Avertissement : cette critique a été écrite par un garçon qui a grandi en regardant beaucoup de slashers en boucle, notamment les deux premiers Souviens-toi… l’été dernier (surtout le deuxième)
LA PÊCHE AU MOU
Souviens-toi… l’été dernier a toujours été la bourre. En 1997, le projet avait été sorti d’un tiroir et produit à toute vitesse pour surfer sur la vague Scream, avec carrément le même scénariste Kevin Williamson pour afficher le lien (et la flemme). Cette copie presque conforme était sortie juste avant Scream 2, avec Sarah Michelle Gellar qui se fait trucider dans les deux. Souviens-toi… l’été dernier 2 est arrivé un an après, démontrant à merveille le stakhanovisme de cette bulle de néo-slasher.
Le temps que Souviens-toi… l’été dernier 3 débarque en 2006, la fête était déjà largement finie. Et si quelqu’un avait encore un doute, cette suite sortie directement en vidéo, avec de nouveaux personnages et un tueur zombie-boogeyman aux yeux rouges fluo, était le dernier clou dans le cercueil.
Presque trente ans plus tard et après une série Souviens-toi… l’été dernier abominablement nulle, le nouveau film est évidemment à la bourre lui aussi. Après des années à essayer de ressusciter ce pêcheur sachant pécher, le studio Sony a fini par y arriver avec la formule du legacyquel, ces suites qui ravivent une franchise des années après, avec d’anciens personnages qui passent le relais à de nouveaux. En voilà une formidable idée, que Scream et Halloween ont déjà exploité jusqu’à la corde récemment.
C’est donc la note d’intention de cette saga adaptée au départ du livre de Lois Duncan : faire comme les autres, mais en moins bien et bien trop tard, histoire d’arriver après la bataille pour essayer de ramasser les miettes.
SOUVIENS-TOI… L’ÉTÉ DES NIAIS
Inutile d’essayer de prendre un peu au sérieux ce Souviens-toi… l’été dernier 3 qui cache son vrai nom. L’accident déclencheur a beau être légèrement différent, il a lieu dans la même ville, au même endroit et avec quasiment les mêmes spécimens de vieux ados. Cette coïncidence aurait été normale dans un remake mais puisque c’est une suite, ça ressemble déjà à une blague.
Souviens-toi… l’été dernier version 2025 essaye de manger à tous les râteliers. D’un côté c’est du pur legacyquel, avec les vieilles gloires sorties du formol pour aider la nouvelle génération et faire plaisir aux fans avec quelques clins d’œil lourdingues (« WHAT ARE YOU WAITING FOR ???!!!« ). De l’autre, c’est quasiment un remake qui va jusqu’à reprendre des morceaux entier du premier film.

Le cinquième Scream est passé par là, mais faisait au moins semblant de raconter quelque chose en tirant sur la corde méta. Le « nouveau » Souviens-toi… l’été dernier, lui, se contente de creuser la tombe du vide. Et il tourne tellement en rond qu’il fait les poubelles des précédents films et de la saga Ghostface pour essayer de se moderniser, quitte à flirter avec l’auto-parodie.
Tant pis si ça ressemble parfois plus à Scary Movie qu’à Souviens-toi… l’été dernier, notamment avec un fabuleux moment qui rejoue en partie la meilleure scène de poursuite de l’original, dans le même décor, mais avec un second degré qui ferait passer le film de 1998 pour du Ari Aster. C’est peut-être ça le plus spectaculaire : avoir l’air plus poussiéreux et ringard qu’un film des années 90.

