Interstellar : analyse de l'odyssée spatiale décevante de Christopher Nolan

Simon Riaux | 7 novembre 2014 - MAJ : 21/02/2020 13:53
Simon Riaux | 7 novembre 2014 - MAJ : 21/02/2020 13:53

Interstellar est une déception à la hauteur des attentes générées par cet audacieux projet. À la fois pur film de science-fiction et anti-blockbuster par excellence, le film événement de Christopher Nolan a sur le papier tout pour faire le bonheur du cinéphile en mal d'odyssée digne de ce nom. Mais que s'est-il donc passé ?

Écartons tout d'abord la comparaison absurde avec le chef d'œuvre de Kubrick, 2001. Que l'analogie soit faite pour tresser les louanges de Nolan ou l'attaquer, elle n'a pas lieu d'être. Kubrick réalisait en 1968 un film qui ne relevait pas tant de la SF, de l'anticipation ou du space opera que de la métaphysique pure. Cette dernière était traitée non pas comme le sujet du film mais bien comme son but ultime. La volonté du réalisateur étant d'amener le public à expérimenter une profonde remise en question, un au-delà de sa condition, comme en témoigne le célèbre climax.

 

 

 

Christopher Nolan fait ici tout le contraire. La métaphysique n'est pas le sujet d'Interstellar, ni par sa nature, ni par l'aboutissement de son récit. En effet, le scénario et les personnages se basent sur les théories du physicien Kip Thorne, mais la direction que prend le récit est tout autre : focaliser petit à petit l'attention du spectateur sur un nœud émotionnel extrêmement simple et intime, le lien qui unit Cooper, personnage principal, à sa fille restée sur Terre, prénommée Murphy.

 

 

 

Si cette focale resserrée est sur le papier la grande et belle idée du film, l'accroche émotionnelle qui doit permettre à Nolan de ne pas perdre son public et de parvenir enfin à toucher du doigt ce qui manquait jusqu'à présent à son cinéma (les émotions), cette note d'intention quasi-parfaite se heurte à la méthode du réalisateur.

Adepte de la fulgurance et du twist, il n'a jamais été un grand styliste de l'image. Non pas que ses films ne recèlent pas leur lot de séquences marquantes, mais le metteur en scène du Prestige n'a jamais tant travaillé la grammaire de sa mise en scène que l'impact immédiat de vignettes iconiques. Un procédé pas plus honteux qu'un autre, qui n'interdit en rien de réussir d'excellents films (comme le prouvent Insomnia ou Memento) mais qui fait primer la forme sur les sentiments. Et pour cause, ceux-ci ont besoin pour naître et briser le mur de l'écran d'un écrin suffisamment discret pour qu'il ne les écrase pas.

 

 

 

De même, les faiblesses habituelles du réalisateur semblent ici avoir enflé dans des proportions inquiétantes. On s'étonne ainsi de l'usage écrasant et systématique qui est fait du score de Zimmer, pourtant le meilleur qu'il ait produit depuis La Ligne Rouge.

Toujours sujet à l'emphase, l'artiste atteint ici un degré inédit dans la digression. Comment ne pas pester devant la durée d'un film dont on préserverait probablement l'impact émotionnel en en coupant une bonne heure. Le passage sur la planète dite de glace est ainsi intégralement superflu. Ni évolution notable des personnages, ni rebondissement marquant ne nous y attend. Seulement une enfilade de stéréotypes de l'exploration spatiale, qui occupent plus d'une demie-heure de métrage pour aboutir à une situation d'avarie que le génial Sunshine de Boyle racontait en moins d'une dizaine de plans.

