The Mist saison 1 épisode 2 : le massacre continue ?

Geoffrey Crété | 1 juillet 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Photo Okezie Morro, Danica Curcic

La série The Mist adaptée de la nouvelle de Stephen King est-elle à la hauteur ?

Parfois amusant, parfois intrigant, souvent grossier dans le fond comme dans la forme, le premier épisode de la série The Mist était un démarrage timide. Tirée de la nouvelle de Stephen King adaptée en 2008 par Frank Darabont au cinéma dans un très bon film, la création du Danois Christian Thorpe (derrière la série Rita) reprenait les grandes lignes de l'histoire pour présenter une petite ville envahie par la fameuse brume, qui sépare les personnages en plusieurs groupes dans différents lieux.

Pas de huis clos à proprement parler, pas de monstres à l'écran, mais la curiosité de voir où cette série d'horreur diffusée sur la petite chaîne Spike ira. Premiers éléments de réponse avec l'épisode 2, Withdrawal.

 

Photo Morgan Spector, Okezie Morro, Danica Curcic, Russell Posner

 

OMBRE ET BROUILLARD

Les personnages sont donc séparés : d'un côté, Eve et sa fille Alex, réfugiées dans un grand centre commercial avec de nombreux autres habitants de Bridgeville, dont le violeur présumé de l'adolescente ; de l'autre, Kevin, au commissariat avec une poignée de personnages, dont le meilleur ami de sa fille, le militaire amnésique et la criminelle rebelle nommée Mia. Au milieu, une église où se trouve notamment Nathalie (l'excellente Frances Conroy), traumatisée par la perte de son mari.

Le deuxième groupe va tenter d'affronter la mystérieuse brume, tandis que le premier va découvrir l'ampleur de l'horreur, à la fois extérieure et intérieure. C'est du côté du centre commercial que la série ressemble le plus à The Mist : rongé par la peur et l'incompréhension, le groupe commence à se déchirer, laissant apparaître le courage et la lâcheté des uns et des autres. Eve (interprétée par Alyssa Sutherland) s'enfonce dans le mensonge, face à sa fille qu'elle tente de protéger malgré sa terreur, puis face au groupe lorsqu'elle décide de cacher la présence d'un intrus parmi eux. Un arrangement avec la vérité qui annonce sans surprise de futurs crises au sein des survivants. Le schéma est plus que classique, manque cruellement de force, mais fonctionne à peu près grâce au cadre amusant du huis clos.

 

Photo Alyssa Sutherland

"Ok alors là tu vois rien mais cours comme si y'avait plein de brouillard qui fait peur, ok ?"

 

Mais si les scènes dans le centre commercial semblent relativement efficaces, c'est aussi parce que le reste est bien fragile. Avec son militaire amnésique (qui a ouvert la série mais demeure totalement au second plan jusque là), son ado gothique-gay et sa criminelle rebelle, le groupe autour de Kevin, mari d'Eve, ressemble à un début de plansanterie ringarde.

La série n'ira pas beaucoup plus loin que ça, laissant notamment le terrain à la ridicule Mia, stéréotype lourdingue hanté par ses vieux démons et dont la rage est illustrée par quelques éclats outranciers. Difficile de trouver le centre émotionnel de la série tant les personnages manquent de finesse, et n'ont finalement pas beaucoup d'espace pour exister et se développer.

 

Photo

 

VAS-Y QUE JE T'EMBRUME

Au-delà de ces archétypes, que la série place sans subtilité pour étaler la dramaturgie au fil des épisodes, The Mist rate son premier objectif : l'angoisse, le mystère. La fameuse brume, en plus d'être laide (une couche numérique grossière qui laisse imaginer des acteurs avancer dans un couloir ordinaire en imaginant la chose), est totalement sous-exploitée.

