The Mandalorian saison 2 épisode 1 : on a marché sur la dune

Simon Riaux | 30 octobre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
223
Affiche

The Mandalorian saison 2 débarque sur Disney+ avec un premier épisode. Et pas de doute, Star Wars a mis les petits blasters dans les grands. Attention SPOILERS.

 

photoDéso pour ceux qui n'avaient jamais entendu parler de Baby Yoda hein

 

PAS SORTI DU SABLE 

Après 8 épisodes au ton globalement léger, à la construction feuilletonnante, privilégiant de petites aventures quasi-autonomes, beaucoup avaient regretté que la série n’affiche pas de plus amples ambitions en matière de dramaturgie ou de construction de son univers. Ceux-là ne se réconcilieront pas avec Jon Favreaushowrunner et réalisateur du premier chapitre de cette nouvelle saison. 

“On ne parle pas business comme ça, d’entrée de jeu, regarde plutôt le spectacle.” Cette phrase assénée dès les premières secondes de l’épisode à un Mando venu trouver les coordonnées d’un de ses semblables a valeur de note d’intention. Pas question ici de progresser trop vite ou d’épaissir la sauce narrative. L’intrigue n’a pas d’autres ambitions que de nous divertir et nous convier à un grand spectacle aussi anodin qu’instantanément réjouissant. Et si cette introduction nous place dans un décor urbain relativement inhabituel pour la licence Star Wars, se concluant sur une note aussi classieuse que doucement hargneuse, ces quelques minutes établissent clairement que les innovations seront cosmétiques, stylistiques éventuellement, mais que personne ne compte secouer trop fort le jedi aux oeufs d'or.

Quand Disney a fait savoir, il y a quelques semaines, que l’entreprise restructurait ses activités et le fonctionnement de son empire pour privilégier désormais le streaming plutôt que les salles de cinéma, nombreux ont été les commentateurs à se demander si l’entreprise serait capable ou désireuse de produire des fictions aussi ébouriffantes visuellement pour sa plateforme que pour le grand écran. À cette question, The Mandalorian a la prétention de répondre “oui”, sans une once d’ambiguité. 

 

photoQuand on arrive en ville...

 

DEUX MANDALES OU RIEN 

Avec une générosité revigorante, la saison s’ouvre donc sur une démonstration de force visant à nous rappeler toutes les réussites passées de l’ensemble. On retrouve ainsi la musique toujours surprenante de Ludwig Göransson, dont chaque expérimentation fait mouche, soit en usant contre-emplois, soit en renouvelant les canons symphoniques de la licence. 

Cette semaine, c’est son pendant westernien que The Mandalorian explore, citant ouvertement des dizaines de classiques, de L'Homme des Hautes Plaines à La Flèche brisée, rejouant tout un pan de l’histoire filmique américaine et notamment la confrontation/collaboration entre les cowboys et les indiens. Un thème qui charrie quantité d’images, un vaste héritage, propice à inviter quelques archétypes ici bien campés. 

 

photo, Timothy OlyphantUn nouveau copain ?

 

La série convoque ainsi la figure du shérif roublard et se paie un guest de la semaine invraisemblablement charismatique, en la personne de Timothy Olyphant. Personnage matois (lointain écho du protagoniste de Deadwood) qui capture instantanément notre attention, il intègre directement le pool de ces seconds couteaux dont on prie pour qu’ils rejoignent avant longtemps la mauvaise troupe du mandalorienaux côtés de Gina Carano et Carl Weathers.

Il est un des atouts de l’épisode, auquel il confère beaucoup de caractère, mais aussi pas mal d’humanité, notamment le temps d’un flashback revenant sur les évènements qui l’ont poussé à prendre les armes pour sa communauté. Et le voir traverser le désert aux côtés de notre héros au gré des notes de Göransson fleure bon l'aventure d'antan.

Techniquement, on note que le montage est sensiblement plus nerveux et immersif que lors de la précédente saison. Un constat évident lorsque Pedro Pascal confronte pour la première fois Olyphant, ou lors de l’ouverture, qui nous propose une baston bien plus énergique que ce à quoi la série nous avait habitués. Une poignée de séquences parsèment ainsi l’épisode pour nous rappeler que The Mandalorian a bien l’intention d’écraser la concurrence sur le plan technique et de n’amoindrir en rien l’expérience Star Wars. 

 

photoMandalorien d'occasion

 

PÉTÉ DE DUNES  

Mais ce qui va retenir principalement l’attention des fans dans cet épisode, c’est le gros tiers de son intrigue, consacrée à un affrontement colossal, aux proportions épiques, artistiques et technologiques plutôt démentes. L’aventure de la semaine sera donc l’occasion de faire plus ample connaissance avec un dragon Krayt (espèce croisée dans Knights of the Old republic, et dont un squelette peut être aperçu dans Un nouvel espoir). C'est à dire un machin herculéen, gigantesque, vivant dans le sable et nécessitant quelques kilotonnes d'explosif pour être maîtrisé. 