 

 

 

Il y a dans ce projet de cinéma total, qui ne peut qu'exciter notre fibre cinéphile et en appeler à notre soif d'épopées digne de ce nom, une maladresse profonde, pire, une forme de puérilité terriblement rigide. Derrière la durée absurde d'Interstellar (au vu de la simplicité extrême de son récit et de ses enjeux) c'est l'incapacité de son auteur à faire de véritables choix qui apparaît. C'est en cela que le cinéaste se révèle un chef d'orchestre brillant par sa force et son emprise sur Hollywood, mais déficient dans la maîtrise de sa mise en scène, ce que révélaient déjà en creux Inception et the Dark Knight rises.

 

 

 

Christopher Nolan essaie désespérément de se focaliser sur ses personnages, sans succès, ne comprenant jamais que quantité et qualité finissent par s'annuler. Comme s'il ne croyait pas lui non plus dans sa capacité à laisser éclore les émotions, il se voit obligé de répéter systématiquement ses points d'ancrages (scénaristiques, émotionnels), laissant ses personnages parler quasiment en continu durant 2h48mn.

Dès lors, impossible de retrouver la grâce de la séparation entre Cooper et Murph, qui intervient dans le premier quart du film. La scène, d'une belle simplicité, émeut comme jamais aucun film de Nolan n'y était parvenu. Jusqu'à ce qu'à la faveur d'un twist gros comme une artère de cachalot sous kétamine, la séquence ne soit rejouée plusieurs fois sous nos yeux. Et cela après que les personnages l'aient discutée en long, en large et en travers.

C'est ainsi que Cooper et ses copains astronautes annoncent, analysent et dissèquent chaque situation, dilemme ou bouleversement comme si le spectateur n'était pas capable de comprendre leur portée symbolique. Un des principaux retournements du film, qui laisse deux personnages exsangues et désespérés après un affrontement physique, se voit ainsi parasité par un enchaînement de répliques terriblement lourdingues, proches de l'ineptie, et une série d'incohérence indignes de Michael Bay.

 

 

 

Jusqu'ici, rien de très nouveau chez Christopher Nolan, qui manifeste toujours la même incapacité à créer un quelconque lien empathique avec ses personnages féminins. Entre le « Eurêka ! » démesuré de Jessica Chastain et les moues boudeuses d'Anne Hathaway, la femme demeure encore une grande abstraction, tour à tour inquiétante ou désexualisée, dans l'univers Nolanien.

Mais Interstellar marque l'apparition d'une autre faiblesse, bien plus inquiétante. Jusqu'à présent, le cinéaste avait toujours su jouer avec les attentes des spectateur. Soit en organisant des twists retors (Le Prestige), soit en s'éloignant radicalement de ses attentes (Insomnia). On découvre ici avec stupeur que le rebondissement introduit quasiment dès l'ouverture du film, cet élément « fantastique » gros comme le nez au milieu de la figure, sera exploité sans une once d'originalité.

Pire le « fantôme » que nous présente Murphy dans la première bobine sera l'occasion d'un recyclage grossier des thèmes esthétiques d'Inception.

 

 

 

La même transparence pataude contamine toute la dramaturgie du film. Que survienne un tsunami tel qu'aperçu dans la bande-annonce et un personnage disparaît dans ce qui devrait rester comme une des séquences les plus anémiques de l'histoire du cinéma. Nolan ne parvient jamais à instaurer le moindre suspense, mais plutôt que de contourner cet écueil comme il évite le danger de la surenchère spectaculaire, il se plie à toutes les figures imposées par le genre de l'exploration spatiale.

Pression, doutes, choix cornéliens, trahison, rien ne manque au catalogue des vicissitudes humaines. Mais encore une fois, malgré de longs plans sur le visage contracté de l'excellent McConaughey, rien ne traverse l'écran.

 

 

 

Le long-métrage, pensé comme le hors-champ de Contact (on suit ici le père d'une fillette qui pourrait être Jodie Foster), semble également avoir été conçu par les extra-terrestres ultra-évolués du film de Zemeckis.

