Retro gaming : Spyro 2 Gateway to Glimmer, ou quand la suite surpasse l'original

Mise à jour : 10/11/2018 13:04 - Créé : 8 novembre 2018 - La Rédaction
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Flashback sur la trilogie originale de Spyro avant la sortie du remake Spyro Reignited Trilogy.

Personnages azimutés, décors colorés, mondes magiques, musiques fabuleuses, aventures irrésistibles : la trilogie Spyro est pour beaucoup de gamers un souvenir inoubliable et impérissable. Pour nous en tout cas, oui.

Parce que l'arrivée d'un Spyro Reignited Trilogy qui promet de moderniser et rendre hommage à Spyro the DragonSpyro 2 : Gateway to Glimmer et Spyro : Year of the Dragon est un des événements la rentrée, Ecran Large revient sur chaque épisode de la trilogie originale.

 

 

HISTORIQUE

Après le succès du premier épisode, Spyro the Dragon (vendu à près de 4,86 millions d’exemplaires), Insomniac décide de battre le fer tant qu’il est encore chaud et de surfer sur la vague de popularité de ce petit dragon en produisant un deuxième opus intitulé Spyro 2 : Gateway to Glimmer (ou Ripto’s Rage en anglais). Une nouvelle aventure plus vaste, plus épique, avec des plus de nouveautés et son lot de rebondissements.

Dans cette nouvelle histoire, on incarne encore et toujours le petit dragon violet qui, même si ça ne voit pas à première vue, a bien grandi depuis sa première épopée. Alors qu’il est en route aux côtés de sa fidèle libellule, vers les rivages du dragon pour une bonne séance de farniente et de détente, se fait intercepter en cours de voyage par des résistants d’un autre monde.

Avalar est sous le joug d’un terrible Tyran nommé Ripto, et seul un dragon peut le faire tomber de son trône. Et voilà que ce pauvre dragonnet se retrouve malgré lui empêtré dans une mission de sauvetage, il y a clairement de quoi tirer la tronche. A noter que les concepteurs du jeu ont tous confessé s'être inspiré d'Oliver Wade, directeur de l'animation d'Insomiac Games pour créer le personnage de Ripto. Sympa.

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En plus de proposer une série de nouveautés qu’on décrira un peu plus tard, ce deuxième opus est surtout l’occasion, pour ses créateurs, de pallier les critiques rencontrées lors de Spyro the Dragon. Quand bien même si les critiques de l’époque avaient apprécié le jeu, le titre restaient à leurs yeux « réservé » à un public trop jeune.

Alors, histoire de diversifier son panel de joueurs, Insomniac à incruster un système de backtracking. En clair : corser la difficulté en obligeant les joueurs à retourner dans des mondes inférieurs afin de remplir des missions annexes et poursuivre l’aventure principale.

D’après les dires d’Ami Blair, directeur du développement « Spyro 2 n’est pas seulement une autre suite. Les joueurs seront certainement attirés par les pitreries espiègles de Spyro, mais ils vont découvrir un système de jeu qui est plus difficile et plus amusant que jamais. »

 

photoOn s'en rappelle des requins métalliques !

 

Au cours de sa conception, l’opus vidéoludique va évidemment passer par des phases de modifications. Entre autres Spyro devait initialement avoir la faculté de se rouler par terre (peut-être afin d’éviter ses ennemis) mais cette capacité sera mise au placard lors des démonstrations finales. Tout comme le design de certains personnages, dont Elora qui devait être un centaure afin d’être transformée en faune, ainsi que le nom de certains niveaux.

A charge de revange, Spyro a fait le plein du côté des compétences. En plus voler, il peut désormais papilloner (rigolez pas c'est ultra-pratique), charger en plus cracher du feu (à l'instar du premier), il peut désormais monter aux échelles et nager ou du moins barboter en surface. 

Après quelques joyaux allégrement dépensé auprès de Gros-sous, le Picsou de l'aventure, le petit dragonnet pourra même nager sous l'eau. Une révolution pour l'époque qui vient offre un sentiment de liberté décuplé pour le joueur.

 

Des petits moutons heureux

 

A contrario du premier épisode, la récolte des gemmes et joyaux dans ce deuxième opus est nettement plus intéressant puisqu'au bout du compte, le joueur devra dépenser sa monnaie durement gagner pour gagner en compétences et progresser dans l'histoire. De ce fait, cette nouvelle histoire vient présenter de nouveaux personnages dont certains deviendront récurrents dans l'épisode qui suivra l'année prochaine, Spyro : Year of the Dragon. On pense notamment au professeur, mais aussi à Chasseur et surtout : Gros-Sous.

