The Rain : l'apocalypse selon Netflix est une nouvelle série un peu tiédasse

Geoffrey Crété | 4 mai 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Geoffrey Crété | 4 mai 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

The Rain est la prochaine grosse série Netflix, disponible dès le 4 mai.

La langue de Shakespeare n'a pas le monopole du genre sur Netflix. Après le succès de la série allemande Dark fin 2017, c'est au tour de la Danoise The Rain de débarquer, le 4 mai : une histoire de pluie toxique qui décime la population, transforme le monde et redessine la société pour une poignée de survivants.

Notre avis sur les trois premiers épisodes de la série créée par Jannik Tai MosholtEsben Toft Jacobsen et Christian Potalivo, livrés à la presse.

ATTENTION PETITS SPOILERS

 

 

PLUIE D'ENFER 

Ne pas se fier aux affreuses premières minutes du pilote, baignées dans une musique pop insupportable qui accompagne à la perfection une scénètte sucrée digne d'un mauvais teen movie. L'introduction n'a qu'une utilité : créer un contraste avec le vrai démarrage, où la panique gagne l'écran. Lorsque le père de Simone l'emmène pour fuir en plein jour, aux côtés de son petit frère Rasmus et leur mère, le chaos commence à s'abattre sur la Scandinavie.

La fin du monde a une apparence banale : des nuages gris à l'horizon, portant en eux un virus foudroyant qui n'a besoin que de quelques gouttes de pluie pour infecter et condamner le malheureux qui n'est pas à l'abri. Parce que le père en sait visiblement un peu trop sur ce qui se passe, la famille se réfugie rapidement dans un bunker high tech au fond de bois, avec une suite d'événements plus ou moins prévisibles qui amènent Simone et Rasmus à se retrouver seuls, six pieds sous terre, dans un lieu a priori protégé de l'horreur qui s'écoule sur les terres au-dessus d'eux.

Ellipse. Six ans plus tard, ils ont bien grandi, et vont devoir affronter ce qui a remplacé la normalité : un monde post-apocalyptique, où la population a été quasi exterminée, où chaque flaque d'eau est une chance de mourir, et où chaque silhouette croisée est une menace. L'homme est loup pour l'homme : voilà le résumé express de The Rain.

 

Photo Lukas Løkken Lukas Løkken et Alba August, les héros de The Rain

  

ZOMBIES SOUS LA PLUIE 

Je suis une légende28 jours plus tardThe Last Girl, It Comes at Night : The Rain évoque un certain nombre de films et univers avec son monde post-apocalyptique abandonné et presque déserté, sa paranoïa latente, ses histoires de contamination et mystérieux virus. Il n'y a pas de zombie dans la série danoise, et pourtant elle obéit aux codes du genre.

Une inconnue soupçonnée d'être atteinte par le mal de l'eau sera abattue sans hésitation, pour éviter une nouvelle situation traumatisante où une contaminée a tué un groupe de soldats. La menace omniprésente a peu à peu rongé l'humanité des survivants, quitte à en faire des monstres eux aussi. Et s'il n'y a pas la traque à la morsure, elle est remplacée par le contact avec les eaux, tombées du ciel ou croupies. L'idée de quarantaine flotte, depuis la rencontre des héros avec un groupe de survivants jusqu'aux panneaux dans la ville désormais abandonnée.

Si l'idée d'une pluie et donc d'une nature devenue ennemie rappelait l'excellente idée très mal exécutée par M. Night Shyamalan dans Phénomènes, le récit est finalement bien plus proche de The Walking Dead

 

Photo Alba August

 

The Rain emprunte beaucoup au folklore du film de zombies, jusqu'à mettre en avant l'idée d'un antidote et d'un personnage spécial et unique, éventuellement susceptible d'être la solution à l'apocalypse. Une ficelle vue mille fois, de 28 semaines plus tard jusqu'au jeu vidéo The Last of Us, comme à peu près tout ce qui se passe dans les trois premiers épisodes. La dynamique entre la grande sœur (excellente Alba August) et son précieux petit frère est tout sauf neuve. Le côté young adult (tous les survivants sont vraisemblablement jeunes) n'arrange rien, posant vite les bases d'amourettes et autres thématiques incontournables du genre.

Petites tensions qui déchirent le groupe de survivants notamment autour du leadership, petits secrets voués à être révélés, petites peurs et fuites face à des menaces, petites parenthèses douces lorsque ces jeunes retrouvent un peu d'innocence dans une ville devenu un terrain de jeu : la série se contente de gentiment et poliment mobiliser tous les motifs du genre, assemblés sous ce gros nuage de pluie mortelle pour lui donner un peu de sang neuf.

 

Photo Mikkel Boe Følsgaard

 

THE WALKING WET

The Rain est donc une série pas bien satisfaisante. L'amateur de genre n'y verra qu'une enfilade de scènes téléphonées, de situations éculées et de personnages stéréotypés, plutôt bien interprétés mais auxquels il manque sans nul doute une profondeur ou une force. Du soldat qui a enseveli ses émotions sous les doubles couches de sa parka pour ne plus jamais payer sa peur et son humanité, à la jeune fille inquiétante et étrange derrière ses airs innocents, tout le groupe ressemble comme deux gouttes d'eau à la galerie classique de protagonistes.