Car on aurait pardonné à Nolan la rigidité de son découpage, le montage encore une fois aux fraises de Lee Smith, le déséquilibre de son récit (qui prend son temps, accélère n'importe comment pour à nouveau faire du surplace), s'il avait atteint son but.

À la manière de ses héros en quête d'un nouveau monde, Nolan entreprenait avec Interstellar un passionnant voyage, également paradoxal. Comme Cooper tentant d'improviser avec ses connaissances de la théorie des cordes et des trous de vers, le metteur en scène voulait trouver au cœur du vide intersidéral le chemin vers le cœur battant de ses personnages. Entrer dans la plus épique des aventures pour toucher à la plus intime des pulsations.

Hélas, si ses héros y parviennent, tout indique que lui s'est perdu en chemin.

 

 

commentaires

Flo
21/02/2020 à 13:30

Christopher Nolan, L’Évolution.
Pour mieux en rendre compte sur "Interstellar", on peut analyser le film en se basant sur une des particularité de toute sa Filmographie: la Dualité.

Double rythme de narration temporelle (d’arrière en avant);
duel de 2 égos opposés/complémentaires;
double identité;
double réalité, tangible et imaginaire/multiple;
Et donc ici, nous aurions:

- La Tête:

Comme dans tout bon film de SF de ce genre, la Science confirmée et/ou théorique (avant une quelconque réfutation) y est au service de l’Imagination, pour une réflexion profonde alliant la relativité du temps et la gravité – tellement prononcée comme un mantra qu’on dirait une pub pour le film (Warner) de Cùaron – avec la destinée humaine, sans lorgner sur trop de « préchi-précha » à la M. Night Shyamalan néanmoins. Et aussi bien plus accessible au gens qu’on ne le croirait. On peut rassurer, le film est globalement simple à comprendre, la mission et ses étapes y sont exposées assez limpidement. Sauver le monde tout de même, on le comprend bien.

Comme pour Gotham et l’univers de "Inception", Nolan est un bien un maître pour créer des mondes dystopiques, où tout à fini par aller de travers et où le désespoir est tel qu’il recquiert des hommes de Bien pour y venir à bout. Et toujours avec le moins de manichéisme possible, le bon cohabitant sans peine avec mal.
On pourrait tout de même être déçu que seul les USA (et leur base-ball, le retour du vieux Dust Bawl et de la Grande Dépression etc…) y sont seul dépeint comme nation terrestre. Rapport aux pionniers américains et à la NASA bien sûr… Mais si c’est presque normal pour un anglais d’y aller de la critique d’un système, autant ne pas laisser les autres responsables du Monde sur la touche.
Comme autres menus défauts, on peut aussi citer le fait que l’espace immense, beau et prometteur, y est souvent trop occulté à la vision par les créations humaines (le centre du film évidemment);
qu’un acteur secondaire ne trouve son utilité qu’en étant une métaphore du sacrifice, et un autre de la folie maladive;
ou cette bizarrerie, pour un réalisateur au style souvent « froid », d’avoir un robot dont l’humour est programmable en pourcentage (humour dont ne manque pas les humains en retour).

Mais par là, on en passe aussi par de réjouissantes références à d’autres films aussi bons: et donc si "2001: l’Odyssée de l’Espace" de stanley Kubrick nous vient à l’esprit, ce n’est pas tant par son style « sec et intello », mais plus par le fait que le robot TARS soit ainsi une IA sarcatisque en forme de mini… monolithe noir ! Faut le faire, hilarant !
On peut aussi nommer déjà comme référence assumée "L’Étoffe des Héros" de Phillip Kauffman, pour le coté pionniers de l’espace/hommes avec famille au sol;
les films "Solaris", surtout la version de Steven Soderbergh dont la BO de Cliff Martinez, toute en petites touches, est assez proche de ce que Hans Zimmer a composé (avec plus de passages grandioses quand même) pour "Interstellar";
un peu du "Contact" de Robert Zemckis (avec déjà MMcC), pour le coté « plausible », le conseiller scientifique Kip Thorn étant ici un peu l’équivalent de Carl Sagan;
un peu du "Sunchine" de Danny Boyle aussi pour l’idée de sauver le monde de là haut, avec là aussi un « équipier psychopathe de trop »;
et, plus surprenant et sorti cette année, le "Lucy" de Luc Besson. Un peu un cousin en thèmes et en simplicité, en 2 fois plus long pour "Interstellar" (mais dans le cas des deux films, on ne voit quasi pas le temps passer, précisément…), plus aérien », plus dense narrativement et plus sobre visuellement.

