American Gods Episode 3 : quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup !

Alexandre Janowiak | 16 mai 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Avant de partir pour le Wisconsin, Wednesday et Shadow Moon ont quelques affaires à régler à Chicago. De leur côté, Bryan Fuller et Michael Green devaient rapidement relancer le tempo de la série. Est-ce chose faite ? Attention spoilers !

 

 

GOD OF EGYPT

American Gods nous a offert des prologues étonnants pour ses deux premiers épisodes. Il n’y avait donc pas de raison que le troisième fasse exception. Nous sommes donc dans l’appartement de Mme Fadil à New York City. Elle cuisine pour ses petits-enfants quand quelqu’un frappe à la porte. Il s’agit de M. Chaquel / Anubis et il est venu lui annoncer qu’elle est morte et qu’elle doit le suivre.

Surprise, elle ne le croit pas tout de suite. Jusqu’au moment où elle voit son corps inerte sur le sol de son appartement. Elle et le Dieu égyptien montent les escaliers de secours du bâtiment et finissent dans un désert. Là-bas, Anubis arrache le cœur de la femme et le pèse face à une plume pour tester sa pureté.

Même si elle avoue avoir fait quelques erreurs, la balance conforme que sa vie a été bonne et qu'elle ne mérite pas l’enfer. Le Dieu l’emmène alors devant cinq portes menant au Duat, le royaume des égyptiens morts. Mme Fadil emprunte l'une d'entre elles et disparaît dans cette sombre entrée.

 

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ALL IS ABOUT LOVE

A Chicago, nous retrouvons Shadow Moon dans l’appartement des sœurs Zorya. Il fait alors la rencontre de la troisième sœur, la plus jeune, sur le toit du bâtiment. Comme ses deux frangines, elle doit surveiller le ciel pour prévenir la fin du monde et l'arrivée potentielle d’un démon. Alors que Shadow Moon lui explique qu’il a jeté la pièce d’or du Leprechaun, elle attrape la Lune pour lui et la transforme en pièce d’argent.

Shadow se réveille. Il s’agissait peut-être d’un rêve mais il a bien une pièce d’argent dans sa poche. Intrigant. Une chose est sûre, il provoque Czernobog, qui attend l’aube pour lui fracasser le crâne, et arrive à remettre son destin en jeu. Cette fois, l’ancien Dieu perd la partie de dame et accepte de suivre Odin dans le Wisconsin. Au même moment justement, Wednesday séduit la vieille Zorya – géniale Cloris Leachman - et se rappelle le bon vieux temps.

 

Photo Ian McShane, Clors Leachman

 

Retour à New-York, avec un nouveau personnage : le vendeur de babioles Salim interprété par Omid Abtahi (croisé dans Homeland, Argo…). Il n’arrive pas à trouver de client et rentre en taxi chez lui mais tombe sur un chauffeur très spécial, l’Ifrit rencontré dans l’épisode précédent par Odin. Après avoir eu une discussion, les deux finissent par faire l’amour dans une scène particulièrement osée. Le lendemain, l’Ifrit a disparu mais a laissé sa licence et son taxi à Salim. Pour qu’il puisse recommencer une nouvelle vie ? Difficile à dire.

Pour terminer, Odin et Shadow braquent une banque pour gagner un peu d’argent - et leur stratagème est plus subtile qu’on ne pouvait l’imaginer. Le Leprechaun retrouve les deux collaborateurs et demande à Shadow où il a mis sa pièce porte-bonheur. L’ancien taulard lui explique qu’il l’a jeté sur la tombe de sa femme. Sweeney le dingue (Pablo Schreiber est délirant) part la déterrer mais se rend compte que Laura n’est plus dans son cercueil. En effet, au même moment, Shadow découvre sa femme dans sa chambre d’hôtel, bel et bien vivante. A-t-elle retrouvé la vie grâce à cette pièce ? Ou s'agit-il d'un nouveau rêve ?

 

Photo Mousa Kraish, Omid Abtahi

 

WAKE UP

On ne va pas crier au scandale car American Gods reste une des plus belles nouveautés de l'année sur bien des aspects. On ne va pas crier au scandale car le show prouve son audace politique et artistique avec sa splendide scène de sexe homosexuelle entre deux hommes du Moyen-Orient. On ne va pas crier au scandale non plus car dès le pilote, les showrunners nous avaient bien faits comprendre que notre compréhension de la série serait basée sur celle de Shadow Moon.

Cependant, on ne va pas se mentir, cet épisode nous perd totalement. American Gods joue sur le réel et l'illusion, "la science et la fantaisie" comme l'appele Shadow Moon. Mais la série en joue tellement que dans cet épisode 3, tout semble confus. Et difficile de se reposer sur les questionnements et la perception de Shadow Moon puisque l'ancien détenu est relégué au second plan.

