Robert Wise nous a quitté

Flavien Bellevue | 16 septembre 2005
Flavien Bellevue | 16 septembre 2005

Si vous reconnaissez les chansons « Maria, Maria…», « I like to be in America », « I have a confidence », « My favorite things » ou si les noms de Klaatu, Tony, Maria, Rocky Graziano ou encore Jack Holman vous sont familiers, c'est que vous avez vu au moins un film d'un réalisateur à la carrière extraordinaire, Robert Wise. Un des plus grands metteurs en scène du cinéma américain s'est éteint, suite à une attaque cardiaque dans la nuit de mercredi à jeudi. Il venait de fêter ses 91 ans le 10 septembre. Un réalisateur hors pair dont l'espèce se fait rare à Hollywood, aujourd'hui (d'ailleurs qui pourrait être son digne successeur ?).

Né aux États-Unis, en 1914, à Winchester dans l'Indiana, Robert E. Wise entre dans le monde du cinéma dès l'age 19 ans en trouvant un job à la RKO. Il débuta par le montage sonore sur des films comme Of Human Bondage de John Cromwell (1934), Le Mouchard de John Ford (1935), Top Hat de Mark Sandrich avec Fred Astaire (1935). Puis quatre années plus tard, il accède au poste de monteur de longs-métrages sur La fille de la cinquième avenue de Gregory La Cava, Mademoiselle et son bébé de Garson Kanin, Quasimodo de William Dieterle, le tout la même année. Il en profitera également pour expérimenter le cadre sur le film de H.C Potter, La Grande farandole. Tout cela va le mener au montage du mythique Citizen Kane d'Orson Welles en 1941 et il occupera cette position jusqu'en 1943 ; il montera également un autre film de Welles, La splendeur des Amberson.

En 1944, Robert Wise change de poste et accède à la réalisation par hasard en remplaçant Gunther von Frisch sur La malédiction des hommes-chats, une sorte de suite de La féline de Jacques Tourneur. Il adapte ensuite à l'écran Mademoiselle Fifi de Guy de Maupassant puis enchaîne les films aux genres divers comme le thriller horreur avec Le récupérateur de cadavres (1945), le film noir avec Né pour tuer (1947), le western avec Ciel rouge (1948), le film de boxe Nous avons gagné ce soir (1948) qui inspira plus d'un dont un certain Martin Scorsese…Marqué par la haine (1956) avec Paul Newman , le film de guerre avec entre autres La canonnière du Yang Tsé (1966), Les rats du désert (1953) ou encore le péplum épique Hélène de Troie (1956). La science fiction, bien évidemment, qui marqua plus d'une génération de cinéphiles avec le légendaire Le jour où la terre s'arrêta (1951) et le premier film Star Trek en 1979 avec les effets spéciaux d'un certain Douglas Trumbull... Il passera par l'épouvante également avec là aussi un film qui restera dans nos mémoires, La maison du diable (1963) un des chefs d'œuvre intemporels du genre (bref tout ce que n'est pas son sinistre remake, Hantise, signé Jan de Bont). Et bien sûr, le genre qui lui donna ses lettres de noblesses n'est autre que la comédie musicale. Fort de ses expériences passées derrière la caméra ou au montage (son) sur des films de Fred Astaire, Robert Wise trouve une énergie dans sa mise en scène qui restera pour toujours et cela en deux films : West side story (1961) et La Mélodie du bonheur (1965). Tous deux lui offrirent l'Oscar du meilleur réalisateur et une reconnaissance internationale immense. Il signera un dernier film pour le grand écran en 1989 qui l'emmènera à Deauville Rooftops et termine sa carrière sur le petit écran en 2000 avec un téléfilm s'intitulant Une rencontre pour la vie avec Peter Falk et Natassja Kinski.

La vie de Robert Wise fut cinématographiquement bien remplie car en plus des différents postes qu'il occupa durant près de 66 ans, il aura en tout réalisé 40 films, en produit 14 et en aura monté 16. Il fut également président de la Directors Guild of America (1971 à 1975) ainsi que l'académie des Oscars (1985-1988). Il reçu un prix d'honneur des membres de la société des cadreurs en 1982 pour sa carrière. Robert Wise, c'est tout simplement un monument du cinéma qui s'en va en laissant derrière lui l'une des plus belles filmographies de l'histoire.

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