Alita - Battle Angel : on a vu une vingtaine de minutes et on vous dit ce qu'on en a pensé

Mise à jour : 24/07/2018 10:26 - Créé : 24 juillet 2018 - Christophe Foltzer
Photo Rosa Salazar
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En chantier dans l'esprit de James Cameron depuis presque 25 ans, Alita : Battle Angel sera finalement réalisé par Robert Rodriguez. Avec Cameron à la production. Et, franchement, ça nous botte de plus en plus.

Véritable arlésienne depuis presque un quart de siècle, l'adaptation du manga Gunnm de Yukito Kishiro est enfin devenue une réalité grâce aux efforts conjugués de James Cameron et Robert Rodriguez. Problème, la première bande-annonce qui était sortie il y a quelques mois nous avait pas mal refroidie. Un monde trop propre, sans véritable personnalité et surtout Gally, l'héroïne, avec des yeux disproportionnés. Bref, ça nous avait calmé, on commençait vaguement à oublier que le film sortirait le 26 décembre prochain et ça nous allait très bien comme ça.

Seulement voilà, au moment même où la nouvelle bande-annonce était dévoilée sur Internet, nous étions dans une des salles de projection de la Fox pour découvrir une vingtaine de minutes du film, introduites par le producteur Jon Landau. Vingt minutes qui représentent les scènes vues dans le nouveau trailer. Vingt minutes qui nous ont prises totalement par surprise. Vingt minutes qui, à elles seules, ont fait notre journée. ATTENTION, SPOILERS !

 

 

SCÈNE 1

Gally/Alita (Rosa Salazar) se réveille dans une chambre d'enfant. Elle découvre avec stupeur qu'elle est vivante, qu'elle a un corps. Etonnée, elle tente de se lever et marche difficilement jusqu'au miroir où elle se voit pour la première fois. Elle reste en admiration quelques secondes, touche son reflet avant d'entendre du bruit en bas. Des vêtements sont posés à côté d'elle, elle les revêt et descend. Elle découvre un laboratoire, où Ido (Christoph Waltz) et son assistante réparent un habitant d'Iron City qui les paye en orange. L'assistante aperçoit Gally, un peu perdue dans ce nouvel environnement et Ido l'invite à table en lui posant plein de questions sur ce qu'elle ressent.

Elle prend une orange, la mange et trouve cela amer. Ido prend le fruit, pèle la peau tout en lui demandant si elle se souvient de quoi que ce soit. Gally ignore tout d'elle-même et elle comptait sur eux pour le lui dire. Ido précise qu'elle a eu beaucoup de chance qu'il la trouve et qu'il a été étonné par le fait que son cerveau humain soit parfaitement conservé. Les informations de son passé sont là, quelque part, dans son esprit. Elles reviendront probablement avec le temps. Ido et Gally se partagent l'orange, l'héroïne avoue qu'elle ne connait même pas son nom.

 

PhotoGally se réveille et c'est beau

 

SCÈNE 2

La première sortie de Gally dans les rues d'Iron City. Elle mange un sandwich lorsque son attention se porte sur un chiot qui s'approche. Elle lui donne un peu de nourriture, sans faire attention à la grosse sentinelle mécanique qui arrive. Tout le monde s'écarte, sauf elle. C'est à ce moment qu'arrive Hugo (Keean Johnson), à moto, qui lui hurle de s'écarter. Voyant que le chiot risque de se faire écraser, Gally plonge sous la sentinelle pour le sauver. Le danger écarté, elle fait connaissance avec son futur ami.

Elle avoue qu'elle ne connait rien de ce qui l'entoure et semble tout de suite sous son charme. Hugo est fasciné par son corps en ivoire qu'il trouve magnifique. Ido arrive et devient très protecteur. Hugo avoue qu'il travaille de temps en temps pour Ido et s'en va en lui promettant de se revoir. Gally n'a d'yeux que pour lui.

 

photo AlitaUne scène très touchante avec une Gally parfaite

 

SCÈNE 3

La nuit, Gally suit Ido parce qu'elle le soupçonne de faire quelque chose de dangereux. Il a pris en filature une jeune femme et s'arrête au détour d'une ruelle pour sortir son arme, cette espèce de marteau-faux à propulsion. Gally l'arrête, croyant qu'il va tuer la jeune femme mais cette dernière a disparu. Le très impressionnant Makaku fait son apparition et Ido comprend qu'ils sont tombés dans un piège. C'est à ce moment que Gally découvre que son "père" est chasseur de primes.

