartoonesque, le film ne sait pas où donner de la tête, laissant libre cours à des concours de vannes navrantes. Quant au spectacle, il est quasiment absent personne ne s’étant inquiété de chorégraphier dignement les combats, ou de mettre nos héros dignement à l’épreuve.

 

PhotoOui, les costumiers se droguent, eux aussi

 

Ce qu'il en reste : Les innombrables outrances du film ont laissé pas mal de traces, à tel point qu’aujourd’hui encore, Batman & Robin est fréquemment cité comme un sommet de bizarrerie hallucinée. Il faut dire qu’entre les invraisemblables costumes à tétons apparents, la bat-carte de crédit, les calembours épais d’Arnold Schwarzenegger, la version Benny Hill de Bane et la direction artistique fluo, le métrage est bien parti pour rester indétrônable.

Paradoxalement, c'est peut-être grâce à cet échec spectaculaire qu'on doit la trilogie de Christopher Nolan, ou du moins la liberté de ton dont il disposa. En effet, sans la détestation provoquée par les turgescenses néoneuses de Schumacher, pas sûr que Warner aurait pris le risque de se lancer dans une trilogie Batman résolument mature et sombre. Le réalisateur allemand de son côté, ne retrouva jamais de budgets aussi élevés ou de projets aussi ambitieux, même si sa carrière ne fut nullement détruite par son ratage du côté de Gotham. De Phone Game, en passant par Veronica Guerin ou encore Blood Creek, il a continué de réaliser, sur un rythme soutenu et dans une grande variété de genres.

 

Photo"Il faut que je prenne rendez-vous avec mon opticien"

 

STEEL 

Ce que ça devait être : Le film se voulait un véhicule pensé pour le basketteur Shaquille O'Neal, sa porte d’entrée vers le grand écran et le lancement d’une carrière de comédien. Une transition risquée pour les athlètes populaires, que Dwayne Johnson réussira à la perfection quelques années plus tard. En parallèle, le projet est initié par le producteur musical Quincy Jones, fan du personnage DC, et désireux d’offrir un modèle populaire et positif aux enfants, plutôt qu’un super-héros à proprement parler.

Ce que c'est réellement : Un carnage pataud. Les instigateurs du projet aimant le personnage mais ne se souciant pas véritablement de traiter le matériau originel avec fidélité, vont réinventer tous les personnages secondaires et antagonistes, s’aliénant automatiquement les fans, qui maudissent une fois de plus le grand vilain Hollywood, qui traitent les comics avec légèreté. 

 

photo, Shaquille O'NealC'est comme ça qu'on flingue une carrière

 

Mais le film demeure surtout une aberration esthétique, qui mettra un coup d'arrêt aux ambitions filmiques de son comédien principal. Il faut dire que l’image de ce pauvre Shaquille se promenant en armure dans les rues de Los Angeles est d’un ridicule achevé, que les effets spéciaux sont pour le moins faiblards et que la mise en scène ne s’affranchit jamais de la dimension ridicule de son concept. Enfin, l’interprétation aux fraises achève de faire du métrage une cible ambulante pour la critique, mais aussi un grand-public pour lequel les super-héros ne sont pas encore une promesse de divertissement efficace. 

Ce qu'il en reste : À peu près rien, Steel ayant été un échec spectaculaire au box-office. Avec moins de 2 millions de dollars amassés sur le sol américain, dire que personne ne s’est inquiété du film est un euphémisme, et logiquement, plus grand-monde ne s’en souvient. Ce qui est un peu dommage, tant cette curiosité est parfaitement compatible avec un fort taux d’alcoolémie. 

 

photo, Shaquille O'Neal"Bon, mais vous êtes sûr que vous l'avez seulement en gris métallisé"

 

LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES 

Ce que ça devait être : Confié à Stephen Norrington, réalisateur acclamé de Blade, et porté par Sean Connery, le film avait pour mission d’engendrer une franchise basée sur les comics d’Alan Moore et de mettre le feu au box-office estival de l’année 2003.  

Ce que c'est réellement : Un saccage ahurissant, dont chaque aspect semble avoir été porteur d’une catastrophe. Absolument rien ne va dans ce film d’aventure. Des effets spéciaux immondes gâchent les rares bonnes idées, une défaillance d’un premier studio de VFX ayant amené la production à reprendre tous les effets au milieu du tournage, ce qui engendrera des séquences absurdes, découpées à la tronçonneuse et fréquemment illisibles. 

