Devil May Cry 5 : critique me a river

Arnaud Poirier Dit Caulier | 14 avril 2019 - MAJ : 15/04/2019 15:27
Arnaud Poirier Dit Caulier | 14 avril 2019 - MAJ : 15/04/2019 15:27

Bayonetta a profondément  marqué le genre, mais aussi les joueurs. Ainsi, Capcom et Devil May Cry 5 devaient frapper très fort pour pouvoir revendiquer la couronne du beat them all et s'imposer une nouvelle fois comme le standard d'une certaine école du jeu d'action. Le maître est-il de retour ?

En ce début d’année 2019, Capcom sort 3 jeux successivement, un remaster, le remake complet d'un classique, et un vrai nouveau titre. Soit respectivement Onimusha Warlords, dont chacun appreciera la qualité, Resident Evil 2, dont vous trouverez une critique bien étayée sur le site et ce bon Devil May Cry 5Cet enchaînement est très intéressant d’une part parce que commercialement l’opération devrait être un succès éclatant, d’autre part en raison de l’histoire parallèle de ces trois jeux. Pour la faire courte, tout nous vient de Hideki Kamiya qui en plus de Devil May Cry est derrière le développement des excellents Viewtifull Joe et Okami, deux jeux que je vous conseille vivement, d’autant plus que le  second a été  réédité récemment sur PS4.

La saga DMC est née  du désir d'offrir à Resident  Evil une suite bien plus vive et orientée shoot que celle que nous connaissons, de délaisser la caméra en plans fixes et surtout d’implémenter un système de leveling, le tout à destination de la PS2. Un développement complexe, ambitieux, une direction artistique tirant volontier vers le baroque et un univers finalement bien trop éloigné des allées pourrissantes de Raccoon City achevèrent d'en faire un jeu singulier, totalement déconnecté de la saga zombie. Pour la petite histoire, tout devait  initialement s'articuler non pas sur un personnage tirant sa force d'aptitudes surnaturelles mais doué de supers pouvoirs venant de la biotechnologie, ultime héritage de BioHazard finalement abandonné.

 

photoLes 3 frères ont bien changé

 

Délaisser complètement les mécaniques à l'origine du succès colossal de Resident Evil n’était initialement pas du gout de Shinji Mikami (grand manitou de la saga de Raccoon city) mais enthousiasmé par l’idée de base et sensible aux arguments de Kamiya, il convainc Capcom de laisser les idées foisonnantes de celui-ci s’exprimer. C’est de là que naquit enfin Devil May Cry premier du nom en 2001 sur PS2 suivant de près un autre jeu, Onimusha. Ce dernier reprenait bien plus fidèlement les codes de Resident Evil dans un univers japonais féodal, et un soupçon d’action en plus. Tous deux furent extrêmement bien accueillis, bénéficiant toujours d'une grande popularité auprès des joueurs. Les passerelles, connexions entre ces trois jeux, symboles  d'un certain âge d'or de Capcom, sont donc particulièrement étroits.

En effet maintenant que la licence est devenue une grosse machine AAA et que le dernier jeu remonte à 2013, la sortie en grande pompe et le matraquage publicitaire de ce genre de production a semble-t-il rassemblé pas mal de curieux sous sa bannière en plus des fans transis.

 

photoDMC 5 a-t-il musclé son jeu ?


LET THEM FIGHT !

Le  jeu lancé, je suis fébrile parce que je n'ai pas fréquenté la franchise depuis un bail (le dernier épisode en fait) et que si j'ai toujours apprécié les  différents chapitres, n'y ai jamais été hermétique, je dois bien avouer que je ne me rappelle pas de grand chose et ne suis sans doute pas le plus grand expert de DMC. Mais bon, je me dis qu'au final on s'en fout un peu et c’est bien là tout ce qui fait l’intérêt de l’exercice, en effet l’idée de demeurer relativement distant de la franchise sans y être insensible devrait nous offrir un peu d’objectivité dans ce monde de flûtes. Les choses étant dites, c’est parti pour Devil May Cry 5.

