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Les 10 Pires Films de Super-Héros de tous les temps

Par La Rédaction
26 août 2023
MAJ : 21 mai 2024
67 commentaires
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Catwoman, The Flash, Green Lantern, Superman, Captain America… Quels sont les 10 pires films de super-héros de tous les temps (en tout cas pour Ecran Large) ?

A lire aussi : les 10 Meilleurs Films de Super-Héros selon Ecran Large

Depuis le boom des années 2000 avec Spider-Man et X-Men, et le phénomène Marvel avec un MCU omniprésent sur les écrans depuis Iron Man et Avengers, le film de super-héros fait partie du paysage. Pour le meilleur et pour le pire.

Si tout le monde s’écharpe volontiers pour décider des meilleurs films de super-héros, avec notamment les Batman de Tim Burton, les Dark Knight de Christopher Nolan, les Spider-Man de Sam Raimi, Logan ou encore Watchmen, la sélection des pires est souvent plus simple.

En tout cas, Ecran Large a tranché sur la question avec les 10 pires films de super-héros de tous les temps (classés par ordre chronologique).

 

Chris Hemsworth : Thor : Love and ThunderIl est pas passé loin lui

 

SUPERGIRL 

Sortie : 1984 – Durée : 1h54

 

Thor : Love and Thunder : photo, Helen SlaterSupergrave

 

Ce que ça devait être : Supergirl a été produit entre Superman III et Superman IV, c’est-à-dire au moment où Hollywood avait un respect plus que relatif pour les comics et leurs fans. Le film est donc un simple produit d’exploitation visant à attirer à lui un public plus jeune et féminin, susceptible d’être plus intéressé par le personnage de Supergirl que son musculeux cousin kryptonien. 

Ce que c’est réellement : Un petit morceau de rien du tout flottant aux limites du grand nulle part. Le récit, mettant aux prises la cousine à Superman avec une vilaine sorcière, tout en lui offrant sur un plateau une romance niaiseuse, s’avère d’un inintérêt flagrant. Inutile d’attendre du grand spectacle, tant l’ensemble fait preuve de paresse technique. Tout au plus notre héroïne aura-t-elle droit à quelques câbles pour la faire s’agiter dans les airs, quand elle ne se perd pas dans des décors en carton-pâte.

 

photo, Faye DunawayLa faille Dunaway

 

Supergirl a en plus été victime des circonstances. Au départ, personne ne voulait y toucher : Christopher Reeve a refusé d’y apparaître, et Richard Lester, réalisateur de Superman III, n’a pas voulu rempiler. Pendant le tournage, le non-succès de Superman III (où Supergirl devait à l’origine apparaître pour la première fois) n’a pas aidé à rassurer. La relation entre le studio Warner Bros. et les producteurs Alexander et Ilya Salkind a alors tourné au vinaigre, et la sortie a été particulièrement compliquée.

Avec un budget de 35 millions, Supergirl a été un méga-bide, encaissant à peine 15 millions au box-office. A titre de comparaison, Superman III avait coûté 40 millions, pour plus de 80 millions au box-office. Depuis, plusieurs autres versions de Supergirl ont été diffusées ou exploitées, d’une VHS avec 9 minutes inédites à un director’s cut avec 33 minutes supplémentaires. Mais aucune n’a sauvé ce désastre.

Ce qu’il en reste : Le souvenir que les grandes stars ne rechignent jamais à gigoter en pyjama de lycra contre un gros chèque, comme en témoignent Peter O’Toole et Faye Dunaway.

 

SUPERMAN 4

Sortie : 1987 – Durée : 1h30

 

Superman IV : Le Face-à-face : photo, Christopher ReeveLes yeux reevés sur l’écran

 

Ce que ça devait être : Le film qui sort le studio Cannon de la panade économique après quelques bides et une gestion économique et artistique désastreuse. Fiers d’avoir récupéré les droits de la franchise Superman, les célèbres producteurs comptent bien faire de cette nouvelle aventure un succès, tout en utilisant les rushs non utilisés pour un hypothétique cinquième opus. Spoiler : ça ne marchera pas comme prévu.

