Star Wars : la série culte The Clone Wars en 10 moments mythiques

La Rédaction | 3 mai 2021
La Rédaction | 3 mai 2021

Jeunes padawans, préparez vos sabres laser ! Pour fêter l'arrivée de The Bad Batch, revenons ensemble sur les moments forts de Star Wars : The Clone Wars.

Curieuse vie que celle de la série The Clone Wars. Débutée à la suite d'un long-métrage hautement oubliable, la production animée de Lucasfilm a rapidement mis en lumière l'amour évident de Dave Filoni pour l'univers de George Lucas. Depuis, le bonhomme est devenu l'un des rares gardiens tolérés du temple, au point où ses idées et ses personnages ont infusé d'autres créations liées à Star Wars, à commencer par The Mandalorian.

Si The Clone Wars a parfois souffert de son animation fluctuante, de son format resserré et de sa nature (à demi assumée) de série pour enfants, elle s'est néanmoins imposée petit à petit dans le coeur des fans comme l'une des propositions les plus passionnantes et inventives que la galaxie lointaine, très lointaine a connues depuis longtemps. Alors que Dave Filoni et ses équipes ont été obligés de baisser le rideau en 2013, l'arrivée de Disney+ a permis à la série animée de se terminer en fanfare avec sa saison 7, chroniquée ici même.

Du coup, maintenant que The Clone Wars a donné naissance au spin-off The Bad Batch, il nous a paru essentiel de revenir sur les moments forts de la série, et ses coups d'éclat scénaristiques qui ont souvent pris place sur plusieurs épisodes. Et plutôt que de s'écharper avec des sabres laser en plastique, la rédaction d'Ecran Large a retrouvé l'équilibre dans la Force, en classant tout ce beau monde par ordre chronologique.

 

photoAucun rédacteur n'a été maltraité durant la conception de ce classement... ou presque

 

1. La libération de Ryloth (saison 1, épisodes 19-21) 

Ça raconte quoi ? Malgré sa position neutre dans le conflit galactique, la planète Ryloth est prise d’assaut par les Séparatistes qui retiennent en otage le peuple Twi’lek qui y vit. Alors qu’Anakin Skywalker et Ahsoka Tano parviennent à briser un blocus de croiseurs gravitant autour de la planète, Obi-Wan Kenobi et Mace Windu sont envoyés au sol, non seulement pour libérer les prisonniers civils, mais aussi pour reprendre la capitale Lessu dans une bataille mémorable.  

Pourquoi c'est la base : Si The Clone Wars assume très vite d’aborder de fortes thématiques politiques, le siège de Ryloth est l’un des premiers exemples où les civils sont montrés en tant que dommages collatéraux d’une guerre qui les dépasse. De manière touchante, Dave Filoni et ses équipes concentrent cette envie dans le portrait d’une enfant Twi’lek, seule rescapée de l’attaque qui va aider les clones à libérer les siens.

 

photoDes clones qui ont du coeur

 

Mais surtout, ce triptyque résonne comme un véritable fantasme de geeks pour tous les amoureux de Star Wars et de son univers étendu. En se focalisant sur trois étapes clés d’une longue bataille, The Clone Wars construit intelligemment un rapport d’échelle vertigineux, tout en donnant l’impression de nous replonger dans nos plus belles parties de Battlefront (quelle que soit la version que vous préférez).

Le format sériel sied particulièrement à cette scission entre bataille spatiale et terrestre, où des personnages comme Ahsoka trouvent en plus l’occasion d’évoluer dans leur rapport au conflit et aux ordres. Porté par de beaux élans stratégiques et une mise en scène ambitieuse, le cycle de Ryloth laisse entrevoir ce que The Clone Wars a sous le capot pour la suite.

 

photoBad motherfucker

 

2. La vengeance de Boba Fett (saison 2, épisodes 20-22) 

Ça raconte quoi ? Un vaisseau avec à son bord une brigade de clones cadets se dirige vers le croiseur Jedi de Mace Windu et d'Anakin Skywalker. Parmi eux se trouve une recrue de dernière minute, Boba Fett, qui s'est en fait infiltré pour accomplir sa vengeance contre les Jedi et en particulier celui qui a tué son père dans L'Attaque des clones.

Pourquoi c'est aussi cool que The Mandalorian Depuis sa première apparition dans Star Wars : Épisode V - L'Empire contre-attaque, Boba Fett a aussitôt marqué les fans de la saga avec son armure verte écaillée, son casque impressionnant et son côté taciturne, qui correspond exactement à ce à quoi pourrait ressembler le chasseur de primes le plus craint de toute la galaxie.

