American Gods Episode 2 : les anciens et les nouveaux Dieux préparent la guerre

Alexandre Janowiak | 9 mai 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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La nouvelle création de Bryan Fuller et Michael Green nous avait convaincu en quelques secondes, grâce à son pilote, qu'elle serait certainement une des séries incontournables de l'année 2017. Avec ce deuxième épisode, il fallait qu'American Gods confirme cette première impression. Challenge réussi ? Attention spoilers !

 

 

BLACK WATER

Dans un magnifique prologue, à l’image de celui des Vikings dans le pilote, nous nous retrouvons dans un bateau d’esclave en 1697 en route pour les Etats-Unis. Nous faisons alors la rencontre d’un nouveau Dieu : Mr. Nancy ou Anansi, une figure du folklore africain qui est à la fois une araignée et un homme, voire les deux en même temps.

Décrit comme le Dieu de la ruse et de la supercherie, Mr. Nancy, vêtu d’un costume totalement anachronique, arrive à soulever les esclaves présents à bord contre leur maitre. Grâce à son pouvoir de persuasion évident mais aussi à une tirade particulièrement pertinente dans la société américaine actuelle.

Interprété par l’excellent Orlando Jones, nul doute que Mr. Nancy aura une importance cruciale dans le récit autour des questions sociales, de la communauté afro-américaine et donc par conséquent sur le personnage principal Shadow Moon.

 

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UN HOMME ET DES DIEUX

Justement, dès la fin de l’ouverture, on retrouve l’ancien détenu dans la mare de sang où on l’avait laissé. Il raconte son "lynchage" par Technical Boy à Mr. Wednesday, le vieux Dieu décide de doubler son salaire pour qu'il continue à bosser pour lui.

Shadow Moon hésite mais dans son ancienne maison, il comprend que Laura le trompait bel et bien avec son ami Robbie – il trouve une photo de son sexe dans son téléphone -, et va enfin de l’avant. Son road trip avec Wednesday peut commencer.

En route pour Chicago, pendant qu’Odin s’entretient avec l’Ifrit Jinn – reconnaissable avec ses yeux de flamme -  Shadow Moon rencontre cette fois Media via les téléviseurs d’un supermarché. Incarnée par Gillian Anderson, la déesse essaye d’embaucher l’ancien taulard sans succès et semble liée à Technical Boy.

 

Photo Gillian Anderson, Bruce Langley

 

Les raisons sont encore floues mais on comprend clairement que deux clans se font face : celui des Dieux modernes et des anciens Dieux. Ainsi, on comprend également qu’Odin veut réunir les Dieux mythologiques pour combattre ces nouveaux Dieux. Reste cependant une question, pourquoi les deux camps veulent obtenir les services de Shadow Moon ? Mystère.

Arrivé à Chicago, Mr. Wednesday (Voyageur dans la VF) nous présente enfin Czernobog, le dinguo Peter Stormare. Leurs retrouvailles sont glaciales et le Dieu slave n’a clairement pas envie de rejoindre la réunion organisée par Wednesday. C’est autour d’une partie de dame face à Shadow Moon qu'il souhaite décider de son sort.

S’il perd, il rejoindra Odin. S’il gagne, il ne viendra pas mais il explosera surtout la tête de Shadow avec son énorme marteau. Le vieux Dieu remporte la partie et scelle logiquement le destin de l’ancien détenu. Une fin tragique – qui n’aura sûrement pas lieu. Verdict dans le prochain épisode.

 

 

AMERICAN TRIP

Visuellement, American Gods reste la grosse claque du moment. La nouvelle création de Bryan Fuller et Michael Green est toujours aussi spectaculaire. Les scènes de rêveries ou psychédéliques surpassant l'ensemble esthétiquement, à l'image du rapide interlude chez Bilquis et son vagin galaxie en mode Under the Skin, Stranger Things ou The OA.

Et au-delà de son esthétisme foudroyant, American Gods nous sert des messages politiques très forts. Bien loin d'un simple combat fictionnel entre Dieux, American Gods décrit très justement cette Amérique déchirée entre le conservatisme et le progressisme, celle des vieux cow-boys et celle de la Silicon Valley. Le prologue nous offre également un magnifique discours sur les conflits sociaux et raciaux du pays...

Finalement, c'est au niveau de sa narration que la série pèche un peu plus. Le livre de Neil Gaiman est réputé inadaptable et quand on voit ce deuxième épisode, cela paraît évident. Loin de nous l'idée de dire que le show n'est pas à la hauteur, le travail d'adaptation des deux showrunners est hallucinant de justesse. Cependant, la richesse de l'univers de Gaiman mettra clairement du temps à s'installer. Il faudra donc être très patient avant que la série trouve son rythme de croisière. Pas trop non plus, on l'espère...

 

Photo Yetide Badaki

 

Après son incroyable pilote, American Gods confirme sa beauté plastique et la force de ses propos politiques et sociaux dans ce deuxième épisode. Cependant, la série ne semble toujours pas avoir trouvé un rythme de croisière bienvenu.

 

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