Ce que c’est réellement : Un nanar atomique (c’est le cas de le dire), un authentique exemple de film qui devient drôle tant il prend son public pour des veaux. Plus hilarant que véritablement navrant, victime de coupes budgétaires indignes de la saga, Superman IV : Le Face-à-face est si ridicule que Christopher Reeve lui-même, pourtant co-auteur de ce cinéma, le reniera.

 

Photo Christopher ReeveEn apesanteur

 

Tout tient de la farce, du scénario (une confrontation improbable entre l’homme d’acier et son homologue radioactif) aux effets spéciaux (tellement lamentables et usés jusqu’à la corde qu’ils en deviennent fascinants). Il faut voir le sauveur de Métropolis se découvrir de nouveaux pouvoirs en reconstruisant la muraille de Chine à la force de ses rayons occulaires. L’intrigue, vaste blague anti-nucléaire que même un Telétubbies trouverait outrageusement niaise, vaut son pesant de cacahuète, et on ne parle même pas du look du bad guy, épaulé par un Lex Luthor en roue libre.

Ce qu’il en reste : Pas mal d’éclats de rire, et la certitude que le personnage ne pourra jamais plus subir de pareils outrages. Superman 4 est parfait pour une soirée entre amis, à condition de ne jamais tomber à court de bières. La catastrophe artistique et économique aura également évité à l’humanité un Superman V, qu’on a presque peur d’imaginer.

Enfin, il aura su fédérer un petit culte parmi les amateurs de Z qui ne s’assument pas et les fans de la Cannon, studio à la trajectoire démentielle et star de l’excellent documentaire Electric Boogaloo. On conseille notamment la chronique de Nanarland, bien plus exhaustive que notre modeste contribution. Désolé Superman, on laisse ça aux professionnels.

CAPTAIN AMERICA 

Sortie : 1990 – Durée : 1h37

 

photo, Matt Salinger« Ciel, mes oreilles ! »

 

Ce que ça devait être : Excellente question, tant on a du mal à concevoir quel était le projet de ce Captain America, dont chaque visionnage se révèle plus hallucinant que le précédent. Affirmer qu’il s’agit d’un des derniers et plus emblématiques représentants du je-m’en-foutisme d’Hollywood vis-à-vis de la culture geek semble une hypothèse crédible. 

Ce que c’est réellement : Le fruit de l’alliance monstrueuse entre le producteur Menahem Golan (co-fondateur de la Cannon, toujours elle) et Albert Pyun, frénétique réalisateur de Z fauchés (on lui doit rien de moins qu’une cinquantaine de crimes contre le cinéma). À bord de cette galère, personne ne connaît quoi que ce soit à l‘oeuvre originale ou ne la prend au sérieux, et personne n’a l’intention d’y investir décemment. 

 

photoRed Nul

 

Le résultat est donc sans appel : on tient là un des grands sommets de la nullité super-héroïque hollywoodienne, dont il est bien difficile d’accepter qu’il ne s’agisse pas d’une parodie. En effet, le film accumule les stigmates qu’on croirait désormais réservés aux pastiches, à l’image de ces fusillades au montage psychédélique, de ce costume ridicule doté d’oreilles en caoutchouc (oui) ou de ces acteurs qui semblent en permanence beurrés comme des tartines (même s’il y a Ronny Cox et Ned Beatty quand même).

Ce qu’il en reste : Longtemps demeuré invisible, le film a réussi à se faire une jolie place dans le cœur des amateurs de nanars fumants, en partie grâce à sa sortie compliquée. L’évidence du désastre ayant sauté aux yeux de ses coupables, ce Captain America n’est pas passé par la case grand écran aux Etats-Unis pour favoriser une discrète sortie vidéo. Sa légende se forgea petit à petit, entre mythe purulent et amour déviant, avant de culminer lors d’une grande projection au Comic-Con de San Diego en 2013, où les amoureux d’étrangeté purent prendre leur pied.

D’ailleurs, il n’est pas interdit de voir dans l’excellente séquence de Captain America : First Avenger où Steve Rogers doit se ridiculiser durant des films de propagande un hommage discret à cette pépite monstrueuse, ainsi qu’à son étrange candeur.

