Resident Evil Village : on a classé tous les jeux de la saga, du pire au meilleur (1ère partie)

Geoffrey Crété | 6 mai 2021 - MAJ : 09/05/2021 11:36
Geoffrey Crété | 6 mai 2021 - MAJ : 09/05/2021 11:36

Resident Evil 8 : Village arrive (notre test par ici), et on a classé tous les jeux majeurs de la saga, du premier à Resident Evil 7, en passant par Code Veronica, Revelations et les remakes. Quels sont les meilleurs et les pires Resident Evil ?

25 ans, une quinzaine de jeux principaux et presque autant de dérivés, des films d'animation, une saga au cinéma avec Milla Jovovich qui a rapporté plus d'un milliard, un reboot attendu au cinéma fin 2021, deux séries Netflix dans les tuyaux : Resident Evil est plus qu'incontournable.

Arrivée au stade où elle semble plus avancer dans le recyclage que la nouveauté, avec plusieurs remakes plus ou moins réussis en parallèle de nouveaux jeux, la franchise de Capcom continue d'être une référence. Et le huitième opus, intitulé Village, est particulièrement attendu, dès le 8 mai.

C'est donc une parfaite occasion pour classer tous les épisodes principaux, du pire au meilleur. Il y a eu des larmes et des cris, et ça n'engage que nous - et le classement se focalise sur les épisodes majeurs, excluant donc The Umbrella Chronicles, Outbreak, The Darkside Chronicles et autres.

La 2ème partie du classement et les meilleurs Resident Evil, c'est par là.

 

photoÇa a bien changé dis donc

  

15. RESIDENT EVIL 6

Il se passe quoi : Curieux mélange de Plus belle la vie et Planète Terreur, RE6 se découpe en divers chapitres, autour de Leon Kennedy et Helena Harper (aux USA), Chris Redfield et Piers Nivans (en Chine), ou Sherry Birkin et Jake Muller (en Europe de l'Est).

Leon est accusé d'avoir tué le président qui a en réalité été transformé en zombie, Jake se révèle être le fils d'Albert Wesker avec un sang aux propriétés uniques, Chris et Piers affrontent une attaque bioterroriste, et Ada a un clone. Tout ça sur fond de Neo Umbrella, d'amnésie, de complot terroriste mondial avec des mutants, des zombies et du kung-fu post-Matrix, qui essaie de faire copuler sauvagement horreur gothique, John Woo sous acide et rom-com zombies, avec un soupçon de MMA. À la fin, tout finit bien (sauf pour Piers).

 

photo Power ninja zombie apocalypse

 

Le pire : Ce n'est pas un hasard si Resident Evil 7 sera une vraie renaissance. Du scénario aux fraises (qui accumule les pires poncifs de la saga) à une technique dépassée (entre couloirs et nouveaux skins sur des décors familiers), en passant par un gameplay qui montre vite ses limites dans l'action, ce chapitre marque clairement la mort artistique et thématique de la saga. C'était le point de non-retour, au-delà duquel l'espoir n'était plus permis.

Reprenant la recette de Resident Evil 5, qui lui reprenait celle de Resident Evil 4Resident Evil 6 devient officiellement un mauvais blockbuster vidéoludique où tout explose, où tout est recyclé, et où le mauvais goût n'a plus de limite (ce dino-boss). Le découpage en plusieurs scénarios et duos accentue cette impression de gigantesque collage de clichés, grossièrement assemblés avec des coups de théâtre de bas étage. Alors que RE5 était en partie sauvé par la stabilité d'un duo central à peu près charismatique, et un embryon d'univers excitant, RE6 se noie dans un bordel de personnages, de sous-intrigues et de décors sans nom.

La surenchère est le seul effet spécial à l'écran, avec un effet de saturation qui transforme vite le plaisir régressif en souffrance. Le pire étant que le jeu se prend un peu trop au sérieux plutôt que d’assumer totalement une verve gonzo totalement délirante.

Le moins pire : Le début du jeu est relativement satisfaisant et prometteur, alors que Leon se retrouve au milieu d’un campus ténébreux plongé en pleine épidémie zombie. Et bien sûr, la coop (calquée sur Resident Evil 5) est certainement le meilleur moyen d'affronter cet épisode, et d'en rire à mesure que se déploie toute sa dimension grotesque.