 

photoLa peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance

 

Cette fois, la série choisit de dévoiler ce qui s'est passé depuis que le jeune Boba a vu son père Jango mourir devant lui sur Géonosis et comment il a bien pu devenir cette icône dans l'univers de Star Wars. À travers cet arc, la haine que le garçon voue à l'encontre des Jedi transparait dès le premier épisode, qui permet d'également voir l'éducation des clones, entraînés dès leur plus jeune âge à mourir au combat s'il le faut.

Cependant, aussi déterminé qu'il soit à venger son père, Boba reste un enfant. Une chasseuse de primes redoutable appelée Aurra Sing a en fait utilisé la rage du jeune clone pour arriver à ses fins, devenant une mentor et une sorte de figure maternelle pour le garçon.

 

photoLa première rencontre entre Bossk et Boba, avant qu'ils ne deviennent d'éternels rivaux

 

Confronté à plusieurs dilemmes moraux, Boba ne peut plus faire marche arrière et s'enfonce de plus en plus vers un chemin sombre et impitoyable. Pendant ce temps, Ahsoka accompagne Maître Plo Koon pour retrouver la bande d'Aurra Sing. Comme lui fait remarquer le Maître Jedi, la padawan a récupéré la personnalité d'Anakin, et est devenue aussi impatiente et dissipée que lui. L'épisode 21 nous plonge dans le monde des chasseurs de primes et le jeune Boba découvre alors les arcanes et les moeurs d'une profession dont il sera reconnu comme l'un des représentants les plus talentueux.

 

photoImpasse galactique

 

3. Mortis et les Enfants de la Force (saison 3, épisodes 15-17) 

Ça raconte quoi ? Alors qu’un mystérieux message est reçu des confins de l'Espace Sauvage, Anakin, Obi-Wan et Ahsoka décident d’enquêter, et se retrouvent malgré eux sur Mortis, une planète entièrement régie par la Force. Le trio découvre même qu’ils y ont été entraînés par Le Père, une entité conservant l’équilibre dans la Force entre sa fille, représentante de la Lumière, et son fils, incarnation du Côté Obscur. Conscient qu’Anakin est l’Élu, le Père propose de lui laisser sa place, mais le Jedi refuse. Le Fils y voit alors une opportunité de changer le cours des choses, quitte à mettre en péril sa famille et nos héros.  

Pourquoi c'est le bijou ultime de la série : Mortis est sans nul doute l’une des plus belles créations de The Clone Wars. Dave Filoni y retrouve toute la pureté mystique de la trilogie originale et développe avec intelligence la manière qu’a eue George Lucas de s’inspirer des représentations du Bien et du Mal à travers les cultures. Si on sait que le directeur créatif de la série a toujours prolongé les réflexions de son mentor, il donne logiquement à la Force le visage de deux enfants opposés, tels un yin et un yang menant inexorablement le récit vers une tragédie grecque qu’elle assume jusqu’au bout.

 

photoLa meilleure veilleuse de nuit

 

À vrai dire, The Clone Wars parvient ici à briller en utilisant sa nature d’interstice entre les films pour non seulement approfondir la mythologie, mais surtout dépeindre des personnages tiraillés par leurs émotions. Il est passionnant de voir Ahsoka se rebeller contre son maître, mais il est encore plus beau que la série pousse dans ses retranchements l’ironie dramatique de la saga. Pendant un court instant, le Fils permet à Anakin de voir dans une séquence onirique lourde de sens le monstre qu’il s’apprête à devenir.

Alors que l’ombre de Dark Vador commence à planer sur l’univers, les trois épisodes s’appuient sur l’universalité des mythes convoqués pour montrer à quel point son héros est incapable de fuir son destin. Avec une aussi belle idée, on comprend pourquoi le Star Wars IX originel de Colin Trevorrow avait choisi d’organiser son combat final sur Mortis. Encore un rendez-vous manqué de la postlogie...