 

BATMAN & ROBIN 

Sortie : 1997 – Durée : 2h05

 

Photo« Il faut que je prenne rendez-vous avec mon opticien »

 

Ce que ça devait être : Le Batman le plus ambitieux de son temps, avec une vaste galerie de personnages, et la création d’un univers capable de se décliner en spin-off autour de ses nombreux héros. En outre, le film aurait dû assoir Joel Schumacher au sommet d’Hollywood, tout en imposant son style bariolé, assumé dès la précédente aventure de Batman.

Ce que c’est réellement : Un film fait dans les pires conditions puisque le studio Warner Bros. a précipité la production pour surfer sur le succès de Batman Forever en 1995. Le réalisateur Joel Schumacher et le scénariste Akiva Goldsman ont donc écrit Batman & Robin en quatrième vitesse pour le sortir en 1997, avec une consigne : que ce soit plus orienté vers les jouets Batman, histoire d’en vendre un max (parce qu’au fond, le film n’est qu’un détail).

Quelle surprise donc que Batman & Robin soit une invraisemblable bouillabaisse, à peu près incapable de raconter de quoi que ce soit ou de caractériser ses trop nombreux personnages, noyée dans un mauvais goût surréaliste. Entre récit classique de super-héros et pastiche cartoonesque, le film ne sait pas où donner de la tête, laissant libre cours à des concours de vannes navrantes. Quant au spectacle, il est quasiment absent, personne ne s’étant inquiété de chorégraphier dignement les combats.

 

PhotoOui, les costumiers se droguent, eux aussi

 

Ce qu’il en reste : Les innombrables outrances du film ont laissé pas mal de traces, à tel point qu’aujourd’hui encore, Batman & Robin est fréquemment cité comme un sommet de bizarrerie hallucinée. Il faut dire qu’entre les invraisemblables costumes à tétons apparents, la bat-carte de crédit, les calembours épais d’Arnold Schwarzenegger, la version Benny Hill de Bane et la direction artistique fluo, il est bien parti pour rester indétrônable.

Paradoxalement, c’est peut-être grâce à cet échec spectaculaire qu’on doit la trilogie de Christopher Nolan, ou du moins la liberté de ton dont il disposa. En effet, sans la détestation provoquée par les turgescenses néoneuses de Schumacher, pas sûr que Warner aurait pris le risque de se lancer dans une trilogie Batman résolument mature et sombre.

En 2009, Kevin Feige confirmait la valeur de Batman & Robin au Los Angeles Times : « C’est peut-être le plus important des film adaptés de comics. C’était tellement mauvais qu’il a fallu trouver une nouvelle manière de le faire. Ca a créé l’opportunité de faire X-Men et Spider-Man ».

 

STEEL : le justicier d’acier

Sortie : 1997 – Durée : 1h37

 

photo, Shaquille O'Neal« Bon, mais vous êtes sûr que vous l’avez seulement en gris métallisé »

 

Ce que ça devait être : Steel le justicier d’acier devait être un véhicule pour le basketteur Shaquille O’Neal, sa porte d’entrée vers le grand écran et le lancement d’une carrière de comédien. En parallèle, le projet était initié par le producteur musical Quincy Jones, fan du personnage DC, et désireux d’offrir un modèle populaire et positif aux enfants, plutôt qu’un super-héros à proprement parler.

Ce que c’est réellement : Un carnage pataud. Les instigateurs du projet aimant le personnage mais ne se souciant pas véritablement de traiter le matériau originel avec fidélité, ils vont réinventer tous les personnages secondaires et antagonistes, s’aliénant automatiquement les fans.

 

photo, Shaquille O'NealC’est comme ça qu’on flingue une carrière

 

Mais le film demeure surtout une aberration esthétique, qui mettra un coup d’arrêt aux ambitions filmiques de son comédien principal. Il faut dire que l’image de ce pauvre Shaquille se promenant en armure dans les rues de Los Angeles est d’un ridicule achevé, que les effets spéciaux sont pour le moins faiblards et que la mise en scène ne s’affranchit jamais de la dimension ridicule de son concept. Enfin, l’interprétation aux fraises achève de faire de ce Steel une cible ambulante pour toute personne dotée d’yeux et d’oreilles.

