Stars 80, La Suite : critique qui se demande ce qu'elle a fait au bon Dieu pour mériter ça

Simon Riaux | 6 août 2020 - MAJ : 07/08/2020 17:06
Simon Riaux | 6 août 2020 - MAJ : 07/08/2020 17:06

Stars 80 était un mauvais film, mais appartenait indiscutablement au champ d’analyse du cinéma. Avec Stars 80, La Suite, le producteur et réalisateur Thomas Langmann nous initie sans crier gare à un nouveau médium, curieux mélange d’attentat visuel, de crime rétinien et d’appel à l’aide.

 

TOUT SCHUSS DANS LA POUDREUSE

À la découverte de la chose, on se surprend à espérer que toute l’équipe technique a travaillé dans les vapeurs d’un quelconque alcool inconnu du commun des mortels, les récepteurs synaptiques barbouillés de méta-amphétamines, tant ce qui se déroule sous nos yeux tient de l’inexplicable.

Techniquement, Stars 80, La Suite tient du contre-miracle, d’une expérience inédite, à défaut d’être interdite. Impossible de relever tous les plans où le point semble aléatoire, les séquences au montage absurde, les faux-raccords en pagaille, ou les enchaînements d’angles impossibles, massacrant ce qui fait office de dialogues à la hache. Il est fréquent de ne strictement rien comprendre à l’action, tant des situations, pourtant simples, sont atomisées par une post-production qu’on devine totalement chaotique.

 

PhotoPriez pour eux

 

Si le métrage accompli quelque chose, c’est dans son goût permanent de la contre-performance, son arythmie pathologique, et son ignorance à peu près totale du 7e Art. Plusieurs passages sont incompréhensibles, la faute à un mixage sonore aux fraises, mais aussi à un découpage qui ne fait jamais sens. En l’état, il est difficile d’imaginer que quiconque ait pu valider, accompagner, accepter de livrer un produit final dans un tel état de désolation.

Les mauvaises langues compareront l'entreprise à un mauvais trip de Jean-Marie Poiré, mais Stars 80, la suite, s'aventure sur un autre terrain. Là où le réalisateur des Visiteurs a toujours été connu pour mêler hystérie, rythme dément et outrance, mais ce qui nous intéresse aujourd'hui ne peut revendiquer semblable expérimentation. Difficile de comprendre si les individus aux manettes du projet ont perdu le contrôle du bolide (qui semble néanmoins être resté à l'arrêt), si le je-m'en-foutisme a présidé ou si un quelconque cataclysme s'est abattu sur l'équipe de production, mais le résultat est d'une indigence technique absurde.

 

Photo Star 80Avoir de bons copains

 

BANDE SM

Le film est proche de l'irregardable, et traite ses comédiens avec la même cruauté que les rétines de ses spectateurs. Balayé par la polémique autour d’une vanne aux relents pédophiles, Jean-Luc Lahaye a été purement et simplement amputé du film. Il y apparaît encore, mais toutes ses répliques semblent avoir été caviardées, conférant aux scènes où il apparaît un aspect bricolé qui condamnerait n’importe quel étudiant en cinéma à l’énucléation.

 

PhotoLa réplique de la discorde

 

Une absence qui révèle l'irresponsabilité et l'éthique crapoteuse qui préside à l'entreprise. La production avait-elle émaillé tout le film de plaisanteries sur le goût de "l'artiste" pour les mineurs ? Ou s'est-elle révélée suffisamment lâche pour le dégager du montage à coups de ciseaux grossiers ? On ne le saura probablement jamais, on s'en moque, mais on a bien du mal à conserver ne serait-ce qu'un semblant de bienveillance face à tant de cynisme assumé. 

Les comédiens (ou des rebus du Musée Grévin animés par des marionnettistes pervers) ne parvient jamais à exister, coincé entre un scénario aussi stupide que paresseux et des situations totalement désincarnées. Symptôme terminal de la dégénérescence du projet, la présence de Jean-Marc Généreux, systématiquement synonyme d’arrachage de tympans et d’agression chorégraphique, qui ferait passer Kevin Hart pour un modèle de sobriété et d'ascèse. Pensé pour piéger les nostalgiques, Stars 80, La Suite a cela de détestable qu’il ne feint jamais de dissimuler sa nature de mauvaise arnaque, son rôle de véhicule à brouzoufs semi-subventionnés, sa dimension de petit exhausteur à égo pour une clique de parvenus rancis. 

 

Affiche

Résumé

Précédé d'une réputation sulfureuse, Stars 80, La Suite va bien au-delà du simple ratage envisagé, et s'impose comme une des purges les plus indigentes dont ait jamais accouché le cinéma français.

Lecteurs

(2.0)

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commentaires

Patrick
12/08/2020 à 08:13

Pour ma part je l'ai trouvé pas trop mal mais j'ai préféré de loin le premier

Liegeux
12/08/2020 à 07:28

Pour ce qui est des financements publics, vous, en France avez encore du bol ????. En Belgique, tout passe chez les Frères Dardenne, plusieurs palmes à Cannes pour des films misérabiliste à regarder avec un tuba tellement c'est lourd et ça manque d'air

HJH
10/08/2020 à 12:12

Simon, le film était sympa et on a bien rigolé par moment, donc arrêt tes critiques qui sont sans fondement...

Merci de votre commentaire

HJH
10/08/2020 à 12:11

Simon, le film était sympa et on 1 rigolé par moment, donc arrêt tes critiques qui sont dans fondement...

Paulix
09/08/2020 à 15:33

Désolé maiw ce film comme le premier sont, tout simplement, géniaux. Ca nous permet de voir ou revoir de vrais chanteurs et non des pales copies. Ces deux films ramènent dans les années 80, la ou les chansons voulaient dire quelque chose. Ces deux films sont à voir comme deux comédies musicales si vous voulez, vous passerez un bon moment nostalgique. Et pour ceux qui ont la critique facile, faites donc un film que l on rigole.

Geor2
08/08/2020 à 18:08

Moi le film le convient l'article lui est a jeté

Iannis
08/08/2020 à 14:34

Mais pourquoi t'être infligé ça, Simon ?

doc savage
08/08/2020 à 13:07

dieudonné revient !!!

Kyle Reese
07/08/2020 à 13:27

Ou comment essayer de faire de l'argent facile et de renflouer les caisses de sa boite de prod mais ça ne ressemble pas à du cinéma.
Même le public auquel le film était destiné n'est pas venu.
Thomas Langmann a su faire preuve de flair et de talent par le passé mais depuis quelques temps c'est plus vraiment ça.

moky99a
07/08/2020 à 10:01

L'orthographe du journaliste n'a d'égale que la médiocrité du film.

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