 

photoDéjà-vu


4. La bataille d'Umbara (saison 4, épisodes 7-10) 

Ça raconte quoi ? La 501e légion de soldats clones, menée par le Capitaine Rex, est en mission pour prendre la capitale d’Umbara, une planète isolée qui s’est alliée aux Séparatistes et dont la reddition serait un brillant coup stratégique pour la République. Mais Anakin Skywalker est rappelé sur Coruscant et doit laisser le commandement au Général Pong Krell, un chef de guerre renommé, mais surtout impitoyable envers les clones qu’il considère comme de la chair à canon. Alors que ses troupes se font inutilement décimer, Rex et ses soldats se révoltent contre l’autorité du sanguinaire Jedi, ce qui n’est pas sans conséquence. 

Pourquoi cet arc a tout compris : Parce que la série s’appelle Star Wars : The Clone Wars et que cet arc narratif est celui qui s’intéresse le plus à ses principaux protagonistes dans le contexte donné, à savoir les clones et la guerre. Jusqu’ici, la série avait réussi à creuser leur mythologie et singulariser plusieurs d’entre eux dès le début avec le brillant cinquième épisode de la première saison intitulé Les Bleus.

C’est donc une sorte d’apothéose de les voir partir tous ensemble en mission, sans Anakin, Obi-Wan ou Ahsoka pour leur voler la vedette pendant les combats. Les quatre épisodes sont d’ailleurs un parfait terrain de jeu pour le doubleur Dee Bradley Baker (en VO), qui interprète la voix de la plupart des soldats sur des tonalités différentes pour renforcer leur caractère distinctif.

 

photoLes grands oubliés de la prélogie

 

S’il a le mérite de braquer les projecteurs sur eux, en plus de se montrer généreux sur l’action et le spectaculaire, l’arc pousse surtout les clones à se questionner sur leur propre existence et libre arbitre, étant donné que leur loyauté et dévotion, soit leurs raisons d’être, sont mises à l’épreuve par la trahison de Pong Krell. Cette réflexion est d’ailleurs tirée et enrichie jusqu’à la fin de la série, qui passe par la découverte du complot orchestré par Dark Sidious et se termine sur l’exécution de l’Ordre 66 (mais ça, on y reviendra plus tard). 

La série veut également effacer la bipolarité et la dichotomie de l’univers en soulignant subtilement la noirceur de certaines actions de la République, et donc l’ambivalence de l’Ordre Jedi qui la protège. Il faut aussi souligner la réalisation maîtrisée, qui se permet des mouvements très amples et nerveux pour gagner en dynamisme sans jamais perdre en lisibilité. La mise en scène peut également compter sur le cadre dépaysant d’Umbara, sa flore fantasmagorique, ainsi que sa pénombre et sa brume permanentes que la musique de Kevin Kiner illustre un peu plus. 

 

photo"La République, c'est nous"


5. La mission d'infiltration d'Obi-Wan (saison 4, épisodes 15-18) 

Ça raconte quoi ? Un complot séparatiste pour enlever le Chancelier Palpatine menace la République Galactique. Moralo Eval, le cerveau de l'opération, a bien été capturé, mais la sécurité du Chancelier est toujours menacée et le Conseil des Jedi organise alors une réunion extraordinaire pour trouver une solution.

Obi-Wan, Anakin et Ahsoka sont attaqués par un tireur embusqué et les trois héros essaient de l'arrêter, mais Obi-Wan est gravement touché et meurt dans les bras de la jeune padawan. Il s'avère que le Conseil des Jedi avait en fait tout organisé pour pouvoir capturer le mercenaire Rako Hardeen et permettre à Obi-Wan de prendre son apparence pour approcher Moralo Eval et ainsi déjouer le complot visant le Chancelier.

 

photoRako Hardeen (Obi-Wan), Moralo Eval et Cad Bane

 

Pourquoi c'est brillant : Obi-Wan a déjà prouvé ses compétences aussi bien physiques qu'intellectuelles à maintes reprises au fil de la saga Star Wars, et ce à tout âge. Mais cette mission secrète confiée par le Conseil des Jedi est sans doute l'une des plus excitantes et des meilleures qu'il a menées.

Bien évidemment, les enjeux dramatiques autour de la mort d'Obi-Wan sont assez vite déjoués, le spectateur connaissant déjà le destin funeste qui attend le héros, mais la tromperie permet de voir les réactions des autres personnages, en particulier Anakin. Profondément affecté par la disparition de son mentor, le Jedi traque celui qu'il pense être Rako Hardeen en interrogeant des témoins avec des méthodes qui montrent toute sa colère. L'intrigue dévoile encore un peu plus la noirceur qui se cache au fond de lui, tandis que le Chancelier commence à le manipuler.