 

photoToujours plus d'arènes et boss débilos

 

14. RESIDENT EVIL : REVELATIONS 2 

Il se passe quoi : La mythologie de la saga est tellement claire que l'équipe a la brillante idée d'un épisode qui se déroule entre Resident Evil 5 et Resident Evil 6, étalé sur deux timelines et découpé en épisodes, comme une série.

Tout commence donc avec Claire Redfield, encore au mauvais endroit au mauvais moment puisque sa soirée caritative est prise d'assaut par un commando, qui l'enlève avec sa copine Moira Burton, fille de Barry. Claire se réveille ENCORE dans une prison, ENCORE sur une île, ENCORE infestée de monstres. Papa Barry sera à la recherche de sa fille sur l'île, six mois après.

Le jeu va ainsi jongler entre le duo féminin, et le paternel Burton accompagné d'une gamine louche type film d'horreur, nommée Natalia. Ils affrontent Alex Wesker, sorte de sœur d'adoption d'Albert, tout aussi ridicule et tarée que lui, et qui a décidé de mener une expérience avec des bracelets colorés et le virus Uroboros. Elle a aussi envie d'être immortelle, mais elle se suicide puis ressuscite et re-meurt.

À la fin, Claire mentionne son frère et Piers, histoire de justifier pourquoi tout ça se passe avant RE6. Et Alex n'est peut-être pas si morte que ça, apparemment, mais on s'en tape royalement.

 

photoGirls vs zombies : volume 14 

 

Le pire : À ce stade, plus personne ne sera étonné de voir un nouveau scénario proprement stupide, qui oublie vite cette amusante histoire de virus qui réagit à la peur pour transformer ses victimes en monstres, et rejoue l'île perdue avec sa prison et son manoir comme Code Veronica. Toutefois, Revelations 2 s'entête à creuser toujours plus profondément dans le gouffre du grotesque avec une mythologie de plus en plus confuse et ridicule. Sans cesse en quête d'une nouvelle porte de secours, d'un nouveau cadavre dans le placard, d'une nouvelle extension artificielle d'Umbrella et compagnie, la saga sort ici la carte d'une nouvelle Wesker, aux motivations et méthodes particulièrement lourdingues et banales.

Le gameplay n'est pas en reste puisque le bonheur régressif de la coop de RE5 et RE6 s'efface pour devenir une vaste blague, avec une Moira capable d'éclairer les choses et taper avec un pied-de-biche, tandis que Natalia devra se contenter de flairer les ennemis à travers les murs. De quoi grandement réduire le plaisir. Quant à la construction en épisodes, sortis sur plusieurs semaines pour tenter de créer l'attente, elle se révèle parfaitement ratée, la faute à un scénario si nul que personne n'a vraiment eu hâte de quoi que ce soit.

Le moins pire : Il y a heureusement quelques moments moins mauvais que le reste, qui ressortent sans mal dans l'océan de nullité sans saveur. Le chapitre 3 avec Claire offre ainsi quelques moments amusants à base d'énigmes-clins d'œil, autour de statues et plafond meurtrier. Tomber sur un vieux manoir au fin fond d'une mine redonne également le sourire, mais ce petit plaisir est désormais purement automatique, et joue bien trop la carte de la nostalgie pour être véritablement satisfaisant.

Retrouvez notre test par ici.

 

photoAttends il sert à quoi déjà ce bracelet ?

 

13. Resident Evil 3 (remake)

Il se passe quoi : Capcom continue sur sa belle lancée après le remake de RE2, et accélère la sortie de RE3. Revoilà donc Jill Valentine en mini-jupe pour affronter Nemesis dans Raccoon City, avec l'aide de Carlos. À la fin, elle gagne, la ville est rasée, et l'héroïne jure de tout brûler chez Umbrella.

Le pire : Douche froide avec ce remake pourtant idéal sur le papier, vu la réussite de RE2, et le potentiel de RE3. Premier problème, de taille : le remake zappe une grosse partie du jeu d'origine, évacue plusieurs décors et moments mémorables, et sans aucune véritable raison. Adieux les corbeaux, les mygales, le ver de terre, le cimetière, l'hôtel de ville, le beffroi, le parc, plusieurs énigmes... et surtout adieu la durée de vie satisfaisante. Resident Evil 3 se boucle en 5-6 heures, un peu comme l'original certes, mais très loin du remake du deuxième opus et des attentes modernes.

