Décès de Georges Lautner

Christophe Foltzer | 23 novembre 2013
Christophe Foltzer | 23 novembre 2013

Georges Lautner nous a quitté hier à l'âge de 87 ans, "des suites d'une longue maladie", a précisé le cascadeur Rémy Julienne.

Célèbre pour ses films en collaboration avec Michel Audiard, Les tontons flingueurs, Les barbouzes et Ne nous fâchons pas, Lautner avait connu son premier succès public en 1961 avec Le monocle noir avec Paul Meurisse, avant d'embrayer sur Les tontons qui marqua sa consécration, avec un succès jamais démenti. En signant cette oeuvre-phare du cinéma français, il s'était inscrit durablement dans l'inconscient collectif de notre pays et les multiples références à son oeuvre (ainsi que ses rediffusions à un rythme métronomique) montrent bien qu'il avait su toucher quelque chose  chez le spectateur, une fibre populaire sans tomber dans le populisme et la facilité dont beaucoup de ses confrères devraient s'inspirer. Pour autant, il s'était retrouvé piégé par le succès des Tontons, qui l'empêchait, selon lui, de concrétiser ses ambitions.

Construisant une filmographie un peu plus sombre avec deux films mettant en scène Alain Delon (Les seins de glace et Mort d'un pourri), Georges Lautner rencontre Jean-Paul Belmondo et c'est une découverte mutuelle puisque de cette amitié sortiront plusieurs films, dont certains parmi les meilleurs rôles de Belmondo : Flic ou voyou, Le guignolo, Joyeuses Pâques et, évidemment, Le professionnel (1981), énorme succès.

Pour autant, avec un filmo aussi fournie que la sienne, Lautner n'avait pas réalisé que des chefs-d'oeuvre puisqu'on lui doit aussi, entre autres, l'embarrassant La cage aux folles 3 (1985). Bien que les années 80 n'aient pas été du même niveau que le reste de sa carrière, citons quand même La maison assassinée (1988) avec Patrick Bruel et Anne Brochet, joli succès en son temps et film qui reste, à bien des égards, encore sympathique aujourd'hui. 

Lautner finira sa carrière en 1992 avec le très sombre L'inconnu dans la maison qui lui permettra de retrouver une dernière fois son ami Jean-Paul Belmondo.

Avec Georges Lautner, c'est une vision d'un cinéma hexagonal sincère, populaire et de qualité qui s'éteint. Cette disparition nous touche d'autant plus qu'elle nous rappelle, si besoin était, qu'en son temps le cinéma français était capable d'accoucher de grands succès sans prendre son public pour un imbécile, de le divertir sans le mépriser, de l'amuser sans cynisme aucun. Il faut dire aussi, qu'à l'instar de Georges Lautner, les caractères n'étaient pas les mêmes. 

Il serait stupide de vouloir résumer la carrière de Georges Lautner uniquement par ces quelques lignes. Le mieux est encore de voir (ou revoir) ses films, d'autant qu'un grand nombre sont disponibles en Blu-ray et en DVD (vous retrouverez d'ailleurs nos tests Blu-ray de trois Lautner/Audiard en cliquant ici).

 


 

 

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