 

photoUne pensée pour les petits élèves Jedi

 

Fidèlement, la série reprend les codes des films d'action et d'espionnage à la Mission : Impossible, avec une oreillette glissée sous un banc de musculation dans la prison ou des trahisons à peine prévisibles. Le bref séjour d'Obi-Wan sous les verrous est aussi l'occasion de voir un Boba Fett un peu plus vieux, mais marque surtout le retour de Cad Bane, le chasseur de primes croisé dans les deux premières saisons.

Alors qu'il s'associe à Obi-Wan/Rado Harkeen, le scénario le dépeint toujours comme un criminel psychotique, tout en montrant qu'il possède un code d'honneur lorsqu'il s'agit d'exécuter sa cible ou de régler ses comptes. Dès lors, la série nous emmène à nouveau dans l'univers cruel des chasseurs de primes.

 

photoEscape Plan

 

L'épisode 17 est entièrement consacré à la Boîte, un endroit aussi génial qu'infernal dans lequel le Comte Dooku organise régulièrement des tournois en réunissant toute la fine fleur des mercenaires de la galaxie. Comme dans Cube ou Saw, les chasseurs de primes sont enfermés dans une pièce avec des pièges et doivent s'en échapper sous peine de finir empoisonnés, écrasés, découpés, voire pire. Et à l'instar du film réalisé par Vincenzo Natali ou de la célèbre saga de torture porn, la série ne manque pas d'ingéniosité pour proposer des défis aussi dangereux qu'exaltants, terminant les festivités dans un affrontement final au milieu des flammes, sous le regard d'un Dooku sadique.

La morale d'Obi-Wan est plusieurs fois mise à l'épreuve et le chevalier Jedi doit trouver le moyen d'épargner des vies tout en conservant sa couverture. Comme le fait remarquer Maître Yoda, dans toute sa sagesse, les Jedi n'ont jamais usé de stratagèmes aussi obscurs et il est intéressant de voir jusqu'où ils sont prêts à aller pour garantir la paix et l'ordre au sein de la République Galactique, avec des séquences bien sombres et une animation de plus en plus remarquable.

 photoOn va jouer à un jeu

 

6. Les Sœurs de la Nuit (saison 4, épisodes 19-22)

Ça raconte quoi ? Cet arc fait suite à celui des Sorcières de la brume dans la saison 3. Le Compte Dooku est déterminé à se venger des Sorcières de la Nuit et d'Asajj Ventress après leur trahison. Il envoie donc le général Grievous et une armée de droïdes sur le territoire des sorcières qui résistent tant bien que mal, mais se font finalement massacrer, laissant Ventress seule et en exil. Par la suite, elle tombe sur Boba Fett et Obi-Wan Kenobi, qui partagent momentanément les mêmes objectifs qu’elle après avoir recroisé un certain Dark Maul. 

Pourquoi c'est marquant : Parce que Dark Vador reste une figure emblématique de la culture pop, une preuve de plus s’il en fallait que les méchants peuvent être plus impactants et attractifs que les gentils, notamment dans la galaxie Star Wars. Il est donc intéressant que cet arc s’attarde pleinement sur les antagonistes de l’univers et notamment Ventress, ce qui permet de creuser leur histoire, mais aussi leur psychologie pour casser leur manichéisme, et ainsi les rendre aussi passionnants qu'utiles pour la toile de fond. Après avoir été trahie par son ancien Maître, l’apprentie Sith est dépeinte pour la première fois comme une femme meurtrie et vulnérable, avant qu’on la voie se reconstruire lors de sa mission dans l’équipe de Boba Fett, qu’on prend également plaisir à revoir après son apparition dans la saison 2. 

 

photoMême les Sith sont victimes de génocides

 

Après nous avoir fait poireauter toute une saison, la seconde moitié de l’arc (qui pourrait d’ailleurs être considérée comme un arc à part entière) ramène enfin Dark Maul, qui avait été battu et laissé pour mort par Obi-Wan dans Star Wars : Episode I - La Menace fantôme. Sa rencontre avec son frère Savage Opress prend d’ailleurs une tournure assez inattendue et inquiétante. En effet, le Zabrak rapiécé a perdu la raison après sa défaite, du moins jusqu'à ce qu'il retrouve ses esprits grâce à la sorcellerie des Soeurs de la Nuit.

