Futurama sur Disney+ : les 10 meilleurs épisodes cultes à (re)voir

Geoffrey Crété | 5 avril 2021 - MAJ : 10/04/2021 22:15
Geoffrey Crété | 5 avril 2021 - MAJ : 10/04/2021 22:15

La série Futurama créée par Matt Groening et David X. Cohen est disponible sur Star, sur Disney+. L'occasion de redire à quel point elle est géniale.

C'est le chaînon manquant entre Les Simpson et Rick et Morty, et c'est désormais disponible sur Disney+ dans la section Star : Futurama. Les 140 épisodes de la série culte créée par Matt Groening et David X. Cohen sont donc là, et c'est une belle et formidable dose d'humour, d'aliens, d'aventures rocambolesques et d'idées étourdissantes.

Futurama a eu une vie compliquée : annulée par la Fox après quatre saisons, la série a été récupérée par Comedy Central pour quatre films en vidéo, puis de nouveaux épisodes. Avant une nouvelle fin. Née en 1999, morte en 2003, la série a donc été ressuscitée en 2006, et enterrée une nouvelle fois en 2013.

 

photo"Oui oui, c'est très clair l'histoire de la série"

 

Un joyeux bordel qui se retrouve sur Disney+ avec un découpage en 10 saisons plus ou moins incompréhensible. Les quatre films sont chacun divisés en quatre parties (comme c'était le cas aux Etats-Unis) pour composer une saison 6, et les deux dernières saisons sont réparties en quatre saisons (elles avaient été diffusées en deux temps, à plus d'un an d'écart). Mystère néanmoins dès la première saison de 13 épisodes : Disney+ l'a réduite à neuf épisodes, et les suivants sont décalés sur la saison 2, et ainsi de suite après.

Dans tous les cas, comme Futurama c'est la vie, mais que la vie est courte pour se (re)farcir 140 épisodes, voici une sélection de 10 épisodes incontournables (dans l'ordre chronologique).

 

photoLes fans qui attendent un revival, peut-être

 

1. UN GROS TAS d'ordure (Saison 1 episode 8)

Ou quand un gros tas d'ordures envoyé dans l'espace au 21e siècle menace de venir s'écraser sur New New York.

Certainement l'une des plus hilarantes démonstrations de l'humour incisif des scénaristes, qui mettent en scène l'absurdité de notre monde tout en rendant un hommage aux films catastrophes et notamment Armageddon (ce plan iconique des héros en combinaison). Voir des burgers et pizzas tomber sur la ville, sous les cris des citoyens paniqués, ça n'arrive pas tous les jours (sauf peut-être dans Tempête de boulettes géantes, sorti une dizaine d'années après).

Au-delà de la rivalité entre Farnsworth et Wernstrom, l'épisode réalisé par Susie Dietter et écrit par Lewis Morton raconte la bêtise de l'humanité du 21e siècle face à la question des ordures. Un petit résumé vidéo revient sur le comportement des gens et explique qu'une fois les décharges pleines, le gouvernement s'est débarrassé de tout ça en l'envoyant flotter sur les océans. Et qu'une fois que ce continent d'immondices leur est revenu, ils l'ont envoyé dans l'espace. Mais la facture arrive, puisque cette boule puante menace de détruire New New York.

La solution ? Pas un plan à la Michael Bay, mais un plan à la Idiocracy : recréer une boule de poubelles pour envoyer la première dans le soleil. Et que faire avec ce nouveau tas d'ordures ? "On s'en fiche. C'est pas notre problème." "Ça, c'est l'esprit du 21e siècle !". Applaudissements.

 

photoArmagedumb

 

Un gros tas d'ordure est l'un des premiers épisodes de Futurama, et déjà il y avait là tout l'esprit moqueur et acerbe de la série. D'un côté, le discours (politique, écolo, sociale) ; de l'autre, le divertissement pur et simple. L'alliance des deux est ici parfaitement maîtrisée, n'épargnant rien ni personne derrière le rire - le merchandising des Simpson, précédente série de Matt Groening, a sa part de poubelles dans l'espace.

