J'accuse : Roman Polanski se dit victime d'une terrible cabale initiée par Harvey Weinstein

La Rédaction | 12 décembre 2019 - MAJ : 12/12/2019 18:32
La Rédaction | 12 décembre 2019 - MAJ : 12/12/2019 18:32

J’accuse cartonne en salles, mais son auteur se considère toujours comme un homme traqué, notamment par les féministes. Roman Polanski a pris la parole pour donner sa version des faits.

Suite à une condamnation pour atteinte sexuelle remontant à 1977 et plusieurs accusations de viols ayant fait surface depuis, Roman Polanski a été au centre d’une intense polémique durant la promotion de son film J’accuse. Tout juste un mois après l’embrasement médiatique qui a succédé à la dernière accusation en date (portée par la photographe Valentine Monnier), le réalisateur dont le dernier film est un grand succès en salles qui se dit persécutées, s’est exprimé dans les pages de Paris Match.

Il y déroule un argumentaire désormais classique, subtil mélange de poncifs et de clichés, où il développe son propos et sa ligne de défense.

« C’est facile d’accuser quand tout est prescrit depuis des dizaines d’années, et lorsqu’on est certain qu’il ne peut y avoir de procédures judiciaires contre moi. »

 

Photo Carnage Roman Polanski et Kate Winslet sur le tournage de Carnage

 

On est loin du parallèle entre nazisme et féminisme qu’établissait le dossier de presse de J’accuse lors du Festival de Venise, mais on notera le curieux usage du terme « facile », un peu curieux au vu des tombereaux de violence, d’insultes et de venin déversé publiquement, dans les médias et sur les réseaux, à l’encontre de Valentine Monnier.

Mais ce qui étonne dans cet entretien finalement classique, ce sont les propos du réalisateur dirigés vers Harvey Weinstein, qu’il désigne comme étant à l’origine des accusations et des remises en cause qui le visent aujourd’hui. D’après Polanski, c’est Weinstein qui aurait fait ressortir sa condamnation pour atteinte sexuelle sur la personne de Samantha Geimer, mineure qu’il avait droguée afin d’avoir avec elle des rapports sexuels, afin de l’empêcher de remporter des Oscars.

 

Photo Le PianisteLe Pianiste, 1 Palme d’Or, 3 Oscars, 7 César

 

En 2003, son film Le Pianiste concourait en effet aux Oscars, pour la grande désolation du nabab aujourd’hui accusé d’agression et de viols par plus de 80 femmes. Ce dernier aurait donc relancé la machine pour empêcher le métrage de recevoir quelque honneur que ce soit et de porter ombrage à ses propres productions, alors que le passé judiciaire de Polanski "n'intéressait plus personne".

Trois statuettes, une tripotée de films et de prix plus tard, l’accusation surprend. Polanski met également en cause l’attaché de presse de Harvey Weinstein, lequel l’aurait qualifié de « violeur d’enfants ».

Chacun appréhendera comme il l'entend ces déclarations, mais affirmer que les féministes le victimisent à cause de l'homme qui en est venu à symboliser le concept de violence masculine, voilà probablement un jalon de nature olympique dans la pratique, pourtant collectivement pratiquée, du doigt d’honneur.

 

PhotoRoman Polanski

commentaires

Velvetheroin
25/12/2019 à 17:55

@celine C'est bien à cela que je faisais allusion : c'est une réalité objective dont il serait malhonnête de ne pas tenir compte et que vous avez raison de rappeler.

Rebelle33
20/12/2019 à 09:14

@simon Rioux
J'attends toujours que vous me produisiez un contresens historique relevé dans le film"J'accuse"...Sans réponse, j'en conclurai que vous procédez par affirmations successives et que vous confondez allègrement "allégations" et "arguments"....

Céline
20/12/2019 à 07:52

Discussion velvetheroin vs administrateur . Celui-ci ne connaît visiblement pas Valerie Solanas, Judith Butler, les activistes intersectionnelles racistes et antisémites ...Factuellement velvertheroin a raison.

Rebelle33
18/12/2019 à 17:44

@Velvetheroin
Je partage entièrement votre point de vue et j'ai du mal à comprendre que l'on puisse "descendre "un film comme celui de Roman POLANSKI aveuglé par la "haine" (pour ne pas dire autre chose) que l'on nourrit à l'encontre de ce grand réalisateur...
Phénomène moutonnier qui passera...comme le reste...

Velvetheroin
18/12/2019 à 15:05

@Tennessee Michael Jackson étant mort il me paraît peu vraisemblable qu'il soit un jour condamné.
Et je n'ai pas besoin d'excuse pour aller voir un magnifique film et ne pas tenir compte d'une polémique dont je rappelle qu'elle est uniquement basée sur une rumeur médiatique et non sur des faits avérés (les seuls faits avérés étant ceux de l'affaire californienne qui n'est pas à l'origine de cette polémique nauséabonde).

tennesse
18/12/2019 à 07:40

@velvetheroin
Est ce que j'ai dit du bien de M. JAcksi ou est ce que j'ai essayé de le protéger?
Je ne m'exprime pas à ce sujet car il n'a jamais été condamné. e gros soupçons pèsent sur lui et si c'est vrai (ce que je pense) j'espère qu'il sera condamné et là on en reparlera.
Pour Polanski, il a été condamné à quelques semaines ce qu est ridicule et il était sensé être rejugé, il s'est enfuit. Il est en cavale point.
Tenté de protéger Polanski avec le genre d'argument pour transférer la culpabilité sur un autre artiste, c'est uniquement pour se trouver une excuse d'aller voir ses films.

Rebelle33
17/12/2019 à 13:01

@Jerry
Je ne comprends pas le sens de vos propos...
Pourriez-vous être plus explicite???

Jerry
17/12/2019 à 00:03

A propos de Polanski on va la faire a la Edouard Ball a.....dur j!! Je vous demande de vous TAIRE !!! Denis le Magnifique

Rebelle33
16/12/2019 à 14:59

@simon Rioux
Moi aussi , je résume :
- un docu-fiction de constipé
- une interprétation de Jean DUJARDIN ridicule
- un film bourré de contresens historiques (J'attends que vous m'en faisiez état d'un seul...)
- une photo ratée
J'ai le sentiment, Monsieur RIOUX que nous n'avons pas vu le même film ....
Je m'adresse alors aux internautes (et particulièrement à ceux qui condamnent POLANSKI:

Est'ce que ce film est si mauvais que cela?????

Simon Riaux - Rédaction
16/12/2019 à 11:32

@Rebelle33

Donc si je résume :

- 1 argument d'autorité donné par un anonyme ("mouaaah je connais les méthodes du monsieur")
- de l'embarras palpable, pour qui prétend défendre un bon film ("ce sont des performances correctes")
- une méconnaissance historique étonnante
- une défense agressive de l'immunité devant la justice de criminels avérés.

Avec vous, Polanski n'a pas besoin d'ennemis.

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