Avec ses teintes pourpres, son manque de luminosité, sa végétation hostile et son atmosphère qui semble presque toxique, la planète Dathomir est d’ailleurs le parfait endroit pour installer une ambiance lugubre, voire horrifique, qui arrache un peu plus l’étiquette « série pour enfants » collée à The Clone Wars. L’épisode se permet même une séquence zombiesque et des visions cauchemardesques de la Mère Tazlin qui prend plaisir à torturer Dark Tyranus avec sa magie vaudou, sans qu'on boude le nôtre non plus.

 

photoDark demi-Maul

 

7. Le départ d’Ahsoka (saison 5, épisodes 17-20)

Ça raconte quoi ? Anakin et Ahsoka doivent mener une enquête après une attaque survenue dans le Temple Jedi. Une fois la coupable identifiée et arrêtée, Ahsoka se rend dans sa cellule après que cette dernière a demandé de la voir. Alors qu’elle était sur le point de révéler le nom de son commanditaire à la Padawan, la prisonnière est étranglée à l’aide de la Force sans qu’Ahsoka puisse identifier ou localiser le Jedi corrompu et responsable de sa mort. 

Victime d’un coup monté, l’apprentie de Skywalker est rapidement suspectée, les images des caméras de surveillance faisant d’elle la coupable toute désignée. Elle comprend alors qu’elle aura du mal à s’expliquer et décide donc d’échapper aux soldats et de se réfugier dans les bas-fonds de Coruscant pour trouver des réponses, sans savoir que sa vie est en train de prendre un tournant décisif, même après avoir réussi à prouver son innocence. 

 

photoAprès la dimension politique, la dimension juridique de Star Wars

 

Pourquoi c'est un arc majeur : Parce qu’Ahsoka a longtemps été un personnage mal-aimé de The Clone Wars, son tempérament irréfléchi ayant piqué les nerfs de beaucoup de fans. C’est pourtant sur elle que se recentre progressivement et se termine l’histoire, après que la Padawan a grandi et traversé de nombreuses épreuves qui l’ont assagie et endurcie. Le personnage étant vital dans la série, mais absent de la prélogie, il était évident qu’il lui arriverait quelque chose avant la fin de la saison 7.

C’est donc cet arc qui sépare à jamais les voies d’Anakin et Ahsoka, qui n’a plus rien à voir avec la petite Togruta qu’elle était au début de la guerre. Le début de l'épisode le prouve d’ailleurs quand elle sauve Anakin de justesse, amorçant sans qu’on le sache son émancipation. 

 

photoÉcole buissonnière

 

En plus de se questionner sur le bien-fondé du conflit et des actes de la République (et par extension des Jedi), cette dernière perd toutes ses illusions en étant confrontée à la trahison, d’abord de son ami Barriss, puis de l’Ordre qui n’a pas eu confiance en elle. Même si elle s’est illustrée et s’illustrera dans d’autres combats par la suite, son acte le plus courageux reste probablement celui de quitter le Temple Jedi où elle a toujours vécu, n’y trouvant plus sa place. Sa maîtrise de la force a elle aussi atteint un tout autre niveau.

Alors qu'Ahsoka se montre très faillible au début de la série, sa course-poursuite avec les Jedi, au-delà d’être impressionnante visuellement, témoigne d’une vraie ténacité, force et ingéniosité qu’on ne lui connaissait pas encore. La perte de sa Chipie est également un événement clé dans le plan de Palpatine pour corrompre Anakin et l’attirer du Côté Obscur de la Force, renforçant l'importance du personnage dans la mythologie profondément dramatique et tragique de Star Wars.

 

photoLe début de la fin


8. Sifo-Dyas et la quête spirituelle de Yoda (saison 6, épisodes 10-13)

Ça raconte quoi ? Après des années de mystère, la République retrouve enfin la carcasse du vaisseau de Syfo-Dias, le Maître Jedi qui a amené à la création de l’armée des Clones. Alors que le complot autour de sa mort commence à se révéler, Maître Yoda part dans une quête personnelle sur le chemin de la Force, et de la vie après la Mort.  

Pourquoi c'est génial : Annulée à la dernière minute avec sa sixième saison (du moins jusqu’à l’arrivée de Disney+), The Clone Wars a orienté sa fin temporaire vers le drame humain, en reflétant l’échec des Jedi face aux actions des Sith. Dave Filoni joue non seulement avec les connaissances des spectateurs sur la suite des événements, mais aussi avec une zone d’ombre fantasmatique de l’univers étendu, et révèle en toute logique que Syfo-Dias a été assassiné par le Comte Dooku, afin que ce dernier implémente dans les Clones la fameuse puce les contraignant à exécuter l’Ordre 66.

