Netflix : Oscars, guerre du streaming, films d'animation... Ted Sarandos, numéro 2 de la plateforme, fait le point sur l'avenir

Mathieu Jaborska | 23 janvier 2020 - MAJ : 23/01/2020 12:33
Mathieu Jaborska | 23 janvier 2020 - MAJ : 23/01/2020 12:33

Qu'importe notre opinion sur la plateforme en elle-même. Le N rouge parvient très facilement à faire régulièrement parler de lui, un beau coup de publicité.

En cette période charnière, coincée entre deux années clés voyant l'émergence d'un nombre impressionnant de concurrents, il revient régulièrement dans l'actualité, pour deux raisons.

Premièrement, ses ambitions pour les mois à venir impressionnent. Aidés par un budget dédié aux productions originales gargantuesque, les programmes à venir se dévoilent, de la bande-annonce de Spenser Confidential, de Locke & Key ou de Horse Girl à des listes de films à venir contenant les noms de David FincherBen WheatleySpike Lee ou Charlie Kaufman.

 

photo, Connor Jessup, Emilia JonesLocke & Key, une nouvelle série avec des ados

 

Deuxièmement, on parle aussi souvent des sorties de la fin de l'année dernière, ayant rapporté une somme difficile à quantifier, mais certainement mirobolante aux exécutifs chargés de les encadrer. Bien sûr, cela se concrétise par la présence aux Oscars de films comme Marriage Story (6 nominations) ou le monumental The Irishman (10 nominations).

Dans un entretien avec Guggenheim Securities portant sur la santé économique de leur entreprise, le patron du contenu de NetflixTed Sarandos et son PDG Reed Hastings ont assuré qu'infiltrer l'académie faisait partie de leur stratégie.

"Le fait que nous ayons fini studio le plus nommé des Oscars avec ces films est passionnant. Le plus intéressant, c'est que ces films sont en plus incroyablement populaires chez nos abonnés."

 

photo, Adam Driver, Scarlett JohanssonMarriage Story de Noah Baumbach, qui cherche des statuettes plutôt que des trompettes

 

Certes, leur nouvelle méthode de mesure de la popularité d'un programme, considérant ledit programme comme consommé après 2 minutes de visionnage, n'est pas une valeur exacte, mais force est de constater que les longs-métrages récemment produits par la firme ont su créer l'événement. Cependant, de tels honneurs n'assurent pas toujours obligatoirement des bénéfices. Pour Hastings, la question ne se pose même pas.

"Le bénéfice économique, c'est que nous allons gagner des accords qu'on n'aurait pas pu avoir autrement pour un contenu incroyablement solide."

Autrement dit, la plateforme veut se servir de cette notoriété acquise sur les tapis rouges pour se dégoter de nouvelles franchises, de nouvelles raisons de convaincre les cinéastes les plus réticents au modèle de la SVoD ou de nouveaux droits de diffusion. Sur ce dernier point, tout n'est pas rose pour le service. En effet, beaucoup de gros groupes se lancent sur le marché, et pour attirer les foules, ils cherchent à tout prix à récupérer leurs franchises, surtout celles laissées à Netflix. Disney a récupéré les droits de ses séries, par exemple.

 

Photo Charlie CoxDaredevil, tragiquement annulé avant l'arrivée de Disney+

 

Mais ce qui a le plus chagriné les abonnés américains, c'est l'absence de Friends depuis le 1er janvier aux États-Unis, récupérée par Warner Media qui compte bien en faire un élément central de sa nouvelle plateforme HBO Max, en plus d'une réunion des acteurs originaux de la sitcom légendaire. Pas de panique : pour l'instant, rien de tel n'a été prévu en France. Mais les problématiques soulevées par de tels changements sont définitivement pertinentes, et Sarandos ne peut donner son avis à la légère.

"Typiquement, ce qui se passe, c'est que nos abonnés sont capables de trouver leur prochaine série préférée. C'est ce qui va arriver avec les fans de Friends. Certains vont la trouver autre part, et certains vont donc trouver leur prochaine série préférée ailleurs."

 

photo FriendsFriends quitte Netflix US

 

En gros, la stratégie est de compenser cette perte d'attractivité par une pléthore de nouveaux programmes originaux. Vu le calendrier bien rempli de l'année 2020 côté sorties Netflix, on n'a pas de mal à les croire. L'exemple tout trouvé est Klaus, premier long-métrage d'animation du studio également nommé aux Oscars. Très populaire, il a convaincu ses dirigeants d'investir plus dans ce type de projets.

"Ils voyagent de façon bien plus prévisible que les séries."

Sarandos a ainsi bien vendu les prochains essais animés produits par ses soins, The Willoughbys et Over the Moon, deux intrigants films qu'il décrit comme "des longs-métrages à grande échelle pouvant rivaliser avec tout ce que vous pouvez voir en salles." Cette dernière déclaration donne le ton de la suite des opérations pour la firme, le ton de l'ambition.

 

Affiche officielle

commentaires

Carlitto
23/01/2020 à 16:58

@Gemini
"Les Trolls ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît..."
Citation actualisée des "Tontons Flingueurs". Dans la citation originale, il suffit de remplacer troll par c.. (mot de 3 lettres commençant par "c" et finissant par "n").
Ça marche donc aussi parfaitement pour notre ami Gemini dans la ciiation originale...

M1pats
23/01/2020 à 16:07

Y a des malades mentales par ici pour traiter un Scorsese de 200M d un direct to video, je suis que les trolls ça ose tout mais a un moment même en trollant c est flippant a lire

MystereK
23/01/2020 à 14:23

MR BIFLE jetez un cuop d'oeil au catalogue avant de lancer ce genre d'affirmation et cherchez quelques belles oeuvres porvenant du cinéma indépendants, des films en provenace du monde entier, vous y trouverez de bons, de très bons films et même quelques chef-d'ouevres. Sans parler des séries en provenance de partout... montrez vous jsute curieux et ouvert à la découverte.

Mr Bifle
23/01/2020 à 13:22

Un zoli vide-grenier dvd en streaming ouais

Gemini
23/01/2020 à 13:12

Irishman est très loin des meilleurs Scorsese... ça peut expliquer pkoi les studios étaient sur leur réserve... En gros Netflix nous a offert un bon "Direct to Video" des années 90/00

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