Sundance 2011 - Jour 6 : Bus, boulot, dodo...

Stéphane Argentin | 26 janvier 2011
Stéphane Argentin | 26 janvier 2011

Au saut du lit, un rapide coup d'œil par la fenêtre donne illico envie de retourner se coucher. Dehors, il neige à gros flocons ! Du genre à paralyser paname, la France et une bonne partie de l'Europe (see what I mean ?). Sauf qu'à Park City, ce ne sont pas quelques malheureux centimètres de neige qui vont arrêter les « locals » comme on dit ici. Ni même les joyeux trublions d'EcranLarge, prêt à braver toutes les intempéries pour aller voir des films...

 

 

 

D'ailleurs, plus rien n'arrête notre Sandy national. A J+6, le bonhomme a achevé sa mue « American Life Style » et enquille tout à longueur de journée : neige, bus, burgers, coca...

 

Il faudra au moins ça pour absorber les 90 minutes de Life in a day, le fameux projet initié par les frères Scott (Ridley et Tony) consistant à compiler des extraits de séquences filmées par le chalan tout autour du globe et mis en ligne sur le site YouTube. Le résultat me fait penser à un Baraka du pauvre, opinion que ne partage pas tout à fait mon comparse (SG : Je ne m'attendais en fait à rien et au final je trouve cela plutôt intéressant. Mais de là à raquer 10 euros pour aller le voir en salles, il y a une limite que je ne franchirai point).

 

 

 

Mais qu'importent nos points de vue plus ou moins divergents car il n'y a pas de temps à perdre : il faut déjà retourner faire la queue dans notre parc à bestiaux pour le film suivant, Salvation Boulevard, une comédie gentillette avec de la bonne grosse religion à l'américaine qui tache en toile de fond mais loin d'être aussi brillante que son casting quatre étoiles aurait pu le laisser penser (Pierce Brosnan, Jennifer Connely, Ed Harris, Greg Kinnear, Marisa Tomei).

 

La journée s'achève sur deux programmes distincts. J'opte pour Perfect sense, une histoire d'amour britannique entre Eva Green et Ewan Mc Gregor sur fond d'épidémie, d'Apocalypse et de fin du monde. Le résultat donne dans l'intimiste mais est trop tortueux et maniéré pour emporter l'adhésion. Sandy quant à lui ne fait pas dans les grands sentiments et la dentelle avec une série B(is) canadienne. (SG) Hobo with a shotgun que cela s'appelle, soit l'histoire magistrale d'un SDF qui débarquant dans une ville gangrenée par la violence et la pègre façon Detroit dans Robocop, décide de rendre la justice avec son fusil à pompe. C'est hautement référentiel avec de la musique estampillée années 80, une photo aux couleurs surchargées et approuvées Technicolor (annoncée avec humour comme telle au générique du début) et des dialogues qui font mouche. On pense à Street trash et le côté bis fauché est assumé à 100% (à la différence d'un Machete par exemple). Maintenant si on se marre souvent, difficile de voir en ce clochard au fusil à pompe autre chose qu'une jolie déclaration d'amour à ce cinéma Grindhouse, car pour le reste c'est au mieux prévisible, au pire sans intérêt si ce n'est de retrouver un Rutger Hauer en pleine forme. Et ça je vous l'accorde cela vaut grave son pesant de cacahouètes.

 

Le Festival est dans son dernier quart. Il nous reste je l'espère encore pas mal de belles surprises à découvrir. En tous les cas à plus que mi-parcours nous sommes déjà assez satisfaits par ce que nous avons vu. On peut en effet reprocher beaucoup de choses au cinéma américain : manque de renouvellement et un cinéma d’auteur qui n’est là que pour être repéré par Hollywood (d’où une standardisation même à ce niveau des méthodes de production, de marketing et de storytelling), mais pas celui de toujours mettre au centre de ses priorités le public. Ce qui fait que peu de films sont de véritables purges (au sens cannois du terme par exemple) et franchement ce n’est pas nous qui allons nous en plaindre.

 

 

 

Labizz

 

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