The Mist saison 1 épisode 1 : que vaut la série tirée de la nouvelle culte de Stephen King ?

Geoffrey Crété | 24 juin 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Affiche officielle

On nous l'a teasé comme des malpropres depuis quelques mois et l'heure de vérité est enfin arrivée. Alors, The Mist - la série, ça vaut quoi ?

Attention, SPOILERS !

Stephen King connait une actualité chargée ces derniers temps et ce n'est pas pour nous déplaire. Entre le remake de Ca, sa mystérieuse série Castle Rock, le film La Tour sombre et cette nouvelle version de The Mist, on peut dire qu'il est sur tous les fronts. Et c'est un peu normal vu le contexte actuel, dans une société de plus en plus flippée par l'Autre et qui tend à se replier sur elle-même. Forcément, l'horreur rurale et paranoïaque d'un King ne peut que s'y sentir comme chez elle.

La décision de transformer sa nouvelle The Mist en série télé apparaissait donc comme logique. A l'heure où la télévision prend énormément de risques par rapport à un cinéma plus sclérosé et dépendant des gros studios, et face à la multiplication des supports, une demande énorme existe, synonyme de lutte vertueuse pour toujours proposer davantage de programmes originaux, hors des sentiers battus et prompts à scotcher toutes les catégories de spectateurs.

 

Photo Frances Conroy

 

PUREE DE POIS

Disons-le donc d'emblée, The Mist - la série n'a pas grand chose à voir avec The Mist - le film. Et c'est tant mieux évidemment. Bien entendu, le cadre est le même, une petite ville du Maine très repliée sur elle-même, appelée ici Bridgeville, des citoyens lambdas répondant à quelques clichés américains qui ne demandent qu'à voler en éclats, et un mystérieux brouillard qui se rapproche. Hormis cela, nous sommes en terre inconnue.

Si l'épisode n'est pas le summum de tension et d'horreur que nous étions en droit d'espérer, il faut reconnaitre qu'il s'en sort plutôt bien en termes d'installation de ses personnages, son cadre et ses premières bribes de scénario. Si l'on passe sur une ouverture accrocheuse mais terriblement clichée à base de militaire amnésique, les autres protagonistes nous sont présentés de manière claire et limpide, une distribution des rôles trop parfaite et qui sera, à n'en point douter, totalement remise en question dans quelques épisodes. Entre le quarterback star de la ville, l'ado violée, le meilleur pote homo gothique, la mère un peu trop contrôlante, le mari soumis, la vieille conspi et la junkie trouble, nous évoluons en terrain connu, même si, au détour d'un plan, le doute commence déjà à poindre.

 

Photo Morgan Spector, Okezie Morro, Danica Curcic, Russell Posner

 

Le showrunner Christian Torpe nous avait prévenu dès le départ, The Mist est une réimagination de la nouvelle et son brouillard ne sera pas uniquement peuplé de monstres. Sur ces deux points, nous pouvons dire que la promesse est tenue puisque, mis à part des insectes, nous ne voyons aucune créature. Seulement les conséquences bien gores (cadavres désarticulés, chiens décapités, visages arrachés). C'est évidemment la bonne chose à faire, de ne pas montrer tout de suite ce qui se cache dans le brouillard, et cela nourrit encore plus le propos symbolique du pilote, où tous nos personnages sont finalement perdus dans leur propre brouillard intérieur, désorientés, dans une communauté qui a beaucoup de choses à se reprocher et diablement intolérante envers tout ce qui est différent et qui va se prendre tout ce qu'elle refoulait depuis le départ dans la tronche de manière radicale. Et c'était bien entendu le bon angle à adopter pour tenir sur une série entière.

 

 

NAVIGATION A VUE

Seulement, cet épisode inaugural est loin de convaincre sur tout. On lui reprochera notamment quelques grosses facilités narratives pour installer ses personnages dans cette volonté manifeste de créer du conflit entre eux pour ensuite le développer dans les épisodes suivants (notamment bourreau et victime réunis au même endroit par le plus grand des hasards), tout comme son personnage "pratique" de militaire annonciateur du chaos mais amnésique dont on sait déjà que la mémoire va lui revenir lors des moments où l'intrigue connaitra quelques coups de mou et prétexte facile à de nombreux retournements de situation. Ensuite, on déplorera une installation laborieuse de son univers qui ne réussit pas totalement sa rupture de ton quand survient le brouillard.

 

Photo

 

La tension n'est pas vraiment présente, l'effet de surprise ne fonctionne pas totalement et si l'horreur graphique est déjà là, elle ne se révèle pas des plus choquantes (mis à part pour un personnage en particulier, qu'on ne voyait pas voir disparaitre si tôt). La répartition des différents groupes dans plusieurs endroits (commissariat, église et centre commercial) parait elle aussi un peu forcée mais nous permettra sans doute d'aborder différents aspects du brouillard et de la paranoïa qui s'empare des survivant.

Vous l'aurez compris, cet épisode inaugural de The Mist n'est pas la claque promise et attendue mais il constitue, malgré ses défauts, une excellente entrée en matière dans un nouveau cauchemar. Artificiel par certains côtés et diablement prenant par d'autres, il est en constant équilibre, conscient de ces fragilités. Si nous sommes loin d'une entrée en matière aussi flamboyante qu'un American Gods ou qu'un Walking Dead en son temps, cet épisode pilote est une très belle promesse et le début d'une série que l'on suivra avec un grand plaisir. En tout cas, il ne tient qu'à elle de se surpasser pour nous terrifier.

 

trailer gore

 

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