Repenser le jeu original pour le remake est logique et sain, et ceux de RE1 et RE2 l'ont prouvé. Mais ce RE3 remixé ressemble à un speedrun premium, réduit à bien peu de chose, et largement axé sur les affrontements avec Nemesis. Le colosse rythme l'aventure avec plusieurs phases d'arène un peu faiblardes, tandis que l'exploration et l'angoisse sont remises au second plan. Il n'y a plus cette impression que le monstre colle aux basques de Jill, et peut surgir d'une fenêtre ou d'une porte, avec une illusion de hasard. Tout est accéléré dans ce remake, assemblage plus ou moins harmonieux de différentes pièces déconnectées (notamment cette phase de shoot à la sortie de l'hôpital).

RE3 nouvelle génération semble avoir été pensé pour une chose : le challenge, avec des niveaux de difficulté pour la rejouabilité immédiate. Et la présence du jeu multi Resident Evil : Resistance dans le package indique certainement qu'il fallait gonfler l'offre pour la rendre un minimum honnête.

 

photoGérer les attentes des fans avec finesse

 

Le moins pire : Dans la lignée du remake de RE2, RE3 est sans surprise visuellement soigné, même si ce travail est le plus souvent écrasé par l'action. Sauf dans la partie où Carlos est jouable, dans l'hôpital. Là, le jeu marque une pause, renoue avec l'ambiance horrifique de la saga, et réutilise les bonnes vieilles ficelles (le silence inquiétant, l'attente délicieuse avant l'inévitable attaque, la tension lorsqu'une silhouette passe au loin, cinématique en vue à la première personne côté ennemi).

Parfait mélange de suspense, exploration et baston, cette partie du jeu est certainement l'un des meilleurs moments du remake. C'est d'autant plus réussi que ces Hunters Beta sont de farouches adversaires, sauvages et rapides. À ce titre, ce RE3 marque quelques points côté bestiaire, avec notamment les nouveaux Hunters Beta et ces ignobles Brain Demos/Suckers.

 

photoPatient Covid stade 14

 

12. RESIDENT EVIL : REVELATIONS 

Il se passe quoi : Après Resident Evil 4 et avant d'être transformée en poupée tueuse dans Resident Evil 5 avec son scarabée magique, Jill Valentine a intégré le BSAA, un groupe spécialisé dans les attaques bioterroristes. Après une attaque de monstres créés par le groupe terroriste II Veltro, sur la ville écolo Terragrigia, elle part à la recherche de Chris Redfield, ENCORE porté disparu, mais cette fois sur le paquebot Queen Zenobia. De leur côté, Chris et sa partenaire Jessica enquêtent aussi sur Veltro, et retrouvent rapidement Jill.

Surprise, tout ça était un piège, et Revelations révèlera que Jessica est une taupe, que le boss de la lutte anti-terroriste est un méchant qui bosse avec les méchants de Veltro, que le boss des héros les a utilisés pour faire tomber son ennemi, et que tout le monde ment, en gros, tandis que Veltro veut se venger du monde en contaminant les océans. Au final, le virus T-Abyss survit entre les mains des méchants.

 

photo Bestiaire cool mais court

 

Le pire : Malgré un démarrage plus doux, et quelques délicieux moments de tension, le jeu ne résiste pas longtemps à un nouveau délire shooter bas du front. RE4 et RE5 sont passés par là, le public a validé cette direction, et désormais l'action doit prendre le pas. C'est d'autant plus problématique que le gameplay reste trop rigide pour encaisser cette énergie, malgré quelques ajouts pour faire illusion.

Par ailleurs, ce premier Revelations est bien sûr engoncé dans une intrigue aussi compliquée que débile et paresseuse. L'unité d'élite BSAA prend le relais des STARS, avec la création du FBC pour lutter contre le bio-terrorisme. La méchante organisation terroriste II Veltro prend le relais d'Umbrella, dans une histoire de conflit politique et énergétique autour de la création d'une ville écolo, Terragrigia. Le T-Abyss est le nouveau virus à la mode. Il y a des traîtres et menteurs de tous les côtés, jusqu'à devenir une gigantesque blague.

