The Punisher : on a vu le gros calibre de Netflix !

Jacques-Henry Poucave | 20 novembre 2017
Jacques-Henry Poucave | 20 novembre 2017

Après la désauce Luke Cage, le hara-kiri Iron Fist et la pantalonnade Defenders, la collection Netflix d’adaptations Marvel avait bien besoin de reprendre des couleurs. Et avec The Punisher, le géant de la SVOD tenait là l’occasion de retrouver des couleurs. Et si elles tendent un peu uniformément sur une palette allant du vermeil au rouge sang, elles rassurent un peu quant à l’investissement de Netflix dans le domaine.

 

FAIS-MOI MAL, JOHNNY JOHNNY

On se souvient qu’au milieu d’une intrigue qui fleurait un peu fort le ninja frelaté, l’arc consacré à l’avènement et à la chute bourrine du Punisher avait réveillé l’intérêt du public et de la critique pour la deuxième saison de Daredevil. Une fois n’est pas coutume, Jon Bernthal y déployait un jeu riche d’une quantité de nuances impressionnante, et se révélait le bloc volcanique de charisme qu’il avait jusqu’à présent échoué à sculpter.

 

Photo

Un vrai boulot de composition de l'image

 

Avec la naissance de son personnage de vengeur ivre de violence et de vengeance, c’était bien l’aura de l’artiste qui se modifiait en profondeur, mutant de quasi-pastiche de Robert De Niro à déchirant sociopathe. Physiquement au fait de sa puissance, dopé par une vulnérabilité bouleversante, Bernthal était véritablement l’effet spécial de cette deuxième saison de Daredevil.

C’est donc avec bonheur que nous constatons qu’il est désormais capable de porter ce personnage remuant et aussi instable qu’une caisse de TNT accrochée aux suspensions d’un bolide conduit par un parkinsonien en phase terminale. Il le fait avec un mélange de colère explosive et de retenue bouillonnante qui imprime incroyablement bien l’écran.

 

Photo , Jon Bernthal

Jon Bernthal comme vous ne l'avez jamais vu

 

WAY OF THE GUN

Depuis Jessica Jones, on se désespérait de voir Netflix réussir à nouveau à inscrire intelligemment ses super-héros Marvel dans notre monde. En faisant de The Punisher le récit de l’impossible reconstruction d’un vétéran, en remettant fortement en question l’action de l’armée américaine à l’étranger, en osant faire de son personnage principal une incarnation du monstre absurde et protéiforme, le tueur de masse, qui défraie la chronique aux USA, Netflix renoue avec une volonté de proposer une fiction contemporaine impactante.

Néanmoins, si la série sait s’offrir des thèmes forts et si elle interroge l’humanité perdue de son anti-héros avec une belle frontalité, elle a bien du mal à penser sa représentation de la violence. On ne va pas reprocher à la mise en scène de faire souvent preuve d’inventivité et de soigner comme rarement sa photographie, tout comme on apprécie régulièrement un soin important apporté tant à la composition d’image qu’au tempo du montage, presque toujours très stimulant.

 

Photo Jon Bernthal

Même joueur tue encore

 

Non, ce qui est plus problématique, c’est la dimension jubilatoire de plusieurs mises à mort. Elle n’est pas gênante en soi, on se souvient que Punisher : War zone savait manier la violence giga-bourrine inhérente au personnage, mais elle contredit justement le discours assez radical et politique établit par le scénario. De même, on comprend mal certains choix schizophrènes. Autant le récit originel et la montée en puissance d’un méchant emblématique du comics est une belle réussite, autant flanquer Frank Castle d’un sidekick comique est une des pires idées vues dans une série Netflix. Il en va ainsi de plusieurs compartiments du show, un peu écartelé entre excellentes initiatives et petits ratages.

 

Photo Jon Bernthal

 

LA SAISON DES 1000 MORTS

Plus spectaculaire (notamment dans son surpuissant dernier tiers), plus abouti techniquement et mieux interprété que les précédentes propositions super-héroïques de Netflix, The Punisher souffre néanmoins du défaut majeur de cette collection, le péché originel qui en aura terni absolument toutes les productions : 13 épisodes de cinquante minutes.

 

Photo Ebon Moss-Bachrach

Vous allez en passer du temps au téléphone avec celui-là...

 

C’est bien simple, une nouvelle fois, Netflix a préféré délayer de manière parfaitement ridicule son intrigue, plutôt que d’assumer ne pas avoir entre les mains de quoi tenir plus de 5 ou 6 épisodes. Le sentiment de se faire balader par un guide aveugle dans un musée récemment cambriolé est un peu moins violent que dans Iron Fist ou Luke Cage, grâce à la grande solidité artistique de l’ensemble, mais il n’est pas besoin d’être un fin connaisseur du genre ou un conteur émérite pour saisir combien le scénario joue la diversion, le ralentissement de l’action et l’affadissement des enjeux.

Enfin, la lenteur de l’ensemble a également pour effet de laisser certaines questions traîner, certains thèmes se promener sous nos yeux jusqu’à perdre leur sens. On comprend mal ce que vient nous raconter une boucherie afghane mise en scène avec un point de vue difficilement compréhensible, tandis que le show met en accusation la culture de la violence pour finalement se féliciter que les citoyens américains soient armés. Un traitement plus resserré, beaucoup moins bavard, plus cinématographique, aurait sans doute permis à The Punisher de ne pas se prendre bêtement les pieds dans ces tapis idéologiques.

