Snowpiercer saison 2 épisode 4 : la diplomatie pour les nuls

Mathieu Jaborska | 16 février 2021 - MAJ : 16/02/2021 18:05
8
Affiche US

Après trois épisodes prometteurs, la saison 2 de Snowpiercer se dégonfle en cours de route et renoue avec ses vieux démons.

Impossible de reprocher à la série TNT un dégoût pour la nouveauté. Dès la fin de la saison 1, elle introduisait le principal arc narratif à venir, avec l'arrivée de la Belle Alice, le deuxième train. Et pour relancer les enjeux au début de cette saison 2, elle a misé sur l'espoir écologique, et par conséquent sur une nouvelle aventure du personnage de Mélanie, laquelle débutait à la fin de l'épisode 3. Un simple échange augurait donc un passage à la vitesse supérieure, et une entrée au coeur de ce nouveau récit. La déception n'en a été que plus cuisante. Attention mini-spoilers !

 

photoGotta go fast

 

L'espoir fait survivre

"What a cliffhanger" s'exclame Wilford lorsqu'il évoque la fin de l'épisode précédent au détour d'une conversation avec sa protégée. Il n'a pas tort : cette troisième embardée ne manquait pas de promesses lorsqu'elle abandonnait Mélanie à la légère brise extérieure, en quête d'un remède à l'apocalypse.

Et la promesse est tenue. On suit ici les péripéties de la pionnière, extraite d'un train qui n'a de toute façon jamais été filmé comme tel, se débattant avec les éléments, esquivant ours zombies et mutants gelés pour rejoindre in extremis une station abandonnée. La série arrête enfin de ne reposer que sur des décors en studio improbables pour exploiter le souffle d'aventure qu'elle a réussi à inspirer dans les premiers épisodes de cette saison 2. En parallèle, la tension monte dans les deux trains en son absence, alors qu'on prend mesure de la puissance dévastatrice d'Icy Bob et du chaos qui accompagnera l'affrontement à venir...

Ça, c'était notre fantasme. Dans la réalité, Snowpiercer prouve une fois de plus son incapacité à faire le grand saut, à concrétiser ses ambitions, la faute à un académisme embarrassant. Les excuses manquent : la métaphore sociale du train a été balayée et malmenée pour son propre bien, l'esthétique directement héritée du film réalisé par Bong Joon-ho n'en recycle servilement que les teintes, faisant l'impasse sur sa mise en scène... Bref, il n'y a plus que le confort qui motive la série à ne pas s'aventurer ailleurs.

 

photoSean bean jette un froid

 

On imagine que sa conception ne reposait que sur cet argument : filmer un train, c'est facile, puisqu'il suffit de reproduire chaque wagon en studio et les utiliser au bon vouloir du scénario. Une facilité compréhensible lors du développement de la saison 1, mais exaspérante quand on constate qu'elle fait encore foi, au beau milieu de la saison 2. Car en soi, la Belle Alice ne nous aura pas apporté grand-chose d'autre qu'un duo de nouveaux personnages. Les décors inédits qu'elle amène avec elle, peu inspirés, se comptent sur les doigts d'une main et surtout n'échappent pas à la règle aussi mathématique que déprimante : une scène = un wagon.

D'où la déception de cet épisode 4, qui nous faisait miroiter un changement de méthode pour finalement revenir à la case départ. Mélanie est écartée et les enfantillages reprennent, avec cette fois-ci même pas une apparition du colosse glacial ou un semblant de tension pour simuler ne serait-ce qu'une aggravation de la situation.

 

photoLes Dupont et Dupond de l'ingénierie

 

Sale soirée

Passe encore que la série se refuse à scinder sa narration. Après tout, rien ne dit que les péripéties de Mélanie ne seront pas développées par la suite et son absence a pour elle de générer un microscopique suspense, censé occuper le climax de l'épisode. Mais le reste ne fait rien pour avancer plus que ça, un comble alors que les derniers épisodes faisaient preuve d'un sens du rythme renouvelé.