Le flairoscope pour sentir l'espace, le sketch du professeur qui découvre avoir déjà construit son invention l'année d'avant, la blague ultime sur Uranis ("Les scientifiques ont changé le nom pour définitivement stopper ces blagues. Maintenant, c'est Urectum"), la clairvoyance de Leela sur le plastique ("Tout ça c'était déjà des poubelles, même quand c'était neuf") : sans surprise, c'est aussi un épisode rempli de répliques mémorables.

 

photoTiens tiens

 

2. Buvez du Slurm (Saison 1 episode 13)

Ou quand Fry gagne un ticket magique pour aller visiter une usine de slurm, qui cache bien des secrets.

Impossible de ne pas citer cette délicieuse parodie de Charlie et la chocolaterie, écrite par Lewis Morton. Le classique de Roald Dahl est tordu avec malice pour se dérouler dans une usine de Slurm (le coca de l'univers Futurama), avec de grosses limaces à la place de Willy Wonka, et des Grunka-lunkas exploités à la place des Oompa-Loompas (mais ça reste d'"horribles créatures orange"). Fry l'addict au sucre est ravi de participer à une visite guidée, avec ses amis, mais il découvrira la vérité sur sa boisson préférée.

Tout ça est un missile dirigé contre le marketing et les doux mensonges du storytelling moderne. Au hasard, ceux qui entretiennent le mythe du Coca comme une boisson à la recette traditionnelle autrement plus spéciale que les 45 kilos de sucre par litre, livrée par un père Noël qui n'est pas juste un intermittent en quête d'heures. De la visite qui ressemble à une attraction Disney à la boutique cadeau, en passant par le mensonge d'une "nouvelle recette", l'épisode n'y va pas avec le dos de la cuillère.

 

photoMensonge de (li)masse

 

Mais bien sûr, Futurama ne se contente pas de viser le camp d'en face avec ces banalités. L'humour acéré reste sur Fry, consommateur type, qui adore le Slurm. Va-t-il arrêter d'en boire après avoir découvert que la touche secrète (qui est en réalité le seul ingrédient) sort du cul d'une reine limace désagréable ? Absolument pas. Peut-il s'arrêter d'en boire pour sauver ses amis ? À peine. Et c'est la victoire de l'addiction et du mensonge qui l'emporte, jusqu'à la dernière scène, prouvant que Futurama est d'une cruauté et honnêteté hilarante.

Cet épisode est par ailleurs un modèle d'efficacité, truffé de scènes excellentes, au timing comique impeccable : Bender qui crame le canapé, vole les boucles d'oreille d'Amy ou fait payer le sauvetage à ses amis ; le Prof qui laisse la lampe magique F-ray littéralement tomber "entre de mauvaises mains" ; le sperme de Fry insensibilisé ; le ballon du gamin explosé ; le chapeau amené pile-poil quand le guide Glurmo est "coupé" en deux... Sans parler de quelques répliques fantastiques ("Non. Il y a déjà un soda comme ça, Soylent Cola", "Vous n'avez jamais utilisé de dentifrice ?").

Et en plus, l'épisode rend hommage à Aliens, le retour, avec cette reine vénère qui poursuit les héros.

 

photoMon royaume pour un cancer de l'oesophage

 

3. Conte de Noël (saison 2 Épisode 4)

Ou quand Fry découvre que Noël a bien changé, notamment parce que le robot père Noël créé pour distribuer les cadeaux est devenu incontrôlable, et tue tous ceux qu'il croise.

L'une des marques de fabrique de Futurama est sa capacité à tordre les traditions, les valeurs et les codes. Un conte de Noël a tout du classique épisode de fin d'année : diffusé en décembre 1999, il montre le premier Noël de Fry dans le futur, aux côtés de sa nouvelle famille. Sauf que rien ne se déroule comme prévu, pour lui comme pour le public.

Dans ce futur, Noël est une affaire de palmiers, de nudisme, de hache à rayon laser, et surtout de robot-Père Noël tueur. Conçu à l'origine pour décider qui méritait un cadeau, il est devenu hors de contrôle à cause d'une erreur de programmation. Comme personne (à part Zoidberg) n'est assez bon à ses yeux, il se promène dans les rues et sème la terreur, avec ses rennes mécaniques et un lance-roquette.