Et c'est sûrement le deuxième problème de cet épisode. Jusqu'ici la série de Bryan Fuller et Michael Green fonctionnait essentiellement grâce à son duo Wesdnesday - Moon. En le laissant au second plan, American Gods perd en dynamique. On regrettait déjà un manque de rythme la semaine dernière, et malheureusement le problème n'est pas encore réglé ici voire s'accentue. Attention à ne pas trop attendre, certains pourraient perdre patience très vite.

 

Si le show est toujours aussi fort politiquement et esthétiquement, American Gods devient de plus en plus flou, notamment à cause de son montage choral. Difficile de tout relier et de vraiment prendre son pied. Dommage.

 

Photo Ricky Whittle, Emily Browning

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Kamitora
17/05/2017 à 11:45

@Touk :

ok, "procès d'intention" n'était pas la bonne expression.
Je pense juste que DC a eu une formulation un peu abrupte (à la hauteur de son malaise ? ce que je peux comprendre) et que votre réaction l'a été encore plus, ce qui là aussi peut se comprendre vu la "délicatesse" d'un tel sujet.
En fait je voulais juste dire que je pense que vos opinions respectives (Touk et DC) sont similaires, seule la façon de l'exprimer et vos sensibiltés diffèrent...

Touk
17/05/2017 à 11:27

@Kamitora

Procès d'intention ? J'ai simplement lu ce qu'il a écrit et réagis. Je n'ai rien imaginé, je n'ai pas extrapolé, je ne lui ai pas collé de jugement au-delà de ses mots, je n'ai pas parlé d'homophobie.

C'est une chose de ne pas être à l'aise face à une scène, c'en est une autre de sortir de nulle part qu'on essaierait de l'obliger à aimer (oui c'est agressif et sorti de nulle part) (ça, c'est un procès d'intention pour le coup : personne n'a dit ici qu'il fallait aimer, valider, adhérer, parce qu'en 2017 on n'a pas le choix). Et la moindre des choses, sur un site dédié au cinéma et aux séries, à des oeuvres d'art donc (on va dire ça), c'est d'être un minimum curieux, dans la réflexion, dans l'interrogation. Comme vous, tiens. Il y a un gouffre entre vos mots et ceux de DC Comic.

Et si c'est le sous-entendu : je n'ai pas besoin d'être homo pour répondre de cette manière à DC Comic. ;)

bernus
17/05/2017 à 11:03

" l'islam contrairement au christianisme catholique ne tolère pas l'homosexualité"
elle est bien bonne celle là.

Loran1977
17/05/2017 à 10:55

Vous devez regarder trop de séries pour être aussi critiques :D
Personnellement, j'ai tout aussi adoré cette épisode, l'intro est sublime à nouveau,
La scène, qui va déclencher des fatwas, est pas trop choquante car esthétisée.
Le roman ne m'avait pas plus marquer que ça.
Je ne trouve pas que ça manque de rythme contrairement à vous, c'est peut être lent, mais c'est, à mon avis, voulu. Le concept étant déjà velu, le show perdrait beaucoup de téléspectateurs en voulant aller trop vite.

Kamitora
17/05/2017 à 10:50

@Touk :
ne faites pas de procès d'intention à DC Comic, personnellement je ne détecte aucune agressivité "homophobe" dans ses propos.
En ce qui me concerne, je le rejoins sur ce point : les scènes de sexe (hétéro ou lesbienne, j'assume mon hétérosexualité lambda ;-)) ) ne me posent pas de problème dans une fiction pour peu qu'elles ne soient pas gratuites et présentent un intérêt esthétique. Les scènes d'homosexualité masculine (ça peut être un simple baiser passionné) par contre me mettent mal à l'aise, je pense qu'il s'agit là d'un simple "réflexe" hétéro qui peut être vite surmonté par un peu de réflexion et de tolérance. En outre je me dis qu'il n'y a pas de raison que je ne "subisse" pas une scène de sexe homo de temps en temps quand les gays doivent subir, plus souvent qui plus est, des scènes de sexe hétéro.
A ce propos, j'aimerais que des hommes ou femmes homosexuels me disent si elles éprouvent le même genre de malaise face à l'érotisme hétérosexuel (et pardonnez-moi si vous considérez cela comme de la curiosité déplacée).
Pour en revenir à American Gods, il faut reconnaître que la scène en question, nonobstant son indéniable esthétisme, est quand même bien "gratinée"...

