Retro gaming - Spyro : Year of the Dragon, ou lorsque la trilogie se termine en apothéose

Mise à jour : 10/11/2018 13:04 - Créé : 10 novembre 2018 - Geoffrey Crété
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Flashback sur la trilogie originale de Spyro avant la sortie du remake Spyro Reignited Trilogy.

Personnages azimutés, décors colorés, mondes magiques, musiques fabuleuses, aventures irrésistibles : la trilogie Spyro est pour beaucoup de gamers un souvenir inoubliable et impérissable. Pour nous en tout cas, oui.

Parce que l'arrivée d'un Spyro Reignited Trilogy qui promet de moderniser et rendre hommage à Spyro the DragonSpyro 2 : Gateway to Glimmer et Spyro : Year of the Dragon est un des événements la rentrée, Ecran Large revient sur chaque épisode de la trilogie originale.

 

 

HISTORIQUE

Après un premier épisode à la réussite dantesque et inespérée, un deuxième volet bodybuildé qui est sorti dans la foulée du premier opus, Spyro : Year of the Dragon a tout bonnement suivi l’exemple. Avec seulement dix mois et demi de conception derrière lui, ce troisième (et dernier) volet de la trilogie est sorti seulement un an après Spyro 2 : Gateway to Glimmer, pile pour les fêtes de Noël.

Rare sont les jeux qui avec des dates de sorties si rapprochées arrivent à maintenir un niveau aussi stellaire. On aurait pu croire qu’avec aussi peu de temps de production derrière lui, Spyro : Year of the Dragon allait se briser les crocs sur le bitume. Bien au contraire. La production a su apprendre des petites erreurs et défauts de ses deux précédents ouvrages. Somme toute, et on s’accordera tous là-dessus, Spyro 3 est de loin le meilleur épisode la franchise.

Plus mature, plus évolué, plus détaillé, plus beau, ce dernier et ultime épisode des aventures du petit dragon sur PS1 culmine les points forts sans jamais faire aucune fausse note. Enfin, presque.

 

photoVous trouvez ça, trop saturé ? C'est normal.

 

L'histoire commence où, après une bonne nuit de beuverie beaucoup trop arrosée, les dragons se font subtiliser leurs oeufs par des rihocéros travaillant sous le joug d'une vilaine sorcière. Après s'être réveillé d'une bonne nuit commateuse, les dragons découvrent avec stupeur que leurs oeufs ont disparu. Un seul dragon a la possibilité d'aller les récupérer et de les chasser... Et l'épopée débute enfin.

Tandis que dans Spyro 2 : Gateway to Glimmer, le joueur commence directement l'histoire au sein du premier niveau, ici, le joueur atterit au début du premier monde-portail. Une grande plaine verdoyante, (très) légèrement saturée, d'un vert pomme acide, agrémenté d'un jaune canari et d'un orange sanguin pimenté. Bref, un petit monde enchanteur pour l'âme d'enfant qui n'attend désormais que de s'emparer de sa manette et parcourir les mondes proposés.

 

photo spyroSheila, l'une des acolytes qui viendra en aide à notre héros

 

Justement, Spyro the Dragon, en dernier de la fratrie se doit de proposer des nouveautés, se différencier, et susciter un brin d'attente. Pour cette fois, fini les longues quêtes à chercher orbes et joyaux afin de payer pour l'acquisition de ses compétences. Spyro entame directement l'aventure avec toutes ses capacités en poche : voler, planer, cracher, plonger, s'accrocher, ramper, escalader et plus encore.

Le joueur commence son aventure, frais comme un gardon, avec un Spyro à son plein potentiel. Malheureusement, la joie n’est que de courte durée puisque le vil Gros-sous, toujours accroché à sa besace comme un radin sur ses centimes, lorgne toujours du côté de vos joyaux. Cette fois, il faudra payer pour débloquer des personnages supplémentaires qui vont vous aider dans l’aventure. Une belle nouveauté puisque pour la première fois, le jeune dragon n’est plus seul à parcourir ces vastes plaines vertes, et peut désormais se libérer de quelques tâches grâce à ces nouveaux compagnons.