Le moins pire : Revelations n'a peut-être pas le goût d'un bon Resident Evil, mais il en a l'apparence, et parfois même la saveur dans ses meilleurs moments. C'est en grande partie grâce au choix d'un décor inédit. Après l'Espagne de RE4 et l'Afrique de RE5, place au cadre maritime donc, avec un paquebot de film d'horreur (une idée qui était évoquée dès la conception de RE3).

Une bien belle idée, qui permet de renouveler le cauchemar et pose la passionnante question d'une contamination de la faune marine. D'où un bestiaire rafraîchissant qui se démarque des zombies classiques, en plus de quelques incontournables comme les Hunters.

Ces créatures blanchâtres amènent des couleurs inattendues et intéressantes au jeu, qui marque quelques bons points dans sa direction artistique et son ambiance. Entre la lampe torche et les éclairs à l'extérieur, Revelations rappelle souvent des sensations d'hier, dans la douce angoisse et la peur de voir une horreur surgir derrière un coin. Dommage que ce soit si peu souvent.

 

photoResident Evil : Sea edition

 

11. RESIDENT EVIL 5

Il se passe quoi : Encore plus baraqué et énervé, Chris Redfield repart en mission et se rend dans un village africain afin d’empêcher la vente d’armes biologiques au marché noir. Égalité oblige, il est évidemment épaulé par une femme : Sheva Alomar, une vraie badass au caractère bien trempé.

Tout s’accélère lorsque le virus est relâché dans la nature et infecte comme par hasard les habitants. Néanmoins, ces nouveaux infectés sont différents. Façon [Rec] ou World War Z, ils sont plus rapides, plus forts, peuvent utiliser des armes et ressemblent à des locaux énervés au fond.

Et que serait un Resident Evil avec Chris sans… Jill Valentine et Wesker ? ENCORE ? Chris les pensait morts tous les deux, mais en fait non. Sa collègue est cachée sous une capuche et une combi en cuir parce qu'elle est devenue l'esclave warrior de Wesker, à cause d'un scarabée magique. Elle est sauvée, et Wesker finit dans un volcan parce que... pourquoi pas à ce stade.

 

Photo Chris Redfield, ShevaMon t-shirt préféré trop serré pour mes gros pecs ? Pas du tout

 

Le pire : La molle campagne solo, avec une IA très gênante, capable de viser comme un sniper ou Gilbert Montagné, selon l'occasion. Et qui gère n'importe comment son inventaire, notamment en piochant dans le vôtre sans réellement s'en servir. De quoi offrir quelques doux moments de rage, surtout avec un gameplay très rigide qui rend certaines phases insupportables, et une construction très, très répétitive.

Par ailleurs, la saga s'enlise pour de bon dans la série Z avec des personnages ridicules (Excella, sortie d'un mauvais porno slovaque), des scènes d'action extrêmes et gratuites, des dialogues minables, et l'impression que tout ça a été pensé comme une grosse attraction bête et à peine méchante. Le traitement de Jill et Wesker, le pseudo-trauma de Chris, et les histoires de vengeance, trahison et scarabée n'arrangent rien. Ce qui commence comme un cauchemar poussiéreux et nerveux se transforme vite en vaste plaisanterie old school et beauf.

Si un épisode devait justifier l'idée que les films avec Milla Jovovich ne sont pas si éloignés que ça des jeux, c'est bien Resident Evil 5.

 

photoC'est bien Resident Evil

 

Le moins pire : Il y a la vague sensation que le jeu essaie d'élargir l'univers avec ces histoires de marché noir dans des pays pauvres, et des zombies qui ont plus que l'air humain. De quoi offrir quelques moments particulièrement troublants, dans la veine de RE4. Tout ça est très vite sacrifié sur l'autel du grand spectacle débilos, mais le cadre est l'un des plus intrigants de la saga.

Côté débilos, ce cinquième opus y va justement à fond, ne reculant devant rien pour offrir un pur ride d'action (des tribus cannibales ! des tombeaux à la Tomb Raider ! un volcan !). Et tout ça est largement appréciable en coop, car c'est bien là la seule vraie raison d'être de RE5 : y jouer à deux, pour partager la rage et les rires.

