Hunger Games : critique molle

La Rédaction | 7 septembre 2020 - MAJ : 15/09/2020 10:05
La Rédaction | 7 septembre 2020 - MAJ : 15/09/2020 10:05

Le premier Hunger Games de Gary Ross a été le début d'une grosse franchise, et un carton dans la vague young adult qui a vu naître Twilight, Le Labyrinthe et autres Divergente. Majeur dans la trajectoire de Jennifer Lawrence, le film adapté des livres de Susan Collins a pourtant mollement démarré avec un premier épisode mou.

BATTLE PAS ROYALE 

La saga Twilight ayant définitivement prouvé que le cerveau est le dernier organe à arriver à maturation chez l'être humain, il était parfaitement envisageable de gaver nos chères têtes blondes à coups de fresques indigentes et grotesques. Nul étonnement donc à voir un nouvel étendard de la littérature jeunesse adapté sur grand écran, bien décidé à profiter de la fin annoncée des bouffonneries vampirico-mormones.

On pouvait néanmoins espérer que le sujet de Hunger Games, bien que déjà vu, amène presque naturellement le film à des standards de qualité plus élevés. L'Amérique où évoluent les héros se situe ainsi entre Battle Royale et The Running Man, avec une émission de télévision annuelle où 24 jeunes citoyens sont tirés au sort pour s'entretuer en direct, sous les yeux des puissants ogres du Capitole. C'est donc un décor parfait de dystopie, gentiment politique. Hélas, malgré un semblant de maturité véhiculé par la violence du sujet, le film n'arrive jamais à dissimuler sa médiocrité.

 

photo, Stanley TucciUne victoire évidente

 

LAIDEUR GAME

On est d'abord amusé, puis rapidement agacé par la laideur de la chose, preuve que trois décors forestiers, un malheureux fond vert et quelques appartements futuristes suffisent à engloutir plusieurs dizaines de millions de dollars - la chose a coûté près de 80 millions tout de même. Décors dont Gary Ross ne fait strictement rien, trop occupé à secouer sa caméra dans tous les sens pour créer un semblant de dynamisme, quitte à sacrifier lisibilité et dramaturgie. A noter que Steven Soderbergh (ami de Gary Ross) a été réalisateur de seconde équipe sur quelques scènes, notamment sur les scènes de révolte du District 11.

Le message pas très finaud du roman, mais qui avait au moins le mérite d'exister, s'en retrouve totalement dilué, laissant vaguement entrevoir une critique de la téléréalité, laquelle est contredite par les agissements des héros, finalement bien contents que les sponsors et autres spectateurs se prennent d'affection pour eux.

On espérait au moins que les combats à mort entre les différents antagonistes créeraient quelques tensions, mais les conflits moraux inhérents au sujet sont systématiquement écartés. On le regrette d'autant plus que le film ne rechigne pas à mettre la mort en scène frontalement, et ce plusieurs fois. Le dispositif vient tristement prouver que ce qui gène Hollywood, ce n'est pas tant de voir des adolescents s'écharper à coups de machette, que de s'assurer que les gagnants soient bien les gentils. La larme est aussi facile que le manichéisme.

 

photo, Jennifer LawrenceAttention, du niais derrière toi

 

N'espérez pas que Katniss porte jamais volontairement un coup, ou fasse autre chose que se défendre. Les autres concurrents sont cruels, belliqueux ou veules, tandis qu'elle incarne le seul ilot de pureté, forcée malgré elle à se battre. Une approche qui occasionnera quelques sommets de ridicule, dont un enterrement floral hors sujet, et une séquence de camouflage qui ferait passer John Rambo pour scout anémique. Jennifer Lawrence porte du mieux qu'elle peut l'aventure, notamment dans quelques moments d'émotion plus solides, mais Hunger Games n'a finalement pas grand chose à offrir, et se présente comme un préambule très tiède.

Au final, on ressort de ces Hunger Games affamé, et cruellement en manque d'adrénaline. On craignait que cette nouvelle franchise, promise aux cimes du box-office, atteigne les tréfonds de bêtise balisés par une précédente bluette hémophile, mais son péché est peut-être encore plus grand. Le film de Gary Ross ennuie constamment, parfaitement imperméable à la fièvre de la jeunesse qu'il prétend décrire. On ne pensait pas le dire un jour, mais Running Man lui tient la dragée haute.

 

Affiche française

Résumé

Un début de franchise bien sage, lisse et mou, qui manque cruellement d'adrénaline et d'émotion. Autant revoir Running Man à ce compte.

Lecteurs

(3.1)

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commentaires

Ethan
09/09/2020 à 20:05

Ce film est vraiment très bien. Maintenant personne en parle mais cette histoire s'inspire de l'épisode "Un monde de jeux mortels" de la saison 3 de Sliders : les mondes parallèles!

baballe
08/09/2020 à 23:05

Quand on parle de running man on parle plutôt du livre que du film, bien que j'aime bien le film c'est juste un film d'action rempli de punchline rien a voir avec que le brulot politique proche du 'prix du danger".

Pat Rick
08/09/2020 à 11:01

@ D. Starsky "Running Man.... mouais...."

Peut-être que Running man a visuellement pris un coup de vieux mais je le trouve quand même 100 fois plus sympa à mater que n'importe quel volet de Hunger Games.

Pat Rick
08/09/2020 à 10:59

Pas une saga très marquante pourtant il y avait un vrai potentiel.
Ce 1er opus a comme grand défaut des scènes d'action mal filmées.

Matrix R
08/09/2020 à 02:08

Hunger = faim. Alors je vous souhaite bon appétit

D. Starsky
07/09/2020 à 23:48

Running Man.... mouais....

RobinDesBois
07/09/2020 à 22:35

Et oui Running Man est un classique. "Autant revoir Running Man à ce compte". Pourquoi "autant" ? Il faut revoir Running Man !

RobinDesBois
07/09/2020 à 22:34

Le moins pire de la saga sans mes souvenirs

Ash77
07/09/2020 à 21:33

@Johnny Rico
J'ai eu la même réaction que toi. Running man est un classique (à l'opposé de ce Hunger Game). Certes ça fait une éternité que je ne l'ai pas vu, mais j'en garde de très bons souvenirs. Et puis Schwarzy quoi, c'était mon héros d'enfance... Ah souvenir souvenir !

Johnny Rico
29/09/2018 à 00:51

Mais, mais c'était très bien Running Man ! choking !

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