Ainsi que le joueur découvre Sheila, une femelle Kangourou aux jambes d’acier ; le sergent Byrd, un pingouin sous stéroïdes ; Bentley, un yéti bourru et brave (niais mais gentil) ; et l'Agent 9, un petit chimpanzé un peu sous cock et sous acide, tout le temps survitaminé.

 

photo spyroRegardez ce petit visage trop mignon

 

En plus de proposer une pelletée de nouveaux personnages, le gameplay de ces derniers s’avère tout aussi réjouissant que bénéfique pour l’opus vidéoludique. Entre des phases de combat plus lentes aux côtés de Sheila et du Yéti, et des phases de shoots en FPS grâce à L'Agent 9, le joueur a l’occasion de diversifier son panel d’attaques, et ça fait excessivement plaisir.

Le jeu dispose aussi d'une autre nouveauté intitulée "L'Active Tunning Challenge". Autrement dit, plus vous jouez bien, plus le jeu sera difficile. En revanche, si vous perdez trop de vies, la difficulté du jeu va automatiquement se baisser, éliminant parfois quelques ennemis lors des missions. Sympa comme système non ?

Sauf que derrière cette belle vitre anti-casse, il y a un soucis majeur pour le collectionneur du 100% qui sommeille en vous. Car si le je supprime des ennemis, alors il supprime aussi des joyaux, et par conséquent, le jeu devient impossible à terminer en long, en large et en travers.

 

photo spyroUne des plus belles map du jeu

 

A bien des égards, Spyro : Year of the Dragon est l'opus le plus abouti de toute la saga. Tant au niveau de son gameplay, que de sa musique (poussant les éditeurs du jeu à recréer le frottement des portes, des boules de neiges écrasées sur un mur, ou le bruit d'un skateboard qui se casse la gueule), que de son graphisme époustouflant pour son époque. Néamoins, ce dernier et ultime volet de la trilogie montre bien les limites de la saga.

Les éditeurs ont dû redoubler d'efforts pour éviter le "déjà-vu" au sein des multiples niveaux, et cela donne parfois des missions quelques peu étranges comme Spyro faisant du skate.,Spyro dans un combat de tank, Spyro qui crache des champignons magiques et sous LSD ,ou Spyro qui congèle des chatons. Cette sensation de réchauffée se retrouve aussi dans les décors. Normal d'un côté puisque seulement un an sépare la sortie de chaque épisode.

En si peu de temps, les développeurs sont bien obligés de reprendre parfois les mêmes teintes, textures et codes pour des bouts de décors. Malheureusement, tout cela se sent un peu et tous ces beaux efforts pour renouveller l'aventure ne paieront pas bien. Spyro : Year of the Dragon est l'épisode de qui se vend le moins bien sur le marché avec près de 3,28 millions de copies vendues contre 3,45 pour Spyro 2 : Gateway to Glimmer et 4,86 millions pour Spyro the Dragon.

 

photo spyroEn route pour l'aventure

 

LES MEILLEURS SOUVENIRS

Pour commencer la rubrique des meilleurs souvenirs sur Spyro : Year of the Dragon, il faut pour cela passer obligatoirement par le premier monde de l'opus et de facto, par le premier niveau : Villa ensoleillée. Dès le début de l'histoire, le jeu caresse la rétine par ses couleurs vives et chatoyantes. Le soleil brille, l'horizon est dégagé sous un ciel bleu azur, les personnages sont habillés légèrement, les arbres sont d'un vert resplendissant, les bâtiments sont d'une teinte ocre, bref tout transpire l'été, les vacances et le farniente.