Un autre robot apparait, ainsi que la jeune femme du début et leur attention se porte sur Gally. Ido les attaque mais est dominé très rapidement. Il hurle à Gally de se sauver lorsque le robot fonce sur lui mais notre héroïne se défend et lui arrache un bras. A la stupeur générale. Le robot repart à l'attaque mais se fait allonger aussi sec. La jeune femme quitte son vêtement et dévoile son corps de métal et de lames. Elle se jette sur Gally mais cette dernière, dans un style très aérien, la défonce également et l'encastre dans un mur. De son côté, Makaku semble particulièrement excité par ce spectacle.

 

photo AlitaUne baston qui donne bien le ton

 

SCÈNE 4

Hugo et deux autres amis amènent Gally en périphérie d'Iron City, pour voir l'épave d'un vaisseau datant de la guerre d'il y a 300 ans qui a failli mettre un terme à l'Humanité. A moitié submergé dans un lac, il n'a délivré aucun de ses secrets et semble provenir de Mars. Gally semble tout de suite hypnotisée par l'épave, elle veut s'en approcher mais Hugo lui dit que c'est impossible.

Elle se laisse alors tomber dans l'eau, marche jusqu'au vaisseau et parvient à y entrer. Elle semble en reconnaitre l'intérieur, ouvre toutes les portes et se retrouve bientôt face à une sphère d'énergie. De façon instinctive, elle entre un code qui désactive la barrière et découvre un corps cybernétique sans tête qu'elle croit reconnaitre.

 

photo AlitaAvec son pote Hugo (oubliez la Pop Music du trailer, on n'est pas du tout dans ce délire dans le film)

 

SCÈNE 5

Après une dispute avec Ido qui refuse de lui donner son nouveau corps, parce que c'est une arme, Elle se rend dans les bas-fonds de la ville pour affronter Makaku et lui mettre la misère une bonne fois pour toute. Le face à face est terriblement violent et nerveux, Makaku ne tarde pas à sortir ses griffes-tentacules-chaines, on ne sait pas trop comment les appeler, mais Gally tient la distance.

Dans un ballet aérien, elle évite toutes les attaques mais se fait néanmoins blesser à la jambe. Elle se réfugie derrière un mur tandis que Makaku lui sort des informations sur sa possible identité et le fait qu'elle est une machine de mort. Gally ne veut pas l'entendre, elle se prépare à contre-attaquer. Makaku lance ses chaines, Gally plonge en plein milieu, poing en avant et.... c'est la fin de la séquence.

 

Photo Rosa SalazarGrosse, grosse baston qui défonce

 

LE BILAN

Que vous dire sur ce que nous avons vu et vécu sans passer pour de gros débiles. Déjà, nous sommes fans du manga original depuis sa parution en France dans les années 90 et, à ce titre, nous étions particulièrement inquiets, surtout après la première bande-annonce. Précisons d'emblée que nous avons vu ces extraits en 3D, parce que c'est important.

Commençons par la grande question : les yeux de Gally. Alors que nous étions particulièrement rebutés par ce choix de design il y a quelques mois, à notre grande surprise nous trouvons le résultat merveilleux, une fois sur grand écran. Oui, Gally a de gros yeux, c'est la seule dans ce cas et non, ce n'est pas un problème, bien au contraire. Il n'y a même pas besoin d'un temps d'adaptation pour s'y faire parce que la scène du réveil est tellement bien faite que tout se passe naturellement.

 

Photo Rosa Salazar

 

A ce titre, notons que le travail sur l'apparence de Gally/Alita est exemplaire. Nous n'avons jamais l'impression d'être face à une doublure numérique, on reconnait l'actrice sans pour autant aller sur le terrain de la Uncanny Valley et ses expressions fourmillent de mimiques et de détails qui la rendent très attachante instantanément. Gally est belle, Gally est fragile, Gally est humaine. Point barre. Et c'est, à n'en point douter, la grande réussite du film. Croyez-nous, il y a encore quelques jours, on aurait dit l'inverse.

D'ailleurs, visuellement, le film est magnifique. Les rues d'Iron City fourmillent de monde et de détails et donnent un sentiment de vie comme on en a rarement dans ce genre de films. Bien entendu, le côté propret du décor pourra rebuter certains amateurs du manga mais, en l'état, c'est top. Les personnages, quant à eux, semblent avoir fait l'objet d'un soin tout particulier.

