Critique : La Petite Sirène

Erwan Desbois | 6 octobre 2006
Erwan Desbois | 6 octobre 2006

Réalisé à la fin des années 80, alors que Disney était – sans mauvais jeu de mots – dans le creux de la vague, La petite sirène est loin d'être l'une des réalisations majeures du studio. Cette libre adaptation du conte d'Andersen fait plutôt figure de première étape du retour en grâce de Disney au tournant des années 90 – avec le recul, de nombreux éléments visuels ou du script font ressembler le film à un brouillon d'Aladdin, la réalisation suivante du duo Clements – Musker.


Pour La petite sirène Clements et Musker ont mis en pratique l'adage des vieilles marmites et des bonnes soupes en appliquant fidèlement les fondamentaux Disney. Histoire d'amour contrariée entre un prince et une princesse, méchant spectaculaire et sans pitié, personnages secondaires comiques (ici, un trio composé d'un crabe irrésistible, d'un poisson un peu fade et d'une mouette savoureusement débile), passages chantés réglés à la perfection musicalement et visuellement : la recette est éculée, mais elle offre au film suffisamment d'atouts pour séduire. En particulier, les numéros musicaux (Under the sea, Kiss the girl…) sont toujours aussi enthousiasmants et indémodables.


La performance technique est elle aussi de premier ordre. En plus des débuts de l'animation 3D dans certains plans, La petite sirène brille par un remarquable souci du détail (la fluidité des mouvements des corps et des cheveux impressionne) qui assure la crédibilité et la beauté de l'univers sous-marin du film. Le récit est moins convaincant : trop ramassé et mené tambour battant, il ne laisse pas le temps aux personnages de s'affirmer, et rend leur aventure un poil plus convenue – et donc moins marquante – que celle de leurs « collègues » de classiques Disney comme La belle et le clochard ou La Belle et la Bête. La magie est présente dans La petite sirène, mais uniquement par intermittence, ce qui laisse le film aux portes du panthéon du studio.

NB à propos de ce test : comme vous avez pu le contacter sur les captures ci-dessus, les disques qui nous ont été remis par l'éditeur étaient intégralement « marqués ». Une mesure préventive que l'on devine bien volontiers prise pour lutter contre la recrudescence du piratage, mais n'ayant rien obtenu d'autre pour rédiger notre article, nous ne pouvons donc qu'espérer que les qualités du DVD (en matière d'image et de son notamment) disponible à la vente seront identiques à celle des disques qui nous ont été remis.

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