Final Fantasy la saga du pire au meilleur, et c'était pas simple (partie 2)

Prescilia Correnti | 7 mars 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Prescilia Correnti | 7 mars 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Studio au bord de la faillite et parti de rien, Square Enix est aujourd'hui l'un des piliers de Sony. L'occasion de retracer le meilleur et le pire de leur saga culte : Final Fantasy.

Alors que Final Fantasy 7 Remake est sorti il y a peu et a fait l’objet d’un véritable éloge critique, la suite (tant attendue par les fans) a récemment fait parler d’elle. Ce qui nous a donné envie de nous replonger dans l’histoire de la saga et de faire un classement des meilleurs Final Fantasy. 

Bien évidemment, si l’envie mordante de mettre des spin-off comme Crisis Core ou l’excellent Final Fantasy Tactics nous ont rongé les doigts très (très) forts, ce classement ne compte que les épisodes principaux de la franchise et est exempt du Final Fantasy 7 Remake

Et oui, bien sûr que personne ne sera jamais d'accord. C'est le jeu.

Retrouvez la première partie du classement.

 

photoPriez fort pour voir votre chouchou en haut du classement 

 

9. Final Fantasy III

Final Fantasy III (le vrai cette fois, celui qui n'avait jamais vu le jour aux États-Unis) fait partie de ces jeux qui ont regagné en popularité grâce à une  très jolie remasterisation. Sorti à l'origine en 1990 sur Famicon, il est revenu en 2006 grâce à son remaster sur DS.

Le résultat est parmi les plus belles réussites de la DS : le jeu est magnifique, en particulier les villes et les donjons. L'un des aspects les plus impressionnants est la quantité de détails : chacun des quatre personnages a sa propre illustration et son propre design, pour chacune des nombreuses classes disponibles ; et leurs portraits d'écran et modèles de terrain changent en fonction de la classe (d'ailleurs, ils ressemblent plus aux personnages de Final Fantasy Tactics que ceux des autres séries principales).

 

photoLa base

 

Les concepteurs ont également retravaillé l'histoire, les personnages et le gameplay. Les musiques originales de Nobuo Uematsu ont bénéficié de nouveaux arrangements beaucoup plus sophistiqués, si bien que FFIII apparaît comme l'une des plus belles œuvres du compositeur bien-aimé.

À bien des égards, Final Fantasy III est une lettre d'amour de Square Enix aux vrais aficionados du RPG classique de la vieille école, avec l'accent mis sur les bases : un gameplay stimulant combiné à une narration charmante et simple, et une musique mémorable. Bref, un jeu que personne ne doit laisser passer.

 

photoUne des plus belles déclarations d'amour 

  

8. Final Fantasy XIII

Final Fantasy XIII a un peu plus de 10 maintenant et pourtant sa seule mention continue encore de faire crisper les fans de la saga. Un coup d'oeil sur l'opus confirme que le jeu a des cicatrices, mais qu'il mérite une seconde chance. Il y a des raisons légitimes qui font que Final Fantasy XIII est un opus difficile à appréhender. Dès le début, il est compliqué de réellement se plonger dans le contexte et l'histoire. Qu'est-ce qu'une fal'Cie ? Qu'est-ce qu'une l'Cie ? Quelle était la nature exacte du Sanctum, la théocratie religieuse qui poursuivait nos héros ?

Pour autant, d'autres accusations ne tiennent pas la route, comme l'idée que les principaux personnages étaient pleurnicheurs ou inefficaces. Lighting est peut-être taciturne, mais au fond, son arc n'est pas fondamentalement différent de celui de Cloud Strife de Final Fantasy VII . Elle est une soldate qui se redéfinit face à un défi existentiel.

 

photoOù suis-je, que fais-je

 

L'histoire est donc simple : elle consiste à décider qui vous êtes, et à définir votre propre but dans la vie. C'est un thème qui se joue aussi dans plusieurs des arcs des autres personnages. Le clown Snow Villiers se présente au départ comme un héros, embrasse sa quête, pour finalement comprendre qu'il agit plus par ego que par responsabilité. Le jeune Hope Estheim jure de se venger de la mort de sa mère, mais découvre qu'il ne peut pas se redéfinir en quelque chose qu'il n'est pas.  Final Fantasy XIII parle de gens désordonnés, qui se mentent entre eux, et qui sont poussés au bord du gouffre.

