La Vérité si je mens ! Les Débuts - critique qui attend la fin

Simon Riaux | 16 octobre 2019
Simon Riaux | 16 octobre 2019

Vous n'avez probablement rien fait pour mériter ça, mais c'est arrivé. La Vérité si je mens ! vous offre un prequel intitulé La Vérité si je mens ! Les Débuts. Et on l'a vu. Et franchement, ils ont bon dos de se plaindre les reporters de guerre, parce que bon, nous aussi on va au front.

LES SOUS-DOUÉS EN FRIPPANCE

Après trois films et 17 millions de spectateurs réunis dans les salles, on imagine bien pourquoi il était tentant de remettre le couvert de La Vérité si je mens !. Mais après un troisième épisode fatigué, et des comédiens qu’on imagine peut-être désireux de passer à autre chose, il fallait bien trouver une forme de renouvellement. Elle passera donc par un épisode en forme de flashback, qui présente deux avantages : un casting renouvelé et bien moins coûteux que celui d’origine, et donc un appel du pied naturel vers le teen movie, terrain inexploré par la franchise et pensé pour s’attirer un public plus jeune.

Malheureusement, les spectateurs peu familiers de l’univers d’Eddie, Dov, Yvan et Serge ont peu de chance de se reconnaître dans ce portrait générationnel, à moins, bien sûr, qu’ils n’aient récemment subi une lobotomie un peu vigoureuse. L’artificialité de l’écriture devrait frapper jusqu’aux moins exigeants, tant la construction du récit et des personnages se fait en dépit du bon sens.

Plutôt que de tenir compte de l’énergie singulière de chaque comédien, le scénario s’efforce de le faire rentrer dans le moule des performances « futures » des personnages. Dov en est l'exemple le plus criant, Mickael Lumière dégageant une aura bien différente de Vincent Elbaz, à laquelle il ne peut laisser libre cours, l'intrigue le condamnant à jouer les chasseurs de MILFS à la petite semaine.

 

photoUne énorme marrade

 

En résulte une dissonance continue, le sentiment d’avoir le cul entre deux chaises. Ce problème apparaît jusque dans les dialogues, tantôt incroyablement vieillots, tantôt légèrement anachroniques. Les niveaux de langage varient à l'intérieur des séquences, et rendent d'autant plus difficile l'identification aux protagonistes. On a parfois l’impression que les scénaristes des Sous-doués s’accouplent furieusement avec La Bande à Fifi. Et soyons sérieux, même les plus furieux raëliens refuseraient de donner le jour à l’alliance de Philippe Lacheau et Didier Kaminka.

 

photoUne certaine idée de la douleur

 

LA VÉRITÉ JE ME PENDS !

Les fans hardcores de La Vérité si je mens ! trouveront peut-être un peu plus de satisfaction devant Les Débuts, grâce à Gilbert Melki et Audrey Dana, qui amènent tous deux un peu d’enjeux au récit, une vraie épaisseur et un grain de folie. Mais ce constat, pour plaisant qu’il soit d’un côté, souligne malheureusement que le projet ne parvient jamais à donner de la chair à ses jeunes protagonistes. Ces derniers sont condamnés à animer une suite de sketchs qui manquent cruellement d’énergie, ou tout simplement de ressorts dramatiques.

Visuellement, le résultat accrédite l’hypothèse d’un complot des opticiens français, lesquels auraient mis main basse sur la comédie hexagonale pour démultiplier leur taux de consultations. Pourtant, l’univers du Sentier et les années 80 offraient une évidente opportunité créative, un espace plastique amusant et propre au délire, à la création d’une parenthèse enchantée. Disons que La Vérité si je mens ! Les Débuts n’atteint même pas le niveau de certaines parodies des Nuls, réalisées il y a près d’une trentaine d’années.

 

affiche

Résumé

Nos pensées vont à Audrey Dana et Gilbert Melki qui surnagent dans un film évoquant, au mieux, une séance de spiritisme nécrophile pratiquée sur les restes des Sous-doués.

commentaires

sylvinception
17/10/2019 à 14:18

Quand c'est pas les merdes Marvel qui cartonnent, c'est les comédies débiles made in France...
Déprimant, pour le moins.

Pschitt
17/10/2019 à 10:27

C'est un film super drôle et qui fait du bien en ces temps moroses, les haters se lâchent, Les critiques s'en donnent à coeur joie, ça doit leur faire du bien de s'acharner. Moi ce qui m'a fait du bien c'est de rire, et, comme toute la salle, j'ai beaucoup ri. C'est une comédie qui fait le job.

Raoul
17/10/2019 à 09:55

Avoir pris un sosie d'Anconina pour lui faire jouer Bruno Solo jeune, en voila une idée qu'elle est étrange et sème la confusion chez les esprits sains, connaissant de loin les noms des persos.

maxleresistant
16/10/2019 à 22:42

Merci pour cette critique, le film n'est pas drôle mais j'ai ri grâce a vous.

Sous vos applaudissements
16/10/2019 à 22:33

Mesdames et messieurs : le cinéma français.

tom's
16/10/2019 à 22:27

"non" ma réaction en tombant sur l'article je ne savais même pas que c'etait en projet, pitié le ciné francais et la comédie actuelle on es clairement dans une mauvaise phase régréssive,aucun effort c'est clairement le film a qui je souhaite l'echec lol

Birdy
16/10/2019 à 21:45

Espérons que ce genre d'étron se vautre et dissuade les autres...

Flemmard
16/10/2019 à 20:45

Quand je pense au fric parti dans ce film inutile

Flash
16/10/2019 à 20:34

Ludwig@ question d une stupidité.

Ludwig Van
16/10/2019 à 19:52

Question importante : si le film bide comme jamais, est-ce que ça sera à cause de l'antisémitisme nauséabond qui émane de plus en plus chez certains français ?

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