Star Wars : Episode I - La Menace fantôme : speeder-critique

Geoffrey Crété | 9 décembre 2019 - MAJ : 09/12/2019 18:41
Geoffrey Crété | 9 décembre 2019 - MAJ : 09/12/2019 18:41

Star Wars : Episode I - La Menace fantôme repasse ce soir sur TMC à 23h45

Quand Star Wars : Episode I - La Menace fantôme débarque en salles en 1999, la saga de George Lucas était absente depuis une quinzaine d'années. L'événement était total et l'attente, démesurée. Le premier épisode de la prélogie sera donc un choc à tous les niveaux, qui a profondément divisé public, fans et critique. Depuis, de L'Attaque des clones à Les Derniers Jedi, la Force de la colère a muté, et s'est déplacée. De quoi se dire que cette Menace fantôme avec Liam Neeson, Ewan McGregor, Natalie Portman et Jake Lloyd n'est peut-être pas si horrible.

LA REVANCHE DE LUCAS

L'idée d'une autre trilogie Star Wars est là dès le départ pour George Lucas. Quand il prépare Star Wars : Episode IV - Un nouvel espoir, il l'a en tête, et parle même de deux autres trilogies, dont il a établi les grandes lignes et les titres. Six ans après, quand Le Retour du Jedi sort au cinéma, il n'a plus la foi. Il lui faudra une petite décennie pour succomber à l'appel de la Force, charmé par les possibilités offertes par la technologie, et la popularité de la première trilogie qui lui offrira les budgets à la hauteur de ses ambitions premières : une grande et folle aventure spatiale, aux dimensions épiques, et sans aucune limite pour son imaginaire.

Réalisateur du premier film, Lucas avait choisi Irvin Kershner et Richard Marquand pour prendre la relève sur les suites. Il propose à Steven Spielberg, Robert Zemeckis et Ron Howard de lancer la prélogie, mais tous refusent avec la conviction qu'il doit s'en charger lui-même. Ainsi, le grand môme qui rêve d'étoiles se retrouve à la tête d'une nouvelle trilogie, et d'un premier opus au budget d'environ 115 millions (près de 200 avec inflation).

 

photo, Jake LloydSeul un survivra et aura droit à sa série Disney+

 

UN RENOUVEAU DE L'ESPOIR

Tout recommence donc dans une belle galaxie, où la République galactique est encore en place. Les Jedi œuvrent pour la protéger, sans se douter que dans l'ombre, la menace arrive. Obi-Wan n'est pas un vieux et sage Alec Guinness mais un jeune Padawan, incarné par Ewan McGregor. La Fédération commerciale est la façade du Mal, dirigée par le mystérieux Dark Sidious. Il y a aussi le Jedi Qui-Gon jinn (Liam Neeson), la Reine Amidala (Natalie Portman, ou Keira Knightley selon les plans) et l'incontournable Anakin Skywalker.

Il y a là tous les ingrédients pour un grand space opera, et George Lucas pousse tous les curseurs au maximum. En quelques scènes, il y a plusieurs affrontements, menaces, civilisations et aliens, tandis qu'en arrière-plan la machine politique tremble. Le spectateur est plongé d'emblée dans une situation corsée, où la guerre est aux portes de la ville. L'outil numérique permet au cinéaste de lâcher les brides sur son imaginaire, avec toujours plus de bestioles. La scène sous-marine sur Naboo, où les héros échappent à un monstre aquatique par deux fois, qui sera à chaque fois bouffé par plus gros que lui, montre bien que la surenchère est le moteur.

C'est le pari risqué et en partie réussi de cet épisode, qui retrouve ce sens de l'émerveillement (la cité immergée des Gungan), et témoigne d'un grand soin dans le travail sur les costumes et maquillages, afin de donner vie à des civilisations riches et étranges. La partie politique a beau être plus que discrète, et reléguée au troisième plan, elle attaque une facette majeure de l'univers, et participe à l'expansion d'une mythologie toujours plus foisonnante.