Par ailleurs, Final Fantasy XIII a aussi été accusé d'être trop linéaire et trop couloir. Dans le contexte de la série à ce stade, c'est une critique quelque peu déroutante vu que ça n'a rien de propre à cet opus. Au hasard Final Fantasy X suit le même schéma, et reste (à notre humble avis) l'un des jeux de rôle les plus cohérents.

 

photoL'intro était quand même super  

 

7. Final Fantasy XII

Si vous n'avez pas joué à Final Fantasy XII, vous devez savoir trois choses. La première est que c'est un jeu Ivalice, ce qui signifie qu'il ressemble beaucoup à Final Fantasy Tactics, Vagrant Story et (surtout) Final Fantasy Tactics Advance 2. On y retrouve également certaines tendances du réalisateur Yasumi Matsuno, qui a quitté FF12 à mi-chemin de la production, mais dont l'esprit est omniprésent. Rien quen dans l'intrigue alambiquée à la Game of Thrones, avec beaucoup de politique et de coups bas. 

La deuxième, c'est que le gameplay de FFXII ne ressemble à aucun autre jeu la saga. C'est comme un MMORPG, sauf que cette fois vous contrôlez tous les personnages. Au lieu de traverser un groupe de trois ou quatre héros et de leur donner tous les ordres, vous pouvez planifier les choses à l'avance, en utilisant un mécanisme appelé "Gambit System".

 

photoLe combat a changé

 

La dernière, c'est que Final Fantasy XII a fait l'objet d'un énorme débat à sa sortie. Cet épisode a malheureusement inauguré la pratique moderne de Square Enix, avec des cycles de développement étonnamment longs pour la série - cinq ans ici, ce qui était alors sans précédent, et est en partie lié a départ deYasumi Matsuno.

Le jeu montre les signes de ce bouleversement en coulisses, et son histoire est loin d'être aussi peaufinée qu'elle aurait dû l'être. FFXII est néanmoins un témoignage de ce que les ressources de Square Enix peuvent créer, en déployant un titre ambitieux qui fonctionne si bien sous de nombreux aspects que ses défauts sont facilement excusables. 

Final Fantasy XII, c'est aussi un jeu sorti à l'apogée de la PS2, puisqu'il est arrivé vers la fin du cycle de vie de la console Sony, et a démontré (presque) toutes les capacités graphiques du système. La caméra est parfois rageante, en raison de sa tendance alarmante à pointer droit vers le bas lorsqu'elle est proche des coins, mais les visuels restent impressionnants de détails tout au long du jeu. Final Fantasy XII aurait pu être meilleur, certes, mais il reste un épisode de haut vol.

 

photoUne approche déconcertante, mais qui vaut le coup d'oeil 

 

6. Final Fantasy X

Là, on ne va pas se le cacher, le classement commence à être difficile. Placer Final Fantasy X en 6e position peut faire mal à certain.e.s vu sa popularité, et pour nous aussi.

Sorti en 2001, FFX est le premier jeu de la saga à profiter de toute la puissance de la PlayStation 2, laquelle a permis aux graphismes de passer au niveau supérieur, rendant les terres de Spira et les modèles de personnages plus réalistes que jamais. Final Fantasy X offre des environnements spacieux et variés, visuellement spectaculaires, avec des couleurs magnifiques, ainsi que des donjons comportant d'excellentes énigmes.

C'est sans aucun doute la plus belle et la plus grande histoire d’amour de toute la saga. Voir le lien entre Tidus et Yuna grandir alors qu'il l'accompagne dans sa quête pour détruire Sin offre une aventure passionnante, particulièrement bien menée, et émotionnellement forte. Raconté exclusivement du point de vue de Tidus, le récit est plus mature et sobre que la plupart des autres opus de la saga.

