Snowpiercer saison 2 épisode 5 : bienvenue dans le wagon-couchette

Mathieu Jaborska | 23 février 2021
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Les semaines passent et se ressemblent. Sur Netflix, Snowpiercer continue, et persiste à étaler son récit juste avant la mi-parcours, avec un épisode 5 qui continue à promettre sans donner.

Après deux heures prometteuses et un épisode 4 qui bottait en touche, la saison 2 de la série TNT continue sur la plateforme au N rouge, non sans un certain succès puisque chaque nouvel épisode a droit à son petit passage sur le top 10 séries. Et cette 5e partie, concluant sa première moitié, ne fait pas exception.

 

photoQuand tu vois une nouvelle critique d'Ecran Large sur Snowpiercer...

 

Le train de l'indifférence

Soyons honnêtes : cette critique ne fera pas office de thèse. Les premiers épisodes de cette deuxième saison avaient de quoi inspirer, grâce à un traitement rafraichissant des thématiques développées et un rythme bien plus effréné, multipliant les enjeux. Mais depuis le départ de Mélanie, occupée à sauver le monde de son côté, rien ne va plus et la série retombe dans les travers de la saison 1, apposant paresseusement l'un après l'autre ses arcs narratifs, sans s'embarrasser d'une mise en scène lisible, de trajectoires inspirées ou même de choix narratifs divertissants.

Difficile de remplir des pages d'analyse alors qu'elle revient au train-train quotidien des débuts, développant en même temps plusieurs microscopiques sous-intrigues nébuleuses, jouant la montre avant l'attendu combat final. Désormais, elle continue à se vautrer dans les mêmes défauts cités précédemment, qu'on n'ose citer de peur de sombrer dans la redondance pour quiconque ayant eu le malheur de suivre nos critiques.

 

photo... mais qu'elle est négative

 

Une fois de plus, le train est réduit à une suite de décors en studio filmé comme n'importe quel appartement. Une fois de plus, cette volonté de jouer sur tous les fronts et de s'improviser commentateur social patine dans le vide tant la multitude de personnages les empêche de véritablement respirer. Une fois de plus, certains éléments sont convoqués subitement au bon vouloir des scénaristes (la malfonction, bien pratique). Une fois de plus, le milieu de la saison fait tout pour étaler le plus possible les évènements, histoire d'atteindre le cap fatidique des 10 épisodes de 45 minutes.

Peut-être le souci de la série tient-il uniquement au cahier des charges auquel elle doit répondre pour continuer de correspondre aux attentes des spectateurs de la chaîne et de son diffuseur à l'internationale. Snowpiercer se refuse toute audace esthétique et se conforme péniblement au carcan imposé, quitte à épiloguer sur une avalanche de sous-intrigues qui remplissent avec plus ou moins de réussite les 45 minutes réglementaires.

 

photo, Mickey SumnerRound 65146851654

 

Spike lie

Et c'est là que cet épisode gagne un minimum d'intérêt théorique : il cristallise à lui seul le principal défaut de l'écriture de la série, occulté par une véritable dimension ludique au début de la saison 2 et de retour récemment, à notre plus grand désespoir. Alors que Wilford peaufine son mystérieux plan pour renverser le Snowpiercer, Layton gère les informations rapportées par Josie et Spike s'occupe du trafic dans le train.

C'est peut-être ce dernier qui a le droit au plus d'attention dans cet épisode. Un épisode qui tente donc de nous émouvoir de son sort, alors qu'il doit faire face aux conséquences de sa vie passée. Une idée assez forte, tout à fait à sa place dans la mythologie très violente, physiquement et psychologiquement, de cet univers. D'autant plus que le rôle est joué par un comédien de talent, Steven Ogg, l'inoubliable Trevor de GTA 5.

 

photo, Steven OggOgg et le cafard

 

Seulement voilà, croulant sous les personnages secondaires du même acabit, la série n'avait que trop rarement introduit son mal-être auparavant, et il est donc difficile de vraiment se préoccuper de son destin, surtout qu'il partage cet épisode avec une demi-douzaine d'autres arcs narratifs à peine esquissés, entre le match de boxe de Bess et le club de lecture de Wilford (WTF). Comme Miss Audrey dans l'épisode précédent et Icy Joe dans cet épisode, il a droit à une caractérisation aussi tardive que sommaire, conséquence directe du gros gloubi-boulga qui s'accumule depuis 15 épisodes.

Complètement snobé depuis le début de la saison 2, à l'instar de la majorité des ex-habitants de la fin du train, il rejoint les dizaines de passagers convoqués sporadiquement, empêchant le spectateur de véritablement s'attacher à quiconque. Et même si les promesses habituelles continuent d'annoncer un affrontement savoureux à la fin, quoique la mise en scène illisible des deux nouveaux échantillons de baston refroidit, on craint avant tout de devoir subir plusieurs épisodes dotés du même taux de remplissage avant le dénouement tant espéré. À la semaine prochaine, pour - on l'espère - une critique plus enthousiaste.

Un nouvel épisode de la saison 2 de Snowpiercer sur Netflix chaque mardi en France dès le 26 janvier 2021

 

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