En effet, ils paraissent beaucoup plus incarnés et profonds que dans n'importe quel autre film de ce calibre et cela fait bien plaisir à voir, même si on ne devrait pas trop dérivé des stéréotypes connus. A noter, aussi, les scènes d'action, très impressionnantes et aériennes, qui n'oublient jamais leurs personnages et les spectateurs en cours de route. Ici, tout est parfaitement découpé, lisible, frénétique et excitant. Bref, on a de grosses bastons de grande qualité et rien que ça, c'est super.

 

photo AlitaÇa a l'air moche comme ça, mais en fait, c'est magnifique sur un grand écran. Super bizarre

 

Parlons enfin de ce que l'on peut comprendre du scénario. Ce ne sera pas une surprise mais ceux qui ont vu l'animé Gunnm édité chez Manga Vidéo dans les années 90 sont en terrain connu puisque le film devrait plus ou moins raconter la même histoire. Avec quelques petits détails qui changent évidemment, comme le rapport père-fille beaucoup plus évident entre Ido et Gally. D'ailleurs le premier corps en ivoire qu'elle possède était à l'origine destiné à la fille d'Ido qui n'a pas réussi à le terminer avant qu'elle ne décède.

Un parfum d'Astro Boy qui, on l'espère, sera bien géré et pas trop envahissant. En fait, ce film ne ressemble pas du tout à un film de Robert Rodriguez. On sent la patte de James Cameron partout, tout le temps, même dans les idées de mise en scène et Rodriguez ne semble là qu'en tant qu'exécutant passionné et totalement investi. Ce qui ne va pas nous déplaire.

 

photo AlitaA voir absolument en 3D

 

Le seul truc qui gêne dans tout cas, c'est que l'on risque de se retrouver face à une structure typique d'origin story d'un film de super-héros, avec découverte des pouvoirs, création du costume, des grands pouvoirs qui impliquent de grandes responsabilités et l'arrivée du gros méchant (Zapan en l'occurrence) qui incarnera symboliquement tout ce que Gally ne doit pas devenir. Un sacrifice peut-être incontournable par les temps qui courent et qui, on l'espère, ne se fera pas trop sentir et la classification PG-13 semble avoir été habilement gérée. Ah, et on ne vous a pas encore parlé de la musique de Junkie XL, prolongement de son travail sur Mad Max : Fury Road, magnifique, percutante, envoûtante et mélancolique.

 

Bref, alors qu'on n'en attendait pas grand chose, Alita : Battle Angel nous a plus que conquis. Bien sûr, il faudra attendre le film entier pour se faire un vrai avis, mais ces extraits sont on ne peut plus rassurants. Nous ne sommes pas face à un nouveau Ghost in the Shell et le film promet pour le coup d'être particulièrement fidèle au matériau d'origine. On ne voudrait pas trop s'avancer mais nous voilà presque convaincus du potentiel du film. Il arrive direct en première place de notre top des oeuvres attendues avant la fin de l'année et tout laisse penser que James Cameron et Robert Rodriguez ont réussi leur pari. Bref, kiki tout dur jusqu'au 26 décembre.

 

Photo Rosa SalazarVivement Noël tiens !

commentaires

sosso 02/08/2018 à 13:49

J'avais du mal à croire certain comms, je suis allé sur imdb, PG-13, alors peut être que l'aspect esthétique passe bien en live, mais niveau ambiance du background, y'a un pb.
Pourquoi adapter un manga comme ça pour un public de 13ans, pourquoi pas reprendre le manga hellsing aussi pour un public de maternelle... J'ai 33 ans, dur dur...
Dire qu'on peut trouver à la pelle sur les sites de presse, sans peine, surtout aux states et en angleterre, des reportages, montrant des bavures policières, des homicides, des explosions de corps, des démembrements, des prises de vue en gros plan sur des membres d'animaux en train de se reproduire, diffusés aussi à une époque sur canal comme doc animalier, mais adapter gumm univers fictionnelle avec sa violence pour un public normal, alors là y'a personne chez holly...
Je ne comprendrai jamais toute cette pudibonderie pour les films/jeu fictionnels mais pas pour le reste réel, où il n'y a aucune limite à l'extrême avec aucune option à part flashblock pour ne pas voir ces images bien plus ultra violente ...