 

Photo Chris Redfield, ShevaMichael Bay in da place

 

10. RESIDENT EVIL ZERO 

Il se passe quoi : Vous ne vous étiez jamais demandé ce qui s'était passé juste avant le premier Resident Evil ? Et où était la mystérieuse infirmière Rebecca Chambers ? Zero est là pour vous répondre quand même. Envoyée avec une équipe de S.T.A.R.S. pour enquêter sur des meurtres sordides autour de Raccoon City, elle se crashe en hélico, et trouve un train rempli de monstres. Elle fait équipe avec encore un nouveau personnage : Billy Cohen, un soldat condamné à mort.

Le duo enquête tandis que le joueur découvre le cirque dans les coulisses d'Umbrella, entre ses fondateurs Oswell E. Spencer et James Marcus, et leurs padawans Albert Wesker et William Birkin. Grâce à des sangsues pas très catholiques, Marcus a créé le Virus-T et l'a testé sur différents cobayes, dont certains humains. Il a finalement été assassiné par ses collègues, déterminés à accaparer ses exploits. Sauf que non : Marcus a été ramené à la vie par ses amies sangsues, et a semé le chaos pour se venger d'Umbrella. 

Peu importe : Rebecca et Billy le tuent trois fois, et le centre de recherche explose. Elle libère son nouveau pote en le faisant passer pour mort puis se dirige vers ce fameux manoir où son équipe se trouverait. TA-DAM, c'est Resident Evil premier du nom.

 

photo Ce personnage hautement passionnant de Resident Evil premier du nom

 

Le meilleur : Le système de zapping entre les deux personnages n'est pas entièrement réussi et satisfaisant, mais reste un atout qui redynamise le gameplay et le level design. De quoi apporter un petit vent de fraîcheur à l'aventure, qui se contente sinon de recycler - voire s'auto-parodier.

Resident Evil Zero est sinon (très) beau. Plongés dans la pénombre, avec des jeux de lumière soignés et une superbe palette de couleurs, les environnements sont très riches. Le remake du premier Resident Evil est passé par là, et il y a une avancée très nette, notamment dans les animations des personnages et le niveau de détail. Et il y a un gros effort côté direction artistique, et ce dès le début avec une partie dans un train en marche. Même si le gros de l'aventure se joue dans un bâtiment-labo-manoir, encore, le jeu ne manque pas de surprise.

Mention spéciale à la foire aux bestioles peu ragoutantes : scorpion géant, mille-pattes géant, chauve-souris géante et sangsue géante offrent quelques sensations fortes, et de bons moments de challenge. À ce titre, le niveau de difficulté (en partie grâce/à cause de la coop des deux personnages) ajoute un petit bonus potentiellement salvateur.

 

photoMettre la main à la patte

 

Le moins bon : Zero creuse encore la mythologie pour les mauvaises raisons, à savoir créer le cadre d'une nouvelle aventure, quitte à rajouter une couche inutile qui finira en bas de page d'un obscur document ramassé sur une poubelle dans un autre jeu. Toute l'intrigue autour de Marcus, Spencer, Birkin et Wesker est donc grossière, poussant la saga dans des impasses tortueuses pas bien nécessaires.

Ce Zero a du mal à imposer des personnages plus ou moins nouveaux, qui manquent de charisme comparés aux figures centrales. Ce n'est pas un hasard si Rebecca et Billy ne reviendront pas ailleurs dans la franchise, du moins jamais au premier plan. Les boss sont plus mémorables que ces deux humains oubliables et oubliés. C'est à l'image d'un jeu sympathique, qui a ses bons moments, mais qui laisse la nette impression que la saga tourne en rond, incapable de se réinventer.

 

photoResident Evil : Zéro charisme

 

9. RESIDENT EVIL 7

Il se passe quoi : À la recherche de sa femme Mia, disparue depuis 3 ans, Ethan retrouve sa trace dans une vieille maison des bayous de Louisiane. Mais Mia a bien changé, tente de le tuer, lui coupe la main à la tronçonneuse, avant qu'il ne soit kidnappé par une charmante famille tarée.

Bienvenue chez les Baker, père, mère et fils, tous fous et légèrement cannibales, car infectés. Aidé par Zoe, leur fille, Ethan découvre que tout a commencé lorsqu'un énorme bateau s'est échoué dans la zone, avec à son bord une petite fille, Eveline. Révélation : Mia travaillait pour la société Connections sur une arme biologique, capable de contrôler l'esprit des gens et les métamorphoser. Eveline en est la clé, mais comme c'est une gamine, elle a utilisé ses pouvoirs pour se créer une famille, avec Mia comme "mère".