Ce côté estival se poursuit grâce à un nouveau niveau du même acabit : Rivage aux coquillages. Déjà, rien que le titre donne le ton. Pour cette fois, le petit dragon commence directement sous l'eau, puis va découvrir pontons en bois (bruitage magique de ses pattes) et plage de sable (ou grande esplanade de couleur saumon). Finalement, tout laisse présager dans ce premier monde, une entrée en matière douce et poétique, avant de corser l'histoire et l'aventure dans un deuxième monde intitulé Les Jardins de Midi.

 

 

A l'instar du deuxième épisode, ce troisième chapitre évolue au fil d'une thématique. Sauf que cette fois, les saisons ont été remplacées au profit d'une seule temporalité : celle d'une journée. L'aventure s'échafaude alors comme une "simple" journée, du lever du soleil, à son zénith puis son crépuscule pour laisser place à l'obscurité du soir.

Dans ce deuxième lobby, quelques petites zones commencent à faire leurs apparitions et dénotent avec le côté estival de la carte. Entre autres, un monde de glace (Pic de Glace), un niveau nocture sous la pluie (Marai des revenants), mais aussi des pandas perdus entre des forêts de bambous et des chutes d'eau (Jardins de bambous).

En cela, on ne se rappellera que trop bien l'un des meilleurs niveaux de ce monde : Les Tours enchantées. Un dédale de tours perdues dans les airs, à la façon The Legend of Zelda : Twilight Princess qui débarquera en 2006. Mais aussi de ces montres ailées, crachant des boules de laves. Sans oublier, ses mini-jeux : une course de skate entre Spyro et Chasseur, puis le petit dragon devant sauver un pauvre petit toutou perdu dans un labyrinthe de créatures, ou encore une mission de collecte d'os avec le sergent Byrd à travers tous les recoins les plus improbables de la zone. Un vrai casse-tête !

 

 

La suite de l'aventure, se poursuit avec l'apparition du troisième monde-portails sobrement intitulé Lac crépusculaire. Et comme son nom l'indique si bien, ce nouveau monde est l'image de son appellation. Le ciel bleu azur laisse place à un soleil couchant aux couleurs rosés et orangés mêlées à un bleu grisonnant.

La teinte méditerranéenne des bâtiments laisse quant à elle la place à une palette plus mordorée, tandis que l'eau claire se voile d'un bleu marin plus froid et sombre. La magie de ce niveau ne s'arrête pas là, puisque au cours de l'exploration du lobby, il est possible de faire la rencontre avec une baleine, qui à l'instar d'un certain Pinocchio chez Disney, abrite un trésor au sein de son estomac. 

 

 

D'ailleurs l'exploration de cette vallée passe indubitablement par un des niveau les plus jouissifs de l'opus, Usine de feux d'artifice. Entre son ambiance, son atmosphère, sa musique et ses personnages (de retour après Spyro 2 : Gateway to Glimmer), ce petit niveau est un régal pour les yeux et les oreilles. Le plaisir est d'autant plus accru lors des phases de mini-jeux dont l'un d'entre eux consiste à dézinguer du dragon à coup de flammes.

Que ce soit en passant d'Autel de la Glace et de ses recoins cachés, à Crête enchantée et ses satanés chats de malheur qui vont vous faire détester la race féline, au superbe et angoissant Vaisseaux Perdus digne d'un Pirates des Caraïbes, le joueur se plaît à changer d'univers comme de chemise en étant dépaysé et époustouflé à chaque fois.

photoun niveau de toute beauté

 

Malheureusement, le joueur est très vite rattrapé par la réalité des faits lors de son ascension en fusée vers la quatrième et dernière zone du jeu : les Montagnes de minuit. Néanmoins, la magie de ce dernier monde-portails a de quoi estomaquer le jouer. Entre ses couleurs allant du rose fushia, au mauve lilas, magenta et zinzolin au rose nacré et quartz, ce quatrième lobby illustre merveilleusement une très belle charte graphique et un design léché.

