Banana Fish : le chef d’œuvre du manga policier revient pour vous en mettre plein la tronche

Flavien Appavou | 21 avril 2021
Flavien Appavou | 21 avril 2021

Banana Fish, ces deux mots qui rythment ce magnifique polar magnifié par la plume et le dessin d'Akimi Yoshida ressort en perfect edition chez Panini Manga. L'occasion rêvée de découvrir ou de relire ce chef-d’œuvre dans une version magnifiée. 

Tout d'abord, commençons par la fascinante et brutale histoire. Tout débute pendant la guerre du Vietnam, pendant qu'ils sont tranquillement en train de glander, un des soldats américains commence à fusiller tout le monde tout en étant sous l'emprise d'une drogue. Avant d'être mis à terre par ses camarades, il répète les deux mots suivants : Banana Fish. Ainsi commence l'histoire. 

On suit peu après les aventures d'Ash Lynx, jeune et beau jeune homme de 17 ans sous la solde de Papa Dino, gros parrain de la mafia new-yorkaise. Celui-ci est trempé dans toutes les histoires pas très sympathiques de la ville : drogue, prostitution, pédophilie... Ash est un chef de gang qui fait les basses besognes pour Papa Dino, tout en étant le plus sincère avec lui-même. Celui-ci reste dans la mafia pour pouvoir aider son grand-frère Griffin, vétéran de la guerre du Vietnam et qui répète en boucle les mots suivants : Banana Fish. 

Lorsqu'une nuit, Ash tombe sur un homme venant d'être assassiné par des membres de son gang. Ce dernier lui tend un flacon et s'empresse de lui dire les mots suivants avant de mourir : Banana Fish. À partir de ce moment-là, toute la vie d'Ash se concentrera en bien et en mal sur la résolution de l'énigme : Banana Fish.

 

Jaquette Tome 1, Akimi YoshidaUne couverture couleur banane

 

Avec cette intrigue très forte, Akimi Yoshida pose les jalons d'un manga hyper rythmé, à coup de fusillade, d'escroquerie, d'enquête et de retournement de situation. Presque chaque chapitre se termine en cliffhanger déroulant un polar qui ne s'arrête jamais. Les dialogues sont ciselés et parfaitement maîtrisés et c'est grâce à la force des personnages. Chacun d'eux a une personnalité très affichée, ce qui donne à la tournure de l'histoire générale, un goût très prononcé pour les décrochages humoristiques ou bien pour des scènes d'actions à couper le souffle. 

Car c'est ici que réside le génie de l'autrice, elle part sur un style mi-shojo mi-seinen, ce qui se faisait aussi souvent à l'époque avec Moto Hagio, où les actions et les découpages sont centrés sur les personnages. Leurs expressions sont données à voir au lecteur à tout moment, comme dans un shojo, et en même temps, le découpage fait que l'action devient très mature et adulte. C'est de la dentelle. 

Akimi Yoshida a publié Banana Fish en 1985 et il n'a pas pris une ride. Ce récit poignant graphiquement et dans son traitement montre aussi une facette des années 70-80 où la guerre des gangs fait rage, surtout aux États-Unis. La guerre du Vietnam prétextant un contexte peu favorable pour le peuple très mitigé sur cette guerre. Et en même temps permettant de créer plein de spéculation autour des atrocités du front tant au niveau politique que romanesque, alimentant les histoires de corruption, de drogues et d'expérimentations bizarres. C'est ça que soulève Banana Fish à travers les yeux de lynx et volontaire d'Ash, son protagoniste principal. 

 

Planche, Akimi YoshidaBeauté d'un découpage maîtrisé

 

Cet excellent manga mélangeant polar, guerre de gang, humour et qui a même un côté shojo, est devenu un classique de chez les classiques. Un classique du genre, tant par son histoire que par la maîtrise graphique de son auteur. Il est tellement classique qu'il s'est aussi fait oublier au fil du temps. Une bonne raison pour Panini Manga de le remettre sur le devant de la scène avec une édition perfect hyper bien travaillée. Toute la traduction a été revue et des cartes postales sont aussi insérées dans chaque manga. 

Les deux premiers tomes sont sortis aujourd'hui et huit autres suivront derrière. À noter, que le manga est en grand format, donc on prend encore plus de plaisir à lire cette histoire et c'est aussi ça qui nous donne la banane (fallait la faire à un moment...) !

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commentaires
Irule
23/04/2021 à 12:06

Un chef d'œuvre tout simplement :) j'dois avoir lu/vu plus de 500 manga/anime dans ma vie mais celui là est un petit bijou, qui s'inscrit comme un culte de l'histoire du manga et de son évolution (même si en europe j ai l'impression que les gens le descende bcp comparé à nos confrères nippons et américains, pour en plus un prétexte "bl/shojo" au choix,, ça en reste un monument de ses genres sans s'inscrire totalement dedans pour autant, il garde son petit statut d'ovni au milieu de plusieurs style, surtout à l'époque de sa parution), ce qui m'a le plus marqué dans la série c'est le réalisme de la question du traumatisme en général et sa gestion psychologique chez notre protagoniste ash tout le long de la série, mine de rien, les œuvres japonaises qui s'attardent plus sur les conséquences du viol et de la violence sur le long terme que sur les actes de violence eux même sont plutôt rare (banana fish est violent hein, mais beaucoup moins visuellement que d'autres œuvres, c'est plus psychologiquement que ça se joue tout le long et que ça fait le plus mal pour les perso), l'intrigue est très bien ficelé, c'est cohérent et perso j ai compris toute la logique jusqu'au bout sans le voir le temps passer, même si ça me fait encore mal x')

XxxxxKae
22/04/2021 à 12:04

Vous avez simplement rien compris et vous avez juste regardé le manga en surface lol voyez plus loin

rom7
21/04/2021 à 23:07

Je n'ai pas lu le mangaz mais regardé l'anime. Et si l'anime est fidèle au manga alors je suis d'accord avec Madolic. Vraiment aimé le début mais après c'est parti progressivement dans tous les sens . Sympa mais pas un chef d'oeuvre a mes yeux.

Superboy
21/04/2021 à 22:47

Madolic a raison!!! C'est simplement sympa!!! Chef d'œuvre est un peu exagéré

dams50
21/04/2021 à 20:03

Alors, ce qui serait top, c'est que vous nous fassiez le même genre d'article quand Panini rééditera LoneWolf&Cub (ce qui était prévu mais dont je ne vois pas de nouvelles récentes, ce qui m'inquiètes un peu).

Ash Lynx
21/04/2021 à 18:30

Ne parle pas Madolic si c'est pour dire des âneries !
T'as simplement rien compris si tu trouves que c'est simplement "sympa".

Anonyme
21/04/2021 à 16:50

Tais-toi Madolic, s'il te plaît.

Madolic
21/04/2021 à 12:22

Chef d'œuvre, c'est vite dit !
Ca porte vrmt tt les tares du yaoi, écrit par une femme.
Avec "un couple" (au final il s'embrasse jamais vrmt) très hétéronormé, on voit bien qui est là pour faire l'homme et l'autre la femme ^^
Et si l'intrique est, de prime abord, intéressante et très glauque. Ca part finalement, dans tous les sens pour devenir un vrai capharnaüm.
Bref, ok c'est sympa mais c'est pas un chef d'œuvre.

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