 

photo*musique de la victoire*

 

Bien sûr, c'est parfois un peu ringard, mais le côté ringard finit par le rendre plus touchant encore. Il y a des moments gênants (la scène de rire assez étrange de Tidus), mais le jeu se maintient grâce à des thèmes poignants (le deuil, l'absence, le sacrifice, le déterminisme, la corruption), et une très belle mélancolie omniprésente. Derrière la légèreté, il y a une vraie tragédie, qui se dévoile peu à peu. Ainsi, la façon dont les communautés sont affectées par l'être péché et son chaos est déchirante, tout comme le destin de Yuna (et de ses amis, à ses côtés), peu à peu révélé.

Seule vraie grosse limite : FFX est une expérience essentiellement linéaire, comme un long et beau couloir. Entre les longues séquences narratives non interactives, et un cheminement parfois extrêmement cadré, l'aventure peut frustrer, surtout en y rejouant.

FFX reste dans tous les cas un épisode majeur, magnifique et passionnant, porté par des personnages inoubliables. Et on a envie de rajouter qu'il contient certains des plus beaux thèmes musicaux de l'histoire du jeu vidéo - Besaid Island, Forest of Macalania, The Silence Before the Storm, Hurry !, Wandering, The Advancing Men, Assault, Illusion... 

 

photoSi t'as pas été ému, c'est vraiment que t'as pas de coeur

 

5. Final Fantasy IV

Pourquoi placer aussi haut un Final Fantasy aussi vieux ? Pour la simple et bonne raison que Final Fantasy IV a inauguré l'âge d'or des RPG 16 bits. De l'ère pré-PS1 de Final Fantasy, la plupart des gens s'accordent à dire que le meilleur jeu est Final Fantasy VI, même si FFIV n'a pas non plus à rougir.  

Final Fantasy IV n'était peut-être pas le premier à tenter de raconter une histoire si ambitieuse (les développeurs japonais ont profité de l'ère Super Nintendo pour expérimenter toutes sortes de structures narratives), mais il était, en 1991, le meilleur, et de loin. Les personnages de FFIV possèdent des arcs forts, et grandissent et évoluent de manière passionnante au fur et à mesure que vous progressez dans le jeu. 

C'est aussi le premier épisode à introduire l'Active Time Battles, l'un des systèmes de combat les plus emblématiques de l'histoire du JRPG. Et c'est un système brillant, qui allie la stratégie des combats au tour par tour au rythme effréné des jeux d'action. Ce n'est pas un hasard si Final Fantasy s'y est tenu jusqu'à l'ère de la PlayStation 2.  

 

photoLa magie des pixels d'hier

 

Malgré sa simplicité apparente, Final Fantasy IV est loin d'être facile. Les ennemis sont suffisamment difficiles pour que même les joueurs expérimentés se retrouvent à rejouer de nombreux combats de boss. Et, grâce à la grande variété de sorts magiques, de coups physiques et de créatures invoquées, il y a suffisamment de stratégie pour nous empêcher de taper sur l'attaque sans réfléchir d'une bataille à l'autre.

Mais les joueurs ne se souviendront probablement pas tant des batailles que de l'histoire tragique et déchirante, qui voit un chevalier commettre involontairement de terribles atrocités, puis passer le reste du jeu à essayer d'expier ses crimes. FFIV regorge de moments vraiment émouvants, comme une scène du début où l'invocatrice Rydia doit impérativement surmonter son stress post-traumatique afin de lancer un sort de feu pour pouvoir progresser à travers une chaîne de montagnes, et essayer de sauver un château voisin de la chute des forces de Golbez.

C'est un récit simple et fort, une histoire épique et émouvante de rédemption, qui a naturellement résisté à l'épreuve du temps. Notamment grâce à un méchant nuancé et complexe, et le triangle amoureux/rivalité entre Cecil, Kain et Rosa.

Notons tout de même que si Final Fantasy IV est resté dans les mémoires, c'est en partie parce qu'il a été, pendant un certain temps, le seul jeu de la série auquel les fans occidentaux pouvaient jouer en dehors de l'original.