 

photoL'Etrange Noël de monsieur Fry

 

Ainsi, le joyeux épisode de Noël se transforme en cauchemar. Et c'est un festival d'humour et d'amoralité, avec notamment la sous-intrigue de Bender qui va "aider" les robots-pauvres en manque d'alcool, et entraîne une petite bande pour braquer une pauvre femme qui a accepté de les aider par charité. Et que dire du perroquet qui sauve la situation dans une explosion de plumes ? Ou de la référence à Rasta Rockett ? Ou de l'affaire des cheveux en cadeaux ?

Futurama n'est jamais aussi drôle que lorsqu'elle crée son propre petit univers parallèle futuriste, en changeant quelques règles, et cet épisode en est une bonne démonstration (Christmas devient Xmas, "ask" devient "ax", la disparition des sapins qui n'inquiète pas plus que ça lorsqu'il s'agit d'abattre des palmiers).

L'idée de ce père Noël des enfers mécaniques était d'ailleurs l'une des premières de Matt Groening et David X. Cohen, dès le lancement de la série, preuve que ça les démangeait de tourner cette tradition au ridicule. Ils le referont à deux autres reprises, en plus du téléfilm Bender's Big Score.

 

photo Les fameuses boules de Noël

 

4. Parasites perdus (saison 3 episode 2)

Ou quand Fry est envahi de vers, et la bande est miniaturisée pour aller explorer ses entrailles et déloger les habitants.

Futurama, c'est aussi et surtout une histoire d'amour entre Fry et Leela. Une romance attendue, mais mise à l'épreuve et empêchée durant toute la série (jusqu'à ce que...), alors que les deux héros apprennent à se connaître et s'accepter.

Écrit par Eric Kaplan (passé sur Malcolm et The Big Bang Theory), Parasites perdus est une étape majeure de leur relation : c'est la première fois que Fry dit à Leela qu'il l'aime, et c'est surtout un moment capital où il comprend qu'il a besoin d'être aimé pour ce qu'il est. L'éternel ado grandit, et préfère une dure réalité (être patient et prendre le risque de perdre Leela) à un doux mensonge (être aimé grâce aux vers, qui le rendent plus intelligent et fort).

C'est aussi la première apparition du holophoner, improbablement instrument de musique lié à leur histoire d'amour. Bref, c'est un épisode pour les sentimentaux, et la dernière scène est à ce titre l'une des plus jolies de toute la série : seul dans sa chambre, Fry apprend à jouer du holophoner, et l'image de Leela qu'il crée est candide, maladroite, mais d'une sincérité qui montre bien que son amour est pur.

 

photoLa musique de mon cœur

 

L'humour reste là avec une poignée de moments savoureux, comme lorsque le leader des vers s'exclame que personne ne deviendrait stupide par choix. Réponse de Fry : "Clairement vous n’avez jamais été amoureux". Mais l'épisode est plus amer, avec un décalage et un problème de timing terrible entre les deux héros : Leela tombe amoureuse d'une version fausse de Fry, et va se battre pour entretenir cette illusion ; Fry, lui, comprend que Leela est charmée par ce mensonge, et va se battre pour le détruire. De quoi rappeler que Futurama s'attache à l'humanité de ses personnages, même lorsque cela menace le simple rire.

Et bien sûr, Parasites perdus est aussi un hommage irrésistible (et peu ragoutant) à L'Aventure intérieure, le film culte réalisé par Joe Dante. L'épisode regorge aussi de gags très drôles, que ce soit le "Abandon ship !" récurrent de Bender, ou les vers qui commentent les dangers des téléphones mobiles ou de l'alcool. Là encore, du pur Futurama.

 

photo"L'univers connu" donc

 

5. Le jour où la Terre devint stupide (Saison 3 episode 7)

Ou quand la Terre est attaquée par une armée de cerveaux qui rendent tout le monde débile... sauf Fry, parce qu'il a déjà un problème au cerveau.

