In the mood for cannes - épisode 7

Simon Riaux | 22 mai 2012
Simon Riaux | 22 mai 2012

"Bonbons acidulés", "parenthèses enchantées", "bouffées d'air frais", "ritournelles inattendues", "surprises rafraîchissantes"... Il est une catégorie de films cannois qui connaît chaque année le déshonneur de sobriquets tous plus ridicules et involontairement péjoratifs les uns que les autres. Ce sont ces œuvres qui détonnent avec le reste de la programmation, sensées apporter à une manifestation chargée quelques coups de fouet salutaires.




Particulièrement nécessaires lors d'éditions telles que l'actuelle cuvée 2012, où la sinistrose se dispute à la misanthropie la plus totale, ces petits films sont généralement les grands sacrifiés, oubliés sur l'autel du sérieux papal et de l'art pour lard. Si l'ensemble des festivaliers et de la critique louent leurs vertus fédératrices et le soulagement que procure leur découverte, ces pépites, souvent inattendues, ont rarement droit de cité au même titre que leurs concurrentes à l'heure du palmarès. Un des seuls capables de réconcilier pythies critiques et bon sens quasi-popu était l'immense Alain Resnais, qui vient hélas de se bananer dans les grandes largeurs, et ne pourra donc régénérer l'esprit du festivalier encrassé par un rythme de visionnage délirant.

On se dit qu'à voir les excellents retours ou tout du moins la contagieuse bienveillance dont bénéficient les Moonrise Kingdom, Part des Anges, et autres Sapphires (Kiarostami ayant précédé le grand Alain dans sa chute), leur accorder un prix ici ou là, plutôt qu'à une œuvre attirant à elle une unanimité qui a tout du choix par défaut (vous avez dit La Chambre du fils ?). Enfin, quand un long-métrage nous soulage et nous apaise, il ne nous permet pas seulement d'échapper momentanément aux autres composantes d'une sélection anxiogène, mais également aux angoisses et névroses qui nous assaillent quotidiennement, et dont s'affranchir est souvent un exploit au-dessus de nos forces. Car si les sacrifiés ont bond dos, ce sont surtout de bons films.

 

 

 

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