Une petite précision, j'éviterai de  commenter trop frontalement l’aspect purement technique du jeu. Les polygones, les moteurs, les bits et tout ça ne constituent pas mon domaine de compétence particulier, et je vous épargerai les copier-coller de description jargonneuses. Allez, je précise toutefois que durant mes différents runs sur le jeu, je n’ai rien noté d'abominable ou de gênant, pas de grosses fautes techniques, de bugs scandaleux ou d'approximations relevant du pénal. Les puristes de l'analyse technologique ont sûrement déjà publié leur tambouille, et elle est mieux assaisonnée que la mienne.

 

photoNero est très motivé

 

Entamons les  hostilités avec un bon chargement de deux plombes direct…Je joue sur une ps4 première gen, de celles qui soufflent et qui souffrent. On se fait le traditionnel tuto... et on est tout de suite captivé. C’est beau, fluide, les effets sont au rendez-vous dès les premières secondes. Nous voilà aux commandes de Nero qui… a perdu son DevilBringer… Pour ceux que j'ai déjà perdus et qui ne connaissent pas le lore de DMC, qui n'est pas vraiment complexe, il y a tout un tas de types plus ou moins agaçants qui sauront raviver votre mémoire via YouTube en une paire de clics, et vous introniseront joyeusement ou vous introniser au milieu de la badasserie et du tuning..

On a droit direct tuto rapidos branlos qui met à bas les acquis des derniers épisodes en éprouvant notre joyeuse équipe de beaufs. Dante, Nero, ainsi que leurs deux faire valoir féminins Lady (oui, c’est son nom) et la blonde de service Trish, portrait craché de feu la mère de Dante (cf. scénar de Dmc) se prennent une grosse branlée administrée par un nouveau super méchant chef des enfers, qui ne daigne même pas se lever de son trône et nous exécute la mauvaise troupe d’une seule main, c’est dire. Et tout cela au sommet d’un arbre démoniaque, qui draine le sang et l’énergie de RedGrave, ville emblématique au nom bien nul comme il faut.

 

photoUn blond patine

 

Petite nouveauté, le parachutage d'un personnage original de type super emo, avec pas mal de charisme et surtout un visage qui sort de l’ordinaire des banalités peroxydées que nous sert habituellement la licence.  Il répond au doux nom de V et s'avérera la première fraicheur du titre.

Voici donc nos héros piétinés par une super nouvelle entité sortie du chapeau des scénaristes, probablement de redoutables adolescents émo-goth venu, à moins qu'il ne s'agisse d’un producteur cocké jusqu’aux oreilles… on s’en fout bébé, c’est du Devil May Cry pur sucre. Merci les poncifs, j'ai presque presque eu peur que l’histoire soit intéressante. Notre jeune Nero se voit donc éjecté de la grosse baston de la mort, avec V pendant que Dante reste pour faire ses petites affaires et certainement se faire aplatir comme une crèpe au salon de la Chandeleur.

 

photo"Bonjour, je suis un gros aimant à geeks"

 

L'intrigue se propose donc de nous faire remonter dans ce satané végétal des enfers pour bien faire comprendre au héros de la licence (Dante pour ceux qui ne suivent pas) qu'il doit faire de la place pour les petit jeunots de service. Un autre personnage inédit est introduit sans tarder et pas des moindre puisque c’est le forgeron, lequel nous permettra de faire évoluer nos personnages ainsi que nos armes : Nicoletta Goldstein, petite fille de la créatrice des armes à feu de Dante (Ebony et Ivory), Nico pour les intimes. Fournie avec la panoplie de « j’en fait des caisses avec mon accent pourri », elle jouit comme ses petits camarades d'une très belle modélisation, et parvient ici et là à nous arracher quelques sourires, comme lors  de son introduction bourrine pleine d’effets sonores et visuels nous ramenant directement au coeur de l'ADN de la licence.

Bref nous voilà propulsés dans une quête qui se veut celle de la maturité, après le passage de relai réussi du Devil May Cry 4. Sur le principe, pourquoi pas, mais tout cette promesse sera-t-elle tenue sans trop d'encombres ? C’est une autre histoire.