Au final, cette première saison est ce que l’alliance entre Netflix et Marvel aura offert de plus copieux depuis Daredevil saison 2 et Jessica Jones. Mais avec le divorce annoncé entre les deux sociétés à l’occasion du propre service de SVOD de Disney, on doute que le mariage accouche encore longtemps de rejetons sains après l’attendue seconde saison de Jessica Jones.

 

Affiche

commentaires

keshiro
24/11/2017 à 00:53

tres deçu de ce punisher je me suis fait chier beaucoup de blabla et tres peu d action,il et ou le vrai punisher

Simon Riaux - Rédaction
21/11/2017 à 19:35

Salut à tous,

On peut toujours raccourcir, mais bon. Quelques remarques :

- La longueur des textes a été réduite à peu près de moitié ces trois dernières années
- Ce texte traite d'une saison de 13X50 mn. Il est donc extrêmement bref, vu la matière à traiter
- Vous noterez qu'un peu partout sur le site, de nombreux commentaires se plaignent au contraire que nous ne développions pas assez nos points de vue.
- Si les vannes font rire leur auteur, c'est déjà pas mal

Bref, on vous écoute, mais on ne satisfera jamais tout le monde. On aimerait bien. Mai sc'est comme ça.

Karmike
21/11/2017 à 18:19

Certes il y a étalement mais la puissance du jeu d’acteur de Punisher et Micro le fait oublier. Bernthal est tout aussi remarquable en Marines rageux qui n’a aucune pitié pour ceux qui ont tué sa famille, qu’en homme attentif à la protection de la famille de son partenaire. Le seul cheveux dans la soupe de l’intrigue est la montée en puissance épisode après épisode du soldat frustré qui finit par un dénouement minimaliste (prise d’otage et suicide en 1 épisode) alors qu’on s’attend à la construction d’un ennemi de Castle au long cours. Pour le reste chapeaux ! Tout aussi bon que Dardevil 2 et J Jones.

Olric
21/11/2017 à 16:23

@ N'importe : tout à fait d'accord, la tendance sur ce site est à rallonger les critiques avec le rajout de vannes qui ne font rire que son auteur...
Un peu de concision ne fait pas de mal, vous rendrait plus lisible, et donnerait moins une impression d'amateurisme.

bèbère
21/11/2017 à 11:53

j,aime la série j,espère voit une deuxième série bien à vous

Pinkman
21/11/2017 à 06:28

Lol.

La seule chose ou je rejoint la critique, c'est pour dire qu'elle aurait gagner a resserrer sont intrigue (10 au lieu de 13 épisodes) !

Comme toutes les autres série Marvel/Netflix d'ailleurs.

Autrement, l'intrigue, les personnages, le casting, l'ambiance, la série aura était d'une grande réussite, et pour moi la MEILLEUR d'entre elle (avec DD). Le duo qu'il forme avec Lierberman (Micro), et juste un des gros point fort du show....comme quoi ^^. Heureusement que chacun ressent les choses différemment.

Si la 1er moitié de la série pose parfaitement (avec réussite), les personnages et les thématique qui vont avec (SPT), la 2éme moitié offre une véritable claque pour tout les fans. Quand a la scène afghane (enfin l'épisode), je croit que c'est assez implicite hein...(ou alors je suis seul a l'avoir compris comme sa).

Bref pour moi, je comprend qu'on puissent la reproche certain chose (aucune série n'est PARFAIT en tout point), mais je vois aussi beaucoup de pinaillage sur certain point.

Bon ensuite, si vraiment ca vous a empêcher de l'aimée....c'est chacun vos croire !

zorro
20/11/2017 à 18:35

la femme flic ou soldat c est epuisant et le rôle du noir qui generalement est là juste pour les quotas pff ça devient tres lourd j'arrete pas d avancer rapide

N'importe
20/11/2017 à 18:31

M. Jacques-Henry Poucave, pourriez-vous faire dans la simplicité svp?
Votre style est très lourdingue, la simplicité c'est pas mal non plus.
Vous parlez de la tendance de Netflix à allonger la durée de ses séries, mais vous pourriez écrire la mm critique en deux fois moins de lignes et en deux fois moins chiant à lire.

REA
20/11/2017 à 17:36

Semi déception. Sans doute que mes attentes étaient grandes.

Il y a clairement entre 3 et 5 épisodes de trop. Les intrigues sont étirées qu'elles ont deviennent chiantes. J'ai trouvé l'arc sur Lewis intéressant, mais de là à rendre Castle coupable... naze, naze, naze. En parlant de Castle, on a plus eu du Frank Castle que du Punisher.

Défaut récurent des séries Marvel / Netflix, les combats / gunfight dans la pénombre. On y a droit dans chaque série que j'ai pu voir. Là au moins, ce n'était pas pour masquer un manque d'inspiration comme dans the defenders, mais c'est du format type, c'est chiant.

Pour d'autres séries, c'est un scandale le manque d'intrigues, de développement, mais là c'est trop. Tout le monde y a droit. Le Punisher se retrouve sur la même ligne que le casting qui était très bon.

La meilleure scène, celle du gunfight dans les bois (épisode 5). L'affrontement, la tension, les prises de vue. Là, c'était beau et du haut niveau.

DarkRevan75
20/11/2017 à 16:44

Simple: côté écran, punisher est + badass que Wolverine

Plus

votre commentaire