Créature formidable, capable de dévorer en une fraction de seconde des dizaines d’hommes des sables, elle va donner beaucoup de fil à retordre à notre Mando, lequel va donc nous offrir une bataille rangée dont l’intensité devrait décrocher quelques mâchoires. Qu’il s’agisse de la stricte qualité des effets spéciaux, du rythme du combat, mais aussi du soin apporté aux plans qui le composent, ce duel pas tout à fait équitable permet à la série de s’ouvrir sur un morceau de bravoure qui ferait passer l’essentiel de la production de blockbusters pour des sex tape de pandas unijambistes. L'attention apportée aux jeux de perspective réjouit constamment, et quand le face-à-face s'achemine vers sa conclusion, finalement un peu téléphonée, difficile de résister à la jubilation qu'engendre cette épopée visuelle.

 

photo, Pedro PascalUne série nickel chrome

 

Réjouissant, férocement cinégénique, ce long climax a non seulement pour but de faire taire jusqu’aux sceptiques, mais peut-être aussi de lancer un défi à la concurrence. En effet, en voyant humains, hommes des sables (qui n'ont jamais été aussi bien servis sur grand écran) et mandaloriens s’unir pour mettre une grosse tannée à une monstrueuse créature des sables, difficile de ne pas penser à Dune et au Shai-Hulud.

Comme si Disney lançait avec malice un défi à l’autre immense projet de science-fiction qui nous attend sur grand écran. Et on a beau savoir que le cinéma de Denis Villeneuve ne se positionne pas du tout sur les mêmes terres serial et westerneuses que The Mandalorian, l’idée de voir le space opéra titiller l’adaptation de Frank Herbert ajoute encore un peu à l’excitation provoquée par cette entrée en matière. 

La série de Jon Favreau assume décidément de ne pas nous raconter grand-chose pour favoriser un grand spectacle généreux et immersif. On pourra le regretter, mais pas nier le phénoménal savoir-faire ici déployé.

Un nouvel épisode de The Mandalorian saison 2 chaque vendredi sur Disney+ depuis le 30 octobre 2020

 

 

Affiche française

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
commentaires lecteurs votre commentaire !
Bob nims
13/11/2020 à 19:28

Beau mais remplissage on s'attendait à quand même mieux pour le 1er épisode de la saison 2

Henry C.
09/11/2020 à 00:39

@ nomoreheroes31
Boba fett apparaît à la toute fin de l’épisode, c’est le personnage chauve interprété par l’acteur Temuerra Morrison comme indiqué dans le générique de fin.
Temuera Morison a interprété Django fett dans la trilogie, et son fils boba était un clone donc on peut légitimement penser qu’il ait la même apparence et que ce soit boba fett qu’on voit lors du dernier plan de l’épisode.

Nomoreheroes31
07/11/2020 à 18:20

@SK Exact. Ils disent bien que la tanière du monstre et un puit de Sarlac abandonné. Le sarlac étant la créature qui a dévore Boba Fett ... Simple clin d'œil ou (espérons) une réapparition du personnage ...

Rideus592
06/11/2020 à 00:13

Suis je le seul à avoir remarqué que l'épisode passe en IMAX lors de l'assaut final!!! Orgasme visuel!!

SK
04/11/2020 à 00:12

A noter que l'on retrouve l'armure de Boba Fett. Ce n'est pas anodin. Il a ete avale par un montre des sables (encore un) dans le retour du Jedi. Ce qui veut dire qu'il s'en serai sorti ou que le monstre a ete tue et vide de son contenu par des Jawas. J'aime bien ces jeux de details dans Star Wars, et vous ?

C'est pas sur les cartes mais il y a un village quand même
01/11/2020 à 09:40

épisode pépère, écrit comme dans les 90s... dommage car ça claque visuellement.

Jaws25
01/11/2020 à 08:26

Encore une fois tout le monde disais « Ho mon dieu cet épisode est une claque c’est du grand Star Wars! » du coup j’ai dû vérifier par moi même et là j’ai halluciné, ils nous refond des épisodes identiques aux précédents, on se retrouve encore avec une créature à tuer en échange d’un objet, l’intrigue n’avance pas ça raconte rien, y’a + de budget donc forcément c’est plus spectaculaire mais on se fait chi.z quand même, on veux juste qu’il accomplisse sa mission pour que le scénario avance, et vous mettez 4 étoiles à ça Écran Large?
Mais au secours il n’y a rien qui a changé depuis la saison précédente, c’est une série pour les gamins de 5 ans, un scénario digne d’un dessin animé, une catastrophe.

Hamouda
01/11/2020 à 03:16

Nul

Chris11
01/11/2020 à 03:06

La "générosité" est le mot parfait pour cette série.
Elle n'invente rien? Elle n'explore pas l'entièreté de l'univers? Elle ne raconte rien? Et alors?
Je préfère une histoire simplette superbement réalisée et mise en scène qu'une histoire fabuleuse malmenée par des nuls.
La saison 1 était une excellente surprise, la 2 part sur les mêmes rails. Du pur plaisir.

Yellow submarine
01/11/2020 à 00:18

Déjà la durée de l’épisode engageait bien les choses mais juste d’avoir eut un dernier 1/4 d’heure en imax avec les bandes noir qui disparaissent je suis resté pantois. je m’y attendais pas d’assister à une séquence aussi parfaite techniquement.

Et puis bon la première saison m’avait pas vraiment emballée, là cet épisode m’a plutôt bien plu

Plus
votre commentaire