C'est un petit best of de tout ce qui constitue l'âme de Futurama : une invasion de cerveaux volants pour la pure SF (avec un titre en hommage au Jour où la Terre s'arrêta), le super-débile devenant super-héros pour l'ironie mordante, la révélation sur Nibbler pour l'imaginaire absurde, les voyages dans les livres pour l'attachement à la pop culture... tout y est.

Même la tendresse pour Fry, beau loser qui n'est jamais réduit qu'à ça dans la série. Ici, il surprend son monde avec une pirouette parfaite afin de tromper le chef des cerveaux, mais également le public, berné par l'illusion et surtout la conviction que Fry n'était pas capable de mieux. Ou comment rappeler l'amour que portent les scénaristes à cet archétype de doux benêt, représentant de l'humanité la plus simple et pourtant la plus riche. Sans parler du fait que ce plan victorieux est la démonstration magique du pouvoir absolu de l'imaginaire, capable de tout.

 

photoLe Jour où la TV s'arrêta

 

C'est d'autant plus drôle que tout l'épisode fonctionne sur la bascule : Fry passe de super-idiot à seul intelligent de la planète, tandis que Nibbler passe de petite chose mignonne à alien supra-intelligent qui surveille la galaxie depuis la nuit des temps (mais toujours mignon). Rien que la découverte de la voix de la bestiole est hilarante.

Co-écrit par David X-Cohen et Jeff Westbrook (une plume des Simpson), cet épisode trouve sa place dans l'une des saisons les plus aimées de Futurama, et difficile de ne pas le classer parmi les plus mémorables.

 

photo"Arrêtez de dire qu'on est mignons"

 

6. Tout se termine bien à Roswell (saison 3 episode 19)

Ou quand la bande est accidentellement envoyée dans le passé, à Roswell, en 1947.

Impossible pour Futurama de ne pas passer par la case "voyage dans le temps", explorée plusieurs fois - notamment dans le très bon téléfilm La Grande Aventure de Bender. L'épisode co-écrit par David X. Cohen lui-même est donc un joyeux bordel qui se moque de la fameuse question des paradoxes temporels, en mixant un hommage détonant à Retour vers le futur (Fry rencontre son grand-père et veut s'assurer qu'il couchera avec sa grand-mère) et un autre à un épisode de Star Trek : La Nouvelle Génération (avec la tête de Data enterrée pendant 500 ans).

 

photoVoyager dans le temps : illustration

 

C'est aussi un gros jeu avec la légende de Roswell, terre de toutes les théories. Ici, Zoidberg devient le fameux alien de la Zone 51, et rencontre le président Truman. L'origine des photos mythiques des "Lumières de Phoenix" et du monstre Loch Ness est révélée. Et après avoir tenté de rester discrets pour éviter de changer le cours de l'Histoire, les héros découvrent que Fry a tué son grand-père et couché avec sa mamie. Ils baissent donc les bras et saccagent tout, et tant pis pour l'Histoire.

Sans être l'épisode le plus fou, le plus inventif ou le plus original, Tout se termine bien à Roswell montre bien à quel point les scénaristes aiment recycler les motifs classiques de la SF (dans l'art et dans la vie), avec un vrai esprit de sales gosses.

 

photoJe vais prendre un milk shake nucléaire

 

7. Là où aucun fan n'est allé (saison 4 Épisode 11)

Ou quand Fry découvre que Star Trek a été banni suite à une guerre, et se retrouve piégé sur une planète où tous les vestiges de la série (y compris les acteurs) vivent grâce à un étrange fan...

À la question des fans toxiques et de la dérive des geeks (plus pertinente que jamais aujourd'hui, notamment avec Star Wars et autre Snyder Cut), Futurama apporte une réponse sous forme de gigantesque blague. Fry découvre ainsi que tout Star Trek a été banni après avoir mené le monde à sa perte : l'univers culte de Gene Roddenberry est officiellement devenu une religion au 23e siècle, si influente qu'elle a été interdite par les politiques. Tous les adeptes ont été exécutés dans un volcan, toute trace de la religion des trekkies a été détruite, et les dernières copies des épisodes de la série et des six films ont été envoyées dans l'espace. Depuis, quiconque mentionne Star Trek prend le risque d'être arrêté.