MARÉE BASSE DU FRONT
C’était peut-être la seule option pour ressusciter Souviens-toi… l’été dernier : essayer d’en rire, et de faire rire. La réalisatrice Jennifer Kaytin Robinson, qui a co-écrit le scénario avec Sam Lansky, tente donc cet impossible numéro d’équilibriste qui a pour fâcheuse conséquence de torpiller le film à intervalles réguliers. Le meilleur exemple : la Danica incarnée par Madelyn Cline, qui passe d’héritière de Helen Shivers (la blonde reine de beauté dont les rêves s’effondrent) à pauvre gourdasse (« Mais moi aussi j’ai reçu une lettre !« ), selon le sent du vent et des scènes.
D’une séquence à l’autre, Souviens-toi… l’été dernier invite à rire avec lui, puis de lui. De quoi lui donner des airs de fan film friqué qui essaye de conjuguer deux espaces temps – celui où on découvrait ces slashers emblématiques de leur époque post-Scream, et celui où on les a redécouverts dans leur jus nostalgique.

Mais puisque ce Souviens-toi… l’été dernier reste enfermé dans sa minuscule formule déjà gentiment naze dans les années 90, le film devient une simple quête secondaire de puriste qui devra compter toutes les références. Un coquillage géant par ci, une blague sur les Bahamas par là, avant une improbable scène de cauchemar-hommage qui créé l’exploit de provoquer un sourire et un soupir.
Quand à la toute fin les survivants débriefent le cauchemar, tranquilles autour d’un McDo, il devient clair que ce Souviens-toi… l’été dernier a été traité par-dessus la jambe et comme une simple farce. Et la scène post-générique, écrite et jouée comme un sketch du Saturday Night Live, enfonce le clou.
Sachant que le film est avare en frissons et cadavres, avec une inventivité proche de zéro dès qu’il s’agit de mettre en scène des poursuites ou des meurtres, il ne reste alors qu’une seule question : à qui s’adresse ce machin ? Aux ados des années 90 qui restent attachés à leurs vieux doudous ? À la Gen Z qui considèrerait que Souviens-toi… l’été dernier est culte ? À personne ? La réponse sera certainement moins étonnante que le twist archi-débile de cette suite tardive.

Vu le film
Sur la coïncidence où c’est pareil qu’au début du film de 1997 ça ne me gêne pas. Perso j’avais seulement vu jusque là que le premier film. Pour moi le problème de ce film est de faire du Prinze Jr le méchant. Ça n’a pas de sens
@Geoffrey Crété :
« Souviens-toi… l’été des niais »
« Sarah Michelle Gueularde »
« Freddie Prinze plus très Jr. »
Jeu de mots/20 👏👏👏
La seule chose sympa « c est le titre scream et.chatiment..pour le reste pas du tout d accord avec la critique..mais bon..chacun.sa perception..
C’était médiocre, du slasher basique de chez basique mais limite moins soporifique et radin que l’original, et je préfère encore ça que me subir les premières suites de Scream réalisés par Wes Craven. Moins pénible et ricane moins du genre. 2/5 est une bonne note.
Bon, ben ça a l’air aussi puant et opportuniste que prévu, mais au moins ta critique m’aura fait rire, Geoffrey. « L’internet explorer des slashers, mouahaha ceux qui n’ont pas connu à l’époque (les balbutiements compliqués du w.w.web, comme la naissance du néo-slasher Screamien) ne peuvent pas test, mais les vrais sachent ! ^^
C’est encore Ben Willis le tueur ? Ou le petit fils de Ben Willis ?
Je me suis refait l’original. C’était vraiment mauvais finalement : les acteurs, les personnages, la réalisation,… Du coup, je n’ai pas eu la force de regarder le 2ème volet. Ce remake ne m’intéresse pas trop
Je préfère me taper mille nanar/mauvais slasher, qu’un énième film de fantôme/possession a la con, dont je remercie le ciel qu’ils commencent un peu à disparaître de nos écrans (prochaine étape, les films de super-slip). Et puis bon, ça ne pourra certainement pas être pire que Halloween Ends ou encore Scream 5. Je serais là JOUR-J, car oui, je suis une prostituée des slashers (À condition qu’il n’y ait pas de paranormal d’injecter dedans). Qui croit aux fantômes sans déconner.
ce film c’est un peu comme jeepers creepers 3 on reprend l’heroine du premier film mais son rôle cette fois-ci est tout petit …
c’est un problème
ce site est magique … tu écris des commentaires et ils disparaissent