Même en évacuant la mise en scène, qui prouve une fois de plus sa platitude à l'occasion d'un embryon de baston de l'ordre de l'anecdotique illisible, tout reste franchement opportuniste et tristement mécanique. Ces 50 minutes évoquent une parodie de démonstration diplomatique et un absurde approfondissement lubrique du personnage campé par un Sean Bean habité. Cette dernière partie symbolise bien la faignantise de la narration de la série, occultée dans les deux derniers épisodes par un aspect très série B, mais désormais de retour plus en forme que jamais.

 

photo, Lena HallLe cabaret de la dépression

 

Au gré des exigences scénaristiques, des personnages, des lieux ou même des sous-intrigues entières apparaissent et réapparaissent épisodiquement, faisant avancer les enjeux d'une manière très artificielle puisqu'aucun de ces individus n'est caractérisé en dehors de sa fonction première. Certes, le personnage de Josie, gardé au chaud, échappe un peu à cette malédiction, mais que dire de L.J, qui montre sa trogne une fois toutes les trois semaines, de l'observatoire du toit, du passif bizarroïde de Miss Audrey, du dernier Australien, qui n'a même pas le droit à un prénom, ou encore des anciens guerriers déclassés, présents en second plan lorsqu'il faut prendre les coups ou les rendre ?

Et si jusqu’ici, ces facilités évidentes étaient excusées par la croissance d'une austérité délicieuse, leur retour en force a de quoi décevoir. D'autant que même elles ne parviennent pas à faire avancer quoi que ce soit. La grosse préparation au paiement de l'épisode, promettant du grabuge lors de la soirée, est en fait mensongère. Le seul évènement véritablement utile, c'est la prise de contact de l'exilée, laquelle ne laissait pas une grande place au doute.

L'illusion de nouveauté convoyée par la saison 2 n'aura pas fait long feu, à moins que le périple de Mélanie n'ait droit à un épisode dédié par la suite, ou que les enjeux à venir changent concrètement les règles du jeu. Mais à ce stade, l'audace nécessaire semble définitivement hors de portée.

Un nouvel épisode de la saison 2 de Snowpiercer sur Netflix chaque mardi en France dès le 26 janvier 2021

 

Affiche US

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
commentaires lecteurs votre commentaire !
serpentP
20/02/2021 à 00:48

3 précédentes critiques sympathiques, JE trouve celle-ci bien mal balayée ! Cela ressemble plus à une dictée de prépa A/L avec de jolis mots et qui sonnent bien plutôt qu'une réelle critique objective.
On ne saisit meme pas le fil de l'épisode. A bon entendeur?

Jymmi
18/02/2021 à 20:36

Je ne comprends pas tous ceux qui reprochent à un site de critiques de faire leur job. Pourquoi venez-vous ici si vous détestez autant l'analyse d'une série ou d'un film ? Ce n'est pas un forum de fans que je sache.
Donc oui que cela plaise ou non, EL peut et se doit d'analyser les œuvres et en tirer une analyse. Si ce principe ne vous plait pas, ne restez tout simplement pas ici...

Simon Riaux - Rédaction
18/02/2021 à 10:22

@Tcg

Les 3 précédentes critiques d'épisodes étaient positives, donc non, on est très loin de détester la série.

Mais ce n'est pas forcément la question. Elle appartient à un genre et adapte un univers qui nous intéressent, donc on la suit et on essaie de l'analyser. Qu'elle nous plaise ou non.

Tcg
18/02/2021 à 10:18

Je comprends pas vraiment; si vous détestez tant cette série, pourquoi vous obstinez à analyser minutieusement chaque seconde de chaque épisode ? Vous laissez juste l'impression de déverser votre haine sur une série qui, personnellement, me fait passer un bon moment à chaque fois. Je n'en demande pas plus.

Kalo
18/02/2021 à 07:37

Une phrase ou un moment peut choquer comme dans n'importe quelle séries/films .
Mais arrêter de critiquer les moindres détails et jouer les analystes statistiques sur une série fiction.
Ça se regarde point , ça nous détend ou pas. On aime ou pas c'est tout.

Nolan
17/02/2021 à 14:25

Super serie meme si c est vrai l episode 3 de la saison 2 laisse perplexe

Dede
17/02/2021 à 07:50

Effectivement, série complètement nulle

Nik
17/02/2021 à 05:13

Faites la série parfaite vous mêmes si vous avez la science infuse.

votre commentaire