 

Ligue des Gentlemen extraordinairesQuand Sean tire à balles réelles

 

Le scénario piétine l’œuvre originale et n’y comprend manifestement rien, modifiant l’équilibre des personnages, en ajoutant de nouveaux et appauvrissant l’univers. Les protagonistes ne peuvent se reposer sur leurs interprètes, la majorité d’entre eux s’avèrent bien peu inspirés, tandis que le héros, Sean Connery ne parvient jamais à cacher combien le tournage l’a éprouvé. Toujours au centre de l'action et pourtant terriblement rigide, il émane de sa performance une aura dépressive et funeste, tandis que son personnage traverse moult décors numériques et enchaîne les affrontements artificiels.

Ce qu'il en reste : Si son score au box-office fut une déception pour la Fox, le blockbuster n’a pas été un flop retentissant. Mais sa promotion cataclysmique et des critiques impitoyables ont eu raison des velléités de franchisation naissante du studio. En l’état, cette piteuse ligue est surtout restée dans les mémoires comme le film qui aura poussé à la retraite sa star et son réalisateur, en conflit durant toute la production, au point de la rendre quasiment ingérable. De loin en loin, Hollywood a fait savoir qu’un reboot pourrait être envisageable, et le projet a été confié en 2015 au producteur John Davis, avant de disparaître dans les limbes du développement infernal.

Retrouvez notre dossier sur le film adapté du comics d'Alan Moore.

 

photo, Peta WilsonTout le monde a l'air très content d'être là

 

SUPERGIRL 

Ce que ça devait être : Le problème, c’est qu’on sent bien qu’il n’a jamais été question pour personne que ce Supergirl soit véritablement quelque chose. Produit entre Superman III et Superman IV, c’est à dire au moment où Hollywood considère les comics comme un appât à demeurés indignes de considérations artistiques ou matures. Le film a donc été pensé comme un simple produit d’exploitation visant à attirer à lui un public plus jeune et féminin, susceptible d’être plus intéressé par le personnage de Supergirl que son musculeux cousin kryptonien. 

Ce que c'est réellement : Un petit morceau de rien du tout flottant aux limites du grand nulle part. Le récit, mettant aux prises la cousine à Superman avec une vilaine sorcière, tout en lui offrant sur un plateau une romance niaiseuse, s’avère d’un inintérêt flagrant. Inutile d’attendre du grand spectacle, tant l’ensemble fait preuve de paresse technique. Tout au plus notre héroïne aura-t-elle droit à quelques câbles pour la faire s’agiter dans les airs, quand elle ne se perd pas dans des décors en carton-pâte.

 

photo, Faye Dunaway"Tire mon doigt !"

 

Néanmoins, peut-être le film aurait-il pu se suivre sans déplaisir si ses producteurs ne l'avaient pas mutilés comme des malpropres. D'une durée approchant les deux heures, le récit ne satisfait pas le public à l'issue des premières projections tests. S'en suit un nouveau montage amputé d'une trentaine de minutes, qui ne satisfaira pas non plus le public. Mais le cauchemar ne s'arrête pas là, puisqu'au gré de ses nombreuses diffusions télévisées, les diffuseurs vont puiser dans le matériel existant et parfois remodeler le film, amenant à une accumulation de versions, qui ont donné au film des airs de monstre de Frankenstein.

Ce qu’il en reste : Le souvenir que les grandes stars ne rechignent jamais à gigoter en pyjama de lycra contre un gros chèque, comme en témoignent Peter O'Toole et Faye Dunaway, qui paraissent aussi investis dans le film qu’une croûte de camembert dans la fission de la matière noireParallement et malgré son échec au box-office, le film n’a pas tué Supergirl, qui continue d’intéresser Hollywood, comme en témoigne la série diffusée sur la CW depuis 2015, dont la popularité valut au magazine Forbes d’annoncer un peu vite qu’un nouveau long-métrage était imminent. 

 

photo supergirlSupergirl contre la malbouffe

 

CAPTAIN AMERICA 

Ce que ça devait être : Excellente question, tant on a du mal à concevoir quel était le projet sous-tendant cette entreprise, dont chaque visionnage se révèle plus hallucinant que le précédent. Affirmer qu’il s’agit d’un des derniers et plus emblématiques représentant du je-m'en-foutisme d’Hollywood vis-à-vis de la culture geek semble une hypothèse crédible. 

Ce que c'est réellement : Le fruit de l’alliance monstrueuse entre le producteur Menahem Golan (co-fondateur de la Cannon, société spécialisée dans le bourrinage B et les montages financiers venus d’une autre galaxie) et Albert Pyun, frénétique réalisateur de Z fauchés, auquel on doit rien de moins qu’une cinquantaine de crimes contre le cinéma. À bord de cette galère, personne ne connaît quoi que ce soit à l‘oeuvre originale ou ne la prend au sérieux, et personne n’a l’intention d’y investir décemment. 