Twist : Eveline n'est pas une môme flippante, mais la mamie flippante croisée pendant tout le jeu. Elle se transforme en giga-monstre et Ethan la tue, avec l'aide d'un commando mené par... Chris Redfield. Histoire de justifier le titre du jeu.

À la fin, Ethan et Mia s'enfuient dans un hélico d'Umbrella. Toujours pour justifier le titre. (Et tant pis si le joueur avait le choix de tuer Mia : elle survit à la fin, preuve que ça ne servait à rien)

 

photo Encore et en gore

 

Le meilleur : Arrivée au bout du rouleau avec RE6 et les Revelations, la saga se renouvelle dans un épisode tout frais, qui relance la machine avec du sang à peu près neuf. Dans le fond (un nouveau personnage, un décor loin d'être familier) comme dans la forme (vue à la première personne), c'est un troublant redémarrage, qui remet dans une belle position d'inconfort : où suis-je et que se passe-t-il ?

La distance assumée avec la mythologie Resident Evil annonce la couleur d'un cauchemar d'un nouveau genre pour la saga. Et au moins dans un premier temps, c'est diablement efficace. Les premières heures sont extrêmement bien menées, avec de vraies frayeurs, sursauts et surprises. Entre le choc sanguinolent de perdre sa main, la peur rampante d'être chopé par un Baker, et la terreur face aux créatures sortant des murs, RE7 se repositionne sur ce qui compte : le survival horror.

La vue à la première personne est une nouvelle étape dans la saga, après Code Veronica et surtout RE4 qui avaient eux aussi repensé le gameplay. RE7 en tire une nouvelle énergie bienvenue, et l'utilise parfois à merveille pour repenser tout le rapport à l'angoisse. Et c'est encore plus extrême avec un casque de réalité virtuelle.

 

photo[REC]ident evil

 

Le moins meilleur : RE7 brille dans sa première moitié, puis s'écroule misérablement. Au mieux, le jeu devient bêtement répétitif, avec un bestiaire vite connu et dompté, des environnements qui tournent en rond, et des affrontements prévisibles et simplets pour rythmer l'avancée. Au pire, c'est tout bonnement vide, à l'image de cette course inutile dans la mine abandonnée, qui déborde d'ennemis... à peu près inoffensifs. Ou comment créer une impression de remplissage, avec des phases semblant interminables.

Ce qui est d'autant plus problématique que tout ça se termine en moins de 10 heures, sans grande difficulté au-delà de quelques moments tendus, au début. Ce précieux sentiment d'être plongé dans l'inconnu, pendant les premières heures, laisse alors place à une promenade de santé, où la mécanique de jeu devient de plus en plus grossière. La dernière ligne droite est d'ailleurs l'une des pires de toute la saga.

Bizarrement construit, avec un gros ventre mou dans la deuxième moitié, le jeu frustre en plus avec cette idée de choix pas du tout assumée. Il faut sauver Zoe ou Mia à mi-chemin, et choisir la première condamne finalement la deuxième... sauf que la fin du jeu réécrit les choses pour que Mia survive (pour Resident Evil : Village).

Et plus globalement, ce RE7 pose problème à ce stade de la saga. Pourquoi ce nom, alors que ça n'a quasi plus rien à voir avec Resident Evil (et que ça ressemble plus à un sous-Silent Hill à ce stade) ? Le forcing final pour raccrocher les wagons avec Chris et Umbrella ne fera que le confirmer.

 

photoLes griffes de l'ennui

 

8. Resident Evil : Village

Il se passe quoi : Trois ans après Resident Evil 7, Ethan vit en Europe avec Mia, leur fille Rose et un léger traumatisme. Jusqu'au jour où Chris Redfield débarque, le kidnappe, et qu'il se réveille dans un mystérieux village perdu. Pas le temps de comprendre, il doit aller chercher sa fille, enlevée par l'énigmatique Miranda, qui dirige la communauté avec sa "famille" de déglingués.

Le meilleur : Le côté cauchemar à la carte, puisque le jeu prend bien plus de libertés que le précédent pour créer un univers riche (et légèrement chaotique). Ce village enneigé dans une Europe non identifiée, qui sert de décor central, n'est qu'un prétexte pour ouvrir plusieurs portes horrifiques, et plonger le héros dans les univers dérangés de chaque antagoniste.