Charl1.6
17/05/2017 à 00:34

Comme l'explique à un moment donné Mr Wednesday, dans l'univers d'American Gods, tout parait possible et tout est relié. FULLER l'expliquait déjà à travers Hannibal, ce sentiment que tout est lié et qu'il y a un tout qui communique avec l'univers, mais que cela reste inexplicable et toujours un peu confus. Et par expérience, je trouve que ce sentiment de "rien n'est impossible, tout est relié", on le retrouve à travers des drogues comme le LSD ou la psilocybine. Pendant le trip on ressent ce sentiment de connexion intense, et lors de la redescente, on a cette fameuse tendance à se poser des questions ou les réponses restent toujours très confuses. Et j'en viens donc à penser que FULLER et GREEN donnent leur vision de l'univers de American Gods à travers ces drogues psychédéliques (d'ailleurs, je trouve aussi qu'il y a beaucoup de scènes en rapport avec le psychédélisme)

ps: mettez en place un système de modif avec compte, ce serait génial !!!

Charl1.6
17/05/2017 à 00:31

Comme l'explique à un moment donné Mr Wednesday, dans l'univers d'American Gods, tout parait possible et que tout est relié. FULLER l'expliqué déjà à travers Hannibal, ce sentiment que tout est lié et qu'il y a un tout qui communique avec l'univers, mais que cela reste inexplicable et toujours un peu confus. Et par expérience, je trouve que ce sentiment de "rien n'est impossible, tout est relié", on le retrouve à travers des drogues comme le LSD ou psilocybine, ou pendant le trip on ressent ce sentiment, et lors de la redescente, on a cette fameuse à se poser des questions ou les réponses restent toujours très confuses. Et j'en viens donc à penser que FULLER et GREEN donnent leur vision de l'univers de American Gods à travers ces drogues psychédéliques (d'ailleurs, je trouve aussi qu'il y a beaucoup de scènes en rapport avec le psychédélisme)

Touk
16/05/2017 à 23:50

@DC

Je te relis : "vous ne pouvez pas non plus obligé les gens à aimé les scenes homosexuelle,sous pretexte que nous sommes en 2017. moi qui suis hetero,je ne peux supporté de voir une telle scene! je ne dis pas que c'est mauvais,mais il y en a qui n'adhere pas et c'est comme sa"

- Tu insistes bien sur une scène de "sexe homosexuelle", pas scène de sexe en général : je te réponds, je suis pas là pour imaginer ce que tu n'as pas écrit.
- Voir une scène de sexe homo = être obligé d'aimer ? Là encore, une chose qui me fait réagir, et que je lis, sans l'inventer, dans ton commentaire.
- "moi je suis hétéro je ne peux supporter une telle scène" : là encore, tu mets en rapport ta sexualité et le sexe non conforme à tes goûts dans la série. Tu dis maintenant que tu t'en fous 'hétéro ou pas", mais lis ton premier commentaire : c'était pas le cas, du tout.
- Je n'ai dit nulle part que tu pensais que c'était "grave". Mais c'est suffisant pour te pousser à venir te plaindre, et dire qu'on t'obligerait à aimer la scène (qui a dit ça d'ailleurs ?)

Si tu en as rien à "branlé" (oui j'ai vu ailleurs que ça t'énervait qu'on commente ton orthographe, mais pour info : venir commenter sur internet c'est prendre ce risque, faut assumer et ne pas s'énerver en traitant les autres de professeurs et en leur disant merde), faudrait peut-être ne pas t'embêter à en parler, ou alors en parler de manière plus claire et précise si ensuite tu réponds qu'on t'a mal compris parce qu'on t'a simplement lu.

Dc comic
16/05/2017 à 23:21

Touk sache que moi je deteste les scenes de sexe dans les films.
que ce soit hetero ou pas.
si je veux des scene de cul ,il y a plusieurs site de porno.
moi sa m'a toujours saoulé.
Et relis ce que j'ai ecris je n'ai pas dis que c'etait grave ,j'en ai rien à branlé moi.
Quand je suis un film chez moi, les scénes de cul je fait avancé.
pas que je sois gêné mais,quand je regarde un BvS c'est pour voir autres choses que superman sur loïs lane.

Touk
16/05/2017 à 21:50

@DC

Et si moi je te dis que je ne supporte pas de voir une scène de sexe entre un gros et une maigre ? Entre un noir et une asiatique ? Entre deux hétéros que je trouve laids ? Entre trois personnes ?
Avec une grande différence d'âge ? C'est mon problème.

Personne t'oblige à "aimer". ou "adhérer". C'est pas un club. C'est une oeuvre, une fiction, avec des choix et partis pris à chaque seconde, à tous les niveaux.

Et si je te dis que j'ai du mal à supporter ce genre de réaction, peu importe 2017 ou pas ? Tu me diras que c'est comme ça, que c'est ta liberté, etc. Voilà donc ta réponse : c'est comme ça, et c'est sa liberté de scénariste et showrunner. Si vraiment tu dois mal vivre deux ou trois scènes de sexe homo dans une année de films et série blindés de scènes de sexe hétéro qui pourraient par ailleurs heurter untel ou untel selon ses critères (de beauté, de religion, ou je ne sais quoi), j'ose espérer que tu y survivras. Sans prétendre qu'on essaie de te faire "adhérer" et que c'est dur pour toi.

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