L'Homme qui tua Don Quichotte : Terry Gilliam n'aurait finalement pas perdu tous les droits de son film maudit

Christophe Foltzer | 25 juin 2018
Christophe Foltzer | 25 juin 2018

Le sort s'acharne sur l'Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam depuis plus de 20 ans à tel point qu'on se demande s'il n'est pas un élément très important de l'équilibre du monde. Une sorte de bataille entre le Bien et le Mal dont nous n'aurions pas conscience. Parce que là, ça commence à faire beaucoup quand même.

Si on fait un rapide historique du projet rêvé de Terry Gilliam, L'Homme qui tua Don Quichotte, on se rend compte qu'effectivement, il se passe quelque chose d'étrange : premier tournage il y a quasiment 20 ans avec Johnny Depp et Jean Rochefort, rapidement arrêté pour cause de blessure de notre estimé comédien disparu il y a peu. Multiples tentatives de remonter le film, mais impossibilité de réunir le budget pour qu'enfin, le film se fasse l'an passé.

Et puis voilà que le premier producteur Paulo Branco décide que non, en fait, il ne doit pas exister parce qu'il en a toujours les droits exclusifs. Procès en marge de la présentation prévue à Cannes, AVC de Terry Gilliam, le film est autorisé à sortir en France et finalement la Cour d'Appel de Paris donne raison à Branco en bloquant son exploitation à l'internationale. Le producteur, très remonté, s'épanche dans un communiqué assassin en menaçant de poursuites, en gros, tous ceux qui ont participé au film.

 

photo, Terry GilliamTerry Gilliam, pas loin d'être un vrai Don Quichotte

 

Ouais, mauvais karma. Il n'empêche qu'il y a bel et bien une lueur d'espoir dans tout ce bazar puisque Mariela Besuievsky, l'une des productrices actuelles du film a déclaré au micro de El Espanol que Branco s'est quelque peu laissé emporter par sa victoire en Cour d'Appel, qui ne concernerait qu'une affaire relative au métrage.

En effet, d'après elle, Branco n'a pas les droits exclusifs du film, dont elle serait tout autant la propriétaire pour la simple et bonne raison qu'aucune image actuelle du métrage n'a été tournée alors que Gilliam et son équipe étaient sous contrat exclusif avec le producteur revanchard.

Et de ce fait, il n'a aucun droit sur le film. Cela dit, comme le réalisateur a fait son frondeur et qu'il était toujours relié à Branco, il devra néanmoins s'acquitter des dommages et intérêts réclamés par la Cour d'Appel, qui s'élèvent à 11 600 dollars mais, qu'une fois la somme payée, les problèmes juridiques seront terminés et le film pourra partir en quête d'un distributeur pour les autres pays du monde.

 

photo, Adam Driver, Jonathan PryceLa fin du supplice ?

 

C'est donc mine de rien une très bonne nouvelle pour Terry Gilliam et pour les fans de son cinéma qui n'habitent pas en France et qui n'ont pas eu la chance de voir son dernier film. Cela nous rappelle aussi à quel point le milieu peut être compliqué et terrible lorsqu'un producteur s'acharne contre un projet qui a déjà connu toutes les peines du monde à exister ailleurs que dans la tête de son créateur. On espère donc que la série noire touche maintenant à sa fin et que Gilliam puisse enfin se reposer pour penser à la suite de sa carrière. Parce que nous, on veut qu'elle continue.

 

Affiche

commentaires

Ben_Obv
28/06/2018 à 15:04

@jérôme Merci de votre réponse

Bibi67
26/06/2018 à 12:11

@jérôme : merci pour l'info. Elle m'avait échappée...

jérôme
26/06/2018 à 09:02

@Ben_Obv : Il sort en Belgique en juillet, puis Allemagne en septembre, Italie ensuite etc. si je me souviens bien...

jérôme
26/06/2018 à 09:01

@Bibi67 : le dvd/blu-ray est prévu pour le 26 septembre chez amazon et compagnie...

Ben_Obv
25/06/2018 à 15:51

Attendez... Cela veut dire que "L'homme qui tua Don Quichotte" n'est pas sorti en dehors de la France et de l'Espagne ?!

Bibi67
25/06/2018 à 11:42

Avec tous ces problèmes, aurons-nous la chance de voir le film en vidéo ? N'ayant pas eu l'occasion de le voir, je désespère de le voir un jour en DVD/Bluray.

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