 

photoLe plus beau pour aller tuer

 

ET LE GAMEPLAY MA BONNE DAME ?

C’est une des grande force de la licence, qui nous a habitués à des jeux rapide et instinctifs sans verser dans le défouloir pour marmot en manque de testostérone. Enfin si, un peu mais pas que… Depuis le premier épisode, il ne sert à rien de matraquer un seul des boutons de la manette comme un épileptique ou un morphinomane oublié dans un lit d'hôpital, la technicité des jeux étant plutôt élevée. Sur ce point DMC 5 fait honneur à ses aînés, sans trop en faire du côté de la nervosité.

C’est exigeant, sans être rébarbatif, il faut chercher et tâter un peu les différentes combinaisons qui s’offrent à nous et apprivoiser les mouvements et attaques du bestiaire. Mais là où le joueur se retrouve un peu malmené, c’est que notre protagoniste accuse parfois un peu de lenteur en matière de déplacement, en fait des caisses à bases d'animations luxuriantes, mais parfois un poil lentes en matière d'exécution, si bien qu'on a parfois l’impression d’être aux commandes d’un ado ronchon.

 

photoUne bien jolie vue

 

Certes de nombreuses compétences viendront dynamiser un peu le tout mais pas au point qu’on se retrouve aux commandes d’un déluge de feux d’artifices, or, c'est précisément le virage de la montée en puissance, jubilatoire et attendue, que Devil May Cry 5 a un peu de mal à négocier. Ce qui nous amène logiquement à nous pencher sur les personnages jouables, aux nombre de trois. Cest la une des plus grande force du titre, et ce malgré le fait que le changement s’opère toujours au moment au l’on commence à maitriser pleinement un personnage, en tout cas durant la première moitié de l'aventure. Des ruptures de ton parfois frustrantes donc, mais qui apportent un véritable rythme et empêchent la monotonie de s'installer. Qui sont donc nos trois vaillants mongolos en quête de désossage de démons ? 

 

I AM NOT YOU NERO 

Comme expliqué plus haut Nero perd initialement ce qui fait la substance de son personnage à savoir le DevilBringer, bras démoniaque forgé avec la lame de son défunt père, frère de Dante tué par ce dernier après avoir tenté d’ouvrir les enfers pour récupérer le pouvoir de feu leur paternel, héros démonite ayant provoqué la chute du précédent roi des enfers et mort dans des circonstances douteuses (Game Of Thrones à côté c'est Plus belle la vie).

 

photoNero et son arme de prédilection

 

Par conséquent, notre  insupportable amie red neck ferronnière se fait une joie de fabriquer de nouvelles prothèses de formes diverses et variées répondants aux doux noms de Devil Brakers. Sur le coup j’ai eu très peur car le visuel de celles-ci manque cruellement d’idées et j’avais tout sauf envie de contrôler un Iron Man dans ce type de jeu. Mais ce  dispositif va se révéler être la pierre angulaire du personnage au fur et à mesure du jeu, et proposer un gameplay stimulant. C’est très bien maitrisé et la synergie avec l’épée ainsi que l’arme de tir se fait naturellement

En dehors de ça, le personnage est vraiment un pauvre trou du cul vantard au possible, mais c’est DMC hein. Et c'est aussi pour ça qu'on l'aime, parce que c’est bien entendu ce qu’on attend de la chose, ce petit coté Last Action Hero où l’on attend que le protagoniste nous sorte les répliques les plus spectaculairement lourdingues.

 

V : THE EMO PAIN

V est le deuxième personnage qu’il nous est donné de jouer et ce relativement rapidement dans l’aventure. Pour le coup, son gameplay tranche très rapidement avec ce qu’on connaît de la série et c’est initialement  aussi déstabilisant que les prothèses de Nero. Notre nouvel ami est une sorte de druide des enfers faisant apparaitre trois créatures animales qui représentent chacune un style de combat.