 

photoCe ne sont pas les cours de théâtre que vous cherchez

 

Par ailleurs, la série trouve l’occasion de rendre justice à Yoda, l’un de ses personnages malheureusement sous-exploités. Les épisodes mettent au passage le Maître Jedi dans une position d’inconfort rarement explorée, alors qu’il est contacté d’entre les morts par Qui-Gon Jinn (doublé pour l’occasion par ce cher Liam Neeson).

Un peu à la manière du cycle de Mortis, les derniers épisodes de la saison 6 permettent à The Clone Wars de jouer avec la puissance évocatrice de la Force. Tout en s’amusant avec des easter eggs en pagaille (Dagobah, Dark Bane), la série exploite le plein potentiel de l’animation pour donner corps à ses métaphores, et au combat de Yoda contre ses peurs, bien avant que Luke ne passe les mêmes épreuves. Sombre et envoûtant, ce parcours initiatique rudement campbellien a en plus le mérite de confondre rêve et réalité, le tout dans un combat final flamboyant entre le Maître Jedi et Dark Sidious.  

 

photoUn bien beau combat

 

9. L'introduction de la Bad Batch (saison 7, épisodes 1-4)

Ça raconte quoi ? Alors que les stratégies de la République sont compromises, le Commandant Rex est persuadé que son ami Echo est encore vivant, et que les Séparatistes utilisent ses connaissances pour analyser les tactiques des clones. Épaulé par Anakin et la Bad Batch, Rex se lance dans une longue bataille pour sauver son camarade.  

Pourquoi c'est le plus jouissif : Entre une campagne de fans mécontents de l’annulation de la série et l’arrivée de Disney+, Lucasfilm a eu tout intérêt à commander une ultime saison de The Clone Wars. Pour l’occasion, Dave Filoni et ses équipes n’ont pas lésiné sur les moyens.

À vrai dire, les quatre premiers épisodes de la saison 7 sont régis par une "coolitude" joyeusement frimeuse, tandis qu'ils poussent dans leurs retranchements la mise en scène des scènes d’action de la série au travers de la Bad Batch, cette fameuse escouade de clones génétiquement modifiée et surentraînée, dont le charisme leur a valu de décrocher leur propre spin-off.

 

photoLa horde sauvage

 

Débutant sur une mission d’infiltration tournant vite au carnage, ce cycle déploie avec malice un découpage plus dynamique et maîtrisé, sachant mettre en valeur les capacités de sa nouvelle bande de protagonistes. Le culte immédiat autour de la Bad Batch s’explique d’ailleurs par l’amusement évident de ses créateurs qui semblent nous plonger au cœur d’un jeu vidéo d’action/RPG ultra-jouissif (n’est-ce pas Lucasfilm Games...).

Mais au-delà de son action démentielle, cet arc traite une nouvelle fois avec brio de la loyauté de Rex, persuadé que son ami Echo (prétendument mort durant l’assaut d’Umbara) est retenu prisonnier par les Séparatistes. En plus de dépeindre une belle mission de sauvetage, la série montre l’envers d’une guerre où même la mort et le repos ne sont plus envisageables pour ceux qui s’y sont sacrifiés. Une belle idée qui permet à Echo de trouver une nouvelle famille au sein des misfits de la Bad Batch, qu’on a hâte de revoir dans d’autres aventures.  

 

photoWe'll be back


10. Le Siège de Mandalore et l'Ordre 66 (saison 7, épisodes 9-12) 

Ça raconte quoi ? Ahsoka Tano et Bo-Katan Kryze avertissent Anakin qu’elles ont retrouvé Dark Maul sur Mandalore, et tous les trois entreprennent de le remettre à la République pour qu’il soit jugé. Anakin et Obi-Wan sont finalement retenus sur Coruscant après avoir appris que Grievous avait attaqué le Capitole. Ahsoka, Rex et le reste de la 501e légion partent donc seuls pour capturer Maul, qui révèle le plan de Dark Sidious avant de se faire prendre.

Alors qu’ils quittent Mandalore, Palpatine lance l’Ordre 66. Après avoir tenté de résister, Rex et ses hommes attaquent Ahsoka qui est obligée de libérer Maul de sa cellule pour créer une diversion et s’enfuir. Elle parvient cependant à retirer la puce inhibitrice de Rex, qui doit désormais se battre contre ses propres hommes. 