 

photoUne histoire de héros, une histoire de rédemption

 

4. Final Fantasy VIII

Que dire de Final Fantasy VIII si ce n’est qu’il représente sans aucun doute l’entrée la plus étrange, la plus audacieuse et la plus féérique de toute la série ? Après le succès incroyable du précédent épisode, Final Fantasy VIII a imposé la saga comme définitivement incontournable pour de nombreux joueurs et joueuses à travers le monde.

Alors que Square tâtait le terrain et les possibilités que pouvaient offrir la PlayStation sur Final Fantasy VII, FFVIII a amené la saga à un niveau de précision totalement bluffant et sans précédant dans l'histoire de la série jusqu'alors. Exemple : FFVII introduisait des modèles en 3D, et Final Fantasy VIII a considérablement affiné leurs conceptions afin que nous puissions voir Squall et ses amis dans les moindres détails. 

Ce huitième opus de la saga a également réinventé la roue de la bataille du temps actif sans abandonner complètement les racines de la série. Le nouveau système de jonction a remplacé les armures et autres accessoires pour la personnalisation, et chaque personnage principal disposait d'une arme de set qui modifiait considérablement son style de combat.

 

photo"Bah on essaie de classer la saga"

 

Le plus grand changement, cependant, a été l'accent mis sur l'invocation. Avec un jeu de cartes à collectionner et un système de niveaux radicalement différent, Final Fantasy VIII a été le premier pas vraiment audacieux dans une nouvelle direction. Tous ces changements de gameplay ont fonctionné de manière incroyablement intéressante, permettant aux joueurs de choisir comment ils voulaient aborder l’expérience. 

Et quelle expérience : autour de Squall, Rinoa, Seifer et bien sûr Ultimecia, FFVIII a construit une aventure épique, sans cesse surprenante et particulièrement envoûtante. Et là encore, la musique y est pour beaucoup (The Stage is Set, Find Your Way, Blue Fields... sans oublier Fithos Lusec Wecos Vinosec).

Avec son intrigue unique et surréaliste, sa nouvelle approche du combat et ses graphismes, Final Fantasy VIII est un titre qui a marqué les esprits, et une génération entière (rien que la grande scène d'introduction). Quitte à parfois sembler trop complexe, trop sombre ou trop mélodramatique, c'est un épisode qui y va à fond, et mixe un nombre impressionnant d'idées et ambitions. Bref, un titre dans lequel tout amateur de RPG qui se respecte devrait se plonger au moins une fois.

 

photoUne introduction des plus hypnotisantes sur Liberi Fatali 

 

3. Final Fantasy VII

Nous y voilà. En 1997, la trilogie Star Wars était rééditée, Luc Besson sortait Le Cinquième Elément et le monde des RPG était sécoué par une tornade moderne. La question de savoir si tout ça a bien vieilli est épineuse, mais une chose est à peu près sûre : la valeur de Final Fantasy VII n'a pas faibli avec le temps, puisque malgré le poids technique des années, le jeu est toujours aussi solide et important.

Final Fantasy VII a eu un développement semblable à un blockbuster hollywoodien. Alors que les choses devenaient compliquées avec Nintendo, Sony a su profiter de l'occasion pour proposer un soutien nettement plus puissant à Square, et offrant donc beaucoup plus de moyens. Très rapidement, Square réunit la somme astronomique de 45 millions de dollars - le budget le plus important de l'histoire des jeux vidéo à cette époque. Si au début du développement, l'équipe ne comptait que 45 personnes, elle en comptait une centaine à l'approche de la fin.

A la barre de ce septième volet, il y a les stars de Square de l'époque : le chef de projet Hironobu Sakaguchi, le réalisateur et scénariste Yoshinori Kitase, le scénariste Kazusige Nojima, le concepteur de personnages Tetsuya Nomura et le compositeur Nobuo Uematsu. Le cycle complet de développement de Final Fantasy VII a pris 13 mois - une période incroyablement courte pour un projet de cette ampleur. Il est intéressant de noter que les développeurs n'ont pas pu faire tenir le jeu dans le volume d'un seul CD - l'édition finale en a pris trois.

