Blue Period : critique qui peint tout en bleu sur Netflix

Flavien Appavou | 11 octobre 2021 - MAJ : 11/10/2021 18:15
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Screenshot 2, Blue Period

Adapté du manga éponyme écrit et dessiné part Yamaguchi Tsubasa, actuellement publié chez Pika Edition, Blue Period arrive sur Netflix chaque samedi. Voir cet anime sur l'univers de la peinture et plus largement sur la création artistique émeut. Critique émotive du premier épisode tout de bleu vêtu.

 

 

Transcender la couleur

Le manga Blue Period est déjà une curiosité en soi. En étant tout en noir et blanc, l'auteure arrive à nous faire voir les couleurs sur ses nuances de gris. De plus, traiter de la peinture et plus largement de la créativité est un domaine assez visuel et coloré qu'il est difficile de faire passer en manga. Pourtant, Blue Period y arrive très bien. Le challenge d'adapter cette œuvre en anime et en couleur est donc un défi réalisé par le studio Seven Arcs et produit par Netflix. Et ils y arrivent très bien, les émotions sont même bien plus fortes. 

L'histoire reste la même que le manga. On suit les questionnements et le parcours initiatique de Yatora Yaguchi, jeune adolescent qui cherche sa voie au lycée. Grand travailleur et grand déconneur, il aime faire la fête avec ses amis, mais garde toujours en tête de travailler pour être le meilleur, sans trop savoir pourquoi.

Lorsqu'un jour, en rentrant dans la salle d'art plastique, il tombe nez à nez avec une peinture crée par sa "sempai', Maru Mori, qui le scotche. Se questionnant sur l'utilité de gagner sa vie tout en s'amusant à créer des œuvres artistiques et étant encouragé par son ami Ryuji, travesti, aussi appelé Yuka, Yatora s'inscrit à l'atelier d'art en vue de passer les concours de la prestigieuse école publique de Tokyo : Geidai.

 

Screenshot 1, Blue PeriodLe tableau lui fait de l'œil

 

L'exercice pour les réalisateurs Koji Masunari et Katsuya Asano est loin d'être une mince affaire. Car dans cet anime, il faut sublimer la couleur et la composition pour rendre le tout le plus digeste et le plus beau possible. Surtout les connaisseurs du manga qui les attendent au tournant. Pour les néophytes, il faut que chaque couleur s'imprime directement dans la rétine, comme le veut l'œuvre originale. Le protagoniste principal découvre le monde de la peinture, comme le spectateur, il faut rentrer peu à peu dans cet univers sans faire son gros lourd. C'est un pari réussi dans la réalisation, les couleurs et le chara design sont excellemment travaillés. De même que les lumières, qui jouent un rôle crucial dans cette mise en animation.  

Chaque température de couleur est totalement à propos. Vu qu'on est toujours dans le ressenti des émotions par les couleurs, la réalisation doit s'adapter à ça, voire la transcender. C'est limite magique et ça fonctionne. Le bleu qu'on s'imaginait à la lecture du manga est bien repris sur les décors de Shibuya, une aube lumineuse et colorée qui fait chavirer le cœur. Pour ceux qui n'ont pas lu l'œuvre originale, ça marche aussi. C'est remarquable. 

 

photo50 nuances de bleu

 

Palettes d'émotions 

L'autre point fort de cet anime est l'émotion, bien retranscrite dans les dialogues et le scénario de Reiko Yoshida. Les questionnements de Yatora résonnent en nous en même temps que sa voix off. Encore une fois, le travail du seiyu, Hiromu Mineta, est fort, l'intensité qu'il met dans sa voix et les fractions de silence qu'il peut laisser sont d'une parfaite maitrise. De même que sur les longs plans sans paroles, où l'animation reprend le dessus juste pour faire naviguer le spectateur dans cette lagune de peinture et d'émotion. Les descriptions laissent juste place à l'intensité du moment vécu et émeuvent. 

Les répliques aussi peuvent faire mouche pour les récalcitrants. C'est un anime pédagogique sur la peinture, mais aussi sur la créativité et la confiance en soi. Sans être trop pleurnichards ou larmoyants, ils arrivent à décrire une situation précise ou à dénouer une impasse. Les alternances de gros plans et plan poitrine aident aussi à la mise en scène des ressentis et permettent à ses dialogues de prendre tout leur espace pour résonner en nous. Le seul bémol qu'on pourrait mettre à cet épisode, c'est parfois son animation des personnages et des arrière-plans en demi-teinte, mais c'est vraiment pour trouver la tache d'huile au tableau. 

 

Affiche officiellePeinture moderne

 

Le premier épisode de Blue Period pose les bases de l'histoire et convainc par son élégance, par sa maitrise de sa composition, autant que son animation. Il arrive à retranscrire les émotions sans être dans le pathos. C'est agréable à regarder et c'est surtout un bon message pour tous ceux qui se posent des questions sur leurs rêves. Une animation qui fait l'éloge de la créativité, tout en ne négligeant pas l'aspect technique. On ne peut dire que oui.

Avec ce premier épisode tout en finesse, Blue Period retranscrit à merveille les ressentis que le lecteur du manga a pu avoir. Et pour les néophytes, cette plongée dans l'univers de la peinture et de la créativité en général, n'en ai que plus belle. 

Un nouvel épisode de Blue Period disponible tous les samedis sur Netflix depuis le 9 octobre 2021

 

Affiche officielle

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