Ce qu’il en reste : À peu près rien, Steel ayant été un échec spectaculaire au box-office (budget de 16 millions et même pas 2 millions en salles). Autant dire que personne ne s’est inquiété du film est un euphémisme, et logiquement, plus grand monde ne s’en souvient. Ce qui est un peu dommage, tant cette curiosité est parfaitement compatible avec un fort taux d’alcoolémie. 

ELEKTRA

Sortie : 2004 – Durée : 1h30

 

Photo Jennifer GarnerJennifer Garner, habllée et maquillée pour tuer ou vendre un parfum ?

 

Ce que ça devait être : Le grand moment du personnage de Frank Miller, apparu dans Daredevil sous les traits de Jennifer Garner, et laissée pour morte à la fin. Le film avec Ben Affleck n’a pas été un grand succès, mais trop tard, les contrats étaient signés et tout le monde s’est jeté dans la gueule puante du loup.

Ce que c’est réellement : Un navet qui, dans ses meilleurs moments, glisse vers le nanar. Très, très loin du personnage de Frank Miller, cette Elektra version France 2 est une vaste et tristounette blague. Entre les TOC d’Elektra, la gamine dotée du pouvoir de la gourmette magique, les ennemis sortis d’un téléfilm X-Men, le combat final au milieu de nappes volantes et les cheveux de Jennifer Garner qui volent au ralenti comme dans une parodie de John Woo, Elektra est parfaitement inutile, vide, vain, et terriblement terne.

Sans surprise, tout ça a été lancé sans réelle réflexion, ce que le producteur Avi Arad reconnaîtra des années après dans Variety, assumant une production précipitée et un film condamné dès le départ. « On ne fera plus jamais ça« , concluait-il.

Le réalisateur Rob Bowman a confirmé à NowPlaying cette situation : « Je savais en me lançant dans ce projet, avec une prépa courte, avec Jennifer disponible pendant le tournage d’Alias pour uniquement 10 semaines, avec une post-production courte, qu’on n’allait pas pouvoir faire Spider-Man. On n’avait pas le temps de faire Spider-Man. On n’avait même pas le temps de faire Daredevil ! ».

 

Photo Jennifer GarnerCascade de Jennifer Garner : se cacher derrière un tronc d’arbre

 

Ce qu’il en reste : Un bête mauvais film, qui a depuis servi de bête excuse. Dans un des mails piratés de Sony en 2015, le boss de Marvel Ike Perlmutter citait Elektra, Catwoman et Supergirl, comme preuves qu’un film de super-héroïne n’intéressait pas le public. Nul doute que Wonder Woman et Captain Marvel lui ont permis d’en rire depuis.

Le personnage d’Elektra est depuis revenu par la petite porte en second rôle dans Daredevil version Netflix, puis The Defenders, incarné par Elodie Yung. Nul doute qu’elle aurait dû revenir, malgré sa mort présumée, encore une fois.

Retour complet sur le nanar Elektra dans ce dossier.

CATWOMAN

Sortie : 2004 – Durée : 1h44

 

Catwoman : Photo Halle BerryCatwoman version horreur

 

Ce que ça devait être : La renaissance du personnage culte de DC notamment incarné par Michelle Pfeiffer dans Batman, le défi, avec une Halle Berry fraîchement oscarisée pour reprendre le flambeau. Et un moyen pour Warner Bros. de rouvrir le catalogue DC, après avoir salopé Batman avec Joel Schumacher et enterré le Superman Lives de Tim Burton à la fin des années 90.

Ce que c’est réellement : Déjà, c’est un pur produit de studio. Après l’annulation d’un projet Catwoman par Tim Burton et avec Michelle Pfeiffer, et les sorties de Batman Forever et Batman & Robin, le film a été relancé au début des années 2000. Il a traîné plusieurs années (Ashley Judd et Nicole Kidman ont été liées au rôle), mais quand Warner a enterré Batman v Superman en 2004 (oui, ils en parlaient déjà à l’époque), le studio s’est finalement rabattu sur Catwoman.

