Robocop pourquoi il faut mater le chef d’œuvre de Paul Verhoeven ce soir à la télé

Jacques-Henry Poucave | 27 février 2015
Jacques-Henry Poucave | 27 février 2015

Robocop sera diffusé ce soir à 20h45 du côté de Ciné+ Frisson. Pas le remake discutable, non, l’original signé Paul Verhoeven, qui a durablement marqué une génération tout entière. On vous explique pourquoi.

 

Parce que c’est un film choquant

Robocop a beau être un divertissement conçu pour attirer à lui un large public, il n’a pas peur de choquer. Peut-être parce qu’à l’époque ce qu’on n’appelait encore que rarement le « politiquement correct » n’avait pas la même emprise, et que les studios ne visaient pas encore uniquement une cible adolescente, le métrage pu se permettre des délires hallucinants.

Difficile d’imaginer un film aussi violent sortir sur les écrans de nos jours. Dès la première bobine, un employé de bureau se fait déchiqueter par un prototype de robot pendant une réunion et le héros est littéralement pulvérisé à coups de fusil à pompe.

Et n’oublions pas l’explosion de tripes et le geysers d’hémoglobine qui conclue le film.

Parce que c’est un film hilarant

Paul Verhoeven s’est toujours évertué à rendre apparente la vulgarité ou la médiocrité des époques et des milieux qu’il dépeint dans ses films. Celui de Las Vegas dans Showgirls, des résistants dans Black Book, ou ici d’une certaine classe politique et médiatique.

On se souvient tous des invraisemblables spots TV qui rythment le film comme autant de chapitres, ou tout simplement des séquences mettant en scène les cyniques bureaucrates qui veulent faire du Robocop un concept rémunérateur.

Ils font de ce film d’action une satire hilarante non seulement des années 80, mais aussi de notre époque et de son libéralisme inconséquent.

Parce que c’est une version badass de Frankenstein

Alors oui bien sûr, c’est super de regarder Robocop, mais comment en parler avec classe lors de votre prochain pince-fesses, ou lors du dîner de l’ambassadeur où on ne manquera pas de s’enquérir de vos dernières activités culturelles ?

C’est simple, expliquez à vos interlocuteurs qu’il s’agit d’une relecture particulièrement maligne du mythe de Frankenstein, centrée non pas sur les tourments du créateur, mais bien les troubles de l’identité de sa création.

En plus d’être dans le vrai, vous ne manquerez pas d’impressionner l’assistance.

Parce que c’était le bon temps des effets spéciaux à l’ancienne.

Pas de fond vert dégueu ici, ni incrustations ratées et encore moins de glaciales CGI. Dans Robocop, il y a de la cascade, de la pyrotechnie, des maquettes. Et même de l’animation image par image, dans un superbe hommage au maître Ray Harryhausen.

Tout savoir sur RoboCop

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commentaires
Jidé31
28/02/2015 à 09:23

@La Rédaction : je vous lis depuis des années et je vous assure que vous avez une certaine tendance (pour ne pas dire une tendance certaine) à tomber dans le "c'était mieux avant"...
Mais je continue à vous lire... les désaccords n'empêchant pas les passions communes.
Et heureusement que vous savez reconnaitre quand des CGI sont exceptionnelles, comme dans "Jupiter Ascending"... sinon ce serait faire preuve de mauvaise foi (et je ne crois pas que vous carburiez à la mauvaise foi). Les SFX sont comme bcp de choses : le reflet de leur temps. Il y a du bien et du moins bien dans toutes les époques. Le "King-Kong" de 1933 serait ridicule si on le retouchait avec des CGI. Mais le "King-Kong" de 1976 (ce gros ratage) serait presque sauvé si on le "GeorgeLuca-isait" sur quelques plans clés. Même "Back to the Future" a certains effets qui "piquent les yeux" aujourd'hui (et croyez moi ça me fait mal de dire ça). Bref... relativisez.
;-)

Faboloss
27/02/2015 à 21:41

"-Nice shooting son, what's your name ?
- Murphy."
Et la musique juste derrière...

Simon Riaux - Rédaction
27/02/2015 à 18:57

Nous ne crachons pas à longueur d'articles sur les CGI.
Nous crachons sur une utilisation mal maitrisée et conçue en dépit du bon sens.
Lorsque les studios les emploient pour accélérer la phase de tournage, limiter les coûts et l'implication de techniciens sur un plateau, le résultat est parfois catastrophique et vieillit toujours très mal.
Nous ne manquons en revanche jamais de souligner la réussite de ces derniers quand ils nous semblent réussis et servent le film.
Comme nous l'avons fait pour Jupiter Ascending tout récemment, ou également La Planète des Singes.

Spike.
27/02/2015 à 18:51

Ciné Cinéma Frisson diffuse la vf integrale pas la version charcuté qu'on trouve dans les dvd/bluray. Je le sais car le film était diffusé sur cette chaine le 24 décembre dernier.

Hasgarn
27/02/2015 à 18:49

@ JIdé31 : je suis 100% d'accord. Starship Troopers serait-il le même sans CGI ?

JIdé31
27/02/2015 à 18:35

"Robocop" EST un chef d'oeuvre, tout à fait d'accord. Je l'ai vu au bon âge (16 ans) à sa sortie, c'est vous dire l'importance qu'il a dans mon coeur de cinéphile. Mais certaines scènes avec ED-209 font un peu cheap aujourd'hui... ou pire, la chute de Dick Jones à la fin. Alors par pitié, arrêtez de cracher à longueur d'articles sur les CGI. Car les CGI sont probablement la meilleure chose qui soit arrivée aux effets spéciaux depuis longtemps. Ce n'est qu'un outil et comme tout outil, il peut simplement être mal utilisé. Auriez-vous eu l'idée de pourrir les CGI en 1993 lors de la sortie de "Jurassic Park" ?

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