Les 4 Fantastiques : critique enflammée

Stéphane Argentin | 26 mars 2019 - MAJ : 31/03/2020 13:10
Stéphane Argentin | 26 mars 2019 - MAJ : 31/03/2020 13:10

Depuis les X-Men, Spider-Man, Batman Begins, et bien évidemment le MCU, les comics ont retrouvé grâce aux yeux du grand public, et leurs adaptations sur grand écran n'en sont que meilleures. Les 4 Fantastiques auront quant à eux eu droit à une exposition plus discrète au milieu des années 2000, la faute à un film qu'on aurait tort de considérer comme raté, mais qui reste assez bancal et superficiel.

ADAPTATION ENFLAMMEE

Les quatre super-héros tout droit sortis une fois encore de l'imaginaire fertile de Stan Lee souffraient à l'origine d'un double handicap : leurs aptitudes physiques et leur popularité. S'il était relativement aisé par quelques astuces visuelles de faire croire à un homme volant dans Superman à la fin des années 70, à une araignée humaine galopant le long des murs dans Spider-Man ou encore à des mutants génétiques armés de griffes et de quelques éclairs dans X-Men, il paraissait déjà beaucoup plus difficile de crédibiliser à l'image un homme élastique ou bien une torche humaine pour ne citer que deux des quatre personnages.

 

photo, Ioan GruffuddMr Fantastic


Seconde difficulté, et non des moindres : nos quatre super-héros sont connus, acclamés et même sollicités par le public, là où les X-Men sont discriminés à cause de leurs différences génomiques et que les Spider-Man, Superman et autres Batman sont contraints de masquer leurs activités justicières nocturnes afin de protéger leurs véritables identités en même temps que leur entourage. Comment faire face à de telles contraintes techniques et scénaristiques sans pour autant sombrer dans le ridicule ou le pathos ? Réponse : tout simplement en étreignant le sujet de départ à bras le corps sans trop se poser de questions rhétoriques.

 

photo, Chris EvansLa Torche

 

Les personnes à l'origine de cette version des 4 Fantastiques ont appliqué cette méthode au pied de la lettre pour nous offrir une adaptation tout au premier degré, totalement décomplexée et parfaite pour un divertissement estival en famille.

De famille, il en est d'ailleurs question à l'origine dans le comic avec les liens fraternels qui unissent Sue et Johnny ou encore maritaux entre Sue et Red, ces derniers n'ayant d'ailleurs pas été repris au départ du film, de même que l'origine des pouvoirs du Dr. Fatalis, victime de ses propres expériences scientifiques dans la BD et irradié en plein vol spatial dans le film, tout comme ses compagnons d'infortunes.

 

photo, Jessica AlbaLa Femme invisible


Ces divergences entre le matériau de départ et le long-métrage constituent d'ailleurs une bonne partie de l'épine dorsale du scénario et vont alors donner lieu à une succession de saynètes, mi-comiques mi-fantastiques, permettant aux personnages de s'accepter eux-mêmes en même temps que leur nouvelle famille. À ce petit jeu, un des membres du groupe vont tirer leur « handicap physique » à leur avantage. Reprenant là un rôle sensiblement similaire à celui du détective Vic Mackey dans la série The shield, à savoir le gros dur au cœur tendre, Michael Chiklis s'en tire plutôt bien avec pour seul véritable moyen d'expression sensorielle ses yeux, engoncé qu'il est dans son « costard » de 30 kilos.

 

photo, Michael ChiklisLa Chose (en cours de formation)

 

FILM INVISIBLE

Le problème, c'est que cette adaptation très premier degré assèche complètement les personnages. Trop occupé à remplir son tableau d'équations en tous genres sans bouger le moindre orteil, Reed alias Mr Fantastic oublie de se pencher sur ce qui lui tend les bras. Johnny alias La Torche humaine, trop occupé à briller aux yeux des midinettes, brûle les ailes de son personnage un peu inutilement, si ce n'est pour taquiner Ben.

Enfin, et c'est probablement là le plus regrettable de tous, le Dr. Fatalis dont les motivations sont elles aussi sous-exploitées, passe en grande partie au second plan, à l'exception du dernier quart d'heure, alors qu'il est par essence même l'adversaire n°1 des quatre fantastiques et rien moins (disent certaines rumeurs) que le méchant qui inspira George Lucas pour son célèbre Dark Vador. Dommage d'autant que son interprète, Julian McMahon, en plein lifting métallique facial, campe avec une réelle conviction le même genre de salopard dans la série chirurgicale Nip/Tuck.

 

doomDoom


Chirurgical, Les 4 Fantastiques ne l'est pas vraiment en matière de traitement, privilégiant donc le fun au détriment des approfondissements thématiques sur la médiatisation d'un phénomène fantastique ou encore des personnages en eux-mêmes. Sans tomber dans la bouffonnade intégrale, le film assume pleinement son statut « d'entertainer » et livre pratiquement à chaque nouvelle scène son lot de répliques comiques et / ou de prouesses visuelles.

Certes, là encore, certains effets sont moins réussis que d'autres (même pour l'époque), la faute en incombant sans doute aux reshoots de l'affrontement final qui eurent lieu en catastrophe à quatre mois seulement de la sortie du film sur les écrans, mais ces quelques lacunes s'effacent (un peu) devant le rythme soutenu et divertissant du spectacle qui se déroule sous nos yeux.

 

photo

Résumé

Sans pour autant se hisser à la hauteur des réussites artistiques que sont les X-Men de Bryan Singer ou encore les Spider-Man de Sam Raimi, Les 4 fantastiques réussissent honorablement leur transposition sur grand écran.

commentaires

Rudy Mako
28/03/2020 à 03:56

Bouillie

D@rk
27/03/2020 à 20:05

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

D@rk
27/03/2020 à 20:00

Stéphane, on n'a pas dû voir le même film hier soir. Amusant, non ! (Sto scherzando). Le film diffusé sur W9 a été réalisé par Josh Trank. "Sortie été 2015".
Buona serata.

Numberz
27/03/2020 à 11:09

La B. O. Pas ma (dommage je ne crois pas l'avoir dans ma cdtheque).

Numberz
27/03/2020 à 11:09

@ geoffrey.

J'adore ma bo du film mais chut. Surtout lors de la sortie dans l'espace où Tim Robbins meurt congelé. M'en fout je spoile.

Geoffrey Crété - Rédaction
27/03/2020 à 11:03

@Numberz

Ah, j'ai cru que VOUS me disiez que je l'étais !
Ravi d'être irrécupérable avec vous en tout cas ! Je vais me réécouter la BO du bon Ennio, de Mission to Mars, pour la peine.

Numberz
27/03/2020 à 10:49

Je parlais de moi pour irrécupérable. Mais je dis aussi merci à mon entourage pour ça :)

Geoffrey Crété - Rédaction
27/03/2020 à 10:13

@Numberz

Merci ;)

Numberz
27/03/2020 à 10:09

@ geoffrey

A force de faire ces films en mal aimés, on ne vous dit pas que vous êtes irrécupérable ? Moi si :)

corleone
26/03/2020 à 22:38

Captain America fut un Fantastic4 dans une autre timeline apparemment

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