Cette sobriété est au diapason d’une image très très belle (en pellicule) dans son coté classique. Techniquement d’ailleurs tout est bien fichu, comme le plus souvent chez Nolan, sans trop manquer de surprise, ce qui est assez talentueux pour le souligner. Tout cet habillage au service, cette fois, des acteurs qui sont pour le film…

-Le Coeur:

On le sait, Steven Spielberg devait revenir à la SF grâce à cette histoire, y compris dans un genre famillial qu’il a soumis comme donnée principal à son scénariste, Jonathan Nolan, frère de, avant le passage de relais. Celà permet enfin au réalisateur d’explorer de son coté le sentier émotionnel d’une autre façon que dans ses précédents opus.
Car avant ça, les émotions chez Nolan y étaient souvent synonyme de perte chez ses héros, manipulées par autrui (ou par leur subconscient troublé) lorsqu’ils ne s’y attendaient pas. Ou responsable égoïste de leur colère.
Là, l’émotion est le carburant de tout le film et des héros qui, faute de mieux, s’y référent à chaque fois qu’ils plongent de plus en plus loin dans l’inconnu. Quitte à être un chouïa maladroit à un moment où l’amour essaye d’y être quantifié, provoquant un bref déséquilibre du film qui peut en perdre certain. Mais peu de dégâts à ce niveau, ni trop de gnan-gnan, tant mieux.

-Matthew McConaughey, devenu maintenant le sosie physique et artistique de Paul Newman, est très bon comme depuis quelques temps, loin de toute performance mais à la fois solide en explorateur un poil cynique comme sensible en père de famille éploré. Et dont la distance, contrairement aux pères dans "Le Prestige" et "Inception", est plus déchirante car plus démonstrative. Avec justesse heureusement. LE Héros Américain dans sa splendeur;

-Anne Hattaway en est son pendant presque inverse (fille de au lieu de parent), aussi à l’aise dans l’action que la réflexion intelligente, mais bien plus à fleur de peu. Avec une micro amorce romantique pour elle et lui, au delà d’une amitié platonique. On aimerait en voir plus, c’est sûr.

-Jessica Chastain joue aussi une « fille à papa » elle-même intelligente, têtue et cynique (son « tu veux perdre un autre fils? » est glaçant), et un enjeu scénaristique capitale car pas seulement comme balise pour Cooper (Murph = Earth, fastoche).

Bref Matthew « Arkonowi », Anne « Tatayet » et Jessica « Châtaigne » sont le trio indivisible (même si l’une n’apparaît qu’au bout de 50 minutes) qui porte tout le film sans exception. Ainsi, les autres acteurs peinent un peu à être plus mémorables, exception bien sûr de la plus jeune Mackenzie Foy, touchante et jamais énervante, preuve que Nolan sait aussi diriger les enfants plus que nécessaire (dommage qu’il ne l’ait pas fait plus tôt dans ses Batman). Et les patriarches John Lithgow, vieux débonnaires, et le fidèle Michael Caine, à nouveau roublard qui a des choses sur le coeur.
Et du sympatique Bill Irwin/TARS… aussi bien « physiquement » que vocalement (J.A.R.V.I.S. like).

