Hunger Games : L'embrasement - critique tout feu tout flamme

Stéphane Argentin | 14 septembre 2020
Stéphane Argentin | 14 septembre 2020

Hunger Games : L'Embrasement, ce soir à 21h15 sur C8

Après une molle introduction dans Hunger Games, Katniss commence la révolution dans le deuxième épisode de la saga, adaptée des livres de Suzanne Collins. Plus gros succès de la franchise, Hunger Games : L'embrasement a t-il fait mieux que le premier volet ?

C'EST CHAUD, CA BRÛLE

Au terme du premier film, Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) était victorieuse des 74ème Hunger Games. Une victoire au goût toutefois amer pour notre jeune héroïne, qui avait vu périr vingt deux autres adolescents dans ce jeu de massacre-divertissement des nantis. Un sacre à double tranchant, car s'il lui a ouvert ainsi qu'à sa famille les portes d'une vie plus confortable au sein du village des vainqueurs, Katniss est devenue par la même occasion le porte-étendard de la révolte qui gronde dans tout Panem, faisant d'elle la bête noire du Président Snow (Donald Sutherland, remarquable et effrayant). Lequel, en compagnie du Haut Juge Plutarch Heavensbee (Philip Seymour Hoffman, nouveau venu au niveau de Sutherland), va ourdir le plan le plus insidieux qui soit pour la discréditer aux yeux de tous, la briser et l'anéantir.

Bienvenue dans Hunger Games : L'embrasement. Mais tout comme le célèbre mythe, à trop vouloir voler près du soleil, on finit par se brûler les ailes. Et même paré de ses habits de geai moqueur, cette suite voit le joli plumage qu'avait su revêtir le premier film Gary Ross se consumer en partie.

 

photo, Jennifer LawrenceLe comeback

 

AU FOND QU'EST CE QU'ON VEUT ?

Sans doute grisé par le succès du premier opus (près de 700 millions de dollars de recettes mondiales en salles), décision fut prise de voir les choses en grand. Le budget grimpe sans surprise (plus de 130 millions, contre 80 pour le premier), et la décision de diviser le troisième livre en deux films (à la Harry Potter et Twilight donc).

L'argent se voit à l'écran, entre les décors fastueux et les plans larges récurrents sur Panem, le Capitol ou encore l'arène de jeu. Des jeux au rythme par ailleurs plus incisif que ceux du précédent film, dont les détracteurs n'avaient retenu qu'une ballade en forêt à la mise en scène tremblante. Suite au départ de Gary Ross, Francis Lawrence a repris la barre, et assurera le service sur les suites.

Le résultat est là et si le plumage est réussi, le ramage ne chante hélas plus vraiment le même refrain. Car aussi décrié que furent le métrage inaugural et sa mise en scène, Francis Lawrence est loin d'être aussi bon dramaturge que Gary Ross (cf les magnifiques Pleasantville et Seabiscuit). Et les atermoiements sentimentalo-existentiels de notre joyeuse petite troupe, tout en retenue dans le premier film, de verser désormais dans le bisou-bisou et autres pleurnicheries sans commune mesure avec le ressenti à la lecture du bouquin.

 

Photo Jennifer Lawrence, Josh HutchersonQui a dit mièvre ?

 

Ce deuxième volet, avec ses 2h25 au compteur (soit une durée peu ou prou identique à celle du premier film) s'étire en longueur. Si l'on pouvait (dans une moindre mesure) faire le même reproche au roman, celui-ci avait à tout le moins le mérite d'ouvrir une voie royale à un troisième tome qui faisait basculer pour de bon la saga vers le côté obscur : la révolte et l'entrée en jeu du mythique 13ème District.

Oui mais voilà, et c'est sans conteste le plus grand reproche imputable à Hunger Games : L'embrasement, conséquence directe de la transformation d'une trilogie littéraire en tétralogie cinématographique : le film peine à tenir le même rythme que son prédécesseur et trahit celui du roman. Ce dernier faisait de la redite des Hunger Games la portion congrue du deuxième tome (moins d'un tiers du livre). En résulte à l'écran une dilatation de l'action malvenue, qui allonge inutilement le récit, le rendant trop larmoyant et mièvre.

À l'image de Jena Malone, très convaincante dans le rôle de Johanna Mason, on en viendrait presque à prendre le mors aux dents contre ce deuxième opus, sacrifié sur l'hôtel du Dieu marketing (un film de plus = davantage de bénef). Heureusement, ce dernier parvient à retranscrire les passages qui nous ont tant fait vibrer à l'écrit.

 

Affiche française

Résumé

Hunger Games : L'Embrasement souffre d'un récit trop étiré, qui alourdit ses niaiseries, mais s'en sort relativement bien pour mettre en scène la suite des aventures de Katniss, dans une aventure plus spectaculaire et solide dans l'action.

Autre avis Geoffrey Crété
De loin le meilleur épisode de la saga, qui s'épargne la lourdeur des présentations ou des conclusions, pour profiter au mieux de l'arène, et la montée de la révolution.

Lecteurs

(3.8)

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commentaires

Birdy
02/10/2018 à 12:29

Le seul intérêt de ces films : les acteurs, et particulièrement Jennifer lawrence, révélation au talent/charisme incroyable. Le reste, franchement, c'est vraiment bidon. Revoyez Bataille Royale

RaidenX
01/10/2018 à 21:57

Le meilleur de la franchise, après un 1er ennuyeux et un 3ème soporifique. Le dernier film se laisse regarder mais n'est pas a la hauteur d'une conclusion de saga. Une franchise parfaitement oubliable donc.

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