Deadpool 2 : critique meta-caca

Créé : 16 mai 2018 - Geoffrey Crété

Il était quasi enterré suite à son apparition dans X-Men Origins : Wolverine en 2009. Il est quasi adoubé depuis le succès phénoménal de Deadpool en 2016, "petit" film de super-héros à 60 millions de dollars qui en a encaissé plus de 783 au box-office. Le voilà de retour avec Ryan Reynolds, star devant et derrière l'écran de Deadpool 2, réalisé par David Leitch (Atomic Blonde, et co-réalisateur non crédité de John Wick).

photo, Ryan Reynolds
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DEADPOULE AUX ŒUFS D'OR

En encaissant plus de treize fois sa mise dans le film de Tim Miller, le super-héros Deadpool est passé de vilain petit canard sabordé par le boursouflé X-Men Origins : Wolverine et relancé avec intelligence par Ryan Reynolds, à figure centrale de la concurrence face aux Avengers. A l'heure où la Warner a toutes les difficultés du monde à s'imposer avec sa Justice League malgré un catalogue de noms iconiques, et alors que la franchise X-Men commence à sérieusement s'enliser, le super-héros irrévérencieux, drôle, politiquement incorrect et conscient de son statut s'est posé dans le paysage comme une alternative en or.

Comment alors ne pas se prendre les pieds dans son propre tapis tissé de second degré, de clins d'œil meta et de piques lancées à l'industrie, quand on se baigne soi-même allègrement dans l'océan hollywoodien dans lequel on a pissé ? Car derrière la plaisanterie qui torpille gentiment la concurrence, plus par camaraderie finement mise en scène qu'autre chose, il y a un film X-Force prévu pour 2020, et des projets à la pelle pour le Cable incarné par Josh Brolin.

Si Deadpool a bien le droit d'assurer son avenir et sa progéniture, comme tout (bon) produit calibré, Deadpool 2 semble clairement être un pas en arrière. Même formule avec plus d'action et de niaiserie, mais moins d'humour et de rythme : sacré cocktail pour cette suite ratée.

 

photo, Ryan Reynolds Le retour de l'avocat fâné

 

DEADLOL

Aimé, adoré et cité pour son humour, son autodérision, sa capacité à moquer le genre, et briser le quatrième mur pour des avalanches de clins d'œil et références culturelles, Deadpool laisse clairement à désirer dans sa deuxième aventure solo. Ce n'est pas le recours régulier aux mots clés "bite", "cul" et autres "putain" qui va donner un semblant d'énergie aux dialogues et aux scènes, d'une platitude étonnante après un premier opus qui avait au moins pour lui son rythme.

Deadpool 2 se contente ainsi de rejouer grossièrement et paresseusement la même dynamique entre le héros et ses anciens (Colossus et Negasonic Teenage Warhead) et nouveaux complices (Russell, Cable, Domino). Un sentiment de boucle interminable, qui écrase tout sur son passage, que ce soit le charme de Deadpool lui-même, ou le charisme purement théorique des nouveaux personnages. Josh Brolin et Zazie Beetz ont beau avoir un charisme à peu près fabuleux, et bénéficier d'un look très réussi, Cable et Domino se retrouvent figurants de luxe dans la parade Deadpool.

Le générique de début est à ce titre très parlant : Deadpool 2 tente de remettre en scène celui du premier, qui déroulait avec une distance irrésistible le programme basique du film de super-héros - et du cinéma hollywoodien mainstream au fond. Sauf qu'ici, le rendu sous forme de parodie de James Bond est aussi nul que laid, rappelle plus Johnny English qu'autre chose, et surestime trop sa valeur pour son propre bien.