Grâce à tout ça, "Interstellar" est un grand film d’aventure. Pas le meilleur car particulier dans sa forme, mais qui nous emmène plus qu’ailleurs dans une forme d’espoir en l’avenir, par des moyens inattendus.
Et pour ceux qui se frustreraient que l’histoire semble s’étirer un peu trop en longueur après que celle-ci ait « bouclé la boucle », Nolan nous cueille en relançant cette boucle vers quelque chose de génial et poétique. Ce qu’on pourrait définir par:
« Vous pensez être arrivé au bout, mais ce n’était que le début de quelque chose de plus grand ». Splendide !!!

Gargamail
29/09/2019 à 21:26

Je comprend que les en**leurs de mouches aillent critiquer l'irréalisme de tel détail, la prévisibilité des événements, les concepts pompés sur d'autres films, mais STOP faut ouvrir les yeux !
Avec interstellar vous avez un nouveau standard du drame métaphysique planant et poignant, et tous les films desquels la réalisation se serait inspirée sont 6 pieds sous terre à partir de maintenant, 2001, en particulier.

Madbutcher
25/09/2017 à 22:37

Nolan nous fait bcp de promesses qu il tient en parti dans ses films... scénars plausibles...effets spéciaux superbes... bandes sons grandioses... mais pourquoi fait il toujours qu' il y ai au moins un truc qui me fait avoir un gout de bâcler... le fait il exprès? Moi j pense sérieusement que oui!
Comment peut on mettre a l écran un dernier souffle aussi minable que celui de Marion dans Batman? Comment peut on croire qu' une fille ou un fils d ailleurs, ne soit pas fier d avoir un père qui se sacrifie pour sauver l humanité et donc eux même( a l époque de son départ ils etaient enfants,ok...) mais Après qqs années la haine et la rancoeur se sont accentuées...
J en attendais tellement de ce film... je l ai revu 2 autres fois pour être sûr d avoir bien tout compris... non non c était pareil!
Ok c est du grand spectacle ça se laisse voir... Chris? Associes toi avec des réalisateurs qui connaissent les vrais sentiments humains steuplé!

U
25/09/2017 à 18:49

@dorsal

Tu peux partager du coup un film que t'as réalisé, pour pouvoir critiquer ,
Ou plus simple : une critique que t'as écrite, pour critiquer une critique d'autrui.

Dorsal président
25/09/2017 à 18:40

Faut faire des films au lieu de les critiquer, hein, yaka, faukon!

Leraph
25/09/2017 à 08:50

Le problème de ce film, c'est que ca dit tout le long "C'est un film intelligent"plutôt que de faire un film intelligent. TOUT est tellement souligné....très lourd

Bah oui
24/09/2017 à 21:35

La magie Nolan : des films simplistes bien emballés qui donnent l'impression à des spectateurs ne connaissant pas grand-chose au cinéma d'être super intelligents. Quel talent.

Birdy
24/09/2017 à 20:10

Pourquoi ressortir cette critique ? Au passage,c'est amusant de voir comme on peut être déconnecté des critiques parfois. Je peux avoir un avis tranchant et sans concession aussi, mais je ne tente jamais de me placer au dessus de l'oeuvre ou du réalisateur. Quand c'est Nolan, on peut se demander pour qui se prend ce critique qui peut ne pas aimer un film, le critiquer, et rester objectif devant ses qualités. Quand on déboite un film qui se fout de la gueule du monde, ok. Mais Interstellar, qu'on accroche ou pas, est du beau cinéma. bien fait.

Lolo
24/09/2017 à 15:08

Dans cet article, vous parlez pour le pauvre spectateur... Erreur!
D'abord parlez en votre nom. Ensuite le spectateur à parlé pour lui: les résultats du box office sont éloquents.
Dommage que ce qui passe surtout dans votre article c'est l'agressivité caractéristique du journaliste qui aurait aimé être un artiste mais qui devra se contenter de les critiquer...

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12/09/2016 à 12:04

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