Elle-même depitée par l’annulation d’un spin-off de James Bond sur son personnage de Meurs un autre jour, Halle Berry a signé, probablement enivée par son Oscar (et le salaire de 14 millions, apparemment).

 

Halle Berry50 nuances de rides et soft porn

 

Entre Halle Berry qui surjoue comme dans Benny Hill et le découpage absolument effroyable (tellement de plans, tellement de cut, tellement d’angles tordus, tellement d’effets), le résultat est certainement l’un des pires trucs jamais produits par un studio sérieux ces dernières décennies.

L’écriture est grotesque, à tel point que Patience doit avoir peur des chiens dans la rue ou sauter sur du thon en boîte pour souligner son identité féline. Sans parler de l’action, totalement nulle et réduite à quelques scènes courtes, ou bastons dans un studio. Mais n’était-ce pas évident dès les premières photos promo de Halle Berry à quatre pattes, fesses en l’air et seins devant, dans sa tenue en plastique-cuir déchiré ?

 

Catwoman : photoLe style MTVide

 

Personne ne surpris d’apprendre que la production a été chaotique, entre des dizaines de scénaristes, des reshoots et une post-production tendue (la sortie IMAX a carrément été annulée). Evidemment, tout le monde savait que ça allait être une catastrophe, Halle Berry la première comme elle le racontait à Digital Spy en 2014 : « Je me suis souviens avoir eu ce débat : pourquoi Catwoman ne peut pas sauver le monde comme Batman ou Superman, pourquoi elle doit juste sauver les femmes d’une crème de soin qui abîme leurs visages ? Mais bon, j’étais juste l’actrice engagée. J’avais pas vraiment mon mot à dire« .

Catwoman a naturellement été un bide, avec 82 millions au box-office pour un budget de 100 millions.

 

Halle BerryDevinez quels étaient les arguments marketing du studio ?

 

Ce qu’il en reste : Le discours de remerciement de Halle Berry aux Razzie, où elle est venue chercher son prix de la pire actrice, Oscar en main, avant de se lancer dans un sketch où elle remerciait son agent et ses collègues à l’écran d’avoir été nuls avec elle.

Et l’honnêteté de pas mal de monde dans l’équipe, comme John Rogers, l’un des scénaristes qui expliquait sur Twitter en 2018 :

« Etant un des scénaristes crédités pour Catwoman je pense que j’ai l’autorité nécessaire pour dire ceci : c’était un film de merde, balancé par le studio à la fin d’un cycle stylistique et il n’avait aucune pertinence culturelle que ce soit devant ou derrière la caméra. C’est vraiment très mauvais. J’en ai honte. Pitof avait l’oeil pour l’action mais personne aux commandes ne savait quel film ils voulaient. A un moment je leur ai demandé s’ils réalisaient que le troisième acte de leur film, le gros combat dans leur blockbuster estival, consistait en une Halle Berry habillée comme une strip-teaseuse québécoise qui cassait la gueule à une personnalité du maquillage en tailleur. Pour tout vous dire, j’ai été viré juste après avoir écrit la version qui avait été validée par le studio parce que je n’arrêtais pas de leur dire que toutes les notes qu’ils rajoutaient rendaient le film très, très mauvais. Et je le disais haut et fort, pendant les réunions. »

Retour complet sur ce navet Catwoman dans ce dossier.

GHOST RIDER

Sortie : 2007 – Durée : 1h50

 

Ghost Rider : photoTête brûlée

 

Ce que ça devait être : Le film de super-héros noir ultime de Sony, adaptation d’une bande-dessinée culte prévue de longue date et très attendue par les connaisseurs de l’univers Marvel. Le personnage aurait également dû faire avancer la carrière de Nicolas Cage, le transformant en nouvelle action star bankable et surtout super badass.

Ce que c’est réellement : Il n’y a clairement pas grand-chose à sauver dans cette espèce de compilation de tout ce qu’il ne faut pas faire quand on s’attaque à un héros d’une telle portée mythologique. Dans Ghost Rider, tout est gimmick et rien n’est sérieux, au point qu’on se demande s’il y avait un technicien sur le plateau qui croyait au projet (à part Cage, bien sûr). L’intrigue stupide noie très rapidement tous les enjeux et thématiques introduits par la bande dessinée dans une avalanche d’effets spéciaux atroces et de money-shots sans âmes.