 

photoV, le perso le plus intéressant

 

Le plus charismatique des trois et seul doué de la parole est un phœnix bleu et noir, il représente le combat à distance. Il est le plus présent car en plus son rôle d’arme, il fait office de comique de service à la manière de Iago dans Aladin. Il offre un contraste réussi avec le coté « laissez-moi tranquille j’ai des problèmes Serverus Roguesque »  de son maître et se révèle relativement drôle.

Le deuxième est une panthère silencieuse et sert au combat rapproché, dans un florilège d’effets visuels extrêmement réussis, rappelant un peu le symbiote de Venom. C’est le plus réussi des trois, et on percoit son caracctère de doux protecteur qui se sacrifiera sans aucune hésitation pour sauver son éphèbe d’invocateur.

Le dernier fait office de pouvoir spécial, sous les traits d’un gros golem lourdaud très puissant et présent pour un certain laps de temps. A mon sens le moins intéressant, sa caractéridation et son design semblant un peu fainéants. Cette joyeuse ménagerie est dotée d'une barre de vie indépendante et peut donc être tuée, ce qui nous force tout de même à faire attention à la manière dont on envoie ces braves bêtes au casse-pipe.

 

photoArchimède est un peu vénère

 

V n'est donc pas directement engagé au combat, simplement obligé de se rapprocher pour exécuter ses adversaires. Les animations relatives aux mouvements du héros mais aussi celles de ses animaux sont d’ailleurs assez plaisantes à regarder. Cette approche tactique, plus ou moins retrait, pourrait sembler plus simple, mais elle contient en réalité quantité de possibilités stratégiques riches et complexes. Contre toute attente la prise en main est rapide et relativement intuitive

Le problème, c'est que les attaques des invocations sont plutôt désordonnées, bien que visuellement très réussies, et on finit souvent à spammer les commandes dans une cacophonie d’effets spectaculaires et jouissifs, mais  sacrément bordéliques. Le résultat induit donc une jouabilité excitante, mais moins maitrisé à mon sens que celle de Nero, quand bien même le désir de renouveler les canons du jeu sont des plus louables.

En ce qui concerne le personnage à proprement parler c’est certainement le plus réussi du jeu, tranchant avec l’absurde badasserie de nos héros habituels, il demeure sobre, calme et de noir vétu.

 

photoFais comme l'oiseau...

 

Ce qui marque immédiatement c’est la modélisation de son visage, ingrat, évoquant des acteurs tel que Paul Dano (Little Miss SunshineThere Will Be Blood), etc et passant une partie de son temps à parler en faisant des citations d’un livre qu’il tient à la main. S'il est parfois  extrêmement maniéré et flirte avec la caricature, la direction artistique dont il bénéficie (petites  spartiates  de combat, on adore) apporte un peu de sang frais au royaume de l'émo-globine. 

 

LE FER DE DANTE

Rassurez-vous, le patron est de la partie et pas n’importe comment puisqu’il prend le train en marche avec toute sa panoplie de skills et son panache aviné. On prend son contrôle lors  d'une belle  séquence, qui nous place une jolie belle référence à la Déploration (c'est un truc christique, hein les profanes). Tout l’intérêt du personnage se base sur ses différents modes de jeu conjugués aux armes que vous utiliserez

C’est extrêmement varié et immédiatement jouissif mais comme tout gros bidule surpuissant c’est bel et bien la manière de s’en servir qui fera la différence… En effet si vous faites le gros bœuf et violentez votre manette, vous en serez quitte pour une grosse tendinite et un aller-simple pour le royaume de l'ennui. En revanche un peu de recul et de calme permettent de transformer le personnage en machine à combo SSS. Pour ceux qui ne savent pas à quoi correspond le SSS ("Smokin Sexy Style" soit un acronyme au bon goût indiscutable), c’est une sssystème de notation de votre style de bastonneur, graduel, qui évolue en fonction de votre capacité à varier les coups, ne pas vous faire toucher et massacrer des hordes de saloperies baveuses avec classe. La moyenne des notes obtenues après chaque combat aboutira donc une note à la fin de chaque stage.