 

Photo Jar Jar BinksOui, lui

 

LE RÉVEIL DE LA FORCE CGI

Mais La Menace fantôme déborde de cette ambition, et c'est évident 20 ans après. Le geste de George Lucas est presque enfantin : ouvrir toutes les portes de son imaginaire, ne plus avoir de limite (technique, financière). Plus clairement encore que la trilogie originale, cette prélogie est celle qui grandit avec le personnage, et traverse l'enfance (partir de son nid, rêver dans les étoiles, être le héros qu'on est destiné à être), l'adolescence (tomber amoureux dans les champs, froncer les sourcils en se croyant surpuissant), et de l'âge adulte (les démons, la mélancolie, l'impuissance qui devient rage).

Normal donc que ce premier opus soit celui des pets d'alien et des gags avec Jar-Jar, où Anakin traverse des champs de mines sans peur. Cet Épisode I a souvent des airs de course de jouets géants, en grande partie parce qu'il est englué dans une marée de CGI qui semblent parfaitement lisses et plats. Le bon côté, c'est que cet outil numérique donne plus d'énergie à la mise en scène de Lucas, qui a rarement été aussi à l'aise avec les mouvements. De la course de speeder type Ben Hur cosmique, au combat entre Qui-Gon, Obi-Wan et Dark Maul, il signe quelques-uns des moments les plus excitants de la prélogie. Et la musique de John Williams, notamment le grandiose Duel of the Fates, y est pour beaucoup.

 

PhotoRéécoutez Duel of the Fates

 

Le mauvais côté, c'est que ce raz-de-marée CGI écrase à peu près tout sur son passage. Les acteurs positionnés dans le vide, les personnages perdus dans un univers qui passe avant eux, les mouvements réduits ou lissés dans ce paysage factice : rien ou presque n'en ressort indemne. George Lucas y va sans demi-mesure, collant des arrière-plans génériques dans le climax en plein air, surpeuplant le moindre plan large d'une armée de machins similaires. Les combats dans l'espace semblent vides et sans passion, tout comme les batailles de numérique. Seule la course de speeder y échappe à peu près. La comparaison avec les affrontements dans de vrais décors, ou avec le maquillage très réussi de Dark Maul, est frappante.

Impossible de ne pas mentionner les midi-chloriens et le Anakin-Jésus ("Il n'y a pas eu de père"), qui contribuent à alourdir le film - et diviser les fans. Il y a alors la nette impression que George Lucas, éternel insatisfait qui n'aura cessé de remodeler et peaufiner sa saga, ne s'arrête pas. De rajouter une couche, une donnée dans l'équation, une réplique pour surligner l'évidence. Un peu comme l'enfant Anakin, tour à tour attachant et tête à claques.

 

Affiche française

Résumé

La Menace fantôme souffre d'un trop-plein d'envie et d'ambition, annonce l'ère ultra-numérique de la saga, et réunit le meilleur et le pire de Star Wars. La naïveté, la simplicité et l'écriture lourde et basique, cotoient ainsi le grand spectacle, l'émerveillement et les dimensions d'un grand space opera. Un épisode moyen donc.

Autre avis Mathieu Jaborska
George Lucas foire à peu près tout ce qu'il souhaitait expérimenter avec ce nouveau premier épisode. Néanmoins, on ne peut pas lui reprocher son manque d'ambition et l'ensemble évite avec adresse la redite numérisée. Démonstration technique perpétuelle, le long-métrage a l'avantage de proposer en plus une des meilleures séquences de la saga.
Autre avis Alexandre Janowiak
La Menace Fantôme offre un retour ambitieux et énergique à la saga de George Lucas, tout en lui offrant une séquence mémorable (la course de pod). Reste cependant une écriture trop classique et primaire pour en faire une oeuvre majeure et indispensable de l'univers Star Wars.
Autre avis Simon Riaux
Au-delà de son incroyable laideur et de la violence de ses effets spéciaux infects, le film témoigne surtout de la mort artistique totale d'un auteur, désormais incapable d'écrire une histoire ou des personnages. Reste la course de pods, dont les bruitages n'ont pas trop mal vieilli.