 

Ghost Rider : photo, Nicolas CageNicolas Cage dans le rôle de Nicolas Cage

 

Nicolas Cage traverse le film sur sa moto, peut-être pas complètement conscient d’être régulièrement remplacé par un clone squelettique numérique tout droit échappé de la salle d’SVT d’un collège municipal. Il semble se répeter tout du long « Je suis trop stylé », alors qu’un scénario inepte et une mise en scène accessoire achèvent de ridiculiser son personnage à grands coups de gags navrants.

L’esthétique gothique attendue pique les yeux, et l’ensemble n’est même pas assez généreux en scènes d’action léthargiques pour maintenir l’attention. Un comble, quand le héros est un envoyé du diable au crâne enflammé.

 

photoThe CGI Rider

 

Ce qu’il en reste : Les admirateurs de l’acteur principal s’amuseront à classer Ghost Rider parmi les meilleurs moments de sa carrière pourtant riche à ce niveau. Alors que tout le monde autour de lui (Peter Fonda compris) semble n’être là que pour payer la prochaine livraison de cocaïne, Cage pioche dans ses réserves personnelles et s’impose comme la seule personne impliquée. Determiné à faire du Ghost Rider le prochain Spider-Man, il se donne du mal pour icôniser toute la force de son jeu halluciné dans son héros préféré.

La chose aura également permis la production d’un Ghost Rider 2 qui lorgne cette fois carrément sur le nanar, avec décor de zone industrielle, gags graveleux et sabotage définitif de la franchise . Impossible de cracher sur le film qui a redonné du travail au duo Mark Neveldine / Brian Taylor, équivalent de la folie de Cage sur le plan de la mise en scène. 

GREEN LANTERN

Sortie : 2011 – Durée : 1h54

 

photoAquaman

 

Ce que ça devait être : L’arrivée en fanfare au cinéma du personnage culte des comics DC. Ce Green Lantern devait ainsi présenter la version de Hal Jordan (l’arc de l’âge d’argent, le plus célèbre des comics) pour lancer une franchise en 2011, alors que le MCU commençait à exploser (Avengers est sorti en 2012).

Ce que c’est réellement : Un modèle de film de super-héros maladroit et sans identité, qui jongle entre un ton sérieux (les traumas de Hal Jordan, la menace qui pèse sur le monde avec Parallax) et léger (toutes les blagues de Hal Jordan, les situations burlesques, les cocasseries autour du masque), sans jamais trouver un équilibre. Est-ce un film de super-héros comique ou une comédie sur fond de super-héros ? En voulant tout réussir, il a tout raté.

 

Green Lantern : photoBraindead

 

Difficile de prendre au sérieux le méchant Parallax et surtout son « infecté » terrien incarné par Peter Sarsgaard, qui a immédiatement rejoint le top 10 des pires antagonistes de films de super-héros. Et c’est en grande partie à cause du gros problème de Green Lantern : sa direction artistique et ses effets visuels. Le blockbuster est laid, et se transforme vite en bouillie numérique rappellant les pires heures de la prélogie Star Wars.

Pourquoi un tel désastre avec Martin Campbell (GoldenEye, Casino Royale) à la barre ? Parce que Green Lantern a bien évidemment été produit dans les pires conditions. Ryan Reynolds l’a très bien résumé en 2016 chez Empire : « Il faut vraiment avoir une vision derrière un tel film, mais c’était l’histoire classique du film de studio : ‘On a un poster, mais on n’a pas de scénario et on sait pas ce qu’on veut, commençons à tourner !' ».

En 2021, Martin Campbell expliquait à ScreenRant qu’il n’aurait jamais dû faire ce film, que le studio avait changé un paquet de choses, mais qu’il assumait une partie de ce désastre.