Le château de Lady Dimitrescu et ses filles a largement été montré en promo, mais Donna Beneviento et sa petite copine Angie, Salvatore Moreau, et Heisenberg et ses hordes réservent quelques belles surprises. Avec ses références aux vampires, loups-garous et autres mutants, le jeu pioche dans le gothique, le fantastique et même le cyberpunk. Résultat : impossible de ne pas apprécier au moins une partie de ce RE8, qui en a suffisamment sous le capot pour charmer les fans d'horreur pure et dure, ou de survival cruel et diabolique. Avec quelques séquences particulièrement efficaces, dont il vaut mieux taire les détails.

 

photoLe retour de Lady D

 

Moins décousu que RE7, qui s'écroulait dans sa deuxième partie et une dernière ligne droite plate, Resident Evil : Village recentre l'histoire sur Ethan, et avance plus que jamais dans les territoires de Silent Hill. Papa déterminé à sauver sa fille disparue, paysages embrumés, communauté pieuse, créatures nées d'une thérapie freudienne ratée, et bien d'autres révélations ténébreuses : presque tout est là. Ce n'est pas aussi beau, noir et radical que la saga culte de Konami (du moins les premiers), mais c'est une direction désormais très assumée, qui rebat les cartes de Resident Evil dans un étrange nuage de mélancolie. Pour la première fois depuis longtemps, la fin ne se contente pas de la victoire héroïque avec l'inévitable "cette fois, c'est personnel, on va se venger", et ouvre une porte plus douce-amère, et donc intéressante.

Le moins meilleur : Village reprend (trop) la formule de RE7, avec un Ethan qui traque et tue tous les membres d'une famille dérangée. D'où un rythme régulièrement ralenti, et un côté très répétitif, d'autant que Capcom retombe rapidement dans ses travers avec une abondance ridicule d'arènes et boss-giga-mutants-géants, et une formule qui tourne en rond dans chaque univers (hormis une exception notable, et mémorable).

Comme tout le jeu semble avoir été pensé par morceaux, autour de ces parenthèses cauchemardesques, l'aventure dans sa globalité manque d'âme, et repose sur une trajectoire bien trop claire - elle est même littéralement expliquée au bout de quelques heures de jeu, pour la réduire à une chasse aux trésors. Difficile alors de se sentir véritablement aspiré dans l'horreur, ici consommée comme sur un menu, avec peu, voire pas de surprise. Avec une autre conséquence malheureuse : plusieurs personnages inspirés sont abattus trop vite, créant une frustration vu leur potentiel.

 

photoLa hache de naguère

 

Par ailleurs, Village pose plus que jamais la question du rapport avec Resident Evil. Avec sa version des lycans, vampires, et autres créatures des enfers, ce nouvel épisode s'aventure très loin des terres d'Umbrella. Il y a bien un pont créé à la toute fin, histoire de, mais c'est tellement capillotracté que c'en est presque comique. Même chose pour Chris Redfield, moins figurant que dans RE7, mais tout aussi transparent : il aurait pu porter un autre nom et assurer le même job, avec les mêmes dialogues ridicules.

Capcom devrait-il lancer officiellement une autre saga d'horreur (comme The Evil Within, par exemple), pour se libérer de toute cette mythologie quasiment rangée au placard à ce stade ? Est-ce possible, vu la popularité de la marque Resident Evil ? Est-ce que c'est grave, au fond, que Resident Evil évolue au point de ne plus avoir grand-chose à voir avec Resident Evil ? Des questions familières, que Village soulève encore et encore.

Notre test de Resident Evil : Village

La suite et fin du classement, les meilleurs jeux Resident Evil : c'est par là.

