Sparring : 5 bonnes raisons d'aller voir le film de boxe avec Mathieu Kassovitz

Christophe Foltzer | 24 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Christophe Foltzer | 24 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Quand on aime un film, on a envie que tout le monde le voit. Surtout lorsqu'il s'agit d'une première oeuvre. Et ça tombe bien, Sparring, c'est exactement ça, et beaucoup plus encore.

Le 31 janvier prochain sortira sur tous les écrans français Sparring, le premier film de Samuel Jouy avec Mathieu Kassovitz Un film d'une grande sensibilité et d'une belle intelligence que nous avons beaucoup apprécié à la rédaction. L'occasion idéale pour vous expliquer en cinq points pourquoi, à notre sens, vous ne devez pas le rater.

 

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1. MATHIEU KASSOVITZ EST INCROYABLE

On ne va pas se le cacher, le film doit beaucoup à la présence de Mathieu Kassovitz. Acteur-réalisateur plutôt rare, il met ici à profit tout son versant mélancolique dans le rôle de Steve Landry, loser magnifique, boxeur de seconde zone qui n'a pas eu la carrière qu'il méritait et qui veut faire un dernier coup d'éclat avant de prendre sa retraite.

Il est évident que le fait que Mathieu Kassovitz soit impliqué a grandement contribué au montage financier du film. Et c'est une excellente chose parce que nous l'avons rarement vu comme ça. Et comme le hasard fait bien les choses, le film s'est tourné en même temps que le comédien s'entrainait à la boxe dans la vraie vie, avec pour objectif de disputer de vrais combats. La frontière entre réalité et fiction s'estompe donc et nous propose une expérience assez inédite où comédien et personnage vivent plus ou moins la même chose au même moment. Kassovitz est toujours un excellent acteur et sa performance dans Sparring force l'admiration.

 

Photo Sparring

 

2. UN FILM DE BOXE QUI N'EST PAS DANS LES CORDES

Le film de boxe est un genre à part entière au cinéma et possède quelques fleurons. Rocky, Raging Bull, autant de classiques qui imposent au genre des codes assez particuliers et qui semblent incontournables. La grande qualité de Sparring, c'est d'en jouer sans jamais y sacrifier. N'y voyez pas là une quelconque volonté de pastiche ou un second degré cynique, Samuel Jouy est parfaitement conscient du matériau auquel il s'attaque et entend bien tirer son épingle du jeu.

Et ça fonctionne très bien ! En effet, là où un réalisateur un peu moins attentif et engagé aurait accumulé les poncifs, Samuel Jouy les utilise pour surprendre son spectateur. Installant des scènes qui en appellent à l'inconsicent collectif (l'entrainement sur la plage, la montée sur le ring, le dialogue avec la femme du héros), le film prend un malin plaisir à détourner ces clichés, se les réapproprier pour emporter le spectateur dans une autre direction. Et c'est un vrai plaisir de voir enfin un film qui utilise consciemment ces figures imposées pour nous offrir quelque chose de neuf.

 

Photo Sparring

 

3. UNE VISION INEDITE ET PASSIONNANTE DU SPORT

Encore une fois, Sparring ne fait rien comme tout le monde. Alors qu'on s'attendait à un postulat et un récit très inspiré du premier Rocky avec son anti-héros qui accède à la célébrité et parvient à se sortir de sa misérable condition, le film de Samuel Jouy n'oublie jamais qu'il est inscrit dans le réel de la société française. 

Cette approche très brute, très froide en apparence est l'une des grandes qualités du film en ce sens qu'elle nous permet d'aborder la boxe avec une vision réaliste. Tout autant que de nous en présenter un aspect inédit au cinéma. En effet, Sparring n'est pas un récit de gloire mais parle des "sparring-partners", des sacs de frappe humains, engagés uniquement dans le but d'entrainer les champions. Nous sommes donc clairement loin des projecteurs, même si le film se permet une montée en puissance évidente dans sa dernière partie. Pourtant, jamais il n'oublie que cette très belle histoire n'est pas une success-story et que l'enjeu ne consiste pas à l'accession à la célébrité mais davantage à la réalisation de soi. En conservant cette approche intimiste et touchante du début à la fin, le film fait clairement le bon choix.