 

photo"Je suis un gros soldat musclé"

 

Alors, pourquoi on retient Final Fantasy 7 ? Parce que c'est un moment de bascule pour la saga, et le genre. L'univers et l'intrigue diffèrent radicalement de ce que Square a montré dans les jeux de rôle précédents, réalisés principalement dans le style traditionnel des contes de fées. Certes, Chrono Trigger et Final Fantasy VI s'orientaient déjà avec prudence vers la techno-fantaisie et le steampunk, mais c'est dans FFVII que les joueurs ont vu pour la première fois un monde riche dans lequel on trouve de hautes technologies, des vaisseaux spatiaux et des armes de destruction massive.

La principale menace n'était pas les empires maléfiques ou les seigneurs des ténèbres, mais les politiciens corrompus, les érudits psychopathes et les entrepreneurs cyniques, qui décidaient du destin du monde depuis des tours confortables. Après s'être débarrassé de la censure et des politiques familiales de Nintendo, Square pouvait commencer à parler de choses sérieuses : problèmes environnementaux, inégalités sociales, terrorisme, prostitution. Bienvenue dans l'ère moderne.

Les mini-jeux de Final Fantasy VII constituent une exception notable à la facilité générale d'interaction. Les courses de Chocobo, la guerre sous-marine, les combats sur route inspirés de Mad Max et le snowboard seront tous nécessaires pour progresser. C'est sans doute le cadre adulte, sombre et plausible qui a provoqué chez les joueurs une réaction émotionnelle plus forte, faisant de Final Fantasy VII l'un des opus les plus inoubliables de la saga. Et puis, FF7 détient le record de la mort la plus traumatisante, non ?

 

photoDéterminé

 

2. Final Fantasy IX

Comment dépeindre la magie de Final Fantasy IX ? Commençons par le commencement. Le jeu s'ouvre dans le port d'Alexandrie, où le bateau-théâtre Tantalus vient donner une représentation. Alors que la ville est en pleine effervescence, l'équipage du navire pense à autre chose : certains membres de l'équipage, dont le chef Zidane, utilisent l'événement comme une diversion pour kidnapper l'héritière du trône, la princesse Garnet. Ils ne savent pas que la princesse elle-même a l'intention de profiter de cette occasion pour s'enfuir d'Alexandrie.

L'ouverture de Final Fantasy IX est enchanteresse. Elle tisse un délicieux va-et-vient entre la pièce, la princesse essayant de s'enfuir, et Zidane essayant de la kidnapper. Ce rythme parfait sera l'une des caractéristiques de l'expérience du jeu, tout comme l'équilibre entre le combat et l'histoire.

Chaque épisode de la saga est une bête à part, et c'est la magie de Final Fantasy, mais FF9 se démarque encore plus. FF7 et FF8 s'efforçaient de correspondre aux codes des années 90, avec plus de réalisme et un ancrage dans le réel ? Ce neuvième épisode va tout à fait dans l'autre sens, avec une esthétique totalement fantaisiste et plus proche de la caricature, que ce soit dans les personnages ou les environnements. 

FF9 semble être l'un des rares jeux à assumer ses racines esthétiques, et les célébrer plutôt que de les fuir ou camoufler. L'opus tente l'impossible mélange entre l'art de la vieille école et la modernité de la PlayStation, comme pour répondre à un beau fantasme : à quoi ressemblaient ces villes 8 bits dans l'imagination des enfants qui jouaient à Final Fantasy I sur leur NES, en 1990 ?

Sur le plan technique, FFIX fait d'ailleurs preuve d'une maîtrise de la puce sonore de la PlayStation que les deux jeux précédents n'avaient pas encore atteinte.

 

photoLà c'est le moment on sait pas quoi dire

 

Ce qui fait surtout la beauté éternelle de Final Fantasy IX, c'est la passion véhiculée par son créateur, Hironobu Sakaguchi. À bien des égards, FFIX est le jeu de ses rêves, enfin rendu possible par la puissance de la PlayStation. Par-dessus tout, et au-delà du système de combat, des graphismes et de la bande-son, c'est l'histoire qui guide le voyage. Et quel voyage : rythmé, dynamique, alternant des moments épiques avec des phases de digestion, c'est une aventure brillamment menée.