 

photoOn en connaît un qui a un peu forcé sur la bière tiède

 

Un des succès/trophée nous engage bien entendu à finir toutes les missions en rang SSS (bonne chance…), et demeure depuis les origines de la saga une inépuisable source de motivation pour tous  les joueurs aux pouces hypertrophiés.

On retrouve le panel d’armes habituelles de tonton Dante, à savoir les épées, les armes de corps à corps et les armes à feu auxquelles viennent se greffer quelques nouveautés, dont un chapeau comme arme de distance, ainsi qu'une moto/épée fruit, de l'accouplement d'un boss et d'une motocyclette aux destins violemment mêlés. On ne saura probablement jamais comment une civilisation capable des plus grands accomplissements quand il est question de forger des katanas a pu faire subir ce genre d'affront industriel à la notion d'armement. Mais résultat, on se sent tout petit devant tant de génial mauvais goût. Et puis bon, ça reste quand même furieusement drôle et original.

A cela il faut associer les 4 compétences aux 4 quatre points de la croix multidirectionnelle et vous donnant une posture tantôt de défense, axée sur la distance, le combat rapproché, etc... Pour finir, la forme enragée de Dante correspond tout simplement à sa forme démoniaque, en tout cas jusqu’à un certain stade du jeu …Clairement le personnage le plus puissant du trio, il génère une vague impression globale de déjà vu, qui en fait aussi le plus lassant à mon sens.

 

photoUn vrai festival de canne

 

Que dire  de plus, sinon que vous avez affaire à Dante, avec sa vilaine peau couperosée et sa barbe naissante. Ce bon Dante, qui comme toujours doit supporter de recevoir une paire de baffes, de se faire gentiment mutiler, puis transpercer. Bref, ce formidable faquin charismatique de Dante. Il est globalement plus supportable que le jeune Nero, lequel a parfois des airs de redite capricieuse de notre héros  originel.

Au final, leur relation est plutôt bien gérée puisque le jeu réussit à nous faire éprouver leur rivalité mais aussi les changements qui s’opèrent dans la psyché et le corps de son rival adulescent…

La combinaison des 3 personnages est vraiment bien sentie, d’autant plus que les missions nous permettent tantôt de n’en jouer qu’un seul, tantôt de choisir notre avatar de la souffrance. On aura bien compris que le but est de confronter trois manière de jouer différentes, et ce pour dynamiser le fil du jeu comme dit plus haut.

 

photo"J'ai un permis pour ça"

 

ONLINE MY OLD FRIEND

Etant donné que dans certains stages les 3 personnages sont présents en même temps et pour signifier cela, les développeurs ont mis en avant un système de connexion aux partis des autres joueurs dans lesquelles on peut incarner l’un des héros que l’ôte ne contrôle pas. L’idée est plutôt sympa mais en toute sincérité... ça ne sert à rien. On se retrouve à apauser un petit poke à nos camarade de jeu, entrainant le gain d’une démonite dorée alors que clairement, on ne pane jamais rien à ce qu'ils font.

 

LEVEL UP ET INVENTAIRE

Concernant la progression, elle suit un schéma des plus classiques, avec des petites âmes à bazarder dans un arbre de compétences qui se révèlent bien vite anecdotiques et manquant sérieusement d’originalité On peut par contre tester les skills avant de les acheter ce qui est très bien vu et vous évite d'amasser les capacités aussitôt oubliées ou se révélant parfaitement intordables.

 

photoUn gameplay parfois tranchant

 

On appréciera l'introduction de ces phases de gestion, qui passent par le débarquement de Nico en grande pompe, cette dernière ramenant sa fraise dans son camion surréaliste à la taille démesurée et ce quel que soit le lieu de l'action, justifiant à chaque fois une cinématique différente et plutôt sympa. Dans l’ensemble ces cinématiques se jouent sur fond de gros métal qui tâche, tranchant bien avec les musique plus classiques et harmoniques accompagnant vos déplacements, ou les riffs de guitares rythmant les combats.
On peut, lorsque la barre de vie tombe à zéro, acheter un regain de vie variable, soit en monnaie d’expérience soit à l’aide d’une démonite dorée , qui nous permet de revenir avec une barre de vie complète. Le procédé amène naturellement à plus de prise de risque mais surtout à moins de stress, ce qui en parallèle nuit au gameplay poussé et exigeant précédemment cité.