Avec la tête de Leonard Nimoy, Fry part à la recherche des autres acteurs, lesquelles ont quitté ce monde qui ne voulait plus d'eux. Il les retrouve sur une étrange planète, où ils ont tous retrouvé un corps. Mieux : ils ne vieillissent pas. Tout ça est le fait d'un alien à forme de nuage, qui a bouffé tout Star Trek lorsqu'il est tombé dessus, jusqu'à devenir obsédé, et vouloir entretenir l'illusion à jamais.

 

photoFan mécontent

 

Avec son titre en référence directe à Star Trek ("Where No Man Has Gone Before..."), là où aucun fan n'est allé fonce dans le tas, et ne prend pas de gants : la bataille d'experts entre Fry et Melllvar, les acteurs utilisés comme des jouets pour des séances de dédicace ou des fans fictions, et bien sûr la révélation que l'alien surpuissant est un vieux geek vivant chez sa mère... tout le monde en prend pour son grade.

C'est d'autant plus drôle que tout le casting de la série originale Star Trek est là : Leonard Nimoy, William Shatner, George TakeiNichelle Nichols, Walter Koenig et DeForest Kelley jouent le jeu avec un plaisir évident. Et notamment l'interprète de Kirk, dont l'ego est largement moqué dans les dialogues ("Quand j'ai réalisé le cinquième film, j'ai livré une bonne performance, car je me respecte beaucoup").

Difficile de ne pas penser à Galaxy Quest face à cet épisode. Sorti trois ans plus tôt, cet irrésistible film un peu oublié, avec Tim Allen, Sigourney Weaver et Alan Rickman, exploitait une idée similaire : des aliens devenus fans d'une série à la Star Trek, dont ils avaient capté les diffusions dans le cosmos, et les acteurs blasés embarqués malgré eux dans une aventure spatiale. Mais le film était une déclaration d'amour aux fans et leur pouvoir, et Futurama est nettement plus cruelle et moqueuse.

Dans le même genre, mais en bien plus noir : l'épisode USS Callister de Black Mirror, où l'hommage à Star Trek vire à la vraie horreur.

 

photoL'immortalité dans le regard des fans

 

8. Ceux qui m'aiment prendront le chien (Saison 5 episode 2)

Ou quand Fry retrouve son chien fossilisé, et fait tout pour le ressusciter.

L'épisode crève-coeur de Futurama, qui donne plus envie de pleurer que de rire. À l'origine, les scénaristes avaient pensé au corps fossilisé de la mère de Fry, avant de se dire que ce serait bien trop sinistre. À la place, le héros retrouve donc son chien Seymour, qu'il avait adopté après l'avoir trouvé dans une ruelle, et qui était devenu son fidèle compagnon. Et c'est une excellente idée pour raconter une douloureuse histoire sur l'amour, et notamment l'amour possessif.

D'un côté, il y a Fry, qui cherche désespérément à retrouver son copain canin, vestige d'une autre vie. De l'autre, il y a Bender, tellement rongé par la jalousie qu'il jettera le fossile de Seymour dans la lave, pour être le seul ami de Fry. Le chien est finalement sauvé, mais au moment fatidique de la résurrection, Fry change d'avis : Seymour a vécu des années sans lui, a continué son existence et sûrement aimé d'autres gens, et il refuse de le ramener pour son propre plaisir.

Bender aime Fry en voulant le posséder, quitte à le rendre malheureux. Mais Fry, lui, apprend qu'il peut aimer Seymour en le libérant, quitte à être lui-même malheureux. Une leçon un peu niaise sur le papier, mais très belle à l'écran, et qui rappelle que Futurama raconte au fond l'histoire de grands gamins qui grandissent.

 

photoChialade

 

Un acte d'abnégation d'autant plus déchirant que l'épisode se termine sur la réalité : Seymour non plus n'a jamais oublié Fry, et l'a attendu pendant 12 ans. Un flashback montre le chien attendre son ami devant la pizzeria durant des années, avec l'espoir indéfectible de son retour, et jusqu'à sa mort dans une complète solitude.