 

photoRed Nul

 

Le résultat est donc sans appel : on tient là un des grands sommets de la nullité super-héroïque hollywoodienne, dont il est bien difficile d’accepter qu’il ne s’agisse pas d’une parodie. En effet, le film accumule les stigmates qu’on croirait désormais réservés aux pastiches, à l’image de ces fusillades au montage psychédélique, de ce costume ridicule doté d’oreilles en caoutchouc (oui) ou de ces acteurs qui semblent en permanence beurrés comme des tartines.

Ce qu’il en reste : Longtemps demeuré invisible, le film a réussi à se faire une jolie place dans le cœur des amateurs de nanars fumants, en partie grâce à sa sortie compliquée. L’évidence du désastre ayant sauté aux yeux de ses coupables, le métrage ne passa pas par la case grand écran aux Etats-Unis pour favoriser une discrète sortie vidéo. Sa légende se forgea petit à petit, entre mythe purulent et amour déviant, avant de culminer lors d’une grande projection au Comic-Con de San Diego en 2013, où les amoureux d’étrangeté mongoloïdes purent prendre leur pied.

D'ailleurs, il n'est pas interdit de voir dans l'excellente séquence de Captain America : First Avenger où Steve Rogers doit se ridiculiser durant des films de propagande un hommage discret à cette pépite monstrueuse, ainsi qu'à son étrange candeur.

 

photo, Matt Salinger"Ciel, mes oreilles !"

 

GHOST RIDER

Ce que ça devait être : Le film de super-héros noir ultime de Sony, adaptation d'une bande-dessinée culte prévue de longue date et très attendue par les connaisseurs de l'univers Marvel. Le personnage aurait également dû faire avancer la carrière de Nicolas Cage, le transformant en nouvelle action star bankable et surtout super badass.

Ce que c'est réellement : Il n'y a clairement pas grand-chose à sauver dans cette espèce de compilation de tout ce qu'il ne faut pas faire quand on s'attaque à un héros d'une telle portée mythologique. Dans Ghost Rider, tout est gimmick et rien n'est sérieux, au point qu'on se demande s'il y avait un technicien sur le plateau qui croyait au projet (à part Cage, bien sûr). L'intrigue stupide noie très rapidement tous les enjeux et thématiques introduits par la bande dessinée dans une avalanche d'effets spéciaux atroces et de money-shots sans âmes.

 

photo, Nicolas CageNicolas Cage dans le rôle de Nicolas Cage

 

Les détracteurs de l'acteur principal s'amuseront à compter le long-métrage parmi les pires moments de sa carrière, pourtant plutôt généreuse en navetons botoxés. Cage traverse le film sur sa moto, peut-être pas complètement conscient d'être régulièrement remplacé par un clone squelettique numérique tout droit échappé de la salle d'SVT d'un collège municipal. Il semble se répeter tout du long : "je suis trop stylé", alors qu'un scénario inepte et une mise en scène accessoire achève de ridiculiser son personnage à grands coups de gags navrants.

L'esthétique gothique attendue pique les yeux, et l'ensemble n'est même pas assez généreux en scènes d'action léthargiques pour maintenir l'attention. Un comble, quand le héros est un envoyé du diable au crâne enflammé.

 

photoThe CGI Rider

 

Ce qu'il en reste : Les admirateurs de l'acteur principal s'amuseront à compter le long-métrage parmi les meilleurs moments de sa carrière, pourtant plutôt généreuse en délires contrôlés. Alors que tout le monde autour de lui (Peter Fonda compris) semble n'être là que pour payer la prochaine livraison de cocaïne, Cage pioche dans ses réserves personnelles et s'impose comme la seule personne impliquée. Determiné à faire du Ghost Rider le prochain Spider-Man, il se donne du mal pour icôniser toute la force de son jeu halluciné dans son héros préféré.

La chose aura également permis la production d'une suite qui lorgne cette fois carrément sur le nanar, avec décor de zone industrielle, gags graveleux et sabotage définitif de la franchise compris. Impossible de cracher sur le film qui a redonné du travail au duo Mark Neveldine / Brian Taylor, équivalent de la folie de Cage sur le plan de la mise en scène. Inutile de préciser que le comédien s'en donne encore une fois à coeur joie.

 

PhotoGhost Rider 2 : L'Esprit de vengeance in a nutshell

 

SUPERMAN IV

Ce que ça devait être : Le film qui sort la Cannon de la panade économique après quelques bides et une gestion économique et artistique désastreuse. Fiers d'avoir récupéré les droits de la franchise a priori rentable, les célèbres producteurs comptent bien faire de cette nouvelle aventure un succès, tout en utilisant les rushs non utilisés pour un hypothétique cinquième opus. Spoiler : ça ne marchera pas comme prévu.