Lecteurs

(2.9)

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commentaires

Jar-Jar B.
11/12/2019 à 20:35

Missa beaucoup aimer ce film.

dfsvvdsf
10/12/2019 à 21:26

Le Waw a pas le niverau culturel pour comprendre SW et c'es dommage, SW c'es george lucas et l'episode 1 l'"ame de SW et ce que lucas voulait de sa trilogie
Dur de dire chier dans la franchise quand on voit le niveau a gerber des nouveau filml

fdgbff
10/12/2019 à 21:23

Le film le plus creatif de la saga qui reinventai le tout avec efficacite
on es loiin des suite sans ame disney
Tres sous estime ce film pour rien sachan qu'IW ou Black panther reprennent le 3eme acte sans vergogne

elbecko
10/12/2019 à 20:46

la prélogie, malgré quelques égarements sentimentaux, a le mérite de mettre en scène la dimension géopolitique....trop compliquée pour le fafan de base de rayon laser

sylvinception
10/12/2019 à 17:04

"Un film à montrer dans les écoles de cinéma"

Lu plus bas.
J'sais plus quoi dire là du coup...

Pat
10/12/2019 à 15:51

Pour ma part je le revois toujours avec plaisir.

Finnois
10/12/2019 à 07:07

@Le Waw: franchement quand on connaît ton avis sur SW8, tes commentaires ne valent pas tripette :D

Ça cartonne JarJar a tout va mais parle nous du personnage de Rose un peu?!
Navrant

le Waw
09/12/2019 à 23:10

Le pire c 'est qu en tant que fan de Goofy et de pleins de sidekicks un peu looser, déguigandés et comiques comme des Augustes sympa. Jar Jar avait tout pour être un perso génial. Mais ce crétin de Lucas en a fait un perso vraiment trop débile uniquement destiné à faire rire les mômes eux mêmes déjà en état de débilitation avancée.
Dommage car même si j'ai une certaine affection pour lui, il reste INSSUPORTABLE. Cependant son destin est vraiment tragique et mériterait d être traité dans une potentielle série Star Wars à sketchs qui n'arrêtait des tranches de vies de persos secondaires de cet galaxie lointaine comme le chasseur de Primes Dengar, le Dr Evanza, le Max Rebo Band et bien sûr Jar Jar. Ce dernier qui après avoir été accusé d'avoir participé bien malgré lui à l'avènement de l' empire, a fini clown de rue dans les bas fonds de la ville de Theed et qui a fait équipé avec un môme à qui il a appris le métier de clown.
Il y aurait de quoi faire et de réhabiliter ce personnage qui a malheureusement été très très mal utilisé par LUCAS. Et puis les Gungan ont une bonne dégaine quand ils ne sont pas Jar Jar. Dommage qu'on en voit pas d'autres disons autrement plus charismatique.

gigoo
09/12/2019 à 21:55

le pire film de toute la saga selon moi : aucun attachement et aucune empathie pour les personnages, aucune émotion (qui est la base de tout film réussi ), dialogues sans intérêts, décors et sfx qui sonnent faux , réalisation plate et statique ... etc

Sébastien
09/12/2019 à 21:25

Oh! une critique a peu près équilibrée! Comment avez-vous osé!? How dare you???

La première moitié du film est effectivement un peu limite, mais la deuxième moitié rattrape.
Trop d'effets mal maitrisés, la séquence Gungan étant la pire, surtout "Le monde de Némo".
Mais on est tellement content de retrouver cet univers et tant de nouveautés. Ça passe...

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