Un épilogue absolument terrible, au son de I Will Wait for You (reprise des Parapluies de Cherbourg par Connie Francis), qui est certainement l'un des grands moments de larmes de Futurama.

Ceux qui m'aiment prendront le chien a quelques moments très amusants (Leela et Amy en catcheuses, Bender qui ramène une statue de l'île de Pâques ou sort le squelette de Charlemagne, la mention de Souviens-toi... l'été dernier, Leela qui retient Fry puis se déshabille pour plonger dans la lave, l'exaspération de Farnsworth qui n'est pas écouté en tant que scientifique), et des répliques mémorables ("J'aurais dû comprendre qu'on puisse aimer une créature inférieure, puisque moi je t'aime"), mais c'est bien l'émotion qui prend le dessus. Et quelle émotion !

PS : à noter que Nibbler apparaît dans le flashback du pilote de la série, histoire de recréer la cohérence sur les origines de tout ce bordel.

 

photoCHIALADE

 

9. Des mains tendues à bras raccourcis (saison 7 Épisode 2)

Ou quand une prophétie révèle que la Terre sera détruite en 3012, et que les héros trouvent un vieux vaisseau martien enfoui sous New New York, pour sauver une partie de l'humanité.

L'un des nombreux épisodes d'apocalypse de Futurama, qui aura pris un malin plaisir à imaginer toutes les possibilités de ce côté. Néanmoins, celui-ci a un arrière-goût de best of en la matière, avec une aventure menée tambour battant et tous les personnages majeurs réunis (Carol Miller alias Mom apparaît même en arrière-plan).

Côté fin du monde, c'est également un menu complet : une prophétie indique que la Terre sera cramée par une éruption solaire, et le gouvernement sélectionne ceux et celles qui pourront embarquer à bord d'un vieux vaisseau martien pour survivre. Sauf que c'est en réalité Mars qui va passer à la casserole, et la planète rouge est expulsée de son orbite, et manque de se crasher sur Terre. Ou quand 2012 rencontre The Wandering Earth (et la suite abandonnée de Total Recall).

Cet épisode (écrit par Josh Weinstein, devenu l'un des showrunners des Simpson) est un modèle d'efficacité, qui déborde d'idées visuelles, de clins d'oeil et de gags. En vrac : la flaque d'eau qui cache un énorme trou et Leela qui cuisine les tentacules qui ont failli la tuer, Bender qui transporte le disque en pierre à travers la ville, le "Maya" qui cache en réalité "Martian", Conrad qui remarque que la fin du monde arrive de plus en plus souvent, la Maison-Blanche cachée sous la Maison-Blanche, le prof qui commence à se faire embaumer, le super-héros Coward Man, Nixon qui compare une voiture en panne à Pat un dimanche matin, la tacle à Tron : L'Héritage, les pina skulladas, le plus petit violon du monde... C'est un festival de rire.

 

photo"I have a bad feeling about this"

 

Des mains tendues à bras raccourcis a aussi et surtout une très belle accroche émotionnelle, et démontre également un vrai talent d'écriture de ce côté. Car au-delà des gags, cette apocalypse raconte la relation entre Fry et Leela, et leur obstacle récurrent : la confiance. Tout l'épisode tourne autour de cette crainte de ne pas pouvoir compter sur l'autre, mise en scène avec le risque de saisir une main tendue (le titre original est une référence très drôle à Hemingway : A Farewell to Arms).

Pour sauter au-dessus d'une flaque, ne pas tomber dans un trou, ou ne pas dériver à jamais dans l'espace sur Mars : la main tendue de Fry est un geste d'amour entier, et son sacrifice pour que Leela survive (du moins, en théorie) est une des plus belles déclarations de la série. Mais Futurama ne se contente jamais de l'émotion, et trouve ici un parfait équilibre avec l'humour. Il n'y a qu'à voir les bras de Fry et Leela arrachés dans le climax pour le constater, dans une scène hilarante et cruelle.

Et il y-a-qu'à entendre comment Leela résume son compagnon ("Tu échoues, misérablement, mais tu es la seule personne qui m'aime assez pour essayer"), puis leurs deux bras flotter dans le cosmos pour toujours, pour se souvenir que Futurama a un coeur énorme derrière son énorme humour.