D'autant que malgré ses allures mignonnes et une musique joyeuse, Final Fantasy IX n'a pas peur de s'assombrir et d'être carrément noir. Tous les personnages ont de lourds bagages qu'ils emportent avec eux dans leur aventure. Des villes sont détruites. Des endroits qui devraient être considérés comme des sanctuaires sont corrompus. Les valeurs établies sont remises en question. Chaque personnage doit faire face au désespoir de sa propre situation. Bref, un grand jeu qui prend aux tripes, et offre un arc-en-ciel visuel et émotionnel inoubliable.

 

photoUn peu et on dirait la tête de Franky 

 

1. Final Fantasy VI 

Sorti en 1994, Final Fantasy VI est considéré par bon nombre de joueurs comment étant l’un des meilleurs opus de la saga. Créé vers l'apogée de l'ère des 16 bits, FFVI démontre la pleine maîtrise des développeurs, avec un jeu beaucoup plus raffiné que son successeur. Alors qu'il est assez difficile de regarder les figures trapues et bloquées de FFVII, FFVI est tout aussi beau que le jour où il a fait son apparition dans les magasins à l'époque.

C'est dans cet épisode que la haute fantaisie est devenue légendaire, et que la magie a été remplacée par les progrès scientifiques et la technologie naissante de la seconde révolution industrielle. La seconde moitié du jeu a ouvert les perspectives, vous permettant de compléter les objectifs et les donjons dans un ordre non linéaire ; et ce niveau de liberté était vraiment quelque chose d'étonnant à l'époque. Tout comme les solides caractéristiques de personnalisation (dont des sorts magiques uniques), un système d'invocation modifié, et une multitude d'armes, qui faisaient du système traditionnel de combat en temps actif une joie constante.

Par ailleurs, Final Fantasy VI mettait en vedette une équipe exceptionnelle, avec plus d'une douzaine de personnages. De l'héritage tragique de Terra aux correspondants secrets de Cyan, FFVI possède une profondeur encore rare aujourd'hui. Autant dire qu'en 1994, c'était sans précédent. 

 

photoUn design de monstre impeccable

 

Un aspect important de l'identité de FFVI est sa magnifique direction artistique, signée par l'artiste de longue date de Final Fantasy, Yoshitaka Amano. De la menace mécanique de l'armure Magitek à la bizarrerie de personnages comme Gogo, le brillant travail artistique d'Amano a largement contribué à l'esthétique de la peinture à l'huile - et instantanément reconnaissable - d'un monde pleinement réalisé. Ce style a donné des graphismes révolutionnaire, avec des villes et des grottes rendus par des ombres et des lumières complexes.

Final Fantasy VII et son remake sont connus pour leurs mécaniques de combat uniques, tels que le système Limit Break (qui accorde aux membres du groupe des capacités uniques en cas de mort imminente) et le système Materia (qui permet à n'importe quel personnage d'apprendre certains types de magie). Et bien, encore une fois, c'est Final Fantasy VI a en fait introduit ces mécanismes. 

Sans surprise, le jeu est dôté d'une bande-son incroyable, magistralement composée l'incontournable Nobuo Uematsu. Et ce FFVI contient peut-être d'ailleurs le plus grand nombre de thèmes pour chaque personnage.

 

photoGogo, l'un des personnages les plus beaux et atypiques de la saga

 

S'il ne fallait garder qu'une raison pour placer FF6 en haut du podium, ce serait ses personnages merveilleusement écrits. Quasiment tous ont une histoire développée (même si certaines ne sont pas très passionnantes), et tous doivent affronter un passé traumatisant.

Il est également intéressant de noter le rôle important de Terra et Celes. À une époque où les héroïnes de jeux vidéo étaient peu nombreuses (Metroid était passé par là avec la grosse armure militaire de Samus Aran, et Tomb Raider arrivera deux ans après : on en parle en détail par ici), elles étaient centrales dans ce conte épique. Et elles sont parmi les personnages les plus puissants, tant dans l'histoire que dans le gameplay. Ces héros et héroïnes de FFVI sont un témoignage de l'héritage du jeu. Pour cette raison et bien d'autres, c'est un chef-d'œuvre véritablement intemporel des jeux de rôle japonais des années 90.