 

Green Lantern : photoLe vert est dans la pomme

 

Ce qu’il en reste : Quasiment rien si ce n’est la certitude qu’il s’agit d’un des pires films de super-héros. Le personnage de Green Lantern a totalement disparu des écrans radars (sauf un mini flashback évoquant un Green Lantern dans Justice League), et depuis Ryan Reynolds prend plaisir à se moquer publiquement de ce navet de luxe. Notamment dans une scène post-générique de Deadpool 2 où il voyage dans le temps et se tire une balle dans la tête au moment où il lit le scénario de Green Lantern, et le trouve super bien.

Le désastre du film Green Lantern n’a pas aidé le personnage puisque depuis, aucun projet n’a été concrétisé. Ni le film-reboot Green Lantern Corps scénarisé par Geoff Johns, ni la série pour HBO Max qui a été développée et remodelée pendant des années. Mais fin 2022, James Gunn affirmait qu’elle était toujours dans les tuyaux.

Retrouvez notre dossier sur Green Lantern, et si ça avait été un bon film ?

 

THE FLASH

Sortie : 2023 – Durée : 2h24

 

 

Ce que ça devait être : Un film majeur pour DC, qui devait semi-rebooter l’univers étendu en adaptant les comics Flashpoint de Geoff Johns et Andy Kubert. The Flash était le film idéal pour préparer le futur de DC, et tourner la page Zack Snyder avec intelligence.

Ce que c’est réellement : Un naufrage absolu qui restera dans l’histoire des films de super-héros, mais qui représente une certaine harmonie dans le cauchemar. Quasi 10 ans de développement infernal où plusieurs scénaristes et réalisateurs se sont succédés, les affaires judiciaires d’Ezra Miller, un remaniement de DC Films… Avant même sa sortie, The Flash semblait déjà périmé (au mieux).

Donnons toutefois à The Flash une chose : les dimensions du ratage sont pharaoniques et fascinantes. Le film survole et sous-exploite à peu près tout, que ce soit les deux Flash, le Batman avec Michael Keaton, la nouvelle venue Supergirl, le retour de Zod, ou tout simplement l’impact émotionnel de ce voyage dans le temps lourd de sens pour le héros. Sans parler de cette collision des univers qui ressemble à une horrible parties de boules CGI, où des versions wish de Nicolas Cage et Christopher Reeve apparaissent quelques instants (suffisants pour être inoubliables).

 

The Flash : photo, Ezra Miller, Sasha CalleLa sainte-triniterne

Parce que oui, The Flash est particulièrement laid, comme le montre magnifiquement le climax dans un bac à sable aussi vide, vain et vilain que ce blockbuster. Et la fin, qui préfère une pirouette-caméo à une vraie conclusion pour l’univers et le héros, n’arrange pas l’affaire.

Ce qu’il en reste : Une note salée pour Warner Bros., qui a probablement perdu dans les 200 millions. Avec un budget officiel de 200 millions, qui serait en réalité plus proche des 300 millions selon The Hollywood Reporter, The Flash n’a même pas encaissé 270 millions au box-office mondial. De quoi automatiquement en faire un des plus gros bides hollywoodiens de tous les temps, et le paroxysme du chaos DC de son époque (entre Black Adam, Shazam 2 et Blue Beetle).

Alors que Warner prépare la renaissance DC, avec notamment Superman Legacy de James Gunn en 2025, nul doute que The Flash restera comme le parfait anti-modèle pour la suite.

Rédacteurs :
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Jojo

Spawn de Mark Dippé en 1997 a toute sa place dans cette liste !

Geoffrey Crété

@jojo

Mais il aurait alors fallu écarter un autre film qui avait sa place dans cette liste. C’est tout le jeu d’une sélection limitée 😉

Flashpoint

Thor ,avengers 2 et black Panther aussi aurait pu être dans cette liste tellement ils sont mauvais

Un peu idiot

La danseuse Québécoise était gratuit et complètement inutile. Pour le reste je suis d’accord tous ces films mérite cette place. Dans les plus récents j’aurais rajouter Shazam.

Marvelleux

Et dire qu’étant gosse, j’avais apprécié capitain america, que j’avais en k7 video. Je me jetter pas la première pierre. Après dommage pour Catwoman, il y avait matière à faire.