Tout savoir sur Resident Evil : Village

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commentaires
Fre89
08/05/2021 à 22:05

Le 5 était de base une gageure...à l'époque, passer après le 4 relevait clairement du défi. Quelque part, Shinji Mikami a indirectement signé la mort de sa saga en pondant le 4ème opus...
Après c'est vrai que le RE VILLAGE de son côté questionne pas mal sur ce qu'il peut finalement apporter au lore de Resident Evil...et comme vous l'avez précisé le rapport avec Umbrella est tellement...'what the fuck?", si j'ose dire. Le jeu est pas mal mais on sent les inspirations à OUTLAST 2, RE 4, etc. Donc c'est un jeu qui en a sous le capos mais qui arrive à très vite trouver ses limites à force de vouloir rendre dommage au 4.
On retombe aussi dans les mêmes travers que le 7 ou le 6: "Resident Evil Modern Warfare" hein. Faire un survival-horreur qui puisse plaire à tout le monde (tout joueurs confondus j'entends), c'est un peu le gros problème avec CAPCOM (le cas d'école RE6 où c'était limite du Michael Bay haha). Mais ça repose une autre questions sous-jacente: la saga RESIDENT EVIL a t-elle toujours été en sursis? Pour avoir un semblant de réflexion sur le sujet, je vous renvoie sur une excellente vidéo qui montrait déjà les inspirations (les plagiats?) sur Alone In The Dark pour pondre le tout premier RE en 96...
De toute façon on approche du grand final. A moins de rebouter la saga je les vois pas nous pondre un Resident Evil 12. A un moment faut passer à autre chose.

Marty
07/05/2021 à 16:00

"il n'y a rien à sauver dans cet épisode en dehors du gameplay et des graphismes!"

C'est deja pas mal pour un jeu vidéo XD !!

Y'en a ils me font mourir de rire XD

Personne
07/05/2021 à 11:17

Après le RE3, ça n'a plus rien à voir avec Résident Evil, faut que Capcom change de nom sur cette franchise, allez je me refais le 1, il est trop cool, et c'est celui là le vrai...

loic shepard
07/05/2021 à 07:01

Résident evil rebirth the best

Conan
06/05/2021 à 21:47

Les outbreak était sympa même si il était blindé de défaut. Pour le 7 chui d'accord après la mort du père des Baker le cote flippant s'en va assez vite et on repasse de nouveau à un jeu d'action plutôt qu'à un survival, en fait je pense que c'est surtout qu'en évoluant sans le jeu le joueur a des armes tjrs meilleurs donc ça le réconforte c'est pour ça qu'en évoluant on a moins peur. Si il enlevait genre le magnum et le lance Grenade le jeu serait plus trippant je pense

Madolic
06/05/2021 à 15:44

"capable de viser comme un sniper ou Gilbert Montagné"
ptn j'ai ri ^^

Geoffrey Crété - Rédaction
30/05/2020 à 11:22

@haurchefant

Plutôt que de se dire que quelqu'un est trop clément ici ou trop dur là, on préfère aller à l'évidence : c'est une question d'avis, et pas de trop gentil ou méchant. On sera toujours trop gentil ou méchant pour quelqu'un, c'est le jeu, et c'est là que le débat commence et devient intéressant ;)

haurchefant
30/05/2020 à 00:46

Cette critique est très dure (trop dure?) par rapport à Revelations 1 + 2 et RE 0.

Vraiment trop clément, par contre, sur RE 4 + 5.

Je ne peux pas trop me prononcer pour CV et 7 ne les ayant pas encore terminés.

Hova23
16/03/2020 à 01:04

Gros fan jusqu'au code Veronica, le 4 je trouve que c'est un bon jeu mais pas un bon RE et à partir du 5 c'est nawak, dommage. Capcom ils ont de l'or en barre à remaster: série des onimusha & dino crisis ! Côté Square avant PE2, si on pouvait ac=voir un remaster de PE1 déjà ce serait top ! Dommage qu'ils n'ont pas proposé un mode "plan fixe" pour le remake de RE2, c'était parfait avec ça :)

Drbear
10/12/2019 à 23:52

Je les ai tous respectivement fait à leur sortie et refait des tas de fois et il n'y a pas si longtemps... Pour moi les plus grosses claques ont été le 1 et le 4... Le 1 car c'était tout nouveau un survival avec des ziks stressantes, des cinématiques en image de synthèse magnifiques à l'époque, des angles de vue de folies et une histoire prenante... Et le 4 car quand il est sorti tous les jeux semblaient moches a côté de lui, la game cube a envoyé le pâté, son action frénétique, la liberté d'action, le stress et la mise en scène de folie, les environnements géniaux et glauques, ce jeu est le père du tps moderne... Une vraie tuerie... Après le 2 et le 3 sont vraiment géniaux aussi

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