 

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4. UNE NOUVELLE GENERATION DE REALISATEURS

On le pressent depuis quelques années et chaque nouveau film nous en apporte la confirmation : il se passe décidément quelque chose dans le jeune cinéma français. Alors que les grosses comédies bien grasses affluent dans nos salles, conquièrent des millions de spectateurs et trahissent un évident manque d'âme, le vrai fan de bon cinéma s'orientera davantage vers les premiers films et les productions indépendantes pour trouver son bonheur.

Là encore, Sparring est une réussite et met une fois de plus en valeur le fait qu'une nouvelle génération de réalisateurs existe bel et bien et qu'en plus elle n'a pas besoin peur de faire du vrai cinéma. Comme beaucoup de ses jeunes collègues, Samuel Jouy sait tenir une caméra et, plus important que tout, il sait découper ses séquences. Pas de mise en scène calibrée pour la télévision, ni de plans sentencieux et ostentatoires ici, nous sommes dans la subtilité, dans l'intelligence de la réalisation, inspiré de nombreuses sources prestigieuses et totalement intégrées par son réalisateur. Cette réappropriation des codes et des cadres fait de Sparring une vraie oeuvre personnelle, preuve que Samuel Jouy, en plus de son passé d'acteur a totalement intégré ce qu'est le cinéma et entend bien nous en proposer sa vision. Et, comme souvent avec cette nouvelle génération, il remplit son contrat haut la main.

 

 

5. UN FILM VIVANT, AVEC D'EXCELLENTS PERSONNAGES SECONDAIRES

L'un des grands clichés lorsque l'on parle du cinéma français, encore plus lorsqu'il s'agit d'un drame, c'est de dire que l'on se retrouve face à un film irrémédiablement chiant. Pas de ça dans Sparring, qui nous prouve que cette idée préconçue est un énorme mensonge. Comme tout récit cinématographique, le film est avant tout une métaphore qui s'inscrit dans une réalité bien française.

La misère sociale et culturelle d'une certaine partie de la population, parfaitement décrite sans jamais avoir recours à un pathos lourdingue, fait écho au parcours de son héros, en pleine middle-life crisis, qui prend conscience qu'il ne sera jamais qui il voulait être mais entend bien prouver qu'il aurait pu le devenir si le destin avait été de son côté. Une très belle histoire donc, qui parlera au plus grand nombre et qui en plus est servie par une belle brochette de comédiens.

 

Photo Olivia B. Merilahti

Intense Olivia Merilahti

 

La chanteuse Olivia Merilahti nous livre une très belle performance en femme de Steve Landry. Sa part terre-à-terre, qui s'occupe de la famille et assure sa solidité. Un personnage beaucoup plus profond qu'il n'y parait et qui joue sur deux tableaux à la fois puisqu'elle veille aussi à ce que l'homme qu'elle aime parvienne à s'accomplir. Citons enfin le gigantesque Lyes Salem, impressionnant dans le rôle du coach, qui bouffe l'écran à chacune de ses apparitions et, bien qu'il soit assez impitoyable, laisse apparaitre quelques bribes d'humanité ici et là, presque à son insu. Ce qui en dit long sur le talent de son interprète.

C'est donc pour toutes ces raisons que nous vous recommandons vivement d'aller voir Sparring dès le 31 janvier. Pour encourager ce type de cinéma, pour retrouver Mathieu Kassovitz dans un grand rôle, mais aussi pour vivre une très belle aventure, émouvante, sincère, dramatique et en même temps lumineuse.

 

affiche

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commentaires
SMQ
26/01/2018 à 23:07

En ce qui me concerne, UNE seule raison de ne pas y aller : KASSOVITZ !

Simon Riaux - Rédaction
26/01/2018 à 16:15

@fouloulou

Ils nous ont donné énormément d'argent. Surtout après avoir lu nos critiques giga-positives de VALERIAN et BAD BUZZ...

fouloulou
26/01/2018 à 15:14

Europa vous a donné combien pour cet article ? Mmmh ? Même si le film est bien, ça fait pas sérieux les copains.

Kinké
24/01/2018 à 16:42

Sixième raison : parce que j’y fait une figuration :)

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