Sundance 2011 - Jour 4 ou l'indépendance du billet vert

Stéphane Argentin | 24 janvier 2011
Stéphane Argentin | 24 janvier 2011

Y'a pas à dire, au festival de Sundance, les journalistes sont vraiment traités « comme de la merde » (en français dans le texte d'un reporter américain présent dans la file d'attente pour assister à la projection matinale de My idiot brother). Arrivés à ladite séance avec une demi-heure d'avance, on s'entend dire que le quota de places réservées aux journalistes et professionnels a déjà été atteint. En laissant trainer une oreille, on apprend que ledit quota est de 105 pour une capacité totale du ciné de 1270 places. La conclusion est simple : ce sont les 1165 personnes qui ont payés leur place qui sont prioritaires. À 15 dollars la place, on vous laisse faire le calcul ! À ce tarif-là, on comprend mieux comment Sundance préserve son indépendance comme le clamait encore haut et fort son fondateur, Robert Redford, trois jours plus tôt à l'occasion de l'ouverture du festival. Nous, on veut bien mais alors le plus simple est de le dire franchement histoire que l'on ne se tape pas 10 000 kilomètres pour rien ou presque. Dans la foulée on apprend que le film a été acheté pour plus de 10 millions de dollars par The Weinstein Company. C'est peu de dire que les frères en question reviennent par la grande porte à Sundance.

Sandy parvient malgré tout à rentrer et de prendre littéralement la dernière place disponible tandis que pour ceux demeurés en plan aux portes de la salle, le ton monte. Fait rarissime dans l'univers très policé du festival. Qu'à cela ne tienne, un petit tour en bus plus tard et me voilà premier dans la file d'attente pour Terri. Pas étonnant de se retrouver en tête de file, la projection ayant lieu deux heures plus tard. Et puis, on est toujours mieux à attendre bien au chaud qu'à l'extérieur où le thermomètre affiche un joli -14°C en ce dimanche matin baigné par un soleil radieux.

Au sortir de sa projection, Sandy est enthousiaste : « super comédie » me lâche-t-il par SMS juste avant que ne débute ma séance de Terri, portrait d'un ado marginal trop décousu pour convaincre. En parlant de couture, je décide de faire un peu de shopping (le prix des fringues n'a rien à voir avec ceux affichés en France) histoire de patienter en attendant que mon acolyte sorte de la projection de HERE qu'il me décrit ensuite comme un road movie romantique touchant mais à la réalisation trop maniérée au cœur d'une Arménie défigurée par des décennies de communisme. Un bon gros cheeseburger plein de cholestérol et des frites qui baignent dans l'huile en guise de repas du midi (il est pourtant déjà trois heures de l'après-midi) et revoilà notre fine équipe repartie à l'aventure pour la seconde partie de la journée.

Bien que disposant d'un billet récupéré deux jours plus tôt, Sandy se dirige donc vers le très attendu Red state avec deux heures d'avance histoire d'assurer une bonne place en salle tandis que j'opte pour Homework une heure avant (on s'est suffisamment fait avoir au cours des premiers jours pour prendre de la marge à présent !). Trop convenu, le résultat ne parvient que partiellement à émouvoir. De son côté, Sandy doit batailler ferme pour parvenir à pénétrer dans sa salle de Red state entre des manifestants venus protester devant le ciné contre le film qu'il considère comme portant atteinte à l'image d'un révérend ultra fondamentaliste du Kansas (Fred Phelps) et les fans de Smith prêt à débourser plusieurs centaines de dollars pour décrocher un ticket d'entrée. Une transaction à 300 dollars aura même lieu sous le regard abasourdi d'un Sandy qui résistera à la tentation des billets verts frappés à l'effigie de Benjamin Franklin. Ah là là, à quoi ne renoncerait-on pas à EcranLarge pour satisfaire nos lecteurs...

Copyright : Mark Bell, Owner / Publisher, FilmThreat.com

Sa sortie s'avèrera plus calme. Pas de texto me donnant son sentiment. J'en conclus que « beaucoup de bruits pour rien ». Au moment de mettre un point final à ce petit papier Sandy rentre pour s'atteler à sa critique...

 

Labizz

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