John Doe 02/08/2018 à 12:35

Des fans du manga qui ne savent pas que l'arme de Makaku "ses griffes-tentacules-chaines" s'appelle le Grind Cutter ?! Laissez-moi rire.
La violence et la crasse sont dans l'ADN de Gunnm, le film sort sur les écrans américains à Noel, tout est propre, il y a des lacs et de la verdure... Ghost in the shell 2017 est peut-être pataud sur son contenu, le fond c'était du vide, mais au moins il respectait un la forme. là c'est Pinocchio...

Batounet 01/08/2018 à 16:08

Trop propre, pas de violence. C'est 2 caractéristiques, inhérente à l'oeuvre d'origine, étant absente, le résultat ne peut pas être bien, puisque cela indique que Rodriguez et Cameron ne compte pas respecter le manga sur sa base. A partir du moment ou la production impose le PG13, le manga ne peut pas être respecté, James Cameron n'a même pas l'intelligence qu'a eu Ridley Scott avec Blade Runner 2049.

Alors bien sur c'est beau, mais vu le budget du film encore heureux.

Simon Riaux - Rédaction 31/07/2018 à 10:07

@Beerus

L'intérêt pour le studio se joue à plusieurs niveaux.
C'est une façon d'enclencher une logique promotionnelle à moindre frais. En général, quand un studio dévoile un film de cette manière à la presse, c'est parce qu'il a une très grande confiance dans le produit final (parce qu'il serait désastreux de montrer 20 mn d'un film complètement nazes).
L'idée est donc de séduire un certain nombre de personnes, lesquelles vont pouvoir prêcher la bonne parole, dans leur milieu professionnel et leur sphère d'influence.

Cela peut également servir à modifier/rectifier une mécanique promo. Typiquement, dans le cadre d'Alita on peut supposer que suite aux retours très durs sur le premier trailer, Fox avait à coeur de montrer aux commentateurs pourquoi il croyait dans le film, le boulot technique accompli dessus, et la qualité de la 3D, autant d'éléments qui font que pas mal de monde attend désormais le film avec une réelle curiosité.

Enfin, ces films sont rarement projetés seuls. Un studio va généralement rassembler 3 ou 4 de ses films pour en dévoiler des morceaux. C'est bien insuffisant pour rédiger une critique, mais largement assez pour réfléchir à quels angles pourront être abordé lors d'interviews, dossiers thématiques, etc etc.

Et enfin, cela permet au studio d'avoir plusieurs mois en amont, des retours étayés sur des oeuvres dont la promotion est encore en cours, ce qui est toujours bon à prendre.

Beerus 31/07/2018 à 10:00

J'aimerai savoir ou est l’intérêt de montrer 20 minutes d'un film bien avant la sortie ? Car à part gâche l'effet de surprise en salle.... Et Ghost in The Shell, il faut arrêter de taper sur ce film c'est loin d'être une bouse même si il n'est pas parfait.

Manontherun33 27/07/2018 à 08:18

S'il y a avait bien une chose a enlever du manga, c'était ses yeux énormes. C'était sa représentation dessinée qui aurait pu être légèrement revue. Ensuite, j'espère que l'histoire sera assez fidèle et qu'on ne partira pas encore dans une délire de réalisation quand on voit justement qu'ils n'ont pas retirés ses yeux horribles.

Hasgarn 26/07/2018 à 15:12

Vous m'avez grandement rassuré.

Et vivement, donc !

prometheus56 26/07/2018 à 10:25

Grand fan de Gunnm depuis les premiers mangas dans les années 90 (j'ai la quarantaine), je suis curieux de voir son adaptation. Je pense que ce mot a du sens : ce sera une adaptation, car il est impossible de recréer tel quel l'univers du manga, beaucoup trop sombre, violent voire nihiliste à certains égards.
Visuellement, ça à l'air bien, mais franchement, les photos ne sont pas flatteuses pour le perso principal avec ses yeux trop gros.
A partir de maintenant, black out total pour découvrir le film avec un oeil frais en fin d'année !!

John Hudson_85132 25/07/2018 à 03:10

Les seuls films PG13 de Rodriguez étaient la séries des Spy Kids.

cédric 24/07/2018 à 18:04

"ceux qui ont vu l'animé Gunm édité par Manga Vidéo dans les années 90"
Pwwwaah j'ai fait un Flashback me rappelant la librairie où je l'avais acheté, Street Fighter était sorti avant ou juste après!!!
Et ce générique somptueux sur le requiem de Verdi..;)

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