Cannes 2021 : on a vu Les Olympiades, la romance de Jacques Audiard qui fait monter la température

Alexandre Janowiak | 15 juillet 2021
Alexandre Janowiak | 15 juillet 2021

Comme (presque) chaque année, Cannes bat son plein, et fait déferler sur la Croisette des centaines de films plus ou moins attendus. Après une ouverture sensationnelle avec Annette, le festival dévoile un peu plus ses films chaque jour. L'heure pour nous de vous livrer notre avis à chaud sur Les Olympiades, nouveau film étonnant de Jacques Audiard .

 

 

De quoi ça parle ? L'histoire d'un homme et trois femmes, dont les chemins vont se croiser entre amitié, amour, désir, sensualité et déception dans le 13e arrondissement de Paris, quartier des Olympiades.

C’était comment ? Quelle étrange surprise que Les Olympiades. Non pas que Jacques Audiard ait encore à prouver son talent après avoir réalisé tant de films adoubés par la critique et ses pairs, notamment à Cannes (Un héros très discret prix du scénario en 1996, Un prophète Grand Prix en 2009, Dheepan Palme d'or en 2015), mais on ne l'imaginait pas s'attaquer à un registre aussi délicat et sensuel.

En adaptant la bande-dessinée Les Intrus de Adrian Tominele réalisateur quitte totalement son territoire de prédilection (très masculin, violent, viril) et semble complètement s'abandonner pour découvrir un nouvel horizon. C'est bien simple, au visionnage de Les Olympiades difficile de ressentir la patte du cinéaste et pour cause, il semble avoir choisi de s'effacer au profit de l'univers plus doux de son scénario co-écrit à six mains avec deux des artistes françaises les plus talentueuses du moment : Céline Sciamma (Portrait de la jeune fille en feu) et Léa Mysius (Ava).

À l'écran, cela donne donc un film perclus de défauts (l'ensemble est sur-écrit et un peu trop long ; les croisements sont trop fabriqués) qui semble tout droit sorti de l'esprit d'un jeune réalisateur, mais étonnamment mignon et d'une beauté assez stupéfiante.

 

photo, Jehnny BethUn noir et blanc magnifique

 

Suivant les relations amoureuses et amicales de quatre personnages (portés par un casting magnifique entre Noémie MerlantJehnny Beth, Makita Samba et surtout l'excellente Lucie Zhang), le long-métrage dépeint avec une belle tendresse leurs émois, leurs espoirs et leur désillusion dans un Paris rarement filmé et multiculturel. Un virage à 180 degrés pour le cinéaste qui offre une balade bien plus aérienne et plus légère que dans ses précédentes oeuvres, bien accompagnée par la très belle bande-originale de Rone (qu'on entend en partie dans la BA).

Une douceur qui n'empêche toutefois pas le cinéaste d'apporter un ton plus grave au milieu de cette comédie romantique. Car si le film ausculte le désir de cette jeune génération (fin Y - pleinement Z) sans aucun détour (le sexe est partout et on a parfois très chaud), il dépeint aussi son manque d'amour, de socle sur lequel s'appuyer. Assez paradoxalement, la génération hyper-connectée et en contact permanent avec le monde (Internet, les applis...) est aussi celle qui souffre d'un isolement dévastateur et celle qui semble incapable de communiquer avec ce qui l'entoure. 

 

photoUne jeunesse en proie au doute

 

C'est la tragédie des quatre protagonistes qui, au gré de leur rencontre, (re)découvrent l'amour, le refusent, l'envisagent ou le bannissent, entre conquêtes sexuelles et désir de se construire un avenir. Une chose est sûre, ils sont tous effrayés à l'idée même de se dévoiler pleinement à un autre, et quoi de plus logique à une époque où tout est souvent éphémère, temporaire et précaire. Quoi de plus logique surtout dans une société du jugement permanent à l'ère des réseaux sociaux.

La petite comédie mignonne cache donc un regard assez triste, mélancolique, sur ce Paris du 21e siècle et pourquoi pas post-Covid, la période ayant encore plus renfermé vers le tout-numérique, voire "tout-webisé", cette génération. L'intention du noir et blanc (très beau travail du chef op Paul Guilhaume) prend ainsi tout son sens : faire instantanément de Les Olympiades un film d'époque, décrivant une période qui disparaîtra sûrement aussi vite qu'elle est apparue et qui appartiendra bientôt au passé. Pour laisser place à une meilleure ? On l'espère.

Et ça sort quand ? Le film sortira le 3 novembre 2021 en France.

Tout savoir sur Les Olympiades

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commentaires
platitudes répugnantes
17/07/2021 à 23:55

Cool j'avais envie de me faire un bouillie de clichés.

une palme cannoise
16/07/2021 à 09:12

toujours pas de masques, de gestes barriere, de distance reglementaire; ni de covid pass et je sais pas quoi, ils ont pas l'air d'effrayé les gens de Cannes alors que la pandemie est au taquet
mais les variants font surement une exception pour Cannes, les globalistes, le G7, les flics, les artistes, les gendarmes, militaires etc... lol
un virus covidien "à la carte"

Yep
16/07/2021 à 06:30

@Kyle Reese
Gen Alpha.

Sinon vous m’avez vendu le film. Hâte.

Castor
15/07/2021 à 21:41

Navet en vue mon capitaine !

Kyle Reese
15/07/2021 à 14:54

Après la génération Z on va passer à quoi ?
La génération A ?

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