Test évènement : Batman Arkham Asylum

Raphaël Carlier | 15 septembre 2009
Raphaël Carlier | 15 septembre 2009

Disponible depuis quelques semaines dans le commerce, Batman Arkham Asylum s'est déjà vendu à plus de 2 millions d'exemplaires et il est entré dans le Guiness Book en tant que jeu de super héros le mieux noté par la presse (voir notre article). Il était donc temps que la rédaction décortique cette ode à l'univers dense et mythique du célèbre personnage créé par Bob Kane il y a maintenant 70 ans !

 

Après le lancement du jeu, une somptueuse cinématique nous apprend que le Joker a été appréhendé par Batman. Fonçant vers l'asile d'Arkham en Batmobile, le chevalier noir escorte lui-même le Joker, retrouvant pour l'occasion son doubleur de la série animée des années 90 (soit Mark "Luke Skywalker" Hamill en V.O.). Une fois dans l'enceinte de ce lieu des plus célèbres de l'univers de l'homme chauve-souris, on escorte le Joker accompagné du commissaire Gordon. Cette séquence d'introduction nous évoque immédiatement celle des Chroniques de Riddick (retrouvez le test en cliquant ici). L'immersion est totale, les dialogues de qualité tout comme le doublage (dommage par contre que la voix de Batman soit un peu trop « gentille »). Très vite les choses dégénèrent et le Joker prend le contrôle de l'asile aidé d'Harley Queen et d'autres sbires, piégeant Batman et le personnel d'Arkham. Le jeu du chat et de la souris peut débuter.

Si on pouvait croire que l'aventure allait se dérouler intégralement dans une succession de couloirs sombres de l'asile, on déchante très vite. Après une petite heure de jeu notre héro se retrouve à l'extérieur de l'île d'Arkham : un lieu immense avec plusieurs bâtiments offrant des décors variés (Le Manoir, le Jardin Botanique, le Pénitencier,...). Hélas ce sentiment de liberté s'estompe peu à peu dès lors que vous serez obligé de suivre un certain itinéraire pour faire avancer l'intrigue. Heureusement la force du jeu réside dans sa jouabilité et son (quasi)parfait mélange des genres.

Fidèle à sa réputation, Batman sera parfois obligé d'observer les alentours et d'éliminer les ennemis silencieusement et méthodiquement en parfait prédateur nocturne qu'il est. Ainsi, perché sur une gargouille il vous sera possible de fondre sur l'ennemi ou encore vous pendre par les pieds pour surprendre un ennemi un peu trop proche de votre position. Grâce à Lucius Fox, votre panoplie de gadgets s'avère bien fournie, et le plaisir augmente à mesure que vous débloquez des objets ou améliorations grâce à vos points d'expérience. Grapin, Batarang, Batarang sonique, mousse explosive, Bat-Griffe,... autant d'objets (et plus encore) que de possibilités d'étourdir vos ennemis. Étourdir car Batman ne tue pas évidemment. Et quand il assomme, il le fait avec un certain panache. Le second cœur du gameplay se situe dans le système de combat baptisé pour l'occasion «  Free Flow Combat ». Une touche pour frapper, une autre pour contre-attaquer. Simpliste au début, les combos vont s'enrichir au fur et à mesure que vous avancerez dans le jeu et amasserez de l'expérience. Étourdir un ennemi armé d'un couteau avec votre cape, prendre à revers un ennemi armé d'un bâton électrique, jeter son batarang avant un finish move radical... Plus les coups sont enchaînés avec le bon timing et sans interruption, plus vos coups son spectaculaires, sentiment renforcé par les bruitage et les excellentes animation. Le système et accessible, riche, et jouissif.

