Les Bronzés 3 : Amis pour la vie - critique pas sortie du sable

Laurent Pécha | 11 juin 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Laurent Pécha | 11 juin 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Les Bronzés en 1978, Les Bronzés font du ski en 1979... et Les Bronzés 3 : Amis pour la vie en 2006. Une longue attente pour les retrouvailles inespérées entre Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, devant la caméra de Patrice Leconte. Le succès a été au rendez-vous (10,3 millions d'entrées), mais ce troisième opus a largement déçu.

LES BRONZÉS FONT STYLE

Rares sont les films qui sont aussi attendus que ces Bronzés 3. Une attente forcément irrationnelle, née de l'engouement entourant les deux premiers opus cultes, et ce depuis maintenant 25 ans. Si l'annonce du projet avait d'abord un temps suscité une joie immodérée (« On va enfin retrouver Jean-Claude Dus, Gigi, Popeye et les autres ! »), un sentiment plus mesuré et cohérent avait vite fait de nous rappeler à une réalité plus terre à terre : l'équipe du Splendid pouvait-elle raisonnablement retrouver l'inspiration d'une autre époque, où ils étaient, comme leurs personnages, moins bourgeois) ? Avec Les Bronzés 3, allait-on avoir la passe de trois ou un simple et juteux coup de marketing ? La vérité se situe quelque part entre les deux. 

 

Photo"C'était ton idée !" "Non, c'était la tienne !"

 

C'est impossible, mais si l'on prend le film pour une simple comédie à la française comme il en sort régulièrement dans nos salles, Les Bronzés 3 n'a pas à rougir de la comparaison. Le film amuse et distrait de manière suffisamment efficace, grâce à un scénario et des comédiens qui connaissent parfaitement bien les rouages comiques d'un tel projet.

Seulement voilà, on a affaire ici à la suite d'un diptyque ayant marqué à vie l'histoire de la comédie française, et la comparaison avec les précédents Bronzés est non seulement inévitable, mais logique. Et elle n'est jamais, ô grand jamais au faveur des Bronzés 3 : Amis pour la vie. Les répliques instantanément mémorables qui serviront à se défouler les zygomatiques lors de soirées entre amis, se comptent ici sur les doigts d'une main, possiblement amputée (« On s'est aimé avant de s'aimer, c'est beau, c'est comme un film de Lelouch. »). Les situations désopilantes capables de supporter un multi-visionnage incessant (Les Bronzés font du ski fait partie de ces films rares qui continuent à déclencher le même rire franc après plus d'une trentaine de visions) n'existent pour ainsi dire pas. Et il suffit de se demander ce qu'il reste du film, une quinzaine d'années après, pour s'en convaincre.

 

photo"C'est ici les vacances gratos ?"

 

NAUFRAGE DES VIEILLESSES

C'est finalement lorsque l'histoire prend un malin plaisir tardif à revenir sur les « lieux du crime », en rappelant les heures de gloire du deuxième épisode (l'anthologique séquence du refuge et ses italiens obsédés de la braguette) que Les Bronzés 3 semble tenir le bon bout (sans jeux de mots aucun). Peine perdue puisque le film se termine quelques dizaines de minutes plus tard, incapable de spéculer sur le vrai imbroglio sexuel qu'il a fait naître (« I want to know who fucked my wife ! »).

 

photo"Je viens de lire le scénario en entier, je..."

 

Avant cela, il aura fallu se farcir une histoire de bête mystérieuse lacérant les clients de l'hôtel (une sous-intrigue qui plombe sérieusement le film durant une vingtaine de minutes), une lutte mollassonne entre Jean-Claude et Jerôme pour le coeur de Gigi, la crise émotionnelle et physique de Bernard apprenant les orientations amoureuses de son fils, ou encore l'énième histoire de fesses qui tourne mal de Popeye. Si les situations ne sont jamais totalement ridicules ou honteuses (encore que...), et prouvent que la fine équipe a su conserver une partie de sa verve truculente et sa capacité à la caricature comportementale imagée, les situations ne font cependant jamais mouche au point de provoquer l'hilarité espérée.

Pas grand chose de mémorable donc pour ces retrouvailles qui s'annonçaient rocambolesques, mais ont finalement été bien sages et tranquilles.

 

Affiche

Résumé

Le plaisir de retrouver une joyeuse bande qui depuis le temps fait un peu partie des meubles : le principal atout des Bronzés 3 est aussi son gros point faible. Ce troisième film est donc un retour pas très convaincant, ou une immense déception, au choix.

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commentaires
Ringo
12/06/2020 à 08:08

Vu hier pour la première fois tant à la sortie la bande annonce m'avait suffit... et je suis bien content de ne pas avoir payé ma place de ciné. Tout est dans l'excès (les perruques de JC, les seins de Gigi, la pauvre Dominique Lavanant,...). Je n'ai trouvé aucune réplique ni scène culte et pourtant je fantasmais ce film depuis longtemps (comment ont-il évolué ?). Et un constat amer sur l'amitié...

Stridy
12/06/2020 à 07:56

Je pensais que les retours étaient exagérés. En fait ils étaient en dessous de la réalité.

MaîtreYoda
11/06/2020 à 22:03

A l’époque je considérais le film comme moyen.

Avec le recul et le nombre de comédies françaises catastrophiques sorties depuis, je relativise quand même pas mal ce film qui se regarde sans déplaisir.

Ça ne vaudra jamais les deux premiers , c’est clair.

Nico1
11/06/2020 à 21:50

En plus c'est un peu par défaut qu'ils ont fait ce film , puisqu'il me semble qu'ils voulaient faire un nouvel Astérix, Astérix en Hispanie, et que le projet est tombé à l'eau, notamment suite au refus catégorique de Albert Uderzo.

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