A tous les aspects, les développeurs ont compris qu'il fallait de la fraîcheur et de la nouveauté. En plus de passer par la venue de nouveaux personnages, cela passe aussi par des petits détails qui font toute la différence. Entre autres, le dragonnet peut intérargir avec les habitants des niveaux, tirer des projectibles après les avoir ramassés, et pour la première fois dans l'histoire de la saga commence directement à l'intérieur même d'un niveau.

 

photoPartir à la découverte d'un nouveau monde

 

Cependant l'une des plus grosses différences notables reste la venue des mini-jeux à l'intérieur des niveaux. Afin de diversifier l'aventure et prolonger l'expérience vidéoludique, les concepteurs ont eu la (très) bonne idée d'inclure des sortes de petits défis à la fin de quête principale. Chose qu'on retrouvera d'ailleurs dans Spyro : Year of the Dragon en plus avancé.

Rien de bien compliqué toutefois, puisqu'il s'agira simplement d'aller les habitants du coin dans des tâches qu'ils ne peuvent accomplir. Et cela, certains d'entres marquent encore dans nos esprits les meilleurs comme les "pires" souvenirs. Malheureusement, Spyro 2 : Gateway to Glimmer se vendra beaucoup moins bien avec 3,45 millions de copies achetées.

 

LES MEILLEURS SOUVENIRS

Il est vite clair que Spyro 2 : Gateway to Glimmer, s'il reprend la formule du premier, avance avec plus d'assurance, et l'envie de forger une franchise à succès plus claire et carrée.

Déjà, l'idée de suivre les saisons pour les mondes, de la Forêt d'été à la Toundra hivernale, est excellente. Les développeurs ont une envie claire de réorganiser le jeu, et les thèmes de ces parties, bien plus doux et aériens, en témoignent. Chaque "saison" est alors blindée de niveaux, et Spyro 2 : Gateway to Glimmer laisse une impression de maîtrise plus forte.

L'aventure commence d'ailleurs dans un niveau, plutôt qu'un monde-portail : une petite idée très efficace pour introduire les enjeux. Que les boss soient maintenant de simples affrontements et plus des niveaux à part entière, renforce là aussi la sensation d'un jeu plus carré.

 

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Que le jeu démarre avec de nouveaux personnages (le Professeur, Chasseur et Elora) montre aussi que l'équipe a compris que l'univers doit s'étendre. Chaque niveau a ainsi droit à une introduction digne de Tex Avery, qui présente les habitants et leurs problèmes, que le gentil dragon viendra régler. Les créatures de ces mondes ont ainsi une place plus importante, avec leurs dialogues et même leur propre culture, donnant véritablement l'impression d'un grand voyage. Ce côté cartoonesque ultra-assumé est l'une des clés du charme énorme de la trilogie.

 

 

Et Spyro 2 enchaîne les niveaux cultes dès le départ. Sainte Idole avec sa musique géniale, son level design simple et parfaitement efficace, et ses autochtones irrésistibles. Colossus, avec les prières de ces petits moines et son yéti abruti. Plage ensoleillée avec ses irrésistibles tortues, et ce plaisir de charger les bestioles pour les voir glisser et rebondir autour de la marmite. Hurricos, le niveau "sombre" incontournable, avec ses taupes géniales, et ce mini-jeu extra où il faut relancer l'électricité et voir de pauvres voleurs essayer de nous compliquer la tâche comme de gros balourds tout fiers d'eux.

Tours Aquaria aussi, tout premier niveau aquatique de la saga, maintenant que Spyro ne se noie plus comme un looser dans l'eau - mention spéciale pour les bruitages et animations des crabes affamés. 

 

 

Dans les Plaines automnales, il y a là encore du très, très bon. Collines de failles, avec son clin d'œil au premier Spyro (ces musiciens à libérer), ses abeilles et ses buissons voraces. Port de brise, avec ses petits salopards qui crachent depuis leurs sots d'eau. Pays maudit (moins drôle que Skelos Badlands, le nom en anglais) présente un univers amusant rempli de dinos. Zephyr avec ses graines magiques et ses vaches-mini-éléphants bizarres (et encore une fois, une excellente musique).

