Festival du cinéma européen des Arcs - Pierre Emmanuel Fleurantin

Lucile Bellan | 10 décembre 2009
Lucile Bellan | 10 décembre 2009

Malgré son jeune âge, cet enfant du pays est le papa du  Festival du cinéma européen des Arcs. Plus habitué au monde de la production, il s'associe pourtant à Guillaume Calop pour nous offrir une première édition audacieuse et maîtrisée, à l'image du travail titanesque qu'ils ont du fournir. Rencontre avec Monsieur le secrétaire général du Festival du cinéma européen des Arcs...

Pourquoi un festival du film européen ?

Parce qu'il n'y en a pas ! (rires) Les festivals existants sont construits autour de thématiques, comme les courts-métrages par exemple. Nous voulions créer un Festival du Film Européen, pour les Européens. Nous nous sommes inspirés du Sundance Festival aux Etats-Unis en cherchant à créer une référence pour le cinéma indépendant européen.

Est-ce que les infrastructures plutôt limitées de la station des Arcs ne vont pas bloquer votre expansion ?

Nous pourrions aller jusqu'à 30 000 entrées par semaine en utilisant la structure actuelle. La vallée des Arcs a la capacité et les infrastructures nécessaires pour accueillir plus de 300 000 personnes. Nous ne sommes pas inquiets pour le moment.

N'étiez-vous pas soucieux de ne pas mobiliser assez de personnes, surtout en hors saison ?

C'était notre plus grand défi à relever. Il y avait seulement 200 réservations la semaine avant le lancement du Festival. Cependant, le soir de l'ouverture nous avons fait 400 entrées, salle pleine. Nous avons fait près de 9000 entrées pendant cette première édition et sommes vraiment contents du résultat. Nous avons même eu plusieurs séances complètes où nous avons été obligés de refuser des spectateurs !

Nous avons été très impressionnés par cette première édition. Comment avez-vous pu créer cette dimension en seulement un an et demi ?

C'est une débauche d'énergie de la part de nous tous ! Guillaume Calop, Jérémy Zelnick et moi-même avons utilisé nos carnets d'adresses et nos personnalités différentes afin de démultiplier le nombre de partenaires potentiels. Nous avons eu un soutien des institutions et des médias très important pour une première année, en particulier du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes. Après le succès de cette première édition, nous espérons avoir le soutien de MEDIA (financement de l'Union Européenne pour le cinéma), de la région Rhône-Alpes ou de la DRAC.

Quel était votre budget ?

En comptant le plan de communication et les logements, nous sommes à plus d'un million d'euros. Les partenaires ont vraiment joué le jeu. Le Festival n'aurait pas été possible non plus sans l'aide du mécénat.

 


 

Quel est votre but pour la deuxième édition ? Allez-vous augmenter le budget ?

J'aimerais trouver un gros partenaire qui nous assurerait une certaine sérénité et stabilité. Nous pourrions ainsi porter tous nos efforts sur le contenu. Nous voulons réaliser un vrai village d'éco-production, encore plus Européen et encore plus exigeant artistiquement, tout en restant toujours accessible au grand public. Nous voulons proposer des conférences très haut de gamme et créer un endroit incontournable de convivialité, de rencontre et de financement du cinéma européen à taille humaine, en n'oubliant jamais le public.

Votre directeur de la programmation n'est autre que Frédéric Boyer, le nouveau délégué général de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. Vous avez une très belle programmation !

Oui, nous sommes très heureux d'avoir Frédéric. Nous l'avons rencontré au mois de janvier, avant qu'il ne devienne Délégué Général et il nous a tout de suite plu : il voulait montrer un cinéma Européen divertissant, en proposant à la fois des films à gros et petit budget, ouverts au grand public.

Il n'y a pas eu d'incompatibilité avec son nouveau poste au sein de la Quinzaine des Réalisateurs ?

Non car nous ne sommes pas positionnés de la même façon et ne couvrons pas le même registre. La Quinzaine couvre le cinéma du monde et le Festival des Arcs le cinéma européen seulement. Nous sommes aussi intéressés par une programmation très accessible au grand public.

La deuxième édition aura-t-elle un pays à l'honneur ?

Nous nous penchons de très près sur le Danemark, qui est un pays avec beaucoup de très beaux films. Nous voulons mettre en avant un pays de taille moyenne, sur lequel il sera plus facile de travailler.

 

Propos recueillis par Lucile Bellan et Nicolas Laugero-Lasserre (ArtistikRezo)

Retranscription par Nicolas Laugero-Lasserre

 

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