Deux raisons : l'absence de créatures, et l'utilisation du brouillard dans l'intrigue. Le créateur Christian Thorpe a certes expliqué que la série utiliserait la brume d'une manière différente, mais le budget relativement limité (23 millions pour 10 épisodes : moins que The Walking Dead ou Under the Dome par épisode donc) empêche certainement d'offrir des images saisissantes. Après deux ou trois images gores et amusantes dans le pilote, il n'y aura plus que quelques cadavres, dont l'impact est grossièrement relevé par le jeu des acteurs qui réagissent à la vision des corps via une vidéo filmée par un drone. 

Hormis quelques petits insectes, mis en avant dans le pilote, le brouillard reste pour l'instant une page blanche. La faute à de nombreuses scènes où des personnages évoluent dans la brume sans croiser de menace, l'élément fantastique normalement terrifiant devient ici un gimmick poussif, qui punit en quelques instants certains personnages (la mère à la fin de l'épisode 1 qui en perd sa machoire) tout en en laissant d'autres survivre plusieurs minutes sans peine.

 

Photo Russell Posner

 

DÉMISTIFICATION

La première saison de The Mist est composée de 10 épisodes, mais laisse la désagréable impression après les deux premiers que ce sera une série de très moyenne facture, dans le fond comme dans la forme. Pire : elle donne la drôle de sensation d'être ringarde, old school dans le mauvais sens, comme un produit périmé qui n'a plus sa place dans un paysage télévisuel de plus en plus fou. Ce que le pilote laissait craindre, le deuxième épisode le confirme.

American Gods, The Handmaid's TaleThe Leftovers, LegionAsh vs Evil Dead, ou même de petites surprises comme L'Exorciste : de tous les côtés, au-delà des genres et des frontières parfois dépassées entre le câble et les grandes chaînes, la télévision américaine offre des œuvres passionnantes, dont les défauts restent mineurs comparés à leurs ambitions.

Dénuée de vraie patte, avec une écriture simplette et une mise en scène très ordinaire, The Mist fait pâle figure. Et aura semble t-il bien du mal à s'imposer comme une série à suivre. La rétention d'informations pour garantir un pseudo mystère et le manque de dynamisme (Nathalie est encore loin d'être la Mrs Carmody de la nouvelle, le joker du militaire amnésique est gardé dans un coin, l'affrontement entre Alex et son violeur n'est pas traité), sans parler d'un traitement de l'horreur très timide, n'aident certainement pas.

 

Affiche

 

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Chris
02/07/2017 à 13:55

Manque de moyens évidents, acteurs assez mauvais dans l'ensemble, plusieurs intrigues inintéressantes (on a compris depuis le début que le violeur d'alex n'est pas celui qu'on croit et qu'on son meilleur ami gothique/gay a menti)... En tout cas pour moi le constat après 2 épisodes c'est: Très mauvais.

ats
02/07/2017 à 13:12

j'ai adorer le film et la c'est l'oposer .

j'ai vaguement vu under the dome mais je sent les même cliché et série chiante a regarder

quelle dommage car je pensais pouvoir avoir la série de l'été ( comme la saison 1 de m. Night)

damilem
01/07/2017 à 20:55

Perso, ça me fais penser à Under the Dome... Bref ça ne sent pas bon. Dommage

Kean
01/07/2017 à 16:36

Je crois qu'on est tous d'accord..
Pour ceux qui l'ont vu...

Alcatrazz
01/07/2017 à 13:57

En effet, ça pisse vraiment pas loin cette série!
Le 3eme ep. est encore pire!
Bondieuseries à gogo, acteurs au charisme d'huitre, casting de têtes a claques, et 1 scénette "d'horreur" light, débile et ringarde!
Limite j'me suis cru dans Fear the Walking Dead tellement il ne se passe rien :/
Perso, je laisse tomber.

Z
01/07/2017 à 13:48

@raiden

Tu n'as pas encore vu la série, mais tu les trouves un peu sévères...?
Moi j'ai regardé les 2 épisodes et je les trouve limite cléments

Raiden
01/07/2017 à 13:29

Je crois que vous êtes un peu sévère.
Je vais la mater cette série mais j'attends surtout castle rock de jj abrams !!

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