Et grâce à un remake, une nouvelle génération a pu retrouver la magie ressentie par celles et ceux qui allumaient leur Super Nintendo à l'époque - tout comme Final Fantasy 7 Remake l'a fait pour les vétérans et les nouveaux venus de Final Fantasy.

La première partie du classement avec les "pires" Final Fantasy, est par ici.

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commentaires
Aurion
25/03/2021 à 22:01

Malthael... Au contraire. Ff8 a une proposition unique et parfaitement géniale, dommage que tu ne le comprenne pas.

Dans les bon vieux jrpg, il n y a pas de véritable difficulté, le skill du joueur ne progresse pas vraiment, ce sont les personnages qui deviennent plus puissant en gagnant de l expérience. Le joueur doit donc se taper des phases de leveling relou, des Donjons avec des combats tous les deux pas etc.

FF8 propose de casser cette mécanique. Lever ne sert à rien, faire des combats ne sont plus autant nécessaires. Ce qui compte, c est le système d association. Il faut associer des magies aux caractéristiques des personnages via les g-force. Ces magies sont des consommables qu on peut acquérir de plusieurs façons. Les joueurs ne voulant pas s investir dans ce système peuvent compenser avec l invocation des g forces (entre autre) et éviter les monstres les plus dangereux du jeu.

Enfin, le jeu a été conçu pour qu on puisse désactiver les combats et les fuir très facilement. Le jeu est donc très plaisant à faire car utiliser la supression de combat (dans ff8 remastered), et ce dès le début du jeu, n altere pas du tout l expérience initiale. Le système est Certes expérimental mais tjrs intéressant, contrairement au système d apprentissage de ff9 par exemple.


Bref un superbe jeu, unique dans son genre.

Malthael1254
14/03/2021 à 08:23

Classement assez correct juste la possition de ff8 me pose un soucis certes il avait de bonne idée mais son principal défaut son système de difficulté grandissant avec le niveau du personnage donc les gens habitué à faire du lvl up sur ce type de jeu est complètement inutile sur ff8, donc placé ff8 aussi haut est un peu incompréhensible.

Erkael
13/03/2021 à 19:17

Et FF Type0?

Slater-IV
12/03/2021 à 08:57

D'une manière générale, on peut dire que l'âge d'or de la saga se situe entre le 5eme et 10eme opus, avec des hauts et des moins hauts.

C'était une autre époque, celle où la créativité de Square était à son summum.

Rétrospectivement, on peut dire que l'influence du 8eme opus a été fondamentale pour l'ensemble des itérations suivantes (hormis le 9).

Après le succès phénoménal du 7, le studio n'a pas hésité à rabattre une nouvelle fois les cartes avec un FF8 au diapason de la technologie (scènes en CGI et univers graphique incroyables pour l'époque). Le succès commercial fut au rendez-vous, encore plus que l'épisode précédent. Mais... D'aucuns s'accordaient déjà à dire qu'ils auraient souhaiter voir une suite directe à FF7 plutôt qu'un nouvel opus... Déception renforcée par la sortie du film FF au cinéma. Ce dernier, bien que magistral sur le temps technique, voyait son intrigue totalement decorellée de l'univers vidéo ludique de la saga.

Vint ensuite l'épisode 9, le dernier petit bijou de la PSX, dont les résultats ont marqué pour la première fois un signe de "déclin" (non mérité, certes...) envers un public semblant désormais très attaché au lore de FF7 et FF8.

Enfin, la PS2 fit son apparition, accompagnée peu de temps après sa sortie du 10 épisode (qui, pour la première fois, verra son intrigue déclinée à travers une suite "X-2" un peu plus tard) marquera la fin du règne de la saga dans le cœur des gamers, préférant alors lorgner du côté d'un certain PC en plein essor avec des jeux emblématiques (Diablo 2, Morrowind...).