Last but not least : Oasis ombragée et Brasier. L'Oasis est un génial niveau avec un thème excellent : une ambiance orientale et baies magiques dans ce niveau, où les paons méritent des applaudissements tant leur cri d'agonie est grandiose. L'idée très amusante du pot à suivre à travers le niveau est elle aussi mémorable. Brasier, lui aussi porté par un thème fabuleux, présente Greta et et Handel, un duo de frère et sœur qu'on retrouvera dans Spyro : Year of the Dragon. On a la quintessence de Spyro, du fun à l'état pur.

 

 

Place à la toundra hivernale, troisième et dernière escale. Palme du design le plus WTF avec les magiciens du Temple des nuages et leurs cheveux flottants, et l'agent Zéro - et son petit cri lorsqu'il nous voit le suivre. Metropolis change totalement de décor et plonge pour la première fois Spyro dans une aventure futuriste digne de Ratchet et Clank. La chasse aux moutons en vaisseaux spatiaux vaut le détour. Fermes Robotica continue sur cette lancée, avec un petit air de répétition.

Marécages mystérieux est sûrement l'un des meilleurs niveaux de toute la trilogie. Le level design est étonnant et donne une impression de plus grande liberté, les voleurs de Basil l'explorateur changent des salopiauds habituels, et surtout la quête du crayon du professeur est parfaitement délicieuse. C'est là l'un des mini-jeux les plus malins et amusants de la saga.

 

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Dans Spyro 2 : Gateway to Glimmer, les niveaux de vol deviennent des circuits, avec un gameplay plus agréable, et des mini-jeux cachés. Une course contre chasseur, une traque de voleurs et leur butin, un tour en avion ou en parapente : là encore, il y a de quoi faire.

De manière générale, les développeurs ont grandement amélioré la jouabilité avec un Spyro capable de nager, papilloner, ou encore grimper aux échelles. La possibilité de récupérer des compétences spéciales pour une durée limitée ajoute un peu de plaisir et permet au gameplay de se diversifier. Bref, la suite de Spyro the Dragon est une franche réussite.

 

 

LES MEILLEURES CRISES DE NERF

Comme Spyro 2 : Gateway to Glimmer lance la tradition des mini-jeux, il démarre celle des vraies crises de nerf. Les développeurs ayant assumé que l'idée était de réellement corser la difficulté pour les gamers avertis, l'effet est logique. L'arc-en-ciel de la rage va de la plus légère à la plus extrême. En somme : d'un poisson de la mauvaise couleur qui fait vomir l'idole de Sainte-Idole, au défi des affreux pop-corns avec Chasseur au Cône Magmatique. 

Entre les deux, il y a la raie de Tours Aquaria, la dernière statue "hantée" qu'on cherche toujours dans Colossus ainsi que le match de hockey, la supercharge de Collines de faille, le charriot de Port de brise. De manière générale, Hunter donne envie d'être baffé à de multiples occasions. Spyro : Year of the Dragon le confirmera.

 

photoUn outil pour mieux te rendre fou mon enfant

 

Par ailleurs, Spyro 2 : Gateway to Glimmer confirme la tendance à la répétition déjà visible dans le premier. Des thèmes musicaux (celui de Port de brise) aux divers éléments à l'écran (comme dans Glacier de crystal), il y a le sentiment que les développeurs recyclent beaucoup de choses. Personnages, éléments de décor, bruitages et divers designs sont ainsi réinjectés de manière plus ou moins discrète. Sortir une suite si vite après un succès a ce genre de conséquence, qui a bien souvent abîmé des sagas par le passé (coucou Tomb Raider).

Rien de bien méchant néanmoins. Ce deuxième Spyro a trop de nouveautés, et a trop peaufiné les bases du premier opus, pour réellement souffrir de ça. L'aventure est drole, étonnante, loufoque, remplie de détails malins, et reste un modèle de jeu de plate-forme.

De quoi en faire le meilleur épisode de la trilogie ?

Pour retrouver notre article consacré à Spyro the Dragon, c'est par ici.

Pour celui dédié à Spyro : Year of the Dragon, c'est par là.

 

Dossier de Prescilia Correnti et Geoffrey Crété.

 

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commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction 08/11/2018 à 17:14

@Seb

Merci à vous, on est ravis de vous retrouver ici !
Rendez-vous ce week-end pour Spyro 3 :)

Seb 08/11/2018 à 16:52

Génial ! Tout comme Spyro 2 arrive à être encore meilleur que le 1, votre article est encore meilleur que le 1er sur Spyro 1, impatient de voir l'article final sur le dernier épisode qui tombera à point avant la sortie du remake !!!

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