Visuellement, c'est là aussi bien emballé, mais sans grand génie. Forêts humides et place urbaine encombrée de voitures abandonnées, bunker moderne et boutique poussiéreuse aux vitres brisées : la série se contente de recycler une imagerie classique, certes solide et parfois amusante ou impressionnante, mais cruellement banale. Rien de bien neuf à se mettre sous la dent pour quiconque a déjà vu un film ou une série sur le sujet ces trente dernières années. The Rain a toutefois pour elle ses décors en solide, et une utilisation très limitée et maîtrisée des effets spéciaux, donnant à l'histoire un cadre tangible, réaliste.

 

Photo

 

VERRE À MOITIÉ VIDE

La première saison de The Rain comporte huit épisodes. Il y a donc encore le temps pour surprendre, et le chemin des héros sera de toute évidence semé d'embûches. La série a d'ailleurs comme atout une certaine efficacité, grâce à des épisodes plus proches des 35-40 minutes que des habituels formats de 55-60 minutes rarement nécessaires.

Reste que la création de Jannik Tai MosholtEsben Toft Jacobsen et Christian Potalivo peine à aller au-delà de son amusant postulat de départ pour poser un regard particulier ou excitant sur un genre exploité dans tous les sens. Ce n'est d'ailleurs pas anodin si en trois épisodes, la pluie du titre est une réelle menace une seule fois, dans l'introduction : elle ressemble alors un prétexte, un argument de pitch, pour finalement se contenter de remettre en scène un énième univers post-apocalyptique. Rien de bien désagréable, mais clairement rien d'indispensable ou recommandable, jusque là.

 

The Rain, sur Netflix à partir du 4 mai. 

 

Affiche

Tout savoir sur The Rain

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Nonjj
10/08/2020 à 16:16

Pour quoi Léa meurt c'était la plus gentille elle survivait elle est allée sous la pluie quand Patrick a poussé Simonne sous la pluie elle était prête se sacrifié pour ses amis vous êtes des gros nuls

Audrey
20/07/2018 à 18:46

J’ai regardé les 2 premiers épisodes pour le moment. Ça ne choque personne de savoir ce qu’ils boivent depuis 6 ans vu que l’eau qui tombe avec le virus s’infiltre partout ? Et qu’ils puissent toucher des feuilles encore humides de pluie sans être infectés, mais pas marcher dans une flaque de la même eau ? Que le portable du père en charge dans un bunker sans électricité soit encore allumé ? Que d’incoherances. Je vais continuer un peu mais pour l’instant la logique du truc j’accroche pas.

Deadjo
29/05/2018 à 00:15

Voilà je viens de dévorer la saison 1 et pour ma part j ai trouvé sa pas mal du tout je suis assez fan de se style de série the 100 ,walking dead ou autres.Je pense qu il serait intéressant de voir se que donnerait une saison 2 mais bon il faut être réaliste sa sera sûrement une série qui ne verra pas le future mais je lui souhaite de continuer quand même.

Ortellano
21/05/2018 à 23:52

Presque décrochée dès le début du film puis Netflix écrivait que la série était conseillée par 98% alors j’ai regardé toute la saison
Je ne dévoilerai rien mais c’est loin d’être enthousiasmant
J’ai largement préfère la diffusion du mariage de Harry

Ksndr
10/05/2018 à 10:47

Si sur 8 épisodes, 3 ne passent pas. Tu peux emettre une critique. C'est mou. Les choix sont tous débiles comme celui d'ouvrir la porte du bunker alors que ton père, scientifique émérite, t'as dit de ne pas le faire. C'est une série pour adolescents mal exécutée. Quel gâchis.

Mokko
07/05/2018 à 23:08

J'ai aimé la saison 1 dans son ensemble, le jeu des acteurs n'est pas mauvais, l'ambiance est intéressante. Personne n'oblige ni a regardé, ni a apprécié, pas besoin d'en dégouté les autres si on a pas trouvé ce que l'on y cherchait.

L'idée de la pluie comme vecteur est interessante, mais sous-exploité.

Les épisodes sont assez court et peu nombreux, plus agréables que les productions habituels rallongés à l'excès pour vendre des espaces publicitaires à prix d'or.

Vivement la saison 2!

CaptainMurk
06/05/2018 à 00:40

Pourtant je ne suis pas du genre à critiquer les séries. J'arrive parfois à y trouver un quelconque intérêt. Mais là franchement... J'ai regardé la saison 1 en entière en espérant que ça s'améliorerait...

Je ne regarderai pas la seconde saison si il y en avait une.

Mon dieu...
05/05/2018 à 00:13

Cette série est nulle... Rasmus me donne des envies de meurtre...

Lemoussaillon
30/04/2018 à 23:18

@Constantine

Je ne sais pas où est-ce que vous avez lu que The Rain était diffusée aux États-Unis par SyFy car il s'agit d'une production originale Netflix disponible partout où Netflix est disponible le 4 mai.

Varguen
30/04/2018 à 19:22

La série aurait peut etre paru plus allechante si ils étaient restés plus fidele au livre du meme nom (que personnellement j'avais adoré ^^)

Plus
votre commentaire