Finalement, les épisodes suivant ne feront que confirmer cette tendance. Au fil des épisodes, la tendance "Heroic Fantasy" ne semblant ne plus faire acte de foi auprès des fans, Square devenu Enix, s'est rapidement heurté au fossé technologique nécessaire à la représentation d'un monde ouvert dans un univers Fantasy/futuriste, d'où la sortie d'un épisode 13 linéaire, et le développement chaotique d'un FF15 que tout le monde connaît.

L'inévitable FF7 remake découpé en plusieurs parties (mais dont la véritable feuille de route reste toujours inconnue à l'heure actuelle) viendra confirmer cet état de fait.

Enix saura t'il renouvelé sa saga avec son 16eme opus qui semble opéré un certain retour aux sources, tout en s'inspirant cette fois de succès récents (The Witcher 3, GOT), rien n'est moins sûr.

Une chose l'est en revanche : la saga Final Fantasy, autrefois le parangon de l'excellence vidéo-ludique, survie aujourd'hui dans le cœur des gamers grâce à son incroyable passé.

Un passant
12/03/2021 à 01:53

Entièrement d'accord avec ce classement même si j'aurais peut-être placé le 12 un peu plus haut ...

Aurion
10/03/2021 à 00:05

Pas d accord. De toute façon, il ne sera jamais possible de faire consensus.

J en ai marre de cette mode de mettre ff9 si haut. Ce jeu est vieillot,les donjons old schools, le système d apprentissage sans aucun intérêt....En fait,il a du potentiel mais il doit être remaké car dans l état actuel je le trouve relou.

Je préfère largement jouer à ff8, vraiment unique dans sa proposition.

Ff10 plus haut aussi...

Hubert Bonnissieu de la Bath
09/03/2021 à 18:26

Très surpris dans les premiers commentaires de voir que le IX est si peu apprécié. Il est... MAGIQUE !

J'ai eu la chance de débuter la saga avec le VII, que j'ai adoré. Le VIII aussi, malgré l'effacement intempestif de ma sauvegarde au début du 4ème CD...

Si j'ai débuté le IX avec circonspection, je me suis vite rendu compte que pour moi, il représenterait le summum de la saga. Intemporel. Vibrant. Son seul défaut, à mon goût, est le jeu de cartes que j'ai trouvé moins bien pensé que celui du VIII.

Le reste des FF a été une longue déchéance pour moi, même si le X a tenté des trucs très sympa. J'ai lâché l'affaire après le XII, je ne pourrai pas en parler.

Métaliente
09/03/2021 à 13:48

Si je devais y aller de mon petit classement je dirais :
1er: FF7
2ème: FF8
3ème: FF6
4ème: FF10
5ème: FF12
6ème: FF4
et loin derrière tous les autres ou presque FF15 je l'ai refais l'année dernière et non encore une fois à part la bande son qui est grandiose absolument rien ne va dans ce FF dû probablement à un développement chaotique à tel point qu'il est mille fois plus rapide de ne citer que ses atouts: LA BANDE SON.

Rawzen
09/03/2021 à 10:59

Totalement d'accord avec Moglok regardant FFXV : les personnages s'affirment au fil du jeu, l'histoire sait se montrer tragique et la/les fin(s) est, à mon sens, superbe. Je comprends la déception qu'il a pu susciter à sa sortie vu ce que Square avait vendu aux joueurs mais il faut le juger objectivement et dire qu'il n'a plus rien d'un final fantasy est très éloigné de la vérité. Les invocations (bien qu'aléatoires malheureusement) sont assez impressionnantes et la bande son est top. Placer le XII et le XIII au-dessus me paraît biaisé.

Vinceloup
08/03/2021 à 18:21

Franchement c'est vraiment lié à des émotions qui tiennent du personnel. Aucun FF n'est vraiment un mauvais jeu.
Le 9 est mon préféré.
Dans ceux que j'aime moins, je dirais le 10 qui ne m'a pas trop accroché.
J'ai juste trouvé le 15 maladroit dans sa narration et le 12 un peu aussi avec une exploration longue et ennuyeuse, mais ils ont quand même des qualités.
Je n'ai pas fait le 10-2, le 13-2 et 13-3.

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