Ses niveaux sont d'ailleurs à l'égal de sa beauté, et regorgent tous d'une belle subtilité. Les Iles de cristal, aux Ruines le désert avec la rencontre de Tara Croft, les décors égyptiens de Tombeau hanté, le Far-West à la Jurassic Park dans Mine des Dinosaures etle monde de l'Agent 9 : cet ultime lobby marque une très grande maîtrise dans un opus vidéoludique riche en références issues de la pop-culture.

 

photoTiens tiens tiens, on ne se connaîtrait miss Tara ?

 

LES MEILLEURES CRISES DE NERF

Toutefois, un bon jeu n'en serait pas un sans ses niveaux tortueux et torturés, énigmatiques, horribles et parfois à la limite de vous rendre dingue.Spyro 2 : Gateway to Glimmer s'inscrivait dans une lignée difficile, avec des mini-jeux tels que Cône Magmatique étaient créés dans l'unique but de mettre vos nerfs à rude épreuve. Dans Spyro : Year of the Dragon, ceux-ci ont encore une fois étaient imaginés par des gens qui n'aimaient pas la race humaine.

Commençons donc avec l'un des pires niveaux qu'il soit : Spyro sur un tank volant à devoir charcuter du rhino, lui aussi sur un tank volant au beau milieu d'une plateforme de combat égyptienne. (Sincèrement, si on m'avait dit un jour de créer un jeu afin de faire du mal aux gens, je pense en toute honnêteté que je me serai tournée vers ça).

Image associéeJe l'ai eu ce salaupiot !

 

On se rappelle encore amèrement des mini-jeux conçus par le Malin lui-même dans Autel de la Glace. Entre le combat de boxe avec les deux yétis lourdauds qui vous faisait crisper la machoîre, et le duel de celui qui parviendra à congeler le plus de chatons pour les rentrer dans son box face à  un rhino, c'est à se demander lequel des deux était le plus perfide.

Sans nul doute, qu'ils ont tout deux étaient créés par un génie du mal dans l'unique but de rendre les gens fous. Des exemples de ce genre, on pourrait vous en sortir à la pelle dans ce dernier volet de la trilogie Spyro. Entre autres : le mini-jeu du Sergent Byrd dans Crête enchantée, la course de skate dans Vaisseaux Perdus, le tir à la gâchette avec l'Agent 9 dans Mine de dinosaures ou encore le toboggan infernal (et infect) dans Iles de cristal.

Ce dernier marque bien qu'il est grand temps pour le petit dragon de raccrocher de son job de super-héros.

 

 

Rien qui n'entâche vraiment notre amour total pour le cher Spyro, étant donné que Spyro : Year of the Dragon reste un épisode de haut vol qui fourmille d'idées, musiques, bruitages et niveaux extraordinaires. Et qui a une place spéciale dans le cœur d'Ecran Large.

Pour retrouver notre article consacré à Spyro the Dragon, c'est par ici.

Pour celui dédié à Spyro 2 : Gateway to Glimmer, c'est par là.

Et pour notre test de Spyro Reignited Trilogy, il faudra patienter encore un peu. Mais on a hâte.

 

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commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction 10/11/2018 à 15:52

@Seb

Merci à vous, encore une fois :)
Et à très vite pour le test !

Seb 10/11/2018 à 13:39

Magnifique conclusion ! Spyro est pour moi comme pour vous et beaucoup de gens le héro de mon enfance et LE symbole de l'époque de la ps1 (Plus que Crash ou Tomb Raider). Merci pour ces 3 articles (parfaitement écrits et illustrés) remplis de nostalgie et qui sont un très belle hommage à la trilogie (Articles dont je me ferais un plaisir de relire d'une traite avant de lancer le remake mardi soir !).
Je souhaite au rédacteur(trice) de ces articles ainsi qu'a tout les fans de Spyro un bon retour en enfance avec le remake et je me ferais un plaisir de lire votre test Ecranlarge !

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