 

Photo Zazie BeetzDomino a beaucoup de chance (sauf celle d'avoir un arc narratif)

 

SOUDAIN, LE VIDE

Deadpool 2 se prend ainsi une à une les portes qu'il avait si joyeusement fait voler en éclats, et ce dès une interminable et bancale introduction à plusieurs démarrages. Elle illustrera parfaitement la difficulté que le film a à prendre forme, puisque dispersé entre plusieurs intrigues très maladroitement assemblées autour d'un remix de Terminator, d'une parodie de film de groupe à la X-Men (qui offre la seule séquence vraiment drôle), et d'une volonté gênante de donner un peu de profondeur humaine au super-héros.

 

photo, Ryan ReynoldsVivement X-Force... ou pas

 

Avec près de deux heures au compteur, la suite se révèle d'une mollesse terrible, donnant l'impression d'une aventure lancée par différents bouts, sans jamais véritablement se trouver ou s'assumer en cours de route. Survendus dans la promo, Cable et surtout Domino n'ont donc pas le temps d'exister, tandis que le môme incarné par Julian Dennison (découvert dans Hunt for the Wilderpeople de Taika Waititi) n'est rien d'autre qu'un outil pour l'intrigue. Les équipiers de Deadpool dans le premier, accompagnés de quelques nouvelles têtes, n'ont aucune autre utilité que celle d'être bêtement piétinés pour un sourire (dans le meilleur des cas), quand l'utilisation d'une figure culte des comics se révèlera bien débile (dans le fond comme dans la forme).

 

photo, Ryan Reynolds Moment censé-être-super-drôle-mais-un-peu-naze #14

 

Le film oscille globalement entre des phases purement dédiées au rire qui semblent être en pilotage automatique (mentionner une couille, citer un autre super-héros, et recommencer), et des séquences d'une niaiserie absyssale, où le second degré aurait été bien utile. Même l'avalanche de scènes post-générique se contente de rejouer les runnings gags brandis depuis un bout de temps maintenant par Ryan Reynolds pour prouver son autodérision, avec une malice qui sent au mieux le renfermé, au pire le cynisme masqué.

Deadpool 2 a pris confiance. Au point de croire qu'avoir le héros qui annonce l'arrivée de "la scène d'action en images de synthèse", le dispense de faire de ladite scène quelque chose d'intéressant ou moins vide et moche que la concurrence. Convaincu qu'il suffit d'un clin d'œil silencieux vers le spectateur ou d'un mot lancé à Logan, Avengers : Infinity War et Batman v Superman : L'Aube de la justice, pour lui donner un passe-droit susceptible de masquer sa laideur en terme de CGI et son manque d'ampleur dans l'action. Persuadé que sa petite parade ronflante de sale gosse régressif, permettra de réhausser une suite tristement peu inspirée, qui entasse les personnages et intrigues pour camoufler le bordel inconséquent de la chose.

 

Affiche

Résumé

Deadpool a trop pris la confiance dans cette suite trop consciente d'elle-même pour son propre bien, et qui rejoue tellement son programme en mode mineur que le spectacle se révèle finalement bien fade et ennuyeux.

commentaires

nyny87 13/09/2018 à 20:38

je viens de le revoir j'hallucine toujours autant sur ce 2/5...

CraquéSurLeNet 11/08/2018 à 20:33

C’est NUL, c’est vulgaire, des blagues à 2 balles même, pas marrantes. Allusions sexuelles toutes les 5 minutes plus des scènes du genre d’un gars qui se fait tuer avec un câble électrique dans le C.. . (Littéralement). C’est sensé être un film tout public, mais franchement c’est un truc à la gomme pour décérébrés.

Finnigan 31/05/2018 à 10:51

@Yellow submarine

Le Fléau ils en parlent en évitant de le nommer pour spoilers. Et en disant que c'est naze (et je suis d'accord).
Ils parlent aussi du gamin, en disant que c'est mal géré, que ça alourdit l'intrigue, que c'est vu et revu. Et je suis d'accord.