 

photo La version qu'on veut d'Upside Down

 

10. EN Attendant... (saison 7, dernier Épisode de la SÉrie)

Ou quand l'univers entier est mis en pause, sauf Fry et Leela, qui peuvent passer une vie entière à s'aimer, enfin...

Ce n'était que la quatrième fois que Futurama se préparait à la fin avec un épisode de conclusion, après la fin de la saison 4, le téléfilm Vous prendrez bien un dernier vert ? (Into the Wild Green Yonder), et la fin de la saison 6. Mais cette fois, c'était a priori la bonne, puisque la série s'est bel et bien terminée sur le dernier épisode de la saison 7.

Et c'est une fin satisfaisante, qui parvient à resserrer les enjeux sur l'essentiel, tout en exploitant avec malice le potentiel SF de l'univers. Farnsworth a une nouvelle fois une machine à voyager dans le temps parfaitement stupide, puisque c'est un bouton qui permet de revenir 10 secondes dans le passé... et a besoin de 10 autres secondes pour se recharger. Comme dans une mauvaise sauvegarde de jeu vidéo, Fry se retrouve bloqué au milieu d'une chute vertigineuse depuis le sommet du Vampire State Building (encore un coup de génie sur ce nom), et revit sans cesse cette presque-mort tandis que Leela le rejoint pour accepter de l'épouser.

 

photoOups, I did it again

 

Cette idée vaut déjà le détour, mais ça ne s'arrête pas là puisque Fry finit par se crasher, et passe le relais à Leela, qui le voit finir en bouillie sur le pavé en boucle. Un peu comme si Un jour sans fin se terminait dans une flaque de sang et boyaux.

Et ça n'est toujours pas fini, puisqu'ils détruisent accidentellement l'appareil, créant une vague qui freeze l'univers entier. Les deux amoureux n'ont alors plus aucune raison de ne pas passer le restant de leurs jours ensemble, à s'aimer, voyager, et vivre, enfin.

Futurama a toujours été largement centré sur l'histoire d'amour entre les deux personnages, merveilleusement interprétés par Billy West et Katey Sagal. Normal donc que la série se termine sur la douceur de leurs sentiments, dans un génial cadre de pure science-fiction et de drôlerie absurde. Sans compter que la série s'achève sur une note de candeur profondément jolie : alors que le professeur les a retrouvés et va rebooter le temps, et donc effacer leurs souvenirs, Fry et Leela décident de tout recommencer, et revivre une vie entière, ensemble. Et c'est le plus beau des "I do" imaginables.

 

photoLa vraie histoire de Futurama

 

Le Trèfle à sept feuilles,Titanic 2, Amazones amoureuses, Le Chef de fer à 30 %, Fry : Le Pourquoi du comment, Le Dard, Le Bon, la Boîte et l'Ahuri , La Cagnotte de la soie, L'Attaque des portables, Retour vers les futurs, On connaît la chanson, Question de confiance... Beaucoup d'autres épisodes auraient pu être cités. Sans oublier les téléfilms, un peu mal-aimés, et pourtant très drôles et inventifs.

Le seul moyen d'y remédier : (re)voir les 140 épisodes de Futurama, pour voir ce qu'on a oublié de citer.

 

Tout savoir sur Futurama

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commentaires
Geoffrey Crété - Rédaction
10/04/2021 à 22:26

@Chocopuree

Le doute était permis mais ce n'est pas un classement autre que chronologique ! Je n'avais pas le coeur à départager réellement le meilleur épisode.

Chocopuree
10/04/2021 à 22:09

Nan mais ça va pas bien ? l'épisode avec le chien de Fry n'est pas premier ? Vous n'avez donc pas de coeur ?...
Bon juste pour être sur, je vais revoir tous les épisodes.
Merci pour l'article

Pingu
05/04/2021 à 11:16

@Flōrens Penn-Ar-Bed

... alors regarde en VO, vu le super casting en plus....?

Flōrens Penn-Ar-Bed
05/04/2021 à 11:13

Difficile de suivre la série a partir de la S4 avec le doublage différent.

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