 

DUR DUR D'ETRE UN DEMON

Bon, on ne va pas se leurrer, n'étant mort que deux fois en mode normal, et quelque soit mon sidérant talent de true gamer ma gueule, difficile de voir dans ce réglage un quelconque challenge. Il en ira autrement dans les modes suivant, qui poussent le joueur dans ses retranchement et ou deux trash mobs tout piteux peuvent devenir une vraie plaie.

Dans l’ensemble les ennemis sont assez convenus et on est bien loin du délire des pantins du premier opus. Heureusement, ce ne pas la même musique pour les boss de level, bien plus intéressants et inspirés dans une certaine mesure par Dark Souls. Les connaisseurs et autres légionnaires du bon goût apprécieront d'ailleurs le design d'une certaine femme animale, extrêmement réussie, et directement pensée comme l'écho d'une célèbre femme araignée. Les vrais savent.

 

photoY a du démon dans l'air

 

PAS CHER MON GAMEDESIGN, PAS CHER

Le jeu est très beau, on prend plaisir à s’arrêter et à observer, voire prendre en photo à l’aide du mode idoine. Initialement totalement insensible au procédé, j'admets que depuis Horizon : Zero Dawn en passant par le dernier Spider-Man, je prends pas mal de plaisir à shooter de gros screens pour parader devant ceux qui 'ont pas encore le jeu, à la manière d'un instragammeur en goguettes.

Toute la ville italienne du début de jeu est superbe et la progression dans l’arbre bénéficie d'un rendu impeccable et suintant, à l'image des tentacules/racines gorgées du sang d'innombrables victimes humaines. On ne peut pas non plus passer à côté de quelques références bien inspirées comme au coeur d'une arène canonissime, qui évoque la descente aux enfers d’Onimusha. Comme évoqué précédemment, tous les persos sont très réussis, leurs visages rayonnent d'expressivité, et heureusement puisqu'il faudra se fader leurs questionnements existentiels de trolls ultra-violents au gré de 3h et des patates de cinématiques énervées.

 

photoDrame de la constipation

 

Par contre passé la découverte extatique de festin technique et visuel, une grande monotonie nous gagne, encore une fois à quelques exceptions, on a vite l’impression de faire d'incessants allers-retours, d'où une certaine redondance, démultipliée par la faible variété des environnements, notamment en matière de construction. Grosso merdo on alterne entre 5 types de décors. Voilà qui fait juste, en dépit, il faut le répéter, de quantité de pépites plastiques.

Ce satané arbre des enfers en constitue le meilleur exemple. Ainsi, on l'arpente continuellement, si bien que dès la 5eme mission, on se demande bien pourquoi on y passe autant de temps, ce qui n’augure rien de bon. Et si encore le jeu se sortait  les doigts pour masquer la répétitivité de ses arènes, mais là aussi, le bât blesse pas mal. Evidemment, le genre même de Devil May Cry 5 appelle l'enchaînement d'arènes, mais on s'étonne rapidement de voir combien le game design échoue à en maquiller les points communs, à insuffler une illusion de renouvellement.

Cette impression s'accentue lors de la deuxième moitié du jeu, alors qu'il devient clair qu'on aura plus droit à grand chose de nouveau au sein de tous les éléments déjà découverts. C'est donc avec un enthousiasme qui va décroissant que l'on se met à enchaîner les fermes à mobs agressifs, tandis que le gameplay, malgré sa variété et ses propositions parfois fortes, dévoile progressivement ses qualités inégales.

 

photoUne coiffure dantesque

 

Dans ces conditions, la possibilité de rejouer certains segments avec le personnage de son choix n'apporte un plaisir de rejouabilité que très modéré, les ficelles de l'ensemble demeurant bien trop apparentes. Du coup, l'ensemble se torchant sans trop de mal en une quinzaine d'heures, on se demande s'il  neût pas été plus pertinent de ressérer encore l'aventure sur 10 heures à peine, histoire de conserver le rythme trépidant des meilleurs passages.