Ce que c'est réellement : Un nanar atomique (c'est le cas de le dire), un authentique exemple d'une oeuvre qui devient drôle tant elle essaye de prendre son spectateur pour un consommateur incapable de tout sens critique. Plus hilarant que véritablement navrant et victime de coupes budgétaires indignes de la saga, le résultat est si ridicule que Christopher Reeve lui-même, pourtant co-auteur de ce cinéma, le reniera.

 

Photo Christopher ReeveEn apesanteur

 

Tout tient de la farce, du scénario, mettant en scène une confrontation improbable entre l'homme d'acier et son homologue radioactif, aux effets spéciaux, tellement lamentables et usés jusqu'à la corde qu'ils en deviennent fascinants. Il faut voir le sauveur de Métropolis se découvrir de nouveaux pouvoirs en reconstruisant la muraille de Chine à la force de ses rayons occulaires. L'intrigue, vaste blague anti-nucléaire que même un Telétubbies trouverait outrageusement niaise, vaut son pesant de cacahuète, et on ne parle même pas du look du bad guy, épaulé par un Lex Luthor en roue libre.

Ce qu'il en reste : Pas mal d'éclats de rire, et la certitude que le personnage ne pourra jamais subir de pareils outrages. En toute honnêteté, le film est parfait pour une soirée entre amis, à condition de ne jamais tomber à court de bières. La catastrophe artistique et économique aura également évité à l'humanité un Superman V, qu'on a presque peur d'imaginer.

Enfin, il aura su fédérer un petit culte parmi les amateurs de Z qui ne s'assument pas et les fans de la Cannon, studio à la trajectoire démentielle et star de l'excellent documentaire Electric Boogaloo. On conseille notamment la chronique de Nanarland, bien plus exhaustive que notre modeste contribution. Désolé Superman, on laisse ça aux professionnels.

 

Affiche officielle

commentaires

Marvelleux
25/05/2020 à 17:46

A quand un article sur écran large, sur les problèmes d'édition en france de la série animée des tortues ninja des années 90. Cela pourrait faire bouger les choses.

Marvelleux
25/05/2020 à 17:43

@Numberz
Entièrement d'accord avec toi. Comment se fait-il que la série ne soit pas éditée en dvd, ou en streming legal. Surement, dû à cause de problème de droits ou de syndications à l'époque. Dommage car la série est entièrement doublé en Fr. Peut-être que maintenant que Hasbro ont les droits. A Bon entendeur.

Marvelleux
24/05/2020 à 18:57

Ou sont passés Iron man 2 et 3, Thor, Spiderman 3, the amazing Spiderman 1 et 2,avengers 2 qui est un copié collé du 1er, toute la phase deux du Marcel universe qui ne sert à rien ?

Geoffrey Crété - Rédaction
24/05/2020 à 18:30

@oss-sans-disquette

Pour bientôt a priori !

oss-sans-disquette
24/05/2020 à 18:28

Et sinon avez-vous déjà fait un top des meilleurs films de SH ? Ou c'est pour bientôt ?

commode
24/05/2020 à 12:52

Slt ,de tout les réalisateurs,le plus bidon c'est bien mark steven johson,pour chier dardevil et ghost rider avec une vision d'ado attarder ! encore un pistonner des studios ? Va savoir c'est le fils de qui ?

Dario 2 Palma
24/05/2020 à 09:46

Le pire du film du super héros?
Le bouffon vert très Z du film de Sam Raimi, qui fait plonger l'oeuvre vers le nanar navrant et hilarant à chacune de ses apparitions "biomanesques"...dommage la première partie du film était honorable!

Numberz
23/05/2020 à 21:36

Le seul passage dans ghost rider que j'aime bien, c'est ma chevauchée dans le désert entre l'ancien et le nouveau Ghost rider. Ghoooooost rideeeeers in the skyyyyy.

Geoffrey Crété - Rédaction
23/05/2020 à 20:51

@Kyle Reese

Merci haha !

@Olivier637

On attaque ici le premier Ghost Rider, et notre critique de l'époque : 2/5
On trouve le deuxième plus réussi et cool, comme rappelé dans cet article, et notre critique de l'époque : 3,5/5
Tout est donc merveilleusement cohérent

Olivier637
23/05/2020 à 20:49

Les ghost rider sont chouettes. Et vous en faites aussi une critique super positive...oh wait: c’etait encore l’ancienne équipe EL, hein?

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