Le problème n'est pas l'humour pipi-caca : le problème c'est que c'est mal branlé, trop plombé par ce côté petit malin trop sûr de lui. Voir les scènes post-génériques, où Reynolds rejoue, encore, le coup de "je regrette Green Lantern et Wolverine, t'as vu comme je suis cool et honnête, comme toi, et comme ça te fait rire je compte le refaire encore pendant 2 ans"

Yellow submarine 31/05/2018 à 10:35

Hé ben heureusement que je ne me suis pas fié à votre avis j’aurai vraiment raté quelque chose.
Bon je ne suis pas fan du premier, je le trouvais sympathique sans plus.
Là je suis désolé mais je trouve qu’ils ont rajouté De l’épaisseur à cet univers.
Vous vous arrêtez à l’humour pipi caca alors que ce n’est qu’un déguisement.
Quid du garçon que Deadpool essai de sauver vous n’en parlez pas, le fléau non plus, vous laissez beaucoup de choses de côté.
Et pour moi le vrai moment hilarant du film reste le saut en parachute de la x force.
Autant le 1 je lui met 2 sur 5 autant la un facile 4 sur 5.
Tain cable il est bien badass quand même

Jojo 21/05/2018 à 20:19

Perso vraiment déçu par deadpool 2, ils ont voulu trop en faire... trop de référence, trop de blague... au final on se retrouve avec un film sans équilibre et avec une histoire qui part dans tous les sens, c'est dommage, il valait mieux s'arreter au premier qui était pour moi vraiment excellent.

lapartduchaos 19/05/2018 à 19:55

1,5 pour suicide squad, 2 pour celui ci... bon je sais les gouts et les couleurs blablabla.. mais quand même mettre ce deadpool 2 au meme niveau que ce navet de suicide squad chiant du debut à la fin??

Je l'ai préféré au 1er et j'ai bien aimé le 1er. ok trop de temps mort gnagnan inutiles, le coup des hommes qui prennent conscience une fois leurs femmes mortes c'est quand même abusé ds un film qui se veut trangressif, humour souvent bas de gamme et quand ça ne l'est pas on nous explique la blague derriere... ok ok ca merite pas 5, ni 4... mais 2 serieux?

j'ai passé un tres bon moment, c'est le 1er avec les mêmes ingredients dosés x2, y compris les mauvais.

Pascal 19/05/2018 à 16:24

Moyen, pouvait faire mieux

souleater34 19/05/2018 à 10:37

A plusieurs, c'est encore meilleur! Je vais créer une équipe baptisée X-Force! Elle est où cette équipe? Que fait-elle cette dite équipe? 5 mn d'action et basta! Je n'étais pas venu voir Ryan Reynolds mais Deadpool. Heureusement qu'il y avait Domino et Juggernaut (et un Cable tout maigre!) Je ne m'attendais pas à grand chose, mais j'ai quand même été déçu.

Kris 19/05/2018 à 08:08

Meilleur que le premier pour ma part j’ai adoré plié de rire du debut a la fin ..

jorgio69 18/05/2018 à 15:10

Je suis assez d'accord avec votre critique.
La suite n'a rien à raconter de plus par rapport au 1e. Il s'agit d'un Deadpool 1.5 et pas 2. Le 0.5 est pour le budget qui a été revu à la hausse mais rien de plus.
Le dosage humour/action est mal réparti même s'il y a des scènes à se tordre de rire.
Certains gags ont été repris du 1e et gonflés ce qui donne un résultat assez indigeste. Le meilleur exemple, sans trop spoiler, est un monologue assez insupportable comme si on regardait un gamin faire son intéressant.
Le film nous noie dans la pop culture actuelle, ce qui fait que le film va assez mal vieillir car dans quelques années, nous serons passés à autre chose.
Bilan, nous sommes en présence d'un Ryan Reynolds's Show façon Jimmy Kimmel mais le problème, c'est qu'on ne vient pas voir Ryan Reynolds mais Deadpool. Il vole la vedette à son homologue rendant Deadpool assez secondaire. Dans le 1e, l'acteur servait le personnage, aujourd'hui, le personnage sert l'acteur et c'est extrêmement dommageable. Les scènes post génériques en sont le meilleur exemple.

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