Car Devil May Cry 5, malgré ses limites évidentes, contient quantité de passages plaisants, on pense notamment à ce boss, qu'on combat au coeur d'un théâtre en mouvement, qui encapsule parfaitement la dimension baroque de la licence.  

 

HISTOIRE DE DINGO

Bien sûr on ne va pas s’étaler et décortiquer l'intégralité du scénario pour ne pas vous gâcher l’aventure. Pour ceux qui connaissent déjà un peu la licence vous risquez de vite voir arriver la fin et pour les néophytes ça reste cousu de fil blanc, avec un ou deux side-kick qui pourront au mieux vous arracher un sourire de complétion. Mais la saga n'ayant jamais pétendu étonner en matière de narration, on n'est nullement déçu par  l'avalanche de poncifs qui rythment l'aventure.

On a droit au poncif de la perte de pouvoirs du personnage et la reconquête de ceux-ci, pour le plus grand ennui du joueur,  On est par contre assez agréablement surpris par l’enchainement des missions entre les différents héros, qui ne se fait pas dans un ordre chronologique mais par rapport à la vision de chacun du récit.

 

photoTiens voilà du démon !

 

Le trio est rapidement séparé, avant de se retrouver, puis de se re-séparer, avant de se re-re-trouver, puis de se re-re-re-séparer. Ce n'est pas  désagréable, et appréhender  le scénario via la subjectivité de chaque belligérant réserve son lot de ruptures, d'étonnements, tout en ménageant le rythme de l'intrigue... Mais c'est précisément ce dispositif qui induit la grande répétition des environnements, et cette impression d'assister à un tour de bonneteau dont l'auteur manque clairement de gobelets. 

Tout cela reste forcément très simple, et amène le joueur à se focaliser très logiquement sur le gameplay... Qui montre vite ses limites. Ou plutôt, s'affirme comme un totem dressé pour les fans de la licence, qui bénéficieront ici d'une sorte de best-of ras la gueule de toutes ses propositions passées. Nul doute que les amoureux des épées qui font cling et les collectionneurs de vestes en cuir moulantes seront aux anges, mais pour le néophyte, le nouveau venu, ou quiconque ne rêve pas de tuer des mouches à crotte des enfers avec une part de pizza tiède dans la bouche, on a un peu l'impression de passer à côté du jeu. A nouveau, il y a de quoi retirer de l'expérience une certaine frustration, sauf bien sûr si on aborde l'aventure prioritairement comme un héritage nostalgique. 

 

photoC'est ce qu'on appelle une moto créative

 

FINISH HIM

Alors oui, c'est "fun". Mais moi, quand on me dit que mon triple A est fun, c'est comme quand on me regarde avec un peu de gêne et qu'on m'explique que mon petit cousin est gentil, je me dis qu'il y un loup quelque part.

Le retour de la licence n’est pas à un échec à proprement parler mais je me permettrai un petit parallèle avec une autre licence qui est revenue il y a peu sur le devant de la scène et qui avait au départ énormément repompé dans les bonnes idées de Devil May Cry : God of War dernier du nom. Je ne suis pas totalement convaincu par le consensus autour du jeu mais il a su se réinventer, innover, mettre entre parenthèses ce que l’on connaissait pour bouleverser nos acquis et en ça c’est une vraie réussite.

Concernant DMC 5 sans exiger de mettre à bas toute l'histoire de la licence, on constate que rien n'a bougé depuis trop longtemps, et que malgré quelques propositions, tout cela manque de réelle prise de risques. Beaucoup de choses sont relativement réussies sur la forme du jeu (allez, ça manque tout de même un peu d’insultes et de propos graveleux) mais pas sur le fond et c’est bien en ça que ses grands frères s’illustraient, à coup de gameplay fabuleux et inépuisable.

photo

Afin de potasser un peu mon sujet, voulant faire les choses correctement et jouer un peu les lèche-burne j'ai englouti le livre de Pix’n’love sur la saga, une bonne moitié portant sur l’ensemble de la série l’autre sur une partie qui m’intéresse moins, à savoir DmC, l'opus qui divise sans doute le plus les joueurs.

