Homefront : Call of Duty par John Milius

Raphaël Carlier | 23 mars 2011
Raphaël Carlier | 23 mars 2011

Impossible d'échapper à la campagne publicitaire d'Homefront, le Call of Duty de l'éditeur THQ. Forcément attendu avec son « solo intense » et son « multijoueur original », que vaut vraiment ce jeu cosigné par un grand scénariste et réalisateur ?

 

Par l'auteur d'Apocalypse Now et de l'Aube Rouge

 

Le jeu vous le clame haut et fort dès le lancement, le scénario est signé par le grand John Milius (un aperçu de sa filmographie ici) voilà qui promet ! Et l'entrée en matière est très réussie. Dans une séquence mêlant habillement images de synthèse et films d'archives, on apprend que le fils du président de la Corée du Nord Kim Jong-il lui succède au pouvoir. Plein d'ambition, il rassemble la Corée du Nord et du Sud sous une même bannière allant jusqu'à réaliser l'improbable : envahir le pays de l'Oncle Sam. Le jeu peut commencer. Dans la peau d'un pilote de l'armée, vous êtes secouru par la résistance civile très rapidement, et le jeu vous balade d'un camp de concentration à un camp de réfugiés. L'ambiance est bien là, angoissante et crédible. Mais hélas le jeu n'exploitera jamais le potentiel de cet univers d'anticipation plombé par un manque terrible de maîtrise et de moyens.

 

Le Call of Duty du pauvre ?

 

Passons rapidement l'aspect graphique du jeu. Si la version PC est correcte (et la compatibilité 3D Vision excellente comme tous les jeux THQ), les versions consoles piquent les yeux ; Homefront semble venir d'un autre âge. Et malheureusement ce n'est pas la prise en main qui risque de sauver les meubles : Ni plus ni moins qu'un plagiat du blockbuster d'Activision. Les touches sont identiques et certains passages sont du copié/collé (bullet-time après avoir défoncé une porte/ballade en hélico). Le tout manque sévèrement de pêche et s'avère bien fade les déplacements, très lent, enfonçant le clou. Au moins, le manque cruel de feeling et de recul avec les armes est compensé par une précision très rare dans les FPS consoles actuels. Pour conclure ce paragraphe, les animations et l'IA semblent aussi issues d'une autre époque.

 

Un multijoueur correct

 

Après le très court solo qui s'achève en queue de poisson (moins de 5h sans réel coup d'éclat) il reste donc le multijoueur qui profite du savoir faire du studio après le sympathique Frontlines. Là aussi l'ombre de Call of Duty plane sur le système de classes qui propose de nombreux éléments à débloquer, de l'arsenal aux compétences. Mais l'avantage d'Homefront est de proposer de grandes cartes avec des véhicules où s'affrontent 32 joueurs. Mais seulement deux modes de jeu dont le plus intéressant voient deux équipes s'affronter pour capturer des points stratégiques et faire avancer ou reculer la ligne de front, c'est maigre. On regrette aussi le nombre de cartes : seulement sept sans grande originalité.

 

On ne vous le cache pas, Homefront est une cruelle déception. Le potentiel est là, l'excellent background palpable, mais la prise en main banale et la réalisation datée plombent l'ensemble. Reste un multijoueur sympathique qui offre tout juste de quoi patienter en attendant le mastodonte Battlefield 3.

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