Alibi.com : critique Babysitting 2.5

Geoffrey Crété | 16 juin 2018 - MAJ : 22/06/2019 16:22
Geoffrey Crété | 16 juin 2018 - MAJ : 22/06/2019 16:22

Après les 2,3 millions de spectateurs de Babysitting en 2014 et les 3,2 de Babysitting 2 en 2015, Philippe Lacheau est en position de force sur la scène de la comédie française. Co-réalisateur, co-scénariste et visage des deux films, le comique de la Bande à Fifi vole de ses propres ailes avec Alibi.com, sa première réalisation en solo. 

SUCCES.COM

Alibi.com va t-il répéter le succès de Babysitting lui-même dépassé par sa suite ? Philippe Lacheau est-il le nouveau visage de la comédie française, relève de la génération Dany Boon et alternative à Kev Adams et ses collègues ? C'est le grand motif de la parade promo du premier film en solo du réalisateur, à nouveau star d'une épopée rocambolesque calibrée pour séduire le grand nombre.

De là à dire que l'acteur, réalisateur et scénariste a trouvé une formule, il n'y a qu'un petit pas que Alibi.com va tenter de franchir avec un pitch amusant : une société propose à ses clients de créer des alibi parfaits pour échapper à des situations désagréables ou couvrir leur mensonges. Un high-concept avec un petit parfum de L'Arnacoeur avec Romain Duris, qui enrobe une intrigue de vaudeville classique où l'équipe de Babysitting déploie son humour, ses gags et ses clins d'oeil avec un plaisir évident et communicatif.

 

Photo Philippe LacheauLa bande des winners

 

EMMERDES.COM

Alibi.com, c'est ainsi une histoire de mari adultère, de mensonges emmêlés, de mascarades absurdes, de malentendus et de hasards malheureux, qui transforment la vie de ce chef d'entreprise fan des années 80 en cauchemar. Le film a la bonne idée de ne pas trop s'étaler dans le temps, resserrant le gros de son intrigue sur un week-end fort en émotions dans le sud de la France. C'est ce qui lui apporte une certaine énergie, simple et efficace, où l'action passe le plus souvent avant les personnages.

C'est aussi ce qui permet de ne pas s'attarder sur la formule archi-classique de la comédie. Car Philippe Lacheau, qui co-scénarise avec Pierre Dudan et Julien Arruti (son acolyte dans le film), ne va pas chercher bien loin : de la romance téléphonée avec la fille parfaite à la morale de fin, des beaux-parents aux collègues, il manipule des archétypes du début à la fin sans trop d'imagination.

D'où l'impression d'avoir affaire à une recette de téléfilm, avec un habillage tendance qui tend ouvertement vers la production américaine (à commencer par la belle gueule et le look de ce héros musclé, son goût douteux pour les années 80 et les ennuis démesurés qu'il affronte).

 

Photo Elodie Fontan, Philippe LacheauLe public rit-il autant ?

 

COOL.COM

Mais ce qui ressort d'Alibi.com, c'est ce même désir de parasiter la formule archi-convenue avec un amour régressif et donc assez touchant pour le cinéma. Dans Babysitting, il y avait une amusante course-poursuite à la Mario Kart où les héros fuyaient une fête foraine et lâchaient des bananes pour ralentir leurs ennemis.

Dans Alibi.com, il y a un duel à la Star Wars, un moment à la Assassin's Creed, une course-poursuite à la Fast & Furious. C'est plus lourd et facile que subtil et hilarant, mais l'effet est indéniable : dans ces parenthèses décalées, il y a le vif désir de court-circuiter la formule trop sage de la comédie, comme un gigantesque clin d'oeil complice adressé au spectateur.

 

Photo Elodie Fontan, Nathalie Baye, Philippe LacheauEt là j'ai mis un peu de Dead Space pour le lol

 

De l'intro qui déborde de guests stars au personnage ridicule de Nawell Madani ("Je suis excitée comme une pute"), Alibi.com ne ménage pas ses efforts pour séduire, et faire céder. Il manque à la chose une constance et vraie finesse d'écriture pour prétendre à plus qu'une comédie grasse, mais il y a suffisamment d'esprit et de moments bien rythmés pour attirer la sympathie.

Au point de s'interroger sur le processus de Philippe Lacheau : ces histoires pré-mâchées ne seraient-elles pas, au fond, qu'un prétexte pour rassurer les producteurs et lui laisser le champ libre pour intercaler ces bulles ridicules et réjouissantes ? L'envie de s'amuser comme un môme avec Dark Vador et de grosses voitures ne viendrait-elle pas avant l'intrigue amoureuse et les fameux alibis ? Plus que probable. Philippe Lacheau s'est dans tous les cas créé une place incontournable dans le paysage de la comédie française, et on demande à voir la suite avec une certaine curiosité.

 

Affiche officielle

Résumé

C'est téléphoné, c'est classique, c'est gentillet. Mais dans ses meilleurs moments, c'est également ridicule, grotesque et absurde. De quoi offrir suffisamment de sourires et rires, dans la lignée évidente de Babysitting.

commentaires

beyond
17/06/2019 à 18:00

Rien que le perso de Kad qui dissimule sa fortune à ses proches, a le potentiel d'un film à lui tout seul.

Opale
17/06/2019 à 13:45

La scène avec le chat... terrible!^^

Olivizr
10/09/2017 à 10:03

Babysitting un étron intersidéral. On a pas dû voir le meme film. C'était franchement hilarant, bien écrit, Avec des personnages sympathique et jen
Passe.

Encore un vieil aigri!

mikegyver
15/02/2017 à 18:12

mouais ca donne pas envie quand meme, et surtout surtout Babysitting etait un etron intersideral, bete, con et inregardable plus de 30 mns.

donc peut-etre a la tele un soir quand ca passera sur la tnt en fait........

postman
15/02/2017 à 09:35

Mouais, je retourne voir le film du Palmashow moé...

StarLord
14/02/2017 à 18:38

l'excellente alternative aux étrons de Dany Boom, Kev Adams and co

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