Viennent s'ajouter des séquences de détective (suivre les traces de certains personnages) évoquant brièvement Condemned, ou alors de véritables casse-tête pour résoudre les énigmes de Enigma (l'homme mystère en personne). Heureusement, Batman dispose du mode Détection, une touche qui active une vision X à laquelle aucun mur d'Arkham ne fait obstacle. On appréciera aussi certains passages mémorables vous envoyant dans les dédales de l'esprit et des peurs de Batman, gazé par l'épouvantail dans des séquences mémorables dont on vous laisse la surprise.

Du point de vue de l'histoire et des personnages c'est la grande classe. Rien d'étonnant puisque c'est Paul Dini qui est derrière. Qui est-ce ? Le co-créateur et co-scénariste de l'excellente série animée à laquelle Mark Hamill prêtait sa voix. L'aventure progresse très intelligemment avec son lot de rebondissements, mais ce qui marque le plus c'est le grand respect de cet univers sombre et gothique et les méchants très réussis (le Joker, Harley Queen et l'Épouvantail en tête de file). Le postulat de départ est simple mais efficace, le Batman est piégé par son plus célèbre Némésis dans l'asile où la plupart des patients ont étés capturés par le chevalier noir lui-même. De plus, vous trouverez sur votre chemin de petits enregistrements  audio des patients principaux (les ennemis que vous affrontez dans le jeu) en apprenant ainsi plus sur leurs motivations, sans compter qu'en trouvant les figurines d'Enigma disséminées partout sur la carte vous débloquerez les biographies des plus célèbres personnages parsemant l'univers de Batman ; un régal. Le tout est prenant et terriblement cohérent. A ajouter les musiques et l'esthétique gotique nous plongeant encore plus dans l'ambiance, surtout pour les amateurs de la célèbre série animée.

 

Une immersion aussi due à une technique irréprochable. Utilisant l'Unreal Engine 3, les petits gars de Rocksteady ont fait des merveilles : Arkham Asylum et sans doute un des jeux (avec Gears of War 2) qui exploite au mieux le moteur graphique d'Epic. Les textures sont belles et détaillées, et le travail sur l'éclairage et impeccable. Ajoutez-y une fantastique direction artistique et vous obtenez un des plus beaux jeux actuels. Petit plus aussi pour l'animation très fluide (et la cape de Batman... un régal).

Avant de conclure, signalons que pour prolonger cette aventure qui vous tiendra en haleine grosso modo une quinzaine d'heures (un peu plus pour les plus téméraires qui voudront finir le jeu à 100% en trouvant tous les objets et énigmes cachés), les développeurs ont implémenté un mode de jeu inédit faisant office de bouquet final. Le mode Défi vous proposera un bon nombre de niveaux inspirés de l'aventure dans lesquels il faudra soit venir à bout de vagues consécutives d'ennemis en enchaînant le plus de combos possible dans une petite arène, soit éliminer discrètement (ou pas) des ennemis bien armés dans des niveaux offrant un large panel de possibilités dans un temps records. Plutôt corsé vers la fin, ces niveaux vous accrocheront pendant un bon moment. Et la bonne nouvelle c'est que le 17 Septembre deux nouveaux défis seront disponibles en téléchargement gratuit. Espérons que l'éditeur ne cèdera pas trop vite aux sirènes des contenus payant.

Édité par Eidos, développé par Rocksteady, Batman Arkham Asylum est un grand jeu qui ravira autant les fans de l'homme chauve-souris que les amateurs de jeux vidéo (et les fans du Joker seront aux anges). Même si tout n'est pas parfait (à commencer par l'IA), le jeu est tellement travaillé et réussi sur tous les plans qu'on ne peut qu'être enthousiaste et unanime face au travail accompli ainsi qu'au respect du matériau d'origine. On attend de pied ferme une suite se déroulant dans Gotham, surtout que d'après la fin du jeu cela pourrait bien se tirer à pile ou face...

 

Disponible depuis le 28 Aôut sur PC, Xbox 360 et Playstation 3*

 

* Pour les possesseurs de cette version, il est possible de jouer avec le Joker dans le mode    Défi après téléchargement du contenu adéquate sur le Playstation Store.

 

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