 

photoUne ultime confrontation, à moins que...

  

Pourquoi c'est une fin parfaite : En regardant Star Wars : The Clone Wars, on savait à l’avance quel serait son dénouement, c’est-à-dire les événements décisifs de Star Wars : Episode III - La Revanche des Sith, sans savoir pour autant comment ce dernier acte fondateur serait présenté sur petit écran. Toute la série, ses sept saisons, ses thématiques, ses personnages et leurs relations devaient doucement nous mener vers ce point culminant, qui adopte donc le point de vue d’Ahsoka et de Rex, finissant de les anoblir dans la mythologie.

Après tout ce qu'ils ont traversé, la Jedi n’est plus une Padawan fantasque, mais une combattante redoutable, tandis que Rex n’est plus un soldat clone parmi tant d’autres, mais son dernier allié et ami, dont on attend impatiemment des nouvelles. Cette conclusion de leur arc narratif (du moins dans la série) est aussi déchirante qu’épique, avec un combat contre Maul et les soldats qui figure parmi les meilleurs proposés par The Clone Wars en termes d'enjeux, de tension, de drame, d’action ou de mise en scène.

 

VadorPlus vraiment Anakin, mais pas tout à fait Dark Vador 

 

Si la série a peiné dans un premier temps à se crédibiliser aux yeux des fans adultes, ces derniers épisodes sont d’une gravité sans précédent, et permettent donc d'asseoir la série comme une oeuvre majeure de la franchise, tout en revalorisant la prélogie souvent décriée. Le dernier épisode effectue même un léger saut dans le temps et fait apparaître pour la première fois Dark Vador, dont le côté lumineux semble encore perceptible. Ou du moins, on aimerait vraiment croire qu’il reste attaché à son ancienne Padawan.

Dossier réalisé (avec passion) par Antoine Desrues, Déborah Lechner et Arnold Petit.

Tout savoir sur Star Wars : The Clone Wars

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commentaires
Moi
05/05/2021 à 17:05

Cette série est top, et le combat final est pour moi le meilleur combat de tout l'univers "video" Star Wars (je n'ai pas lu les livres). Il est incroyablement bien monté/chorégraphié, la musique est excellentes, et ce sont deux personnages iconiques.

Sombre005
05/05/2021 à 12:30

Nostalgie quand tu nous tiens.

Bon ba du coup la série se retrouvera dans mon programme du soir, la dernière saison a été particulièrement soignée à mon goût. La fin magistrale et le sacrifice des clones à l'ordre 66.
Avec la découverte des tombes par Dark Vador qui ne reste pas pour se lamenter sur la perte de certains clones auprès de qui il a dirigé et combattu directement.

leretourdelauvergne
04/05/2021 à 13:19

@arnaud
Tu vas te régaler, TCW est une grande réussite !
Et justement ce qui fait que beaucoup adore la série c'est la présence de personnages géniaux et également du ton plus adulte ( adieu la manichéisme dans certains arcs comme c'est dit dans l'article)
Puis l'évolution des personnages de ventress et ahsoka est juste énorme !
Bref merci Dave filoni qui est en plus de reprendre star Wars a apporté un vrai plus dans son histoire ( et pas juste un stupide copié collé)


03/05/2021 à 18:12

TCW est une série grandiose, même si on peu oublier les épisodes centrés sur C3PO et R2D2, clairement pour les enfants.

La série prouve à elle seule que Star Wars est faite pour le petit écran. Les films sont mythiques mais il est impossible de développer l'histoire correctement en 2 h 30 à chaque fois.

Arnaud (le vrai)
03/05/2021 à 16:22

Je suis en train de me mater la série et je viens juste de finir la première saison
J’avoue que l’épisode de Ryloth était vraiment pas mal du tout !!!

ADM
03/05/2021 à 16:18

Cette série représente par certains de ses arcs (dont la majorité cité ici) ce qui se fait mieux dans l'univers de star wars avec certains des jeux vidéos.
Espérons que la Bad Batch et les prochaines séries en live action pourront atteindre un niveau similaire voir mieux au possible

Alex0482
03/05/2021 à 13:30

On peut préciser que tous les épisodes sur la fuite d'Ahsoka sont très inspirés par Hitchcock, jusqu'à reprendre les titres de certains de ses films !

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