Festival de Saint-Jean de Luz : jour 3

Christophe Foltzer | 9 octobre 2014
Christophe Foltzer | 9 octobre 2014
De gros nuages couvrent le ciel de Saint-Jean-De-Luz mais le festival, lui, se porte très bien et prend même un virage décisif en nous présentant le choc de la sélection, une véritable révélation.

Max & Lenny tout d'abord. Premier long-métrage de Fred Nicolas (ancien ssistant notamment de Erick Zonca, Arnaud Despleschin et Marina de Van), le film s'attaque à un sujet des plus casse-gueules en présentant le destin d'une ado d'une cité marseillaise piégée par sa condition et qui tente de s'en sortir par le rap et sa rencontre avec Max, jeune immigrante clandestine en voie d'expulsion. Si le scénario co-écrit avec François Bégaudeau n'évite pas quelques écueils, facilités et autres clichés attendus, cette relecture de 8 miles se révèle surprenante par la qualité de sa réalisation, de son ambiance très travaillée et l'exactitude des performances de ses deux comédiennes principales débutantes, dont l'auteure-compositrice Camélia Pand'Or qui a enflammé la projection le temps de quelques slams.
Cette vision brute et réaliste du quotidien d'une cité et des gens qui y habitent qui soulève de véritables questions sur la politique d'immigration du pays et de l'insertion sociale des gens en marge. Surprenant et nécessaire.
Rien ne pouvait nous préparer au choc qui nous attendait à la vision du deuxième film d'Alix Delaporte, Le dernier coup de marteau. Film admirable et d'une maîtrise exceptionnelle, il accumule les moments inoubliables et forts en émotions d'une histoire qui aurait pu tomber facilement dans les travers les plus mièvres du drame sans l'énorme talent des gens qui ont fait le film. Le quotidien de cet adolescent torturé partagé entre sa mère gravement malade et un père qu'il ne connait pas touche le spectateur et l'embarque dans une expérience dont il ne sortira pas indemne. Citons l'excellente performance de Clotilde Hesme, parfaite dans un rôle tout en subtilité et en douleur intérieure. Mais celui qui retient l'attention, c'est évidemment le jeune Romain Paul, incroyable de bout en bout, portant le film sur ses épaules malgré son manque d'expérience du cinéma. C'est bien simple, on a l'impression de revoir le River Phoenix des débuts et son interprétation fera date.
Le film ne sort qu'en mars 2015 mais comptez sur nous pour en reparler à la moindre occasion tant il est exceptionnel. On soupçonnait déjà depuis quelques temps qu'il se passait quelque chose d'important parmi les jeunes réalisateurs français (La belle vie et La pièce manquante, présentés à ce même festival l'an dernier avaient ouvert le bal), Le dernier coup de marteau vient de nous en donner la confirmation. Et quelle confirmation !
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