Verónica : 5 raisons de découvrir le terrifiant nouveau film du papa de REC

La Rédaction | 19 janvier 2018
La Rédaction | 19 janvier 2018

C’est le 24 janvier que sortira Veronica de Paco Plaza. Récit « inspiré d’une histoire vraie », entre film de possession et exorcisme, il appartient à un sous-genre bien connu, manquant souvent de créativité, comme nous l’avions pointé du doigt dans un dossier consacré aux œuvres recyclant l’imagerie judéo-chrétienne. Mais Ô miracle, la production qui nous intéresse aujourd’hui est une excellente surprise.

Fignolée avec amour, bourrée d’idées flippantes,Veronica nous a charmés à plus d’un titre. On vous donne donc 5 raisons de ne pas manquer un des plus beaux frissons de ce début d’année 2018.

 

Photo

Bonne nuit les petits !

 

CRÉER LA PEUR

Depuis l’avènement de James Wan, le triomphe des franchises Insidious et Conjuring, ainsi que de leurs dérivés ou de leurs concurrents les plus opportunistes, une génération de production s’est empressée de dupliquer les effets les plus emblématiques dont use le papa de la saga Saw.

On pense à l’abondance de jump scares, à ces mouvement de caméra latéraux absolument typiques, permettant de saisir le spectateur sur le vif, ou de générer une montée de la tension exponentielle, en dévoilant alternativement de nouveaux espaces, lesquels favorisent l’intrusion d’un élément anxiogène dans le cadre.

 

Photo

Oublier les automatismes de Conjuring !

 

Autant d’effets efficaces, voire puissants, quand ils sont bien gérés et intégrés à la narration, mais qui ont viré au systématisme outrancier depuis quelques années ; on se réjouit donc que Veronica s’efforce de bouleverser cet ordre établi, et d’essayer de définir des codes propres pour générer l’angoisse. La réussite est au rendez-vous, car en ne singeant pas ses aînés, le film devient infiniment plus singulier, imprévisible, et donc impressionnant.

 

SATAN L’HABITE

Il n’existe probablement pas de sous-genre plus balisé, engoncé dans ses codes, que le cinéma d’exorcisme. C’est bien simple, depuis que William Friedkin a réalisé L’Exorciste en 1973, personne ne semble être durablement parvenu à altérer les règles établies.

Veronica fera-t-il voler en éclat ce carcan, cloné par des centaines de copistes plus ou moins inspiré ? Il serait très présomptueux de l’affirmer, mais Paco Plaza s’efforce de ne pas reproduire les figures imposées. Une audace narrative particulièrement parlante dans le troisième acte du film, qui prend un malin plaisir à nous emmener loin de notre zone de confort.

 

Photo Ana Torrent

L'occasion de retrouver la formidable Ana Torrent !

 

Par conséquent, le spectateur amateur de films de possession perd progressivement ses repères au fur et à mesure qu’il réalise que rien ne se déroulera comme prévu, ce qui confère à Veronica une aura véritablement troublante et vertigineuse.

 

TOUT LE MONDE SE REC POUR PACO

La saga [REC] compte parmi les grandes réussites du cinéma de genre ibérique des années 2000. Elle aura propulsé sur le devant de la scène un duo créatif remarquable, composé du puissant Jaume Balagueró et du nettement moins connu Paco Plaza. S’il a signé quelques excitants courts-métrages et tenté de faire dévier la franchise de rails un peu trop programmatiques avec l’inabouti mais surprenant [REC³] Génesis, on ignorait encore un peu de quel bois se chauffait Plaza.

Ce retour au cinéma en solo est donc une excellente nouvelle, parce que Veronica est réussi bien entendu, mais également parce que le film nous donne l’occasion de voir son univers se déployer, et nous livrer quelques clefs pour mieux nous familiariser avec un auteur qui pourrait bien prendre rapidement énormément d’importance.

 

Photo

Joie de l'exorcisme...

 

EN TOUTE FRANCHISE

À l’heure où le premier succès venu dans le domaine de l’horreur ou du fantastique donne lieu à une tripotée de suites, de prequels ou à un univers étendu parfaitement dispensable, l’initiative portée par Veronica fait grand bien.

En effet, le risque inhérent à la franchisation est la stratégie délétère consistant à retarder indéfiniment la satisfaction du spectateur. Pourquoi en mettre plein les yeux au public, pourquoi lui donner les meilleurs concepts, quand il est bien plus important de le convaincre que le prochain épisode sera le bon et méritera qu’il se déplace pour le voir ?

En se focalisant sur son seul récit, à l’occasion d’une production qui ne peut ni ne souhaite avoir de suite, le film de Paco Plaza n’a d’autres choix ou désir que de tout donner, et de jouer l’intégralité de ses cartes pour terrifier. Cette générosité est une des très grandes qualités de l’œuvre.

 

Photo Sandra Escacena

Une petite famille qui va passer un sale quart d"heure...

 

LA REVELATION ESCACENA

Il existe peu d’émotions comparables à celle qui s’empare du cinéphile quand se dévoile pour la première fois sous ses yeux un nouveau talent. Si nous allons souvent dans les salles obscures pour retrouver un(e) artiste dont nous louons et suivons les performances, rencontrer un nouveau visage, découvrir une voix inédite, une performance inattendue, est toujours un régal.

Et avec Veronica, Sandra Escacena fait une entrée remarquée dans l’Histoire du 7ème Art. Dans le rôle d’une jeune femme au destin… compliqué, elle livre une composition d’une puissance phénoménale. Elle participe beaucoup à l’imprévisibilité du film. Tour à tour baroque et naturaliste, elle dévoile progressivement un talent dont nous ne connaissons pas encore les tiques et les petits trucs. Par conséquent, notre inconfort, notre surprise et nos frissons s’en retrouvent démultipliés.

 

Photo Sandra Escacena

La grande révélation du film

 

Vous l’aurez compris, Veronica est une divine surprise pour qui est en quête d’une angoisse profonde, parfaitement maîtrisée, capable à la fois de s’inscrire dans un genre classique aimé du public, tout en le retournant comme un gant.

commentaires

idiotduvilage
21/01/2018 à 15:43

déja vu en vost sous titres anglais y a 4 mois c'est nul et ennuyeux a fuir

trashyboy
20/01/2018 à 11:59

ça donne envie en effet, d'autant plus s'il s'éloigne des sentiers battus et n'abuse pas des jump scares!

Shagon
20/01/2018 à 08:09

Encore un qui sera « oublié » du réseau UGC...

Nimbari
19/01/2018 à 22:11

Une idée de l'ampleur de la distribution du film ? j'habite une ville moyenne, j'espère pouvoir le découvrir en salle.

galetas
19/01/2018 à 20:28

Je suis curieux , bien que REC3 était très dispensable.
Quant au post précédent, il est d'une évidence qu'il faut privilégier la VO et des horaires moins communs que la secte des esclaves au dieu smartphone et ses apôtres des réseaux sociaux.

bahquoi?
19/01/2018 à 18:55

Je vous fais entièrement confiance tout en sachant que ce n'est pas votre genre de survendre du mauvais voir du très très mauvais.
Ce qui m'attriste c'est l'attitude du public (14-18 ans environ ...) qui fait passer le salon du bétails pour un endroit calme et silencieux.
C'est quasiment impossible d'apprécier ce genre de film tel qu'il ce doit. En plus du véritable cauchemars que c'est pour un cinéma de gérer "ça" (je parle en connaissance de cause) ...

votre commentaire