Sans être révolutionnaire , c’est plutôt bien écrit , ça se lit avec plaisir et il y a quelques visuels sympas, ça aura au moins eu le mérite de bien me rafraîchir la mémoire comme il faut; Par conséquent, si vous souhaitez vous remettre dans le bain bien comme il faut avant d'entamer Devil May Cry 5, ou revenir dessus après avoir plié le jeu, ne boudez pas votre plaisir.

Résumé

Jamais la carrosserie d'un Devil May Cry n'aura été aussi rutilante... ni aussi creuse. On s'en fiche bien de conduire en Ferrari si c'est pour faire la course en marche-arrière. Pour sympathique et parfois somptueux qu'il soit, ce nouvel opus manque de prise de risques.

commentaires

Arnaud Poirier Dit Caulier
28/05/2019 à 14:34

Bonjour à tous,

miles excuses pour la réponse tardive

Concernant God of War j'avais pris la peine de nuancer mon propos et même si on a affaire à pas mal de qte il reste tout de même pas mal de combat et quelques énigmes (ras de plancher certes). Les deux licences ont tout de même évolués en parallèle à mon sens.

Je fais un rapide crochet sur nos camardes pas d'accord, l'idée était d'un part de rester assez humble avec un ton un poil léger, désolé que celui ci n'ai pas fait mouche.
Ensuite pour parler de la longueur de l'article; Ecran Large n'étant pas un média spécialisé dans le milieu jv il est difficile de s'aligner sur les parrains du genre comme vous vous en doutez. La longueur du papier tient au fait que plus de temps pour écrire = propos plus développé.
Il reste toujours le résumé et les note étoilé pour les plus impatients, le reste de la communauté prendra peut être plaisir à lire un peu plus de contenu.

Merci pour le conseille sur Chaos Legion, je me suis renseigné c'était très intéressant.
Je prend ce dernier pour en venir au point de vue de ce type de papier, l'idée étant de développer sur le jeu mais aussi ce qui tourne autour de celui-ci (livres, film etc, etc) afin ensuite de partager avec les lecteurs que cela intéresse.

Si c'est vraiment trop long, et ça ne risque pas de s'arranger, il reste toujours le forum 18-25.

A vous lire

Walker
26/04/2019 à 17:45

Non mais rien que la longueur de la critique ne m'incite pas à la lire, l'esprit de synthèse ça existe, il s'est trompé de branche l'auteur de l'article pour nous proposer un tel pavé. On parle juste d'un jeu vidéo. De plus le gars dit d'emblée qu'il n'y connait rien en technique de jv, c'est une blague ?

Pog
24/04/2019 à 18:24

@Satyricus

Alors que chez toi, on sent zéro aigreur, problème avec l'idée de coexister avec autrui, et incapacité à dialoguer.

Satyricus
24/04/2019 à 18:21

Une critique pompeuse rédigé par quelqu'un plus investis dans la rédaction de ses vieilles blague, la critique d'autrui que dans le jeu lui même
On sent un égo poisseux à travers ces lignes

Maurice Escargot
15/04/2019 à 17:47

God Of War est devenu un film interactif (ce qu'il a toujours été plus ou moins d'ailleurs, son gameplay ayant toujours été assez basique), DMC est resté un jeu à combos qui exige d'être refait plusieurs fois pour dévoiler toute son exigence. Bref, pas la même came, les deux licences n'ont jamais eu les mêmes ambitions et les mettre en compétition n'a pas de sens à mon avis.

Angel of Death
15/04/2019 à 03:42

Tu devrais jouer a chaos Legion d'abord pour connaitre un peu plus sur V
Merci.

Bubble Ghost
14/04/2019 à 15:59

Olala... Cry Me A River... La puissance cosmique du jeu de mot, a fait tout mon dimanche... Merci à vous XD

NeoGeo
14/04/2019 à 15:53

J’avais bien aimé le 4. Mais que le 5